25 juin 2001

Unlimited NBA Mock Draft: N°5 and 6, Minnesota Timberwolves (part.2)

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[suite de la première partie]


---Ensuite, quel meneur pour aller avec James Harden et le reste de l’équipage ? Ricky Rubio est évidemment la meilleure hypothèse, d’autant plus que le playmaking de l’arrière old school pourrait soutenir celui du corbeau espagnol si ce dernier éprouve quelques difficultés à donner la pleine mesure de son talent lors de ces premiers ébats. Mais bon, il y a autant de chance qu’il soit disponible au moment du cinquième choix que de voir un jour une franchise disposer de quatre picks lors d’un premier tour de draft (euh…).

---Tyreke Evans est peut-être le point guard le plus impressionnant après le joueur de la Joventut mais j’aurais tendance à l’écarter sans être vraiment assailli d’états d’âme. Le leader de Memphis est une force de pénétration absolue mais même si sa lacune dans le playmaking peut-être compensé par le jeu d’Harden, sa tendance à monopoliser la balle risquerait de court-circuiter complètement l’influence du Sun Devil et l’ensemble des talents de l’effectif (on fait comment si Al Jefferson et Kevin Love ne touchent que trois ballons par matchs ?). Ensuite il faut ajouter que son absence de shoot extérieur peut poser problème (avec un joueur qui attaque le panier avec une telle facilité et un jeu offensif basé sur l’intérieur Al Jefferson, l’équipe adverse s’attachera principalement à boucler la raquette, le seul Harden ne pouvant pas à lui tout seul porter l’attaque de son équipe avec ses shoots). A fortiori s’il confisque longtemps la balle.

---Intéressons-nous plutôt à Stephen Curry et le formidable potentiel de son association avec Harden et le secteur intérieur wolve. Sa capacité à balancer des bombes de n’importe où et n’importe quand foutrait irrémédiablement en l’air toute stratégie défensive visant à se replier autour du panier pour éviter de manger les pralines à proximités du cercle d’Al Jefferson, Kevin Love, James Harden et les autres (il ne faut pas oublier Ryan Gomes et Craig Smith, pas vraiment manchot lorsqu’ils sont dans le périmètre proche). Je n’ai aucun doute quand à la capacité du franc-tireur psychopathe à faire jouer son équipe mais il pourra quoiqu’il arrive recevoir le soutien d’Harden dans cette tâche.

---En réalité, la seule chose qui me gêne concernant l’ancien de Davidson, c’est que d’autres meneurs qui ont un potentiel et une envergure bien plus importants que les siens risquent d’être encore disponibles à ce stade peu avancé de la draft (Jrue Holiday, Brandon Jennings, Jonny Flynn).

---Et en plus non, ce n’est pas la seule. Ses problèmes défensifs qui ne seront vraisemblablement jamais tout à fait résolus, peuvent être un frein important dans une équipe comme celle du Minnesota où les deux joueurs clefs, Al Jefferson et Kevin Love ne sont déjà pas très performants de ce côté du terrain. Cela est d’autant plus embarrassant que la défense sur l’axe meneur/pivot est peut-être la plus cruciale ou au moins la plus décisive au cours d’un match.

---Jrue Holiday, lui, offre cette défense inflexible et il y ajoute un all-around game toujours bienvenu, mais aussi et surtout une intelligence et une créativité qui ne peuvent que faire du bien à cette équipe. De plus, son potentiel est impressionnant et contrairement à Curry, il pourrait amener le niveau de jeu des Wolves à des hauteurs inespérées. Minnesota est une équipe encore très jeune qui va continuer de grandir et Holiday pourrait évoluer avec elle (bien soulagé par la présence rassurante d’un franchise player quasiment établi et d’un jeune joueur typé vétéran et playmaker comme Harden) jusqu’à atteindre son plein impact au moment où la franchise arrivera à maturité.

---Et puis, la Minnesota aura à sa disposition un backourt très performant en défense (ce qui ne ferait pas de mal comme je vous l’ai dit plus tôt) mais aussi l’une des tractions arrière les plus créatives, intelligentes et rusées de toute la ligue. Plutôt utile quand le secteur de pointe de l’équipe est le secteur intérieur. J’avoue que j’apprécie particulièrement cette idée même si elle comporte un certain nombre de risque (Holiday reste une énigme). La seule réelle faiblesse que je vois dans ce choix, c’est que même si le combo d’UCLA a le potentiel pour être un solide scoreur, il aura du mal à constituer la menace offensive acérée que j’espérais à ce poste.

