dimanche 5 juillet 2009

Analyse de la draft 2009: Les Grizzlies de Memphis

-
-
Joueurs draftés :

Hasheem Thabeet (C, junior), choisi en n°2 (profil au 2nd pick, Memphis)
DeMarre Carroll (SF/PF, senior), choisi en n°27
Sam Young (SF/PF, senior), choisi au second tour en n°36 (profil au 16th pick, Chicago)


Défier le sort

---C’est une espèce de malédiction qui chaque année attend tapie dans l’ombre ce moment précis où le nom du second choix de draft est annoncé par David Stern. Certaines histoires racontées au détour d’un repas de fête soudainement silencieux l’évoquent du bout des lèvres, relatent quelques uns de ses actes mais elle reste toujours à la lisière des pensées, même chez ceux qui les écoutent. Et pourtant, le recueil de ces contes ébréchés et élimés est suffisamment lourd pour que quelques sens soient maintenus en alerte.

---La sainte année de 2003 vit Detroit sélectionner candidement Darko Milicic derrière LeBron James, indéboulonnable n°1 de draft, et devant Carmelo Anthony, Dywane Wade, Chris Bosh ou encore Chris Kaman. Un an auparavant, le fabuleux meneur de Duke, Jay Williams prenait place à cette même position et connaissait une saison rookie difficile avant de voir sa carrière se briser par un accident de moto. Cette damnation a longtemps poursuivi Chicago, repoussant la mythique franchise à terre à chaque fois qu’elle essayait de se relever. En 2001, exactement un an avant l’épisode Jay Williams, les Bulls échangèrent leur franchise player Elton Brand contre le deuxième choix détenu par les Clippers et les droits sur un jeune lycéen au potentiel inimaginable, Tyson Chandler. Celui-ci ne brillera jamais dans la cité venteuse et ce ne sera que lorsqu’il portera les couleurs de New Orleans qu’il deviendra pendant un temps un solide titulaire. Leur dernière empoignade avec le phénomène marque encore aujourd’hui le quotidien de la franchise au taureau écarlate. Il y a trois ans, Chicago atterrissait une nouvelle fois juste derrière le first pick et choisissait le fabuleux LaMarcus Aldridge…juste avant de l’envoyer à Portland contre Tyrus Thomas. Certains croient encore au potentiel de l’ailier chicagoan, mais leur nombre s’effiloche à chaque fois qu’un match des Bulls prend fin.

---La liste des victimes ne s’arrêtent pas là. Un regard même furtif sur celle-ci est toujours dur à supporter. Marvin Williams en 2005 choisi par Atlanta devant Deron Williams et Chris Paul, Keith Van Horn en 1997 par New Jersey via un trade, Shawn Bradley et ses 2,29 mètres par Philadelphie en 1993, Danny Ferry considéré un temps comme le nouveau Larry Bird et choisi par les Clippers de Los Angeles en 1989. Et que dire de Len Bias (1986), mort deux jours après avoir été sélectionné par les Celtics du même Bird alors qu’on attendait de lui qu’il maintienne la légendaire mais vieillissante équipe dans les hauteurs de la ligue...et qu’il s’oppose au jeune Michael Jordan.

---Peut-être est-ce le spectre du plus célèbre des second choix, Sam Bowie, sélectionné en 1984 après Hakeem Olajuwon et avant Michael Jordan, qui tente de rendre sa légende un peu moins lourde à porter en soufflant son tourment empoisonné sur un autre n°2 de draft avec l’espoir que celui-ci connaisse une histoire suffisamment spectaculaire pour effacer la sienne des tablettes de l’Histoire ? Que dire de cette statistique issu d’un article de nbadraft.net, sinon que la logique est devenue une notion ésotérique ?

No. 1: 16.5 points, 7.5 rebounds, 2.7 assists
No. 2: 13.2 points, 5.7 rebounds, 2.9 assists
No. 3: 15.9 points, 5.3 rebounds, 3.4 assists
No. 4: 14.4 points, 5.8 rebounds, 3.2 assists
No. 5: 14.7 points, 5.1 rebounds, 2.8 assists

[statistiques sur les vingt dernières draft]

---Comment appréhender ces chiffres dénués de sens? Même si les erreurs de castings sont finalement assez fréquentes, elles peuvent intervenir sur l’ensemble du top 5. Et puis, il y aurait une certaine logique à voir des chiffres si bas pour le n°4 ou 5, mais pour le n°2 ? Comment se fait-il que lorsqu’il s’agit de choisir un joueur parmi tous sauf un (le premier choix), on se retrouve avec des individus qui sont en moyenne sensiblement moins productif que ceux qui sont sélectionnés après eux ?

