"With the 10th pick, the Hornets select... Austin Rivers from Duke University."
Le premier accroc dans la reconstruction de leur équipe. Avant la draft, j'évoquais le nombre admirable d'excellents atouts qu'avaient les Hornets
pour bâtir une très belle formation. Ils viennent d'en griller pas mal.
En plus d'un superbe premier choix de draft, la franchise de Louisiane
avait en effet aussi en sa possession un vraiment très bon dixième
choix, une amnesty clause, un petit peu de place sous le salary cap et
un Eric Gordon qui pouvait être prolongé pour plusieurs années ou
échangé contre des trucs bien sympa.
Drafter Anthony Davis avec le first pick était d'une évidence
imparable, égaler toutes offres de contrat faites à Eric Gordon pour le
conserver était la chose à faire et transférer Emeka Okafor et Trevor
Ariza contre Rashard Lewis, et amnistier ce dernier afin de se
débarrasser d'un seul coup de contrats gênants était plutôt bien joué
même si je continue de penser que la présence d'Okafor aurait été un
soutien très efficace pour le diamant brut qu'est Anthony Davis. Donc
rien à redire a priori. Seulement entre temps il y a eu la sélection d'Austin Rivers avec le 10ème pick. Ça a été le leur première erreur. Vouloir en faire leur meneur titulaire est la seconde.
Ce très fort attaquant balle en main est connu de tous grâce à sa
filiation avec Doc Rivers et à sa domination en high school. Capable
d'allumer des mèches de n'importe où et de se créer des occasions de
tirs à volonté par la force de son dribble, de sa vivacité, de son
agressivité offensive et d'une monstrueuse confiance en lui, il a été le
meilleur pointeur de Duke pour ce qui a été sa première et unique
saison universitaire (15,5 pts à 43,3% dont 36,5% à 3pts sur 4,7 tentés
en 33,2 minutes).
Mais une fois cela dit, la peinture s'écaille dangereusement. Ses
qualités de scoreurs paraissent en effet un peu moins alléchantes quand
on les voit se doubler d'une mauvaise sélection de tirs et d'une
fiabilité discutable, tant au shoot qu'en drive. La rançon à payer pour
un jeune homme qui a une confiance en lui plus élevée que ses capacités.
Et qu'en est-il de ses aptitudes à la mène? Rivers (1,92m, né en 1992)
est un joueur qui s'exprime le mieux lorsqu'il a la balle entre ses
mains et il peut déstabiliser une défense par sa vivacité et son dribble
mais il n'a absolument rien d'un playmaker. C'est un scoreur dans l'âme
pour qui shooter est la première, la seconde et la troisième option.
Faire une passe et faire jouer les autres arrivent loin derrière dans
son programme. Il est également peu réputé pour son discernement et on
le voit prendre beaucoup trop de mauvaises décisions pour un joueur à
qui on voudrait confier les rênes d'une équipe. D'ailleurs, à Duke, il
perdait plus de ballons (2,3 en moyenne) que ne faisait de passes
décisives (2,1).