30 octobre 2010

Jerryd Bayless à New Orleans? Intéressant.

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---Le transfert en Louisiane de Jerryd Bayless contre le premier tour de draft néo-orléanais (lequel ne deviendra Blazer que lorsque le pick en question sera positionné au-delà du top 7 en 2011 et du top 8 ensuite) sonne comme l'aveu d'un échec tant pour Portland que pour le jeune homme. Depuis deux ans maintenant qu'il est dans la ligue, Bayless n'a toujours pas confirmé les espoirs qui le suivaient depuis le lycée et sa seule saison universitaire (19,7 pts/match, il a longtemps occupé le top 5 dans les prévisions de la daft 2008). Et le gros coup que la franchise de l'Oregon avait réussi en lui faisant enfiler le maillot rouge et noir juste après la draft résonne maintenant à nos oreilles comme un pétard mouillé.

---Aussi talentueux, rapide et athlétique soit-il, l'ancien "one and done player" de la prestigieuse fac d'Arizona a évidemment sa part de responsabilité dans cet échec. Quand on regarde le joueur seul, on se rend compte sans peine que c'est un arrière shooteur dans un corps de meneur. Attiré par le cercle comme une célébrité par les projecteurs et la cocaïne, dénué de toutes qualités de playmaking et peu éclairé sur la science du poste de point guard, il semble définitivement être voué à être un de ces joueurs à qui aucun poste ne correspond vraiment.

---Cependant, je n'ai jamais pensé que ce profil bâtard allait être une faiblesse pour les Blazers lorsqu'ils lui on mis la main dessus quelques secondes après que les Pacers l'aient drafté. Comme je l'expliquais alors, Brandon Roy présentant lui aussi un profil bâtard de quasi-meneur évoluant au poste d'arrière shooteur, Bayless aurait pu trouver une place à ses côtés en tant que meneur qui joue comme un arrière shooteur. A mes yeux, les profils particuliers des deux arrières s'imbriquaient l'un dans l'autre comme deux pièces de puzzle contigües. Tous les deux auraient simplement troqué les responsabilités incombant à leurs postes respectifs tout en conservant leurs positions qui sont plus en adéquation avec leur physique. Il n'en a pas été ainsi.

20 octobre 2010

Retrospective, Tyreke Evans

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---Lorsque j'ai réalisé une série d'articles sur les freshmen NCAA de la saison 2008/09 et sur la draft qui a suivi, Tyreke Evans était l'un des cas les plus intéressants à étudier. A peine sortie d'une petite année en NCAA, je me trouvais face à un joueur bourré de talent possédant des qualités de scoring en pénétration qui en faisait l'un des meilleurs slashers de la NBA avant même de poser une semelle sur les parquets de la ligue professionnelle, mais dont le profil d'arrière hybride, pour ne pas dire bâtard, le rendait difficile à utiliser efficacement dans un contexte d'équipe.

---Un an après, Evans peut contempler le trophée de Rookie de l'année depuis son canapé et écouter les gens répéter en boucle qu'il vient de clore sa première saison NBA avec des chiffres rappelant fortement ceux de Lebron James lors de son arrivée dans la grande ligue (20,1 pts, 5,3 rebs, 5,8 asts pour Evans et 20,9 pts, 5,5 rebs, 5,9 asts pour Rookie James). Le King de Sacramento s'est même permis d'afficher un meilleur pourcentage de réussite aux shoots que l'ancien King de Cleveland (45,8% contre 41,7%).

---Que s'est-il passée? Le jeune combo a-t-il subitement perdu les problèmes qu'on lui connaissait en posant ses valises sur le tarmac californien?

08 octobre 2010

Athleticism Rules The World

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---Septembre 2010, Turquie, la sélection américaine s'est amenée sur les parquets avec un jeu offensif d'une pauvreté assez impressionnante quand on connaît le talent des joueurs qui la composent. Sur un-contre-un de Kevin "j'avoue, je ne suis pas de cette planète" Durant, sur contre-attaque et sur rebond offensif, voilà à gros traits comment se départageaient les paniers américains. Autour de ça, on a surtout vu de mauvais shoots (Billups souvent, Rudy Gay parfois), des joueurs venir s'encastrer sur les défenses adverses (Derrick Rose très souvent et un peu tout le monde de temps à autre) et des briques -sur shoots ouverts- indignes de ce qu'on voit toute l'année en NBA (Iguodala, Rose).

---A l'inverse, certaines équipes qui se sont présentées sur leur chemin comme la Russie ou la Lituanie, ont déployé une attaque léchée faîte de circulations de balle finement travaillées, de shoots ouverts se terminant gracieusement par un frémissement des filet quelque soit le tireur, de relations intérieur/extérieur consciencieusement exécutées et même parfois de petits bras roulés bien proprets. La victoire est pourtant systématiquement revenue à l'équipe américaine. Avec à chaque fois une marge qui ne laissait aucun doute sur sa supériorité.

---Les Etats-Unis ont remporté le championnat du monde mais c'est vers autre bataille que je voudrais attirer votre regard et qui a elle aussi rendu un verdict sans appel jusqu'à la prochaine confrontation: qualités athlétiques 1, technique 0.