---Les Grizzlies, courageux détenteur du second choix cette année ont déjà affronté cette damnation plusieurs fois depuis le début de leurs courtes existences. Leur première rencontre avec cette aura corrompue les a pris par surprise. En 1998, les Clippers, premiers à se décider, laisse filer Mike Bibby pour acquérir le pivot Michael Olowokandi. Fort de leur chance la franchise alors installée à Vancouver ne tergiverse pas et sélectionne le meneur d’Arizona. Hélas, celui-ci ne concrétisera pas les énormes attentes qu’il avait suscité avant plusieurs années. Et sous les couleurs des Kings de Sacramento.

---En 1999, les Grizzlies reçoivent à nouveau le second choix de draft. Le résultat n’en sera que plus douloureux. La franchise sélectionne la star NCAA, Steve Francis. Mais celui-ci refuse de s’imaginer avec le maillot canadien et force les dirigeants à monter un transfert qui l’enverra à Houston contre Michael Dickerson, Othella Harrington, Antoine Carr et Brent Price. Steve Francis deviendra le co-Rookie MVP avant de succomber à son tour à la malédiction et traîner péniblement la suite de sa carrière sur les bancs de différentes franchises.

---Un an après, le destin s’amuse encore de la franchise en lui offrant le privilège de choisir en second pour la troisième fois consécutives. Dans l’une des draft les plus faibles de l’Histoire, les Grizzlies sélectionneront Stromile Swift. Celui-ci n’a à ce jour jamais dépassé 12 points de moyenne.

---2009, les Grizzlies désormais installé à Memphis n’ont pas décollé du fond du tableau. Mais ils se présentent aujourd’hui avec l’ambition qui sue de leurs regards vengeurs, portés qu’ils sont par OJ Mayo, Rudy Gay et Marc Gasol, et ne baisse plus les yeux face aux autres franchises (Portland ne le sait que trop bien depuis l’incident Darius Miles). Sauf, qu’ils devront une nouvelle fois braver la malédiction et maîtriser ce nouveau second choix lequel s’inscrit, comme par hasard est-on tenter de dire, dans une draft jugée de moindre calibre mais surtout incroyablement imprévisible. Et cette fois, la franchise de Memphis a décidé de se jeter dans la gueule du loup pour frapper l’animal de l’intérieur : elle a choisi Hasheem Thabeet, le joueur dont l’avenir en NBA est le plus incertain mais aussi celui qui pourrait apporter le plus grand bénéfice à son équipe.

mercredi 1 juillet 2009

A new big three in town...

.
Si vous avez aimé le Barca champagne de la saison dernière, vous risquez de jouir devant le Real Redbul de l’an prochain.

Alors que l’équipe championne d’Europe tente de recruter des espagnols peu sexy (le buteur Villa & le précoce mais surcoté Fabregas), Madrid casse la tirelire avec déjà plus de 200 millions d’euros dépensés pour s’attacher les services des meilleurs joueurs du monde.

Cristiano Ronaldo aime Ricky Martin et s’est fait construire une maison rose fluo qui fait chier ses voisins mais c’est avec Messi le meilleur ailier et meilleur joueur de la planète football. Et il le restera tant que Ronaldinho préfèrera l’alcool et les filles au football et que Robinho ne gagnera rien avec Man City. (et voilà un lien IRREEL pour calmer les sceptiques)

Kaka est le 9 ½ ultime, capable de marquer et d’offrir des caviars à tous moments. Discret, il pourrait pourtant être l’homme fort de la saison 2009/10, grâce à un positionnement libre qui lui permettra de bénéficier de toute l’attention portée par les défenses sur ses partenaires.

Benzema a le talent pour être le meilleur attaquant que la France n’ait jamais connu. Malgré une saison dernière en demi-teinte ou il affichait une attitude proche de celle qui tue la côte de popularité de C.Ronaldo quand il n’avait pas le ballon, il a un potentiel incroyable. Balle au pied, très peu d’attaquants sont plus rapides que lui. Ses contrôles et son jeu de passe permettent à ses coéquipiers qui se projettent vers l’avant de participer aux offensives.

