15 août 2010

Draft 1996, comme un sourire mouillé de larmes

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---Il y a quelques semaines on apprenait officiellement la mort brutale de Lorenzen Wright. Une fin tragique et surréelle qui m'a ramené 14 ans en arrière. La draft 1996 fut la première draft que j'ai pu observé ("observer" est un bien grand mot pour le garçon de 11 ans que j'étais à cette époque) et forcément, j'ai retenu un attachement particulier pour chacun des joueurs qui ont composé cette liste qui pour moi n'était alors qu'une énumération de noms imprimée sur du papier glacé. Lorenzen Wright en faisait partie bien sûr, mais aussi Allen Iverson et Kobe Bryant. Je suis bien tombé, c'était une excellente draft et je suis content d'avoir pu suivre la plupart des joueurs que j'avais découvert à cette occasion. Seulement, cette draft n'est pas particulière seulement pour moi, elle l'est aussi en elle-même. Beaucoup plus que je l'aurais cru lorsque j'ai affiché ces joueurs dans mon esprit.

---On a coutume de dire que la draft 1996 est la meilleure de l'histoire de la NBA avec celle de 1984 (Jordan, Olajuwon, Barkley, Stockton) et de 2003 (les trois Miami Headers, Carmelo Anthony). En terme de talent pur, c'est indiscutable. Peut-être même dépasse-t-elle les deux autres en volume de talent. Seulement, la draft 1996 est bien plus que ça. Elle est un condensé de tout ce que compte la NBA, et particulièrement, une oscillation permanente entre les deux faces de cette ligue, l'une étincelante et l'autre bien plus sombre. Comme si le talent avait un prix. La draft 1996 est peut-être la draft la plus talentueuse de l'Histoire, elle est aussi celle qui, plus que toutes, laisse un sentiment triste amer au fond de la rétine lorsqu'on s'attarde sur chacun des joueurs qui la compose.


Pick n°1 for the Philadelphia Sixers: Allen Iverson

Jouant arrière alors que sa taille en fait un joueur petit même pour un meneur (1,83 m), Allen Iverson est l'un des plus grands talents de tous les temps. Trop peut-être. Celui qui se plaisait à dire qu'il jouait chaque seconde comme si c'était la dernière en était tellement convaincu qu'il n'a jamais lâché la balle quand il l'avait dans les mains. La seule fois où il est parvenu en finale, en 2001, c'était seul, seulement accompagné d'une poignée de sans-grades valeureux et dévoués à la vie à la mort à leur capitaine au talent hypertrophié. Au-delà de cette fabuleuse année, Iverson n'a jamais permis à ses différentes équipes de truster les sommets des classements et de la ligue (deux saisons au-dessus de 60 % de victoires seulement). Echec à faire de ses franchises des places fortes de la NBA, échec à devenir un vrai meneur, Iverson est même en train d'échouer dans l'achèvement de sa carrière. Incapable de se couler dans un rôle autre que celui du scoreur omnipotent placé au centre de son équipe malgré un déclin incontestable, incapable de ne serait-ce que s'asseoir sur le banc quelques minutes de plus, Iverson est à l'heure actuelle sans club et nul ne sait où il pourra vraiment atterrir alors que lui, l'un des plus formidables joueurs de l'histoire de ce sport en a encore sous la semelle.


Pick n°2 for the Toronto Raptors: Marcus Camby

On parle là d'une draft qu'on place aux côtés de celles qui ont donné Michael Jordan, Hakeem Olajuwon, LeBron James et Dwyane Wade à la NBA et le joueur sélectionné en deuxième position n'est que Marcus Camby? Ne nous méprenons pas, le longiligne intérieur est un super joueur mais il ne présente aucune sélection aux All-Star Game à son actif. Il est désormais reconnu pour être l'un des joueurs défensifs les plus impactant de la ligue mais les Raptors, jeune franchise prête à mordre dans sa deuxième saison d'existence seulement n'a jamais vraiment pu en profiter et capitaliser dessus. Au bout de deux saisons dans l'Ontario, le premier fait d'arme de John Calipari (alors à l'Université de Massachussets que le maintenant célèbre coach avait porté jusqu'à la reconnaissance NCAA) a été échangé à New York contre le solide mais vieillissant vétéran, Charles Oakley. Marcus Camby, n°2 de draft, n'est pas et ne sera jamais une star, seulement un super role player.


Pick n°3 for the Vancouver (futur Memph
is) Grizzlies: Shareef Abdur-Rahim

Après une seule année à l'université, cet ailier fort a débarqué en NBA pour poster 18,7 points et 6,9 rebonds par match. Il n'a que 19 ans. Lors des sept premières saisons qu'il passera dans la ligue, il tournera à 20,7 pts et 8,3 rebs de moyenne. Impressionnant. Toutefois, le premier vrai franchise player des Grizzlies n'a jamais réussi à faire décoller son équipe ni même toutes les autres pour lesquelle il a joué: ce n'est qu'en 2006, soit dix ans après son entrée dans la ligue et alors que son jeu était déjà bien bousillé par les blessures qu'il a pu participer pour la première fois de sa carrière à un match de play-offs. Je crois d'ailleurs qu'il tient le record du plus grand nombre de matchs joués en NBA sans participer à la post-season. Vous avez dit looser? De mémoire, je ne connais aucun joueur dont l'énorme talent est proportionnel au nombre de défaites.


