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Joueurs draftés :
Hasheem Thabeet (C, junior), choisi en n°2 (profil au 2nd pick, Memphis)
DeMarre Carroll (SF/PF, senior), choisi en n°27
Sam Young (SF/PF, senior), choisi au second tour en n°36 (profil au 16th pick, Chicago)
Défier le sort
---C’est une espèce de malédiction qui chaque année attend tapie dans l’ombre ce moment précis où le nom du second choix de draft est annoncé par David Stern. Certaines histoires racontées au détour d’un repas de fête soudainement silencieux l’évoquent du bout des lèvres, relatent quelques uns de ses actes mais elle reste toujours à la lisière des pensées, même chez ceux qui les écoutent. Et pourtant, le recueil de ces contes ébréchés et élimés est suffisamment lourd pour que quelques sens soient maintenus en alerte.
---La sainte année de 2003 vit Detroit sélectionner candidement Darko Milicic derrière LeBron James, indéboulonnable n°1 de draft, et devant Carmelo Anthony, Dywane Wade, Chris Bosh ou encore Chris Kaman. Un an auparavant, le fabuleux meneur de Duke, Jay
Williams prenait place à cette même position et connaissait une saison rookie difficile avant de voir sa carrière se briser par un accident de moto. Cette damnation a longtemps poursuivi Chicago, repoussant la mythique franchise à terre à chaque fois qu’elle essayait de se relever. En 2001, exactement un an avant l’épisode Jay Williams, les Bulls échangèrent leur franchise player Elton Brand contre le deuxième choix détenu par les Clippers et les droits sur un jeune lycéen au potentiel inimaginable, Tyson Chandler. Celui-ci ne brillera jamais dans la cité venteuse et ce ne sera que lorsqu’il portera les couleurs de New Orleans qu’il deviendra pendant un temps un solide titulaire. Leur dernière empoignade avec le phénomène marque encore aujourd’hui le quotidien de la franchise au taureau écarlate. Il y a trois ans, Chicago atterrissait une nouvelle fois juste derrière le first pick et choisissait le fabuleux LaMarcus Aldridge…juste avant de l’envoyer à Portland contre Tyrus Thomas. Certains croient encore au potentiel de l’ailier chicagoan, mais leur nombre s’effiloche à chaque fois qu’un match des Bulls prend fin.---La liste des victimes ne s’arrêtent pas là. Un regard même furtif sur celle-ci est toujours dur à supporter. Marvin Williams en 2005 choisi par Atlanta devant Deron Williams et Chris Paul, Keith Van Horn en 1997 par New Jersey via un trade, Shawn Bradley et ses 2,29 mètres par Philadelphie en 1993, Danny Ferry considéré un temps comme le nouveau Larry Bird et choisi par les Clippers de Los Angeles en 1989. Et que dire de Len Bias (1986), mort deux jours après avoir été sélectionné par les Celtics du même Bird alors qu’on attendait de lui qu’il maintienne la légendaire mais vieillissante équipe dans les hauteurs de la ligue...et qu’il s’oppose au jeune Michael Jordan.
---Peut-être est-ce le spectre du plus célèbre des second choix, Sam Bowie, sélectionné en 1984 après Hakeem Olajuwon et avant Michael Jordan, qui tente de rendre sa légende un peu moins lourde à porter en soufflant son tourment empoisonné sur un autre n°2 de draft avec l’espoir que celui-ci connaisse une histoire suffisamment spectaculaire pour effacer la sienne des tablettes de l’Histoire ? Que dire de cette statistique issu d’un article de nbadraft.net, sinon que la logique est devenue une notion ésotérique ?
No. 1: 16.5 points, 7.5 rebounds, 2.7 assists
No. 2: 13.2 points, 5.7 rebounds, 2.9 assists
No. 3: 15.9 points, 5.3 rebounds, 3.4 assists
No. 4: 14.4 points, 5.8 rebounds, 3.2 assists
No. 5: 14.7 points, 5.1 rebounds, 2.8 assists
[statistiques sur les vingt dernières draft]
---Comment appréhender ces chiffres dénués de sens? Même si les erreurs de castings sont finalement assez fréquentes, elles peuvent intervenir sur l’ensemble du top 5. Et puis, il y aurait une certaine logique à voir des chiffres si bas pour le n°4 ou 5, mais pour le n°2 ? Comment se fait-il que lorsqu’il s’agit de choisir un joueur parmi tous sauf un (le premier choix), on se retrouve avec des individus qui sont en moyenne sensiblement moins productif que ceux qui sont sélectionnés après eux ?
---Les Grizzlies, courageux détenteur du second choix cette année ont déjà affronté cette damnation plusieurs fois depuis le début de leurs courtes existences. Leur première rencontre avec cette aura corrompue les a
pris par surprise. En 1998, les Clippers, premiers à se décider, laisse filer Mike Bibby pour acquérir le pivot Michael Olowokandi. Fort de leur chance la franchise alors installée à Vancouver ne tergiverse pas et sélectionne le meneur d’Arizona. Hélas, celui-ci ne concrétisera pas les énormes attentes qu’il avait suscité avant plusieurs années. Et sous les couleurs des Kings de Sacramento.---En 1999, les Grizzlies reçoivent à nouveau le second choix de draft. Le résultat n’en sera que plus douloureux. La franchise sélectionne la star NCAA, Steve Francis. Mais celui-ci refuse de s’imaginer avec le maillot canadien et force les dirigeants à monter un transfert qui l’enverra à Houston contre Michael Dickerson, Othella Harrington, Antoine Carr et Brent Price. Steve Francis deviendra le co-Rookie MVP avant de succomber à son tour à la malédiction et traîner péniblement la suite de sa carrière sur les bancs de différentes franchises.
---Un an après, le destin s’amuse encore de la franchise en lui offrant le privilège de choisir en second pour la troisième fois consécutives. Dans l’une des draft les plus faibles de l’Histoire, les Grizzlies sélectionneront Stromile Swift. Celui-ci n’a à ce jour jamais dépassé 12 points de moyenne.
---2009, les Grizzlies désormais installé à Memphis n’ont pas décollé du fond du tableau. Mais ils se présentent aujourd’hui avec l’ambition qui sue de leurs regards vengeurs, portés qu’ils sont par OJ Mayo, Rudy Gay et Marc Gasol, et ne baisse plus les yeux face aux autres franchises (Portland ne le sait que trop bien depuis l’incident Darius Miles). Sauf, qu’ils devront une nouvelle fois braver la malédiction et maîtriser ce nouveau second choix lequel s’inscrit, comme par hasard est-on tenter de dire, dans une draft jugée de moindre calibre mais surtout incroyablement imprévisible. Et cette fois, la franchise de Memphis a décidé de se jeter dans la gueule du loup pour frapper l’animal de l’intérieur : elle a choisi Hasheem Thabeet, le joueur dont l’avenir en NBA est le plus incertain mais aussi celui qui pourrait apporter le plus grand bénéfice à son équipe.