Ce trio n’a aucun équivalent au monde.

Si Henry, Eto’o & Messi ont dominé l’an dernier, en partie grâce au travail de percussion d’Iniesta, à la puissance de Touré et au calme de Xavi, ce trident n’est pas aussi effrayant que ce que pourrait l’être le monstre du Real :

Henry joue principalement sur une vitesse qui est de moins en moins exceptionnelle.

Eto’o, plus vif que tous les défenseurs qu’il affronte, sort d’une saison incroyable. Si on doit lui trouver un défaut, on pourrait noter qu’il peine tout de même dans le jeu sans espace, comme on a pu le constater face à Chelsea, ou son manque de puissance lui a juste permis de faire plaisir aux foules avec un petit pont à 10 mètres sur Alex. De plus, il risque d’être vendu à Man City et d’être remplacé par Villa, le petit buteur en série de Valence.

Messi, plus que personne, est imprenable en un contre un. Assez intelligent pour rester humble, ou du moins le faire croire (cf. son crachat à la gueule d’un défenseur trop collant l’an dernier), il a pris de l’avance sur C.Ronaldo et à un degré moindre Zlatan, Kaka & Ribéry dans la course au meilleur joueur du monde. De l’attaque barcelonaise, il serait le seul à pouvoir être titulaire dans tous les clubs du monde, Real y compris.

Henry, Eto’o et Messi, c’est létal, mais le trio madrilène est encore plus rapide, technique, complet et puissant.

Pour le reste de l’effectif, les milieux auront la dure tâche d’être des cols bleus, travailleurs à la solde de la réussite des superstars de l’attaque. Gago et Lass n’ont pas autant de vista dans la passe que le triangle médian des catalans, mais c’est une différence que veut vite combler le mécène Perez avec l’arrivée annoncée de Xabi Alonso, parfait dans le rôle de 6 relayeur.

Pellegrini, le coach qui sera vite sur un siège éjectable s’il aligne 3 défaites de rang, a annoncé qu’il aimerait instaurer le même système de jeu qu’il avait à Villareal, un système parfaitement huilé ou même un Robert Pires centenaire paraissait all star. Seul hic, ce système est un 4-4-2 en losange. C.Ronaldo et Kaka ne sont pas réputés pour leur apport défensif, ni pour respecter un poste « standard » d’ailier et de meneur de jeu, mais c’est un bon casse tête à avoir que de devoir trouver une position pour 2 des 6 meilleurs joueurs du monde. (Pêle-mêle : C.Ronaldo, Kaka, Zlatan, Ribéry, Messi & Iniesta)

Et n’oublions pas que le mercato n’est pas encore fini, avec des rumeurs envoyant toujours Ribéry, Maicon, Mascherano, Vidic voire Fabregas au Real. Il y a fort à parier que l’effectif madrilène final saura trouver son équilibre, même si Wenger vient de déclarer qu’il ne pensait pas vraiment possible de faire prendre la mayonnaise à une équipe qui compte plus de trois recrues, aussi talentueuses soient elles. (Avant de dire que si c’était réalisable, ça pourrait écraser la concurrence, histoire de garder son image de penseur capable de sortir un « je vous l’avais dit » en ne fermant jamais aucune porte dans son discours…)


PS : Vive l’argent dans le foot. S’il n’y en avait pas autant, on n’aurait pas l’occasion de voir de tels effectifs se former. Le sport, c’est un jeu et intrinsèquement, il se doit d’être divertissant. Sans argent, on se retrouve avec des clubs « courage » comme Nancy ou Grenoble qui sont marrants cinq minutes, mais qui sont aussi sexy qu’une lèvre pubienne qui déborde d’un maillot de bain mal ajusté : Pas de plaisir pour les yeux d'un connaisseur.

PS bis : Vive la probable attaque de Manchester City (confirmée ou non dans les prochains jours) avec Santa Cruz, Robinho, et probablement Tevez et Eto’o. « L’arab money » vient de s’offrir la plus belle attaque d’Angleterre.

Dominique...

lundi 29 juin 2009

Plus qu'un an de conneries...

