30 avril 2011

Video : Quand tout le monde voyait Blake Griffin comme le sauveur des Clippers

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---La Griffin Mania qui a déferlé sur la première partie de saison a évidemment été porté par un engouement démesuré et excessif mais finalement assez fun à observer. A certains moments, on pouvait presque voir ce qui se passait dans la tête des fans jusqu’alors toujours cognés par la vie des Clippers :




14 avril 2011

Dennis Rodman Hall of Famer, un coup de Mister Tricks David Stern?

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---Quel bonheur d'entendre le nom de Dennis Rodman être prononcé à l'heure de désigner les nouveaux membres du Hall of Fame de la NBA. Ce phénoménal champion des tâches obscurs qui n'a pas hésité à parer son bleu de travail de la plus formidable palette d'extravagance psychédélique pour instiller de la fantaisie à son personnage de l'ombre, est forcément resté dans le cœur et la mémoire de ceux qui l'ont vu remporter des titres aux côtés de Jordan et Pippen, comme un graffiti peint sans autorisation sur la façade d'un immeuble mais trop inaccessible et trop bien foutu pour être retiré.

---Cette intronisation est d'autant plus délectable qu'on n'imaginait pas qu'elle aurait un jour lieu. L'ailier fort d'1m98 affiche en effet une ardoise de faits divers un peu trop lourde et détonante pour qu'une NBA très soucieuse de son image et de ses valeurs en fasse un membre éminent de son tableau d'honneur. D'ailleurs, pas grand monde n'était dupe de ce boycott qui ne voulait pas en avoir l'air. A chaque nouvelle fournée d'inscriptions au Hall of Fame, on pouvait écouter certains évoquer avec humeur l'oubli certainement volontaire de l'ancien n°91 des Bulls, morigénant que la ligue au fondement trop coincé ne voulait pas entendre parler de ce genre de joueur, qu'importe son mérite et sa popularité auprès des fans de la balle orange. Soutenu comme un hors-la-loi au grand cœur par ces derniers et vu comme une brebis galeuse par les grands patrons de la marque NBA, Dennis Rodman et sa postérité constituaient un des points de fracture entre la ligue et son public.

---Puis, l'intronisation de Dennis Rodman au Hall of Fame a été annoncé. Comme la découverte d'un paysage couvert de neige au petit matin ou d'un billet de banque sans propriétaire sur le bord d'un trottoir, cette divine surprise est tombée du ciel sans que personne ne s'y attende. Miracle, bref accès de générosité, erreur dans le dosage de certains médicaments à effet euphorisant, qu'importe l'origine de cette décision, ce qu'on ne pensait jamais voir arriver est arrivé.

---L'honneur qui est fait à ce joueur qu'on voyait griffonné en tête d'une liste noire cachée quelque part dans un tiroir de David Stern, cette admission au Hall of Fame, est si inattendue qu'on en viendrait presque à se poser des questions. Et en effet, il en existe peut-être quelques unes à même de débusquer anguilles et autres animaux aquatiques sous roche. Étrangement, cette annonce insérée dans le fil des news sans fard ni trompettes intervient alors que la ligue est au centre d'une houleuse et âpre discussion à propos du prochain CBA et pour lequel le public constitue une force d'influence et de pression extrêmement importante.

---J'en viens donc à l'objet de mon article, David Stern et sa clique ont-ils voulu utiliser l'anoblissement de Rodman pour monter d'un cran ou deux leur popularité en vue de la négociation du CBA? Car en tant que raison d'être de ce championnat et principale source de revenu des deux camps en discussion (les dirigeants de la ligue et des franchises contre les joueurs et leur syndicat), les fans et les observateurs peuvent faire pencher la négociation d'un côté ou de l'autre (il y a fort à parier que si le public choisit une des deux parties, l'autre sera considérée comme "le problème", celle qui sera jugée la moins raisonnable et la moins volontaire, celle qui sera vue comme le principal responsable de la crise et du risque de lock-out, que cela soit effectivement le cas ou non) et coincer l'un des deux camps dans une situation très inconfortable. Ainsi et je ne sais pas si c'était l'intention mais l'intronisation au Hall of Fame de Dennis Rodman efface un point de désaccord entre la NBA et les fans, et vient mettre un peu de baume à une relation couverte de crevasses et de "je t'aime, moi non plus" à un moment où une cote de popularité souffreteuse pourrait être fatale à la table de négociation.

