27 juin 2010

NBA Wanted: Greg Monroe, Ed Davis, Cole Aldrich, Ekpe Udoh and Patrick Patterson

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Greg Monroe (Georgetown), Center/Power Forward
Né en 1990, 2m10, 112 kg
Stats (sophomore): 16,1 pts (à 52,5 %), 9,6 rebs, 3,8 asts, 1,2 stl, 1.5 blk, 3,3 to en 34,2 minutes

---Greg Monroe, encore un qui était sur mes tablettes l'an passé. Je vous prie de bien vouloir jetez un oeil sur ce portrait alors qu'il n'avait qu'une seule saison NCAA au compteur et qu'il venait de décider de poursuivre son cursus universitaire, afin que je puisse vous en racontez l'épilogue.

... ... ...

---Un an plus tard, on peut dire une chose: Monroe a bien fait de prolonger son bail à Georgetown. L'élégant intérieur s'est en effet employé à gommer ou à réduire quelques uns des points négatifs de son dossier, à commencer par son engagement sur le terrain. Se montrant moins timide, plus énergique et plus attentif que par le passé, Monroe érode-là un de ses défauts les plus pénibles. On ne s'attendra pas à ce qu'il devienne une pile électrique mordant à pleines dents dans chaque seconde du match mais ces quelques crans qu'il a ajouté à une jauge vraiment basse affûte considérablement le joueur qu'il est. On s'aperçoit aussi avec joie que le jeune homme à également progresser au rebond (il a tourné à 9,6 rebs par match, soit trois de plus que la saison passé, avec un rab sur son temps de jeu de cinq minutes) et en défense (plus attentif, solide au poste, il pèche encore lorsqu'il doit défendre un peu plus loin du cercle, par manque d'efforts pensent certains).

---Parallèlement à son entreprise de réduction des critiques qui planaient sur lui, l'intérieur Stradivarius a ébloui l'audience par ses qualités de passeur. Sa maîtrise technique, sa vision de jeu et son intelligence ont largement trouver de quoi s'exprimer dans les systèmes de jeu ciselés de Georgetown. Souvent placé à hauteur de la ligne des lancers francs, l'intérieur créateur a passé la saison à servir shooteurs ouverts et slashers prêt à fondre sur le panier (3,8 dimes par match). Associé à son talent de scoreur près du panier et sa capacité de drive, Monroe s'impose comme le genre de joueur qui fait beaucoup de bien en attaque (à condition de lui filer le ballon régulièrement évidemment).

---Côté déchiqueté de Double-face, Monroe est toujours aussi inefficace avec l'ensemble de son côté droit. Dans la plupart des cas, la balle ricochera péniblement sur le cercle si par malheur son défenseur parvient à le forcer à tirer avec sa main droite ou s'en échappera piteusement jusqu'à venir se réfugier en touche si l'intérieur est poussé à driver sur son côté maudit. Le Hoya est aussi un véritable panier percé (3,3 balles perdues par match) et un shooteur limité, égratignant finalement pas mal sa valeur de prospect. Seulement, ces défauts ne sont pas inaltérables et la grosse progression entrevue en une seule saison donne un bon espoir de le voir s'en défaire. On devrait peut-être d'avantage s'inquiéter de son niveau plutôt moyen d'explosivité, lequel créé quelques doutes quand à la productivité à l'étage supérieur de son jeu offensif à proximité du cercle.

---A priori plutôt orienté vers le poste de pivot, Greg Monroe présente un profil assez rare d'intérieur passeur et doué près du panier. Bien utilisé et avec une solide progression dans quelques secteurs clés (pertes de balle, shoot), il est susceptible de devenir un atout décisif de son équipe. Mais cela fait déjà deux conditions et il faut ajouter celle non négligeable de son ajustement aux caractéristiques de la NBA. Seul le terrain nous dira à quel place il fallait drafter la nouvelle production de Georgetown.