.
A la fin de l'année prochaine, Shaq devrait prendre sa retraite. La NBA perdra alors son meilleur "entertainer". Ci-dessous, une de ses dernières singeries, dévoilée par le génial site DIME.



Dominique...

dimanche 28 juin 2009

Analyse de la draft 2009: Les Clippers de Los Angeles

--

Joueurs sélectionnés :

Blake Griffin (PF, sophomore), choisi en n°1 (profil au 1st pick, LA Clippers)


Do The Right Thing

---Après avoir utiliser les seules fois où ils ont eu un premier choix pour Danny Manning qui a fait une jolie carrière mais loin de celle du franchise player annoncé, et pour Michael Olowokandi qui…euh…a fait une carrière NBA étonnamment longue pour un joueur de son niveau (9 saisons du haut de ses 2,13 mètres sans jamais dépasser 43 % de réussite aux tirs), les Clippers ont décidé de ne pas prendre de risque en sélectionnant Blake Griffin, clairement le meilleur joueur de cette draft et celui qui est susceptible d’avoir le plus grand impact dans la ligue.

---J’ai déjà expliqué pourquoi malgré un secteur intérieur déjà blindée, le Taureau Ailé d’Oklahoma était un meilleur choix pour les Clippers que Ricky Rubio. Il est vrai qu’avec l’espagnol, l’autre franchise de L.A. avait une chance de résoudre une grande partie de ses problèmes (quoi de mieux qu’un fabuleux meneur-créateur-distributeur pour faire briller et jouer ensemble une escouade de talentueux scoreurs individualistes ?) mais il y avait peut-être encore plus de chances de voir l’Histoire se répéter une nouvelle fois et redonner consistance au souvenir encore amer de Michael Olowokandi (toutes proportions gardés bien sûr, Rubio étant un joueur déjà confirmé et il possède un vrai talent).

---Ce risque réel, presque palpable, explique pourquoi les Clippers n’ont pas suivi la jurisprudence « Jason Kidd » de 1994 qui veut que lorsqu'il y a un choix à faire entre un excellent playmaker et un excellent scoreur, sélectionner le playmaker est le choix le plus payant (Milwaukee alors titulaire du premier choix de draft avait fait l’impasse sur Kidd, lui préférant le prolifique Glenn Robinson. Ce dernier a enfilé les paniers tout au long de sa carrière mais il n’aura jamais été aussi précieux que Kidd).

---D’ailleurs, cet argument avait été le mien lorsqu’il était question pour Chicago de choisir entre Derrick « Robin Hood » Rose et Michael « Sentenza » Beasley lors de la draft 2008. Mon avis s’était porté sur le meneur de Memphis University plutôt que sur l’ailier fort aux stats épatantes, malgré la présence d’un très solide point guard dans les rangs chicagoan (Kirk Hinrich) et leur besoin criant d’une menace offensive intérieure (qu’aurait pu être Beasley).

---L’effet miroir qui existe entre les Bulls de la draft 2008 et les Clippers de la draft 2009 est saisissant : deux équipes bourrées de talent qui récupère le premier pick sans que cela soit prévu et qui font un choix contraire à leur besoin en dépit du fait qu’un excellent joueur qui y correspondrait était disponible. Cependant et contrairement à Chicago, la décision des Clipps n’a pas connu de vrai débat ou hésitations préalables. Tout simplement parce que dans le cas des Bulls, Rose et Beasley semblait être soumis à un risque d’échec à peu près équivalent (« Rose ne va rien faire en NBA, il ne sait pas shooter », « Beasley est trop petit pour être performant au poste 4 ») tandis que du côté 2009, la balance du risque penchait largement en faveur de Blake Griffin. D’ailleurs, il n’aurait pas été étonnant de voir le Ricky Rubio de 2009 être sélectionné devant Michael Beasley lors de la draft 2008. En toute logique, le critère du risque prime sur celui des besoins (a fortiori dans le cas des Clippers qui n’ont jamais compté la chance parmi leurs cheerleaders).

