mercredi 29 mai 2013

Blues Before Sunrise

Par Lucas

A quoi vont ressembler les Suns l'an prochain?

La question est vague et la réponse pour le moment noyée dans un flot de suppositions. Pour être parfaitement honnête, cette interrogation a déjà été soulevée lors du départ de Steve Nash, mais est plus que jamais d'actualité. Où vont les Suns? Ils n'en savent rien. Alors qu'ils avaient choisi de tout gommer pour mieux redessiner, les voici déjà contraints de raturer le timide croquis esquissé l'été dernier.

Tout d'abord, la direction des Suns a décidé de renouveler la totalité de la façade sportive : nouveau General Manager, nouveau coach, qui choisira probablement ses nouveaux assistants. L'un comme l'autre sont des débutants à ce niveau de responsabilité : Ryan McDonough, ancien membre du département sportif des Celtics où il était l'un des assistants de Danny Ainge, qui a été bombardé General Manger, n'a que 33 ans, et a surtout opéré en partenariat avec les scouts des C's.

Le nouveau GM de Phoenix jouït pourtant d'une belle reconnaissance de la part de ses pairs : Ryan McDonough est présenté comme le GM du futur, celui qui analyse chaque aspect, sportif, financier ou statistique avant de prendre une décision. Il pourra décider d'aller superviser un joueur à l'autre bout du monde, en prenant soin de noter non seulement les aspects classiques d'un rapport de scouting, mais également les statistiques avancées, et ce sur plusieurs années. McDonough arrive avec une expérience limitée certes, mais avec des dossiers complets sur lesquels il travaille depuis longtemps, ainsi que des théories et stratégies qui n'attendent que d'être mises en pratique.

dimanche 26 mai 2013

L'été où Boston a pris le mauvais chemin


Paul Pierce et Kevin Garnett restent, à plus de 35 ans bien tassés sur leurs articulations, d'excellents joueurs et de véritables leaders. Mais on sent bien que les Celtics commencent à trop tirer sur une corde déjà effilochée. La mélodie qui en sort est toujours douce à entendre mais elle sonnera vraisemblablement plus au sommet des charts.

On aimerait pouvoir laisser ces légendaires et vénérables musiciens tirer tranquillement leurs révérences sous le maillot vert en nous gratifiant de quelques derniers concerts feutrés dans l'intimité d'une petite salle de quartier. Mais ce n'est pas possible. Les Celtics ont aussi dans leurs rangs un superbe meneur dont les meilleurs années frappent à la porte, et ils ne peuvent pas se permettre de les gâcher dans le valeureux et lent déclin de Garnett et Pierce, ni dans la reconstruction qui suivra. Car au-delà de risquer de laisser passer les meilleures années de Rondo sans pouvoir se battre pour le titre, ils risqueraient aussi de le perdre à la fin de son contrat, en 2015.

C'est notamment, je pense, la raison qui pousse le GM Danny Ainge à envisager le transfert des deux vieux piliers au risque de taillader l'aura de cette fantastique franchise et le cœur de ses tout aussi merveilleux fans. Vendre son âme pour pouvoir saisir le plus de chances possibles de décrocher un trophée, comme un toxicomane donne sa dignité pour quelques grammes de plus.

Etait-on obligé d'en arriver là? Bien sûr que non. Comme dans toutes les destinées tragiques, la trajectoire de Boston a été jalonnée d'opportunités et de porte de sortie devant lesquelles la franchise est passée sans s'arrêter. L'été 2012, plus précisément, a été le carrefour où tout a basculé. Et où tout aurait pu basculé dans l'autre sens.

mercredi 22 mai 2013

Watch The Throne

Par Lucas

« Un Anneau pour les gouverner tous. Un Anneau pour les trouver. Un Anneau pour les amener tous et dans les ténèbres les lier. » Si Tolkien était encore parmi nous pour suivre la NBA, nul doute qu'il aurait su trouver les mots justes pour dépeindre cet univers où si Bill Russell est Sauron, Allen Iverson est Sméagol. Comme chacun des personnages sortis de l'imagination de l'écrivain britannique, les sujets de David Stern sont tous obnubilés par la quête de la bague, l'anneau qui séparera les faibles des forts.

Dans ce qui s'apparente à l'aventure d'une vie, nombreux sont ceux qui doivent s'en retourner en n'ayant pu que contempler cet anneau qui leur aura brûlé les yeux et les ailes. Car l'anneau unique ne se partage pas : Jerry West, défait sept fois en Finales avant de pouvoir le glisser à son doigt en sait quelque chose, lui qui a été rongé par tant d'échecs répétés, voyant le précieux bijou se refuser à lui tant de fois jusqu'à ce qu'il puisse à son tour caresser ses contours dorés.