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Ed Davis (North Carolina), Center/Power Forward
Né en 1989, 2m07, 103 kg
Stats (sophomore): 12,9 pts (à 57,8 %), 9,2 rebs, 2,7 blks, 1,9 to en 26,9 minutes

---Ceux qui se souviennent qu'Ed Davis fut un moment pressenti pour atterrir dans les cinq premières places de la draft 2009 ont dû voir dans cette saison NCAA supplémentaire, un échec retentissant. Cependant, ce sentiment n’a pas vraiment lieu d’être car il est le fruit de ces prédictions un peu abracadabrantesques citées ci-dessus, lesquelles n’étaient que l’un des effets fiévreux de la domination de North Carolina cette année-là et de la bonne tenue du freshman pendant les quelques minutes qu’il a passé sur le parquet. Le jeune intérieur n’était pas un joueur fini à l’époque et il ne l’est toujours pas aujourd’hui. Donc si sa saison sophomore n’a pas été éblouissante, jugement forcément assombri par la descente aux enfers de son équipe -championne en titre qui n’est pas parvenue à se qualifier pour le tournoi final et dont Davis était le meilleur joueur- elle n’a pas été catastrophique non plus. Cette saison est en fait dans la suite logique de sa saison freshman. On pourrait dire que la saison 2010 du jeune prospect est la saison 2009 avec une place de titulaire et l’absence non comblée de Ty Lawson, Tyler Hansbrough, Wayne Ellington et Danny Green. Soit le même joueur avec plus de temps de jeu et aucun joueur de très bon niveau à ses côtés.

---Ainsi, sur un temps de jeu pas si élevé que ça (26,9 minutes), il a produit des chiffres tout à fait honorable (12,9 pts à 57,8 %, 9,2 rebs et 2,7 blks) et cela dans un contexte qui ne lui était pas vraiment favorable (un étiquette de champion accrochée à l’oreille et la chaleur d’une cible dans le dos sans la présence de ceux qui en sont à l’origine, une déficience sur les postes arrières difficile à vivre pour un intérieur et une coexistence compliquée avec un joueur présentant un profil semblable, Deon Thompson). On constate d’ailleurs quelques similitudes avec la situation de Derrick Favors, tant au niveau statistique que des problèmes rencontrés.

26 juin 2010

FIFA WORLD CUP - Unlimited NBA Awards

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Stillballin étant infiniment plus compétent que moi sur le sujet de la Draft et de ces répercussions sur les équipes, je profite de cette pause avant le match du soir pour délivrer mon équipe favorite du premier tour (et des premiers huitièmes de finale) de l'évènement sportif du moment.

Malaga serait sur le point de se la jouer Manchester City en devenant un club milliardaire prêt à faire chauffer la carte bleue des fortunes d'Abou Dhabi. Comme la liga est d'un niveau excellent et propose un jeu ouvert, voilà une proposition fictive d'équipe au jeu aussi solide qu'efficace et plaisant.

Leitmotivs de la formation? Collectif, combativité, intelligence et génie.

Disposition en 3-6-1, soit 3-4-3 en phase offensive pour une plus grande maîtrise latérale de l'animation.

Messi & Ronaldo n'étant pas encore rentrés dans cette coupe du monde au maximum de leurs capacités, leurs pertes de balles innombrables les mettent sur la touche, aussi talentueux et géniaux (de génie) qu'ils puissent être.

M'Bolhi - A peu joué mais a permis à son pays d'y croire. A également empêché un public hystérique d'exploser s'il y avait eu 0-4 contre l'ennemi américain...

Piqué - La classe. La grande classe même. Défendre debout, relancer loin et précisément quand le jeu penche trop d'un côté, des principes de bases qui se perdent. Pas "Piquenbauer" pour rien...

Bruno Alves & Ramos - Au marquage, il faut des chiens. L'un est intraitable dans ses interventions, l'autre a plus d'énergie que toute l'équipe de France réunie...

Coentrao - Il suffit d'entendre Lizarazu s'extasier devant le talent du latéral très offensif pour comprendre que ce coup de cœur n'est pas loin d'un aveu de jalousie devant tant d'aisance technique de la part d'un joueur expert du poste.