---Reste pour L.A. à désenclaver leur secteur intérieur. Lors de la mock draft, j’évoquais Zach Randolph comme le candidat à un départ le plus intéressant pour la franchise car au-delà de son passé tumultueux et de sa personnalité parfois difficile à gérer, il opère sur le créneau qui devrait être celui de Griffin l’an prochain. Toutefois, le transférer sera très difficile (gros et long contrat, risque d’être une plaie pour l’équipe) et c’est donc plutôt vers un autre intérieur qu’il faudra se tourner. Marcus Camby semble être le plus facile à transférer en raison des qualités du bonhomme, de son profil spécifique toujours très précieux et de la brièveté de son contrat (prend fin l’été prochain). C’est un peu dommage car il complète parfaitement le futur rookie. Le très solide pivot Chris Kaman est lui aussi convoité mais il serait peut-être plus pertinent de faire de Camby le candidat privilégié à un départ car contrairement à Kaman, il approche à grand pas de la fin de sa carrière, sans compter que la franchise possède en embuscade un jeune et prometteur joueur qui évolue dans le même registre (DeAndre Jordan)

---Blake Griffin aura dès maintenant un impact individuel d'excellente facture mais il faudra attendre qu’une alchimie puisse se créer au sein des Clippers avant d’imaginer poor L.A. renouer (ou plutôt nouer) avec le succès, et cela nécessitera peut-être un peu de temps et quelques mouvements dans le roster. L’ailier fort ne va pas résoudre ses problèmes, mais la franchise possède en lui un élément sur lequel elle pourra compter au cours des années à venir pour tenter de trouver la bonne voie. D’ailleurs, on peut déjà faire du super arrière Eric Gordon et peut-être même du jeune DeAndre Jordan (parfaitement profilé pour être aligné aux côtés du n°1 de la draft 2009) les futurs cadres de la franchise aux côtés de Blake Griffin (reste aux Clippers à ne pas tout faire foirer, ce qui revient peu ou proue à demander à la lune d’arrêter d’influencer les marées).

StillBallin

vendredi 26 juin 2009

Worst pick of the day : MJ's death...

.
Dans les années 80, MJ ne signifiait pas encore Michael Jordan, mais était plutôt la propriété du roi de la pop et du boogie. Il est mort cette nuit à LA des suites d'un arrêt cardiaque. Refusant de croire à ce qui pourrait être un complot contre lui dans l'affaire des accusations pour attouchements sexuels, il aura toujours ici le plus grand respect.



Dominique...

jeudi 25 juin 2009

Unlimited NBA Mock Draft: N°8, New York Knicks

-
With the 8th pick in the Unlimited NBA mock draft, the Knicks select…


Brandon Jennings from Roma in Italy


---Mike D’Antoni ne devrait pas laisser passer l’occasion de récupérer le genre de meneur qu’il désire tant et qu’il pourra façonner à sa convenance. Il est difficile de savoir sur lequel des ces jeunes prospects il jettera son dévolu et cela dépendra énormément de leur disponibilité. Mais cette pas si haute huitième position de draft n’est pas forcément un problème pour le coach moustachu car n’importe quel meneur un peu talentueux peut faire un malheur dans son système (n’est-ce pas Chris Duhon ?). Reste à savoir lequel s’y éclatera le plus et fera le mieux danser les Knicks.

---Mais d’abord, je dois dire un truc sur l’un de ces exceptionnels meneurs : je n’ai pas confiance en Tyreke Evans. L’ancien scoreur de Memphis University a un talent fou et impressionne tout le monde. D’ailleurs, j’adore son potentiel. Mais je n’en voudrais pas dans mon équipe tant qu’il ne l’aura concrétisé.

---Il est d’ors et déjà l’un des meilleurs de la ligue pour perforer les défenses et convertir en points ses incursions, et ça ne m’étonnerait pas de le voir dépasser les 15 points de moyenne dès son année rookie et ne jamais descendre en dessous de cette barre jusqu'à la clôture de sa carrière. Mais à l’heure actuelle, il n’apportera rien de bon à une équipe, sauf peut-être celles qui fondent leur jeu sur le un-contre-un. Sa propension à monopoliser la balle pendant de longues minutes, son manque d’entrain à faire jouer ses coéquipiers et son incapacité à être performant sans être le titulaire unique de la gonfle font que sa présence sur le terrain court-circuite l’ensemble du jeu de son équipe si il en est effectivement le seul dépositaire ou le rend complètement improductif s’il ne l’est pas.

---Néanmoins, il se peut qu’un jour, Tyreke Evans retrouve mon entière confiance. Il ne lui suffirait de pas grand-chose, seulement de progresser dans une direction précise. Et il a le droit d’en choisir une parmi plusieurs.