---On a beau contrebalancer les performances de Dwight Howard d'un commentaire moqueur sur l'état néandertalien de sa technique offensive, dénigrer les joueurs qui sont plus des athlètes que des basketteurs et donner l'onction de la noblesse à ceux qui disposent d'une vraie maîtrise technique, le physique reste l'atout le plus important de ce sport. Dans un championnat du monde écrémée de ses plus grandes stars et donc, plus représentative du basket "standard" et du basketteur "moyen", la team USA l'a admirablement montré.

---Les extérieurs qui se sont dressés sur la route américaine ont chaque fois pris les qualités athlétiques US dans les côtes et plus particulièrement quand celles-ci étaient déployées en défense. Systématiquement déficitaire en centimètres, en longueur de bras, en vitesse (de jambes et de bras) et en puissance face à Derrick Rose, Chauncey Billups, Russell Westbrook, Andre Iguodala et Rudy Gay, ils n'ont jamais pu regarder les américains dans les yeux très longtemps. Impossible de faire la différence en un contre un, impossible de développer une circulation de balle efficace au travers de ces bras tentaculaires à la vitesse hors norme, impossible d'avoir régulièrement un shoot ouvert, impossible de monter la balle sans y laisser de la gomme, impossible de se permettre des approximations. Pressurisée et cernée par cette défense élastique et électrique, aucune équipe n'a pu maintenir un degré de perfection et de concentration suffisant pendant toute la durée d'un match et ont toutes finies par se faire désosser. Une asphyxie en règle que n'aurait pas renié certains chefs de guerre méthodiques et sanguinaires du passé.

---Alors forcément, on a vu les pertes de balles des uns et les interceptions des américains pleuvoir (10,4 steals en moyenne, leader de la compétition) et nourrir des contre-attaques qui creusaient le score comme les gouttes d'eau creusent la roche. Là-aussi les qualités athlétiques de l'Oncle Sam étaient à l'œuvre. Chacune de ces contre-attaques engageaient chaque fois deux ou à trois joueurs dans un déploiement de vitesse et de puissance évoquant un lâcher de chevaux sauvages dans les steppes désertes de Mongolie. Empilées sur les qualités naturelles de un-contre-un des joueurs au torse frappé des trois lettres, leur issue était inexorablement comptabilisée en points supplémentaires sur la table de marque. Trop rapide, trop nombreux à être rapide et trop athlétique.

---Quand à la bataille du rebonds, combien de fois a-t-on vu l'arrière-ailier Andre Iguodala prendre un rebond tantôt défensif, tantôt offensif, dans les mains des intérieurs adverses? Meilleure équipe du tournoi dans ce domaine (41,7 par matchs), seconde au rebonds offensifs (13), la verticalité américaine a fait oublié l'absence de vrais pivots de métier sur le parquet et leur a permis d'avoir quasiment systématiquement plus de munitions offensives que leurs adversaires (42,1 tirs par match, plus grande moyenne de la compétition).

---Maître des domaines stratégiquement décisifs que sont la défense et le rebond, encaisseur de nombreux paniers faciles avec les contres-attaques, vous comprenez le calvaire qu'ont endurer les opposants de la team US. La densité athlétique contre laquelle ils ont fait face avait les airs d'une publicité extravagante pour une marque de chaussure de sport ou une boisson énergisante. Qu'importe la supériorité collective (en attaque) et technique, celles-ci n'ont pas été suffisantes pour rattraper le retard athlétique. En forçant le trait comme un mauvais caricaturiste, on pourrait presque dire qu'on a assisté à des rencontres confrontant un équipe très athlétique mais peu technique à des équipes très techniques mais peu athlétiques Et c'est l'équipe athlétique qui a systématiquement et largement remporté ces oppositions de style. Besoin d'en dire plus? Chacun a joué avec ses armes et le résultat fut sans contestation possible.

---Évidemment, tout n'a pas été que qualités athlétiques pour la sélection américaine. Qu'auraient été ces dernières sans le fait de savoir les utiliser tant individuellement que collectivement (doit-on considérer cela comme de la technique?), la profondeur et la densité du banc, l'attitude parfaite (engagement, dévouement, discipline, solidarité) et l'adresse de Durant? Les qualités athlétiques seules ne suffisent pas (pour en avoir une illustration, veuillez s'il vous plait vous référer à Darius Miles, Kwame Brown ou encore Gerald Green) mais elles restent la caractéristique dominante du basket. D'ailleurs, les meilleurs joueurs actuels sont des phénomènes physiques absolument hors norme (Lebron James, Dwyane Wade, Kevin Durant, Dwight Howard) ou pas loin (Kobe Bryant).

---La bonne nouvelle? C'est que la France est peut-être la nation la plus athlétique de la planète basket derrière les Etats-Unis. Reste plus qu'aux Bleus à apprendre à s'en servir de façon judicieuse et optimale. Chose qui, comme on en a eu un exemple flagrant lors de ce championnat du monde, est mille fois plus complexe que de simplement sauter plus haut que (presque) tout le monde.

StillBallin