Maicon - Mon Capitaine. Joue simple, dur, maitre dans l'art de solliciter le 1-2, le tout ponctué de quelques éclairs de génie. Son but contre la Corée du Sud résume tout. Et il y a toujours des pseudos fans pour penser au caractère fortuit d'une telle action... Qui ferait un extérieur du droit en bout de course pour centrer ??? Un but que n'aurait pas mis 80 % des attaquants du mondial (et 100% de TOUTE l'équipe de France)...

Annan - Michael Essien est probablement le meilleur 6-8 du football moderne. Malgré sa blessure, le Ghana ne se fait pas marcher dessus au milieu de terrain. La faute à qui? Anthony Annan, qui devrait bientôt signer dans un meilleur club que Rosenborg...

Gervinho - Le genre de joueur qu'aurait dû être Ribéry. Percutant, très actif. Qui LÂCHE sa balle quand il a créé la différence. Le plus grand front du mondial...

Honda
- Mon vrai Capitaine, mais un japonais qui parle anglais, c'est juste illégal. C'est surréaliste mais Honda est le meilleur joueur de la compétition pour le moment. Génie tactique et technique à l'instar d'un Maicon, il suffit de voir l'offrande bouddhique (ouais c'est nul :p) qu'il réalise sur le 3 ème but qui tue le Danemark pour comprendre...

Ozil - Un talent inversement proportionnel à la beauté d'un visage "androgynement" moche. La révélation du mondial qui donne espoir au peuple teuton...

Chu-Young - Du mouvement, de la combativité, du talent, les deux pieds, que demander de plus? L'un des bijoux du championnat de France...


Dominique Guye...

25 juin 2010

23 juin 2010

"Un car de 22 battus à mort par Magic System"

Si on ne connaît pas Mark The U., c'est une bonne occasion de découvrir la meilleure ordure du net.



Dominique Guye...

22 juin 2010

L'équipe de merde...

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A quelques jours de cette Draft NBA qui s'annonce passionnante puisqu'elle pourrait remettre sur de bons rails certaines équipes embourbées dans les bas fonds du classement NBA (Washington, New Jersey voire Sacramento), je tiens à tirer sur un média plus souvent réputé par son incompétence et sa tendance au "sensationnalisme" que pour sa couverture impartiale et intelligente du sport: L'équipe alias le journal qui tient le monopole de la couverture sportive en France...

"Va te faire enculer, sale fils de pute"

Selon le quotidien, voilà les propos qu'auraient tenu Nicolas Anelka, l'attaquant fantomatique et flegmatique des bleus. Suite à la décision du corps dirigeant du canard de mettre ces mots doux en une, un ouragan médiatique incontrôlable s'est déferlé sur une sélection composée d'éléments peu motivés, motivants et créatifs.

Selon les dirigeants en charge d'annoncer le renvoi du joueur lors de la conférence de presse, les mots n'étaient pas tout à fait ceux là, mais "équivalents".

Sauf que la légère différence change tout, ni plus, ni moins...

La véritable version ne concerne aucunement les qualités acrobatiques de la "Not So Milf" (voir vidéo en bas) de Domenech dans une chambre d'hôtel, mais porte bien sur les compétences tactiques d'un sélectionneur débordé. Conséquence de tout cela, on entend aujourd'hui pleurer une vieille femme de 80 ans manipulée et choquée par le titre du journal. Le même journal qui aimerait tant publier les excuses d'une victime pour des propos qu'il n'aurait pas tenu.

La sélection nationale est aujourd'hui la risée du monde du football. Anelka et à un degré moindre Ribéry, à peine sorti de son affaire Zahia la coquine, sont les coupables idéales de cette débâcle.

A juste titre? OUI MAIS NON.

Anelka est bien la honte de la France, mais pas pour les bonnes raisons.