---Soit il développe une capacité à être productif sans tenir en permanence le ballon (donc s’il améliore grandement son shoot et son jeu sans ballon) afin de devenir un véritable combo guard scoreur susceptible de se fondre dans un collectif sans perdre en efficacité.

---Soit il développe ses qualités de playmaker et un véritable altruisme, pour devenir un point guard à la Tony Parker, capable de marquer des points sans trop de déchets et de faire jouer son équipe (ce qui l’inscrit mécaniquement dans un collectif)

---Soit il suit simultanément les deux options précitées et alors là, alléluia.

---Pour moi, ces perspectives d’évolution sont les seuls moyens qui lui permettraient de donner la pleine mesure de son talent sans pour autant enterrer le jeu de son équipe. Et le jour où il en sera là, Tyreke Evans pourra être vraiment (vraiment, vraiment) utile à sa formation. Je suis persuadé qu’il peut parcourir l’une de ces voies mais je ne prendrais pas le risque de le sélectionner et d’attendre de voir s’il en est effectivement capable. Que je sois dans la position de celle des Knicks ou pas.

---On a beaucoup parler de Stephen Curry dont le style de pistolero qui n’a jamais appris à se servir du cran de sûreté, ferait beaucoup de dégâts dans le système de D’Antoni (sans parler de son hypothétique association avec LeBron James qui serait absolument dévastatrice). Mais si c’est possible, j’aimerais plus de talent à cette position, ce qui est l’élément clef et moteur de la philosophie de D’Antoni. Plus le meneur est bon, plus l’équipe l’est.

---Ainsi, on pourra saliver sur Jrue Holiday et son potentiel Steve Nashien dans le playmaking qui s’en donnerait à cœur joie avec la ribambelle de shooteurs et le l’intérieur brutaliseur de cercle que D’Antoni installera à ses côtés.

---Jonny Flynn est aussi un super candidat qui n’attend plus rien d’autres que de recevoir les conseils du coach italo-américain pour enfin parvenir à maîtriser son jeu et celui de l’équipe. Avec sa capacité à scorer de n’importe où, son sens du jeu et son agressivité, il devrait faire un malheur dans le système du coach new yorkais et faire tomber le plâtre du plafond du Madison dès que son apprentissage aura porté ses fruits. Son leadership pourrait aussi sortir les Knicks des situations chaudes que la franchise n’est plus parvenue à triompher depuis un peu trop longtemps aux goûts des supporters de la Grosse Pomme.

---Brandon Jennings, lui pourrait être le parfait réceptacle de la philosophie de l’ancien glorieux coach de la Benetton de Trévise grâce à sa petite expérience européenne (Coach Mike a dû avoir l’impression de s’empaler dans une immense barbe-à-papa lorsqu’il a entendu l’ancien joueur de la Roma affirmer qu’il maîtrisait bien mieux le pick-and-roll –arme favorite de l’ancien Sun- depuis son passage en Italie). En effet, D’Antoni a forgé son système à cheval sur les deux continents. Qui de mieux que Jennings pour comprendre et reproduire les idées du New Yorkais ? De plus, l’ancien lycéen d’Oak Hill est peut-être le meneur qui possède le plus gros talent brut. D’Antoni pourrait le façonner à sa guise et exploiter chaque parcelle de son potentiel pour en faire le meneur dont rêve toute l’Amérique.

---Je pense que D’Antoni peut faire de n’importe quel point guard un joueur d’impact (Chris Duhon en est la preuve). Par conséquent, je m’attacherais à sélectionner celui qui est le plus talentueux et qui possède le plus grand potentiel. En l’absence de Ricky Rubio, déjà sélectionné, c’est Brandon Jennings qui répond le mieux à cette description, suivi de Jonny Flynn, qui a peut-être moins de potentiel que Jrue Holiday mais dans l'optique du système de D’Antoni, je préfère placer quelqu’un qui est furieusement capable de scorer, sans compter que son leadership et son agressivité pourrait sublimer la construction du coach à la moustache. Holiday vient après donc, et enfin Stephen Curry (plutôt bien comme dernière option).

