31 juillet 2011

La Draft 2011 dans un coin de la tête (part. III)

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---Quelque part, les fans NBA de Seattle doivent être soulagés de ne plus avoir de franchise dans leur ville. Ça limite la probabilité d'avoir à regarder l'équipe avec laquelle ils sont obligés de vivre prendre raclés sur raclés et passer pour des cancres finis aux yeux de toute l'Amérique du basket. Sacramento a réussi à retenir l'ancre des Kings sur ses terres pour encore quelques temps mais la joie de cette victoire risque de rapidement se couvrir de bleus et de bosses à force de voir les violets et noirs terminer les soirées de match têtes basses. Je me trompe peut-être, mais je crois que la franchise californienne s'est fichue dedans cet été.

---Son idée de départ de démarrer avec la doublette Tyreke Evans - DeMarcus Cousins était assez intéressante. Cette talentueuse charnière a toutes les chances de lui péter à la gueule mais elle avait aussi de quoi l'envoyer dans les étoiles. Un attaquant hors-pair d'un côté et un véritable pivot offensif de l'autre, Sacramento avait avec ces deux joueurs encore trop jeunes et immatures pour l'instant, une base fragile mais sacrément bien roulée.

---Les grosses têtes de Sac-Town ont balancé tout ça à la flotte en entourant ces deux têtes d'affiches avec des joueurs qui bossent sur le même registre et ont à peu près les mêmes lacunes. En recrutant Jimmer Fredette et John Salmons avec qui était au départ leur septième choix de draft et JJ Hickson en échange d'Omri Casspi, les Kings ont récupéré trois scoreurs de seconde zone qui ne savent pas vraiment faire autre chose et qui empièteront sur les hectares d'Evans et Cousins. A première vue, il n'y aura pas beaucoup de tirs que Fredette n'aimera pas prendre, Salmons est une arnaque qui ne fonctionne correctement que lors des six premiers mois après son acquisition et Hickson se prend pour Amare Stoudemire sans en avoir le quart des qualités. Avec à côté Evans qui avait déjà une sérieuse propension à monopoliser les tickets shoots et un Cousins étiqueté trou noir depuis ses premiers pas sur un parquet, la balle aura des airs de pièce de viande jetée au milieu des fauves.

17 juillet 2011

La Draft 2011 dans un coin de la tête (part. II)

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---J'entends régulièrement le Jazz d'Utah être cité comme le grand gagnant de la draft 2011. Un rictus un brin sceptique vient tirer le coin de la lèvre mais je crois que c'est plus une habitude du cynisme qui encre ma cervelle que l'expression d'un véritable sentiment. Fatigué d'être arnaqué par la vie comme je le suis, je suis sûr que ce même rictus me défigure le visage quand la boulangère m'annonce qu'elle n'a plus de baguette de pain. Qui de ce rictus sceptique ou de la bonne conscience qui me rappelle à l'ordre a raison? Le Jazz a-t-il vraiment couper la ligne d'arrivée en premier dans cette draft?

---La franchise mormone a recruté deux excellents prospects, là-dessus il n'y a pas à tortiller de la truffe. Mais rien ne dit que ces prospects feront d'excellents joueurs. Cette subtilité donne une partie de son charme à la draft et pour le coup, on peut dire que le Jazz a plongé la poitrine en avant et les bras en croix dans cet envoûtement suave et parfois vénéneux où le "risque d'être" met toujours des branlés au "est actuellement" et au "risque de ne pas parvenir à être". Avec Enes Kanter et Alec Burks, Utah a joué deux quitte-ou-doubles qui peuvent rapporter gros ou lui plomber l'estomac. Je ne veux pas jouer les rabats-joie mais en général, ceux qui flambent comme ça se retrouve un de ces quatre matins salement étalé sur le sol crasseux d'une ruelle sans lumière.

---Le pivot turc a déjà largement essuyé ma plume sur le risque qu'il constitue. A l'instar des lycéens naguère ou d'un Dirk Nowitzki débarqué tout droit de la faiblarde seconde division du championnat allemand, la marche va être sacrément haute à franchir. Pas mal de lycéens s'y sont pétés les dents et le Wunderkid aurait pu se cramer tout ce qu'il avait de moral et de confiance à force d'éviter les jets de pierres des supporters de sa propre équipe lors de ses premiers mois dans la ligue américaine. Kanter a beau avoir un physique de granit alliant taille, mobilité et puissance, et la gnaque pour enfiler les paniers, ces atouts ne tireront pas la même tronche béate de facilité lorsqu'il s'agira de se frotter aux gabarits sans limite de la NBA et à leur savoir-faire ciselé par les champs de bataille. Peu habitué à rencontrer une opposition aussi forte et n'ayant pas forcément l'expérience pour encaisser tout ça comme il faut, le gamin va passer l'épreuve du feu avec la peau tendre d'un nouveau né. A seulement 19 piges, il a les défauts et le manque d'expérience que laisse deviner son âge. Fondamentaux, justesse dans ses choix et implication défensive fluctuante, on sait déjà qu'il lui faudra un traitement de faveur de la part de ses coachs pour pouvoir rester sur le terrain.

08 juillet 2011

La Draft 2011 dans un coin de la tête

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---Cette draft avait déjà la trogne mal fichue d'un troufion de guerre posté en première ligne bien avant de monter sur l'estrade, ce jeudi 23 juin 2011. Pas mal de têtes blondes parmi les plus prometteuses lui ont sèchement posé un lapin, l'obligeant à se rendre à son rencard avec la douloureuse réputation de draft pauvre en talent. Harrison Barnes, Perry Jones et Terrence Jones étaient supposés être ses plus beaux atouts mais ils ont tous dû battre en retraite après une saison universitaire en demi-teinte tandis que Jared Sullinger malgré une superbe saison et aucun doute sur la qualité du prospect NBA qu'il est, lui a claqué la porte au nez comme un gosse mal poli. Encore heureux que Kyrie Irving ait finalement décidé de ne pas rajouter ses miches à cette liste. Avec une saison découpée à la machette par une blessure au pied, il avait un mot d'excuse tout trouvé pour lui aussi passer son tour cette année et attendre le convoi de 2012.

---Les mauvaises franchises de la NBA comptent sur la draft pour se refaire une beauté mais cette année, on devinait leur mine embarrassée derrière leur masque de parfait entrepreneur qui a tout sous contrôle face aux choix qu'elle leur proposait. Chaque prospect de cette cuvée est assorti d'une armée indésirable de doutes et d'interrogations, et ressemble plus à une table de jeux dans un casino qu'à un joueur de basket capable de renforcer une franchise en difficultés. Enes Kanter a beau avoir dominé sans états d'âme tous les adversaires qu'il a rencontré jusque-là, le Turc taillé comme un guerrier sorti des contes de l'antiquité n'a jamais vraiment eu l'occasion de pousser des rugissements face à des joueurs qui ont autre chose que du duvet sur les joues. Et depuis combien de temps n'a-t-il pas dégainé son glaive couvert de sang séché? Un an, deux si on considère qu'il n'a pas rencontré un niveau de compétition valable lors de son année de lycée au Etats-Unis. Faut en avoir dans le falzar pour rayer un gros choix de draft sur un joueur comme lui.