Pick n°4 for the Milwaukee Bucks: Stephon Marbury (transféré à Minnesota contre le 5ème choix et un futur premier tour de draft)

Dois-je vraiment évoquer le cas Marbury? Légende new yorkaise, il s'est lui aussi contenté d'une seule année à l'université. Il a débarqué dans la ligue avec un talent gros comme Big Apple et des qualités athlétiques et techniques loin au-dessus de tout le monde. Allié au jeune Kevin Garnett, il aurait pu tenir la NBA dans sa main. Mais rapidement tombé dans le côté obscur de la force, Starbury a fait plus de mal que de bien dans toutes les équipes qui ont voulu miser sur lui. Devenu un paria depuis quelques années déjà, il s'est exilé en Chine. Marbury est-il le gâchis ultime? Il est dans le top 3 assurément. Surtout quand on visionne un rappel de ce qu'il était capable de faire.



10 août 2010

Subliminal Jeff Van Gundy

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Jeff Van Gundy a annoncé que Miami allait décrocher le mythique record de 72 victoires et 10 défaites en saison régulière tenu par les Bulls de Michael Jordan, Scottie Pippen et Dennis Rodman. Trop enthousiaste le grand frère de l’entraîneur d’Orlando ? Non, il tente sa chance c’est tout :

- Allo, Pat ? Ouais salut, c’est Jeff Van Gundy. Tu sais, ton ancien coach assistant à New York. Je voulais te féliciter pour le joli coup que tu as réussi cet été. Réunir James, Wade et Bosh sous les même couleurs -tes couleurs- , personne n’avait osé en rêver. Vraiment bravo.

C’est dommage que ça pèche un peu au niveau du coach quand même. Erick Spoelstra a fait des choses pas mal pour un débutant mais il est peut-être un peu tendre pour les nouvelles ambitions de ta franchise, non ? Enfin, moi je dis ça, je dis rien.

Ce qui collerait bien, c’est un coach avec un peu d’expérience qui a déjà évolué dans une franchise supportant une certaine pression (comme à Los Angeles, Boston, Chicago ou je sais pas moi, New York), qui est assez connu dans le circuit et des joueurs notamment. Tu sais le genre de gars que les gens connaissent comme les gens connaissent les personnes qui passent régulièrement à la télé.

Avec ton nouveau trident infernal, la question de l’attaque est réglée donc ce serait plutôt un coach à vocation défensive qu’il faudrait. Et puis quelqu’un qui travaille dans l’ombre, quelqu’un de pas trop charismatique (petit, chauve et le teint blafard par exemple) pour bien rester dans son rôle, au service de tes trois nouvelles superstars. Ce qui serait bien aussi, ce serait de trouver un coach qui connaît bien l’entraîneur d’Orlando. Non mais parce qu’entre la grosse rivalité floridienne qu’il y aura et la présence de Dwight Howard qui peut poser des problèmes à ton équipe, le Magic sera un adversaire coriace, mine de rien. Si il y a un moyen d’avoir des infos un peu indiscrètes sur le coach et son équipe, ça pourrait aider, non? Bon après je sais pas, je dis ça comme ça, parce que ça me passe par la tête.

Ah au fait, pendant que j’y pense, ma femme m’a dit que tu pouvais venir manger à la maison quand tu voulais. Je viens d’acheter un nouveau barbecue, il est su-per. J’ai jamais mangé une meilleure viande grillée de ma vie. J’ai le temps d’en profiter en ce moment. Je ne suis pas trop motivé pour poursuivre mon rôle de commentateur à ESPN l’année prochaine. C’était sympa, enrichissant, j’ai appris plein de trucs sur le coaching, les joueurs, tout ça, mais je crois que j’ai besoin d’un nouveau challenge. Et comme j’ai une clause de sortie dans mon contrat, je suis libre comme l’air.

Ouais, libre comme l’air. Absolument, totalement, complètement libre comme l’air. Suffit que je le décide pour casser mon engagement. Admettons qu’un matin ça me prend comme ça, de mon lit je décroche le téléphone et c’est bon, plus aucun lien contractuel avec ESPN. Libre, libre, libre…

Bon, je pense que le temps imparti par la boîte vocale ne devrait pas tarder à arriver à son terme alors je vais te laisser. N'oublie pas que tu viens quand tu veux à la maison. Et encore félicitations pour ce que tu as fait cet été. T’es le meilleur.



StillBallin