05 septembre 2013

De Los Angeles à Shanghai, quel point de chute pour Michael Beasley?

Dominique
 Les frasques de Michael Beasley ont fini par prendre le dessus sur les promesses d'un potentiel offensif rare et l'épée de Damoclès qui le menaçait depuis son arrivée en NBA est fatalement tombée.

Viré des Suns, il rejoint la longue liste de joueurs de grand talent (Roy Tarpley, Richard Dumas et Len Bias pour les plus anciens, ou plus récemment Gilbert Arenas et Terrence Williams) pour qui la drogue et/ou une hygiène de vie déplorable ont entériné les craintes aperçues lors des rapports pré-draft. Désormais libre de tout contrat, il pourrait bénéficier d'une dernière chance en NBA avant de se voir contraint de monnayer ses talents vers la Chine, nouvel Eldorado des mercenaires...

Quelle équipe pourrait avoir besoin d'un joueur uniquement offensif qui n'a jamais su franchir le stade de l'adolescence et a la fâcheuse tendance à se faire attraper la main dans le sac par les autorités ?

Certainement pas les formations les moins performantes et celles qui devraient « abandonner » la saison pour participer à la loterie Andrew Wiggins, annoncé comme le meilleur joueur de lycée depuis Lebron James. Paradoxalement, dans le cas de ces franchises adeptes du tanking, la perspective de rajouter un cancer à un mourant n'a rien d'excitant... Le but est de perdre tout en faisant progresser les jeunes et, d'une subtile hypocrisie à l'américaine, de le faire dans le respect des valeurs que sont l'abnégation, le travail et le professionalisme, tout en perdant des matchs sciemment...

 En revanche, certaines grosses écuries pourraient avoir besoin de ce brin de folie qui aide à faire la différence, à condition que le joueur soit canalisé et sous la tutelle de coéquipiers chevronnés et d'un coach à poigne.
« Offensivement, je crois beaucoup en lui, je pense qu'il peut scorer. Je l'ai dit il y a deux ans : Je pense qu'un jour il pourrait être le meilleur marqueur de la ligue. Il a ce don pour marquer, comme Carmelo Anthony. C'est un matchup cauchemardesque. Il est rapide et peut shooter avec cette grande taille. Ça le rend difficile à arrêter » Doc Rivers, 2010.
Beaucoup d'eau à couler sous les ponts depuis cette déclaration et il avait peut-être lui même fumé ce jour-là mais le nouveau coach des Clippers pourrait se rappeler au bon souvenir de l'ailier scoreur et demander à sa direction de faire un dernier effort pour rajouter à Chris Paul et Jamal Crawford un joueur supplémentaire capable de créer son propre shoot, une caractéristique nécessaire en playoffs.

A Dallas, il serait encadré par Shawn Marion et Dirk Nowitzki, en plus de voir l'omniprésent Mark Cuban s’immiscer dans la vie du groupe. Les Mavericks, en manque de talent, auraient tout à gagner à lui offrir une dernière chance. D'autant plus qu'avec ces deux joueurs cadres au profil similaire d'intérieur qui s'écarte, il apprendrait auprès de spécialistes.

Quelques rumeurs envoient le joueur aux Los Angeles Lakers, où il augmenterait considérablement le potentiel offensif en sortie de banc en plus de rajeunir une équipe vieillissante. En ce qui concerne ses « grands-frères », il pourrait jouir de l'expérience de légendes qui savent ce que les mots sacrifice, ambition et longévité signifient, même si Smush Parker et Dwight Howard pourraient trouver des arguments contre le bien-fondé d'un contrat d'apprentissage sous les ordres de Kobe Bryant...

L'air du Tennessee a changé Zach Randolph, le faisant passer d'« ex-Jailblazer » notoire à un élément essentiel des Memphis Grizzlies. Du scoring en sortie de banc est ce qui manque à cette franchise pour passer à l'étape supérieur de sa progression. Encadré par les imposants Marc Gasol et Randolph, cette solution pourrait relancer sa carrière mais également permettre aux Grizzlies d'envisager autre chose que des éliminations inéluctables, au meilleur des cas, en finale de conférence.

Au Heat, Lebron James et Shane Battier seraient des exemples à suivre dans leur professionnalisme mais il semble peu probable que la franchise floridienne retente le coup après l'avoir bradé il y a quelques années pour permettre à la combinaison du « Big Three » de s'assembler.
OKC est une équipe trop jeune pour se permettre les services d'un joueur aussi instable, même si le départs de James Harden puis de Kevin Martin laissent la responsabilité du scoring en sortie du banc à Reggie Jackson, Jeremy Lamb et Perry Jones III...

Et enfin, les San Antonio. Quel meilleur formateur que Gregg Popovich pour enseigner à Beasley la rigueur et la discipline ? Cette union paraît utopique tant la ligne de conduite des Spurs est distante de celle de Beasley, mais Popovich n'a peur de rien et a bien recruté Stephen Jackson il y a deux saisons, en plus de cantonner un des talents les plus excitants des dernières décennies à un rôle de scoreur de banc en la personne de Manu Ginobili...
Mais pour réanimer cette défunte carrière Micahel Beasley devra faire le deuil de son addiction ainsi que dire adieu au poste 3, pour gagner en lucidité et en efficacité. Ce n'est malheureusement pas gagné...

1 commentaire:

Dominique Guye a dit…

Et bien ça sera Miami! Bonne nouvelle pour lui et mauvaise pour les autres franchises, car c'est un pari qui pourrait s'avérer payant pour le Heat.
Si ça tourne mal, il sera de nouveau écarté...