Non, soulever le trophée Larry O'Brien n'est pas chose aisée. Sur les 39 équipes ayant évolué au sein de la ligue nord-américaine, ABA mise à part, moins de la moitié peuvent se vanter d'avoir gagné ne serait-ce qu'un titre. Depuis 1984, 8 équipes seulement se sont partagées les 28 titres mis en jeu. La couronne NBA ne s'offre qu'a une seule équipe par an, et se perpétue parfois au cours de dynasties qui voient le retour du même roi plusieurs années d'affilée. Dans un tel contexte, l'absence de légendes comme Elgin Baylor ou Charles Barkley au palmarès, si elle est étonnante au premier abord, n'en est pas forcément illogique.

dimanche 12 mai 2013

Il ne sera pas bon être n°1 de draft cette année (Bienvenue dans ce monde)


Je peux vous l'annoncer dès maintenant: dans un an à peu près à cette même période de l'année, on entendra la plupart des fans NBA lâcher un grognement insatisfait lorsqu'on leur parlera du n°1 de draft 2013. Et pour cause, l'attribut "n°1 de draft" est particulièrement évocateur à l'oreille de chacun, suggérant talent surdimensionné, nom à retenir et parfois, future star de la ligue. Or aucun des candidats à la draft de cette saison ne pourra tenir la comparaison face à cette perception. Ce n'est pas leur faute, ils sont ce qu'ils sont. On ne peut pas leur en vouloir si les vrais potentiels n°1 de draft ont fait faux-bond cette fois-ci.

Toutefois, cela n'empêchera pas les spectateurs d'éprouver une certaine déception quand il verront celui qui aura été choisi en première position essayer de déployer son jeu sur les parquets de la grande ligue. Car que ce soit par ignorance (notamment vis-à-vis de ceux qui ne suivent pas la NCAA; rassurez-vous on ne vous en voudra pas) ou par manque de compréhension, ce first pick au rabais sera attendu au tournant comme n'importe quel first pick et donc suspendu au pilori s'il ne s'en montre pas la hauteur. Un sort finalement assez cruel pour un jeune joueur qui aura eu pour seul tort de ne pas avoir eu de meilleur prospect que lui dans sa promotion. Préparez-vous donc à être indulgent envers Ben McLemore, Nerlens Noel ou [insert a prospect's name].

mercredi 8 mai 2013

Warriors always bomb first

Par Lucas

On a pu reprocher bien des choses aux Warriors au cours de la saison régulière. Equipe trop faible défensivement, trop peu structurée en attaque, trop irrégulière dans ses performances, trop dépendante de sa réussite aux shoots, et bien d'autres tares qui semblaient rédhibitoires pour leur permettre de réussir à passer un tour de Playoffs, voire même à un certain point pour leur permettre de finir dans les huit premiers à l'Ouest, un doute légitime lorsque ceux-ci enchaînaient 9 défaites en 12 matches au mois de février.

Et pourtant, les Warriors sont toujours là. Ils se sont qualifiés devant les Rockets et les Lakers, avec un bilan de 47-35, le meilleur de la franchise depuis 2008 -année où ils n'avaient d'ailleurs pas fait les Playoffs. Puis ils ont sorti les Nuggets, tête de série numéro 3, alors qu'ils avaient perdu dès le premier match David Lee, leur premier All-Star depuis 16 ans. Enfin, ils ont bien failli renverser les Spurs chez eux lors du game 1, menant encore de 16 points à 3 minutes de la fin avant de s'écrouler et de déposer les armes après deux prolongations.

Quelles sont les clés de la réussite des Warriors ? Assez paradoxalement, elles sont similaires aux défauts évoqués dans l'introduction. Une défense limitée mais très efficace pour lancer des contre-attaques, une attaque imprévisible, une équipe capable de prendre feu sur de courtes périodes, un effectif regorgeant de shooteurs fiables et surtout un coaching stupéfiant de réactivité. Examinons chacun de ces aspects plus en détail.

Tout d'abord, la défense, considérée, souvent à juste titre, comme le point faible de l'équipe de la Baie. Au cours de la saison régulière, Golden State concédait en moyenne 103.3 points par 100 possessions, ce qui les classe 14e chez les équipes participant aux Playoffs. L'effectif de Mark Jackson comporte peu de bons défenseurs, et ses deux leaders (Lee et Curry) ont souvent été pointés du doigt pour leurs lacunes dans ce domaine.