---Le scoring et le potentiel, ce sont des caractéristiques qu’on pourrait accoler à Brandon Jennings et Jonny Flynn (voir aussi le 4th pick, Sacramento pour un peu plus de détails). Tous les deux sont immensément talentueux (certains analystes considèrent Jennings comme le plus gros talent de la draft aux côtés de Blake Griffin) et l’image d’un All-Star flotte dans quelques uns de leurs avenirs possibles.

---Tous les deux ont de gros progrès à faire dans plusieurs domaines, et particulièrement dans le playmaking et en défense, mais il est difficile de dessiner une limite à leurs capacités. De plus, la présence de James Harden et même celle de l’intelligent et bon passeur Kevin Love pourront efficacement les seconder dans les responsabilités pour lesquelles ils sont encore un peu verts.

---Je ne vais pas revenir sur les qualités qui les départagent, je l’ai suffisamment fait au cours du choix de Sacramento. Le leadership, l’agressivité de Flynn constitueraient des atouts de taille pour Minnesota tandis que l’expérience européenne de Jennings a peut-être apporté à l’américain plusieurs petits détails qui font la force d’un meneur (maîtrise du match, compréhension du jeu,...), sans parler qu’il a eu l’occasion de jouer à un rythme beaucoup moins enlevé que celui de Flynn, lequel sied mieux aux cadres de la franchise au loup que sont Jefferson, Love et Harden.

---Mais après avoir furieusement apposé le fond de mes pensées sur ces lignes désormais passées, il m’apparaît que le meilleur choix est celui qui fait du combo James Harden/Jrue Holiday la nouvelle lueur d’espoir de la franchise du Minnesota.

---Tout d’abord parce que je privilégie la défense et le potentiel à la puissance longue distance de Stephen Curry (bien que j’eus de quoi hésiter). Ensuite, Holiday présente une combinaison si atypique, rare et précieuse (QI basket, créativité, playmaking, défense et all around game) qu’il m’est difficile de passer à côté de lui. En effet, je pense qu’il est plus aisé d’assembler une équipe complète et performante à partir d’un joueur de son profil qu’à partir de gros talents un peu moins particuliers et rares que sont Brandon Jennings et Jonny Flynn. J’ai le sentiment qu’avec Holiday dans le starting five, il n’y a plus qu’à empiler les talents autour de sa personne pour que la magie opère et qu’une équipe compétitive se créée. Mais là encore, les rouages de mon esprit ont sévèrement crissé avant d’aboutir à cette décision.

---Certains tireraient peut-être sur ma manche en me parlant de DeMar DeRozan et de l’athlético-énergique ailier fort, Jordan Hill. Tous les deux sont des bons choix pour les Timberwolves. L’un, Jordan Hill, apporterait la verticalité et l’énergie qu’il manque à la paire intérieure Jefferson/Love tandis que DeMar DeRozan a le potentiel d’un All-Star et que je le vois bien le concrétiser. Toutefois, ce serait un crime de ne pas profiter de cette draft riche en meneur. Ensuite, Hill est loin d’être aussi bon que Harden et je ne l’imagine pas être plus qu’un solide titulaire. Quand à DeRozan, au-delà de n’être encore qu’un projet (pas trop mal avancé quand même), il n’aura, selon moi, jamais l’impact individuel et collectif cumulé que possèdera (ou possède déjà) James Harden. Et cela même s’il se pourrait que le jeune et bondissant Trojan devienne plus fort individuellement que le Sun Devil d’ici quelques années.

---Je campe sur mon duo Harden/Holiday même si énormément d’autres solutions sont extrêmement prometteuses. La solution James Harden/Stephen Curry par exemple est certainement celle qui sera la plus productive immédiatement (et un joueur comme Curry sera toujours utile quelque soit la configuration ou le niveau de l’équipe dans laquelle il sera) mais le potentiel de Minnesota est autrement plus élevé avec un joueur comme Holiday (potentiel d’Holiday lui-même et potentiel issu des nombreuses possibilités de construction d’une équipe autour de lui).

---En tout cas, une fois n’est pas coutume, Minnesota a rondement mené son affaire. Quatre premiers tours de draft, vous imaginez ? Ils vont reconstruire une grosse partie de leur effectif en une seule draft… ou plomber leur équipe pour encore plusieurs années (les contrats des rookies du premier tour sont au minimum de trois ans). Il ne manque plus qu’à asséner le coup de grâce mais attention, un coup mal engagé ou mal ajusté et le retour de bâton risque d’être douloureux. Très douloureux.

---Par ailleurs, quoiqu’il arrive je serais curieux de savoir lequel des deux joueurs sélectionnés le sera en premier. Cette question n’est pas si anodine que ça car je vous rappelle que les salaires des rookies sont déterminés par leur position sur le tableau de la draft. Ou comment une belle aventure (peut-être) commence par une histoire de sous.

StillBallin