---Pour ceux qui seraient étonnés de voir Curry si loin dans mon ordre de préférence, je rappelle que mon premier critère de choix est le potentiel. Se fonder sur un élément aussi aléatoire semblerait être une prise de risque inconsidérée pour n’importe quelle franchise mais je pense que cet élément est beaucoup moins aléatoire si le joueur en question est un meneur et qu’il est plongé dans le contexte Mike D’Antoni. Pour moi, il s’agit plus d’un investissement que d’un véritable pari.

---Dans le même sens, on aurait pu penser à Jordan Hill (voir 7th pick, Golden State) qui n’est pas sans rappeler Amare Stoudemire (de loin et avec un début de cataracte) lequel a semblé flotter dans un état de grâce tout le temps qu’il a passé sous les ordres du coach italo-américain. Cette option est effectivement très pertinente mais Hill n’a pas le talent de STAT et ne semble pas être énormément plus fort que le néo-Knick, Chris Wilcox, qui présente exactement le même profil. De plus, les ailiers forts très athlétiques et vifs ne sont pas légions mais ils ne sont pas des raretés absolues non plus.

---Néanmoins, la raison qui exclue immédiatement l’hypothèse Hill est que c’est véritablement le poste de meneur qui est la pierre angulaire de la philosophie du coach New Yorkais et qu’il est inimaginable de ne pas en sélectionner un alors qu’il y en a tant qui sont disponibles et talentueux, même à la huitième place.

StillBallin

Unlimited NBA Mock Draft: N°7, Golden State Warriors

-
With the 7th pick in the Unlimited NBA mock draft, the Warriors select…


Jordan Hill from Arizona


---Dans un quotidien banal, une équipe comme celle de Golden State partirait en quête de l’un des excellents meneurs que la draft 2009 propose pour combler le seul poste qui fait défaut dans leur effectif. Oui mais voilà, les Warriors de Don Nelson sont manifestement la source d’inspiration de la série Desperate Housewives car leur franchise player, enfin celui qui est censé l’être, Monta Ellis, est semble-t-il convaincu du bien-fondé de l’idée d’être positionner en meneur, au point même de piquer une crise que seule l’assurance de la part du staff de ne pas piocher dans ce miraculeux buffet à point guards lors de la draft, a pu éteindre.

---Donc, deux choses : ou bien les Warriors accèdent à la requête polie de l’ancien lycéen et sélectionne un joueur des quatre autres postes, ou bien ils font un grand sourire à Ellis et cochent le nom d’un meneur qui pourrait enfin catalyser un minimum le jeu épileptique des californiens sur la fiche à donner à David Stern. On pourrait peut-être imaginer que cette mascarade ne soit en réalité qu’une mise en scène visant à brouiller les cartes dans le jeu de chaises musicales de ces point guards hautement convoités mais cela paraît quand même très improbable.

---Si les Warriors (il n’y a que moi que ça fait rire cette vanne ?) écarte effectivement l’idée de choisir un meneur, ils se rabattront sûrement sur le très énergique et athlétique power Jordan Hill (2,08 m, bientôt 22 ans). Ce dernier viendrait prendre la place du jeune et talentueux mais semble-t-il mal aimé Brandan Wright (8,3 pts à 52,8 % et 4 rbs en seulement 17,6 minutes). L’explosif intérieur d’Arizona est un peu brut de décoffrage (c'est-à-dire qu’il ne pense qu’en ligne droite), encore largement perfectible techniquement mais il est passé du statut d’athlète de fond de rotation à celui de joueur clef en trois ans d’université (18,3 pts à 53,7 %, 11,0 rbs), ce qui est assez impressionnant et laisse penser qu’il du genre à poursuivre sa progression.

---Ses qualités athlétiques, sa surprenante vitesse et sa finition pas dégueulasse en font un joueur capable de faire la différence lorsqu’il est face au panier tandis que son énergie et son talent aux rebonds finissent de le rendre intéressant. Sa marge de progression est encore importante et il a déjà commencé à montrer des signes encourageants avec son jump-shoot. Toutefois, difficile de voir en lui plus qu’un solide titulaire à l’avenir. Son physique et son énergie devrait être utile à cette équipe très portée vers l’extérieur qu’est Golden State mais ce n’est pas lui qui résoudra les problèmes, collectifs notamment, de la franchise. Mais qui le peut ?