---Alors, simple coïncidence ou véritable manœuvre stratégique? Je n'en sais rien et puis au mieux ce move n'aura qu'un effet minime dans cette foire d'empoigne qu'est devenu la négociation pour la rédaction d'un nouveau CBA. Mais comme je le dis, c'est pas un mauvais moment pour redorer son image, même légèrement. Et le fait que ce soit The Worm qui en soit le vecteur rend la manœuvre -si s'en est une- extrêmement savoureuse.
StillBallin


P.S: L'inscription du rebondeur fou au Panthéon de la NBA est l'occasion de plonger dans le passé et de craquer quelques minutes sur ce joueur inclassable (mais néanmoins moins dingue que l'ancien pivot des Nets Jayson Williams), avec par exemple l'article d'Alain Mattei sur basketblog.com qui revient sur l'autobiographie du feu follet parue en 1996.
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07 avril 2011

Pourquoi pas deux lancers francs + la possession à chaque faute perpétrée dans le money time?

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---Les playoffs américains approchent à grands coups de sabot et on baigne déjà dans la phase la plus croustillante de l'Euroleague: on va enfin avoir nos injections de matchs couperets, de fins tragiques, de "momentums" effrénés, de séquences défensives oppressantes et de tirs mettant en jeu toute une saison pris avec une goutte de sueur qui tombe dans l'œil. Sauf que notre trip sera une fois encore étouffé par d'interminables sessions de lancers francs.

---Fruit d'une logique indiscutable et d'un professionnalisme aussi froid que le sang d'un assassin de légende, la stratégie du "faire faute" pour obliger l'adversaire à inscrire au maximum deux points plutôt que trois d'une seule banderille ou pour stopper le chronomètre afin d'avoir le temps et une chance de renverser le score, vient irrémédiablement doucher le plaisir indicible de ces fins de matchs haletantes et nous sevrer de ces exploits singuliers qui n'apparaissent que dans ces instants empreints d'une magie éphémère, peu avant le tomber de rideau. Quand j'aimerais voir l'une des deux équipes combattantes tenter un come back halluciné, l'action de la dernière chance ou essayer de résister à une pression défensive carnassière, on ne me donne que des lancers francs. Frustration plutôt qu'adrénaline et euphorie, qu'on ne s'étonne pas de me voir me comporter comme un ours mal léché et désabusé lorsque le chrono se défait de ses dernières secondes avec toutes les peines du monde, sans cesse interrompu qu'il est par cette ennuyeuse pratique.

---Peut-être pourrait-on caler une petite règle (oui je sais, une de plus) pour enrayer cette tendance? Tout ce qu'il faudrait, c'est dissoudre l'intérêt pour les coachs de recourir à ces lancers hacheurs de dénouement et annihilateur de coup de théâtre. Pour en arriver là, on pourrait par exemple en établir une selon laquelle chaque faute commise dans les deux ou trois dernières minutes de la rencontre serait sanctionnée automatiquement par trois lancers francs au lieu de deux, quelque soit la faute commise. Je suppose qu'à ce tarif-là, envoyer sciemment un adversaire sur la ligne de réparation n'aurait plus autant de sens.

---Ou peut-être mieux, que chaque faute perpétrée dans ces minutes cruciales soit punie de deux lancers francs plus la possession de balle rendue à l'équipe victime. Avec une règle comme celle-ci, le système de faute/lancers francs retrouverait sa vocation d'origine, à savoir que l'équipe qui a illégalement empêché son adversaire de jouer soit sanctionnée pour son acte et non pas que celui-ci lui permette de l'approcher d'avantage d'une victoire qu'une grosse action défensive ou un shoot décisif. Avec deux lancers francs plus la possession, l'équipe fautive payerait sa faute comptant (les deux lancers francs) sans pouvoir tirer un bénéfice de son sacrifice en récupérant la balle rapidement ou en limitant à deux le nombre de points encaissés sur l'action puisque l'équipe adverse conserverait la possession après la faute. Ainsi, la stratégie du "faire faute" perdrait tout son intérêt et n'aurait plus lieu à se faire appeler stratégie.

---Je ne me fais pas d'illusions, je sais bien que je devrais me taper pendant longtemps encore ces indignes séances de tirs sans opposition qui réussissent l'exploit de rendre soporifiques les moments censés être les plus excitants et tiraillés par le suspense d'un match à enjeux. Mais j'en ai ma claque de voir ces fabuleux finals être coupées en morceaux comme un cadavre abandonné par un vulgaire tueur en série. Il faut que je vende au diable l'âme de qui pour avoir ce que je veux?

StillBallin