28 avril 2012

Sam Cassell est une légende


Sam Cassell doit être le meilleur basketteur de tous les temps. Cet excellent meneur tient une place particulière dans les mémoires grâce à sa tête rappelant un extra-terrestre de dessin animé ou un pirate asiatique, mais ce folklore occulte une légende bien réelle et trop méconnue. Une légende qu'aucune des plus grandes figures historiques de la ligue n'a écrit avant lui. Mais peut-être vaut-il mieux vous exposer les faits et vous laisser en être juges.

Les Timberwolves du Minnesota, les Clippers de Los Angeles et les Bucks de Milwaukee appartiennent à cette frange de franchises pour qui perdre fait partie du paysage et dont l'étiquette de losers est d'autant plus difficile à décoller qu'elle se vérifie années après années. Les playoffs sont pour elles un plaisir rare et dépasser un tour est un doux rêve visé chaque saison avec l'espoir enfantin de celui qui tend le bras vers le ciel de toutes ses forces pour toucher la lune.

En à peu près vingt ans et avant cette saison où les Clippers sont en train de déjouer leur nature profonde, ces trois franchises ont chacune en tout et pour tout atteint les demi-finales de conférence une seule et unique fois. C'était au début des années 2000 et à chaque fois, elles comptaient Sam Cassell dans leur effectif. Plus exactement, le meneur en était l'un des leaders et peut-être même le patron. Ainsi, la seule petite fois de leurs histoires récente où ces trois équipes ont pendant un bref instant réussi à percer les ténèbres de leur médiocrité, Sam Cassell était à la barre. Simple coïncidence? Je vous laisse répondre à cette question chers juges.

16 avril 2012

Shoot the tanking !


Le système de draft est plein de bonnes intentions. En offrant aux franchises en grandes difficultés la possibilité de choisir en premier les meilleurs prospects désireux de faire le grand saut en NBA, il leur offre une chance de se refaire la cerise. Mais ce système dans sa forme actuelle présente quelques effets pervers, à commencer par le "tanking" évidemment.

Cette pratique visant pour les équipes prématurément écartées des playoffs à réfréner ses efforts et à se laisser couler dans le fond du classement afin d'obtenir les plus grandes chances d'être bien placé lors de la draft, est un couteau planté dans le dos de ce moment de la saison où les autres franchises ont les chevilles chauffées à blanc par la lutte d'accession à la post-season ou aiguisent leurs armes en vue de la bataille pour le titre. La loterie mise en place à partir de 1985 avait pour objectif d'enrayer ce phénomène, sans grand succès. Le tanking courre toujours les rues de la ligue car après tout, les plus faibles bilans ont toujours le plus de chances d'accrocher les premiers picks. La seule différence est qu'ils ne les obtiennent plus forcément systématiquement.

06 avril 2012

Random Observations 06/04/2012


- Comme John Wall il y a deux ans, Anthony Davis (chat de 2,10m) est sans aucun doute le meilleur joueur de la NCAA alors qu'il est loin d'être un produit fini. J'espère maintenant qu'il se fera drafté par une équipe qui saura l'encadrer et le gérer comme il faut parce que Wall n'a pas été gâté de ce côté-là. Entre une équipe mal fichue, des coéquipiers en majorité croqueurs ou limités du bocal et une organisation qui n'a manifestement pas compris qu'il était malgré tout un joueur très jeune avec plein de choses à améliorer et qu'il fallait par conséquent faire un gros boulot sur lui ("ah ben nous on croyait que c'était bon, qu'il allait nous faire gagner et pis c'est tout. C'est pas ça que ça fait les numéros uns de draft?"), il ne faut pas être étonné si le meneur électrique n'a pas beaucoup progressé depuis son arrivée dans la ligue. Le précédent Kwame Brown n'a pas été une leçon assez claire apparemment. Alors on dit bonne chance à Anthony Davis.

- Justement avec la loterie de la draft qui arrive bientôt, je me demande si la NBA -enfin le hasard, me souffle David Stern- ne va pas tenter de récompenser les franchises en difficultés qui essaient malgré tout de se battre pour grappiller quelques victoires (New Orleans, Toronto) au détriment de celles qui cherchent plutôt à perdre pour avoir le maximum de chances de décrocher le first pick (Charlotte). Un peu comme ça avait été le cas en 2007 où les équipes qui avaient raflé les deux premières places dévolues à Greg Oden et Kevin Durant n'étaient pas les mieux placées et, coïncidence puissance trois, ne faisaient pas parties de celles qui avaient plus ou moins fait exprès d'enchainer les défaites en fin de saison. Bon après c'était peut-être vraiment le hasard ou le karma. Ah, sacré David.

01 avril 2012

Livin' in New York, Mike D'Antoni's Sequence


La jeune secrétaire s'approche de mon bureau avec cette démarche qui est irrésistiblement la même qu'elle apporte une bonne nouvelle ou un nid de vipères aux joues gonflées de venin. Elle me tend une feuille de papier en ponctuant son geste d'un mécanique et exaspérant "une dépêche est arrivée". Je me demande à chaque fois si elle se rend compte que son total désintérêt est bien visible ou si elle ne cherche tout simplement pas à le cacher. Ça fait peut-être six mois qu'elle est là et je suis toujours incapable de me prononcer pour l'une ou l'autre des deux options. Je la laisse maintenir son bras tendu pendant quelques longues secondes supplémentaires, les yeux faussement plongés dans les notes étalées sur mon bureau.

Le feuillet annonce laconiquement que Mike D'Antoni a démissionné de son poste de head coach des New York Knicks. Mon regard accroche un gribouillis fait au stylo rouge en bas de la page. Evidemment. Le rédacteur en chef veut que je caresse la franchise de Gotham dans le sens du poil et par conséquent que je fasse de l'Italo-américain le seul véritable responsable du fiasco de cette année. Ce soir, en sortant du boulot, j'irai faire un tour sur la tombe de ceux qui disaient que se faire racheter par je ne sais quel consortium d'hommes d'affaires n'aurait aucune incidence sur l'indépendance de notre canard.

C'est pas comme si ça me retournait la bile non plus, le chèque tombe toujours à la fin du mois. L'idéalisme de ma jeunesse est rangé dans le fond d'un placard depuis longtemps, le visage enfoncé et grimé d'ecchymoses par ce que certains appellent l'expérience. Si je dois trainer D'Antoni dans le goudron et les plumes pour avoir ma paye, je le ferais sans battre de l’œil. Le monde ne tourne peut-être pas rond mais je ne me sens pas l'âme d'un de ces héros prêts à mourir jeune, un croc de boucher en travers de la gueule, pour essayer de lui faire retrouver une rotation un peu plus géométrique.