---Je viens de voir Monta Ellis partir de la salle des Warriors et de ses bureaux au guidon de son scooter, on va en profiter pour jetez rapidement un coup d’œil sur les meneurs. Remarque, il est peut-être idiot de réfléchir en fonction des besoins de la franchise car celle-ci ne semble pas vraiment en tenir compte (Corey Maggette, franchement ?) mais je pense qu’il faut à cette équipe un véritable playmaker et c’est encore mieux si il a un peu d’autorité.

---Stephen Curry ne colle que moyennement à ces critères mais son style aussi détonnant que performant, se fond parfaitement dans la philosophie de la franchise, au point peut-être de renforcer suffisamment la puissance de feu offensive californienne pour lui permettre de marquer systématiquement plus de points que son adversaire. Et puis, ses timides mais bien présentes compétences de meneur pourraient peut-être débroussailler un peu le jeu chaotique que Stephen Jackson et sa meute ont déployé tout au long de l’année. Mais est-ce vraiment une solution viable ?

---Ty Lawson répond parfaitement aux critères énoncés un peu avant mais il serait dommage de passer à côté de joueurs plus talentueux que lui. Si Jonny Flynn est encore présent, il peut être une option intéressante car il n’est pas sans rappeler Baron Davis dans le style (trouver un autre Baron est peut-être la seule chose susceptible de fonctionner dans cette équipe qui défie les lois de la logique. Ça s’appelle un peu soigner le mal par le mal mais ça fait longtemps que j’ai arrêté d’essayer de raisonner droit quand je parle de cette équipe). De plus, ses qualités de leader et sa passion permettraient peut-être d’impulser un élan aux très émotifs guerriers et de projeter celui-ci dans un sens unique et positif. Manquerait plus qu’il maintienne sa progression dans le playmaking -si une telle chose est possible dans la baie de San Francisco- pour qu’on puisse discrètement imaginer un début d’avenir radieux pour la franchise. Mais bon, peu de chance qu’il soit disponible (heureusement pour lui peut-être).

---Au cours de sa saison européenne, Brandon Jennings s’est peut-être lancé dans la voie qu’à pris Chauncey Billups et qui lui a permis de devenir le taulier qu’on connaît (les plus jeunes ne savent peut-être pas que le n°3 de draft 1997 était un point guard quasi exclusivement scoreur qui s’est fait transférer au milieu de sa saison rookie) et si il y persévère, il ne serait pas difficile de l’imaginer un jour tenir l’équipe des Warriors comme Billups a fait marcher au pas celle des Nuggets (Denver était en concurrence avec Golden State pour le titre de la franchise la plus dingue de l’année en 2007/2008. Mais il faut admettre qu’entre temps Allen Iverson a quitté la ville).

---Ce choix est quand même risqué car Jennings partage un peu cette attitude hors de contrôle qui semble animer la franchise californienne et il n’est peut-être pas aussi avancé dans sa formation à l’européenne qu’il le devrait. Résultat, revêtir le maillot zébré de l’éclair guerrier pourrait le pervertir plus qu’autre chose.

---Par contre, Jrue Holiday semble être susceptible de devenir la corde qui attache ensemble les canons de fusils pour qu’ils tirent tous dans le même sens. Par vraiment demandeur de tickets shoots car il ne saurait pas trop quoi en faire, Holiday est un playmaker très créatif qui aime jouer sur un tempo rapide (les Warriors ne connaissent pas d’autres cadences) et qui affirme avoir la trempe d’un général des parquets (il est difficile de lui donner tort ou raison sur ce point, car le senior Darren Collison était le détenteur de cette responsabilité à UCLA). En se positionnant à la base du jeu des Warriors et en le faisant terminer dans les mains des shooteurs fous, non pas sans avoir préalablement pris bien soin de créer les conditions adéquates à ces tirs, Holiday pourra peut-être faire de cet ensemble de cas spéciaux quelque chose qui ressemble de près ou de loin à une équipe. Un peu comme l’assaisonnement qui donne toute sa saveur à un plat composé d’ingrédients peu appétissants.

---Connaissant le potentiel de cette formation et n’ayant pas peur des problèmes que ma décision pourrait engendrer, c’est vers les meneurs que je me tourn…Ah, j’entends la voix de Monta Ellis dans les couloirs.



Je sélectionne Jordan Hill.

StillBallin