Peu avant la coupe du monde, il déclarait ne jamais avoir considéré la coupe du monde comme un objectif ou un rêve dans sa carrière. Cette seule déclaration aurait dû l'évincer du groupe. S'il ne joue que pour sa carrière en club et donc pour l'argent, son employeur est Chelsea, et c'est donc pour eux qu'il doit mouiller le maillot.

Sur le terrain, il refuse de rester devant et presser quand son pays a besoin d'une pointe, préférant décrocher et faire les 4-5 crochets élégants qu'il maîtrise si bien et font de lui l'un des joueurs favoris des jeunes footballeurs de quartiers, ceux qui ne savent pas jouer... en équipe. (Noter l'utilisation du "Ceux" pour ne pas faire un amalgame et une généralité)
Quand à sa déclaration, la vraie, celle qui remet en cause la tactique et non le boulot de sa vieille mère, elle fait montre d'un manque de respect honteux pour son entraîneur, mais reste tout de même incompréhensible venant de lui.

Si les 66 millions de sélectionneurs français s'accordent presque tous pour dire que Domenech fait n'importe quoi tactiquement et dans son choix de joueurs, Anelka ne semblait pas avoir la légitimité de pouvoir le faire. Pourquoi? Parce qu'il évolue à Chelsea dans un 4-3-3 avec triangle inversé ou non en fonction des combinaisons avec ou sans Essien, un plan de jeu qui le force à jouer le rôle de la pointe quand Drogba n'est pas là. Un "Système de merde" bizarrement similaire à celui de son équipe. Pas sûr qu'il aille dire ça à Ancelotti....
RIP au super joueur d'Arsenal qui n'a plus la moitié du talent qu'il avait il y a 10 ans...

La médiocrité de ses performances l'a poussé à chercher une excuse non valide... La seule chose qu'il devait faire, et on en revient toujours à ça en période de coupe du monde, c'est de mouiller le maillot.

Parlant maillot mouillé, Quasimodo Ribéry n'a pas résisté à celui d'Esmeralda Zahia Dehar (enfin une once de bon sens, sa femme en version "Pimp my Wag"). Le pays l'a injustement pris pour un joueur qu'il n'était pas : le cerveau de l'équipe. Mettre du sel dans le verre des coéquipiers, sa blague favorite selon Capitaine Evra (sic.) est presque marrant quand on y pense... pour un enfant de 7 ans. Si l'on érige en cadre un joueur individuel dont le collectif s'exprime plus dans les blagues "coussins péteurs" que sur le terrain, il y a un gros souci.

Il fallait juste prendre les deux joueurs pour ce qu'ils sont, à savoir un ailier dribbleur capable de faire la différence dans un jeu rapide et en largeur qui lui offre de la place pour rentrer et un attaquant de soutien qui décroche beaucoup, marque peu, mais brille souvent contre les équipes très faibles.

Le journal L'équipe est ridicule à parler de faillite du sélectionneur quand on connaissait déjà tous ce qu'il allait advenir d'une équipe dirigée ainsi, même si l'espoir fait vivre, selon l'adage notoire...
La fédération avait décidé de laisser en place Domenech, tout était écrit.

Honte d'être français? Non, mais honte de ces français, oui.

Des millionnaires qui se pavanent toujours devant leur public avec des lunettes de soleil et des écouteurs de plus en plus gros pour plus de distance avec le monde extérieur, ça c'est la honte... La plupart des joueurs viennent de milieux modestes et ont beaucoup travaillé pour arriver là. Être sélectionné ne devrait jamais être une fin en soi ni un moyen de se dire que l'on passe dans une tranche salariale supérieure puisque l'on fait partie de l'élite.

Les joueurs devraient garder à l'esprit ce qui se passe ailleurs. Sani Kaita, l'idiot nigérian qui n'a rien trouvé de mieux que de frapper un joueur hellène quand son équipe menait, a touché le gros lot: Exclusion, défaite, menace de mort en attendant une conclusion ensanglantée.

Quant au journal, c'est lui qui mérite la citation inventée d'Anelka. Bravo pour les ventes ceci dit, la méthode Voici marche apparemment mieux que de la vraie information, même quand on n'a pas de concurrence...

Quoiqu'il en soit, les Milf, il n'y a que ça de vrai...

Dominique Guye...


20 juin 2010

NBA Wanted: Al-Farouq Aminu and Wesley Johnson

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Al-Farouq Aminu (Wake Forest), Small Forward/Power Forward
Né en 1990, 2m04, 95kg
Stats (sophomore): 15,8 pts (à 44,7%), 10,7 rebs, 1,4 stls, 1,4 blks, 3,2 to en 31,3 minutes

---Al-Farouq Aminu n'est pas un nouveau sur ce site, il avait déjà montré sa trogne aux côtés de celles d'autres talentueux freshmen à qui j'avais consacré une série d'articles l'an dernier. Après avoir décrit ce formidable prospect, combo forward aux vertus athlétiques multiples et démentielles, je vous avais laissé en expliquant que retourner à Wake Forest serait pour lui l'occasion d'endosser un costume un peu plus grand que celui qu'il avait eu jusque-là et surtout, de travailler les lacunes techniques qui le sépare encore d'un prospect typé top 2 indiscutable d'une draft.

---Verdict? Un peu mitigé. Les responsabilités du sophomore ont augmenté avec le départ pour la NBA des deux autres leaders Deamon Deacons, Jeff Teague et James Johnson, et ses statistiques ont suivi (15,8 pts, 10,7 rebs contre 12,9 et 8,2) sur un temps de jeu à peine changé. Seulement, cela s'est fait au prix d'une grosse baisse de son pourcentage de réussite (de 51% à 44%) et d'une hausse de ses pertes de balle (de 2,5 à 3,4). Une part de ce surplus de déchets vient du fait qu'il est devenu la première option offensive de son équipe et donc, la première cible des défenses adverses ; l'autre vient des lacunes dont il était question dans le paragraphe précédent: son shoot et sa capacité à se créer des occasions de tirs. Malgré quelques progrès, celles-ci son toujours présentes faisant pour l'instant de lui un joueur offensif secondaire dans le jeu d'attaque d'une équipe.

---A quoi doit donc s'attendre la franchise qui le draftera ? A un combo forward capable d'imprimer un véritable impact athlétique sur un match, particulièrement en défense où il fait des ravages dans les airs avec son jump et ses long bras mais aussi aller chercher son vis-à-vis (qui au passage peut-être un 2, un 3, un 4 et même peut-être un meneur) n'importe où sur le terrain grâce à sa vitesse. En attaque, c'est surtout en transition qu'il est productif, profitant du travail de ses coéquipiers et de ses énormes aptitudes physiques (vitesse, jump et longueur de bras encore une fois) pour changer les brèches dans les défenses en points sur le tableau d'affichage. On doit aussi noter son talent particulier au rebond offensif puisqu'il en prends plus de quatre par match (4,3). Un précieux élément des deux côtés du terrain donc qu'on pourrait peut-être comparer à l'heure actuelle à un Josh Smith en plus fin et en plus long.

---Aminu est d'ors et déjà un superbe joueur de complément à mettre à côté d'une star ou deux et il le sera encore plus le jour où il aura ajouté un peu de fiabilité à son shoot. Et avec son premier pas, sa vitesse, sa longueur et son jump, il n'est pas difficile de l'imaginer devenir un jour un slasher de qualité. Mais pour cela, il lui faudra maîtriser l'aspect technique de la chose, particulièrement au niveau du dribble (d'où provient une bonne partie de ses 3,2 balles perdues).

---C'est notamment en cela que son potentiel est si grand. Avec ces ajouts techniques à sa panoplie de joueur, le descendant de rois nigérians constituerait un casse-tête multiforme insoluble à ses adversaires car il est trop grand et trop athlétique pour la majorité des small forwards, et trop rapide pour la plupart des ailiers forts. Aujourd'hui, ce double mismatch est déjà effectif mais il est sans commune mesure avec ce qu'il serait si le désormais ancien Deamon Deacons était capable de driver et de shooter avec succès.

19 juin 2010

NBA Wanted: DeMarcus Cousins and Derrick Favors

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DeMarcus Cousins (Kentucky), Center
Né en 1990, 2m10, 122kg
Stats (freshman): 15,1 pts (à 55,8 %), 9,8 rebs, 1,8 blks et 2,1 to en 23,5 minutes

---Ce qui impressionne le plus avec DeMarcus Cousins, c'est à quel point le bon est bon et à quel point le mauvais est mauvais. Le bon est clairement visible dans ses statistiques. Au bout de quelque chose comme deux mois de compétitions, le pivot freshman a enchainé les gros double doubles et chaque fois en moins de 30 minutes de temps de jeu, parfois moins de 20. Et puis comme si la vie voulait nous prouver coûte que coûte qu'elle n'était jamais toute simple (elle doit avoir une réputation à tenir ou quelque chose comme ça), Cousins est perclus de défauts de personnalité. Immature, instable, indiscipliné, impulsif et irréfléchi, l'éphémère Wildcat présente le cocktail classique de ceux qui ont fait l'histoire de la NBA à gâcher l'immense talent qu'ils avaient entre les mains.

---DeMarcus Cousins est grand (2,10 m), puissamment charpenté, mobile et possède une très belle envergure de bras. Sur quoi vient se poser un superbe touché de balle. La NCAA n'avait pas beaucoup d'équivalent physique à lui proposer et encore moins d'opposition susceptible de contrer cette combinaison de longueur, de puissance et de technique. Sachant cela, le rendement qui a été le sien cette année n'a plus de mystère. Qu'importe qu'il ne soit pas extrêmement explosif et athlétique comme l'est un Derrick Favors, ses larges épaules et sa puissance lui permettent de s'enfoncer dans la raquette malgré les efforts de la défense adverse, et les longs bras fixés sur ses 2,10 m et terminés par des paluches de fée se chargent de faire ce pour quoi il est sur le parquet, mettre des paniers.

---Parfaitement maître de son corps, terriblement bien drivé par un instinct de scoreur quasi primal et des appuis d'une redoutable efficacité, Cousins est une arme offensive intérieure de premier plan, tant pour finir une bonne circulation de balle (ses grandes mains attrapent tout ce qui traîne à sa portée, passe ou rebond offensif) que dos au panier avec un défenseur sur le râble. Et même mieux, le jeune homme peut faire fi de son gros physique et scorer face au panier: son habileté au shoot et au dribble est assez intéressante pour un joueur de son gabarit. En clair, Cousins est capable de marquer face et dos au panier, en un-contre-un, en bout de chaine ou sur un rebond offensif.




---Mais comme on peut souvent s'y attendre d'un joueur aussi doué en attaque et possédant une si large palette offensive à sa disposition, le massif Wildcat peut avoir tendance à faire des mauvais choix et à prendre des mauvais tirs (certains ont néanmoins décelé des améliorations dans ce domaine au cours de la seule année universitaire qui a été la sienne).

---En défense, Cousins constitue surtout une grosse présence (tu m'étonnes, avec un physique pareil). Rien que le fait pour lui de se planter, bras écarté, dans la raquette ou a proximité suffit à produire un impact défensif. Du moins au niveau universitaire. Les choses en NBA pourraient être un peu différentes car en dehors de cette présence physique et d'une bonne qualité de contreur (1,8 blks en moins de 25 minutes) et de rebondeur (9,8 rebs), Cousins ne montre pas une grande implication de ce côté du terrain, pas plus que des fondamentaux aboutis et une vitesse latérale suffisante. Quel sera son impact défensif au niveau supérieur face à des gabarits qui égalent le sien ?

---Et là on arrive au nœud du problème « Cousins ». On sait que le jeune homme réagit mal aux exigences des coachs, alors que ce passera-t-il si en NBA, le pivot se fait régulièrement passer en défense et que son coach lui demandera de faire un peu plus que le strict minimum qu'il a l'habitude de faire ? Et on peut décliner cette question à plusieurs autres situations que la défense. Il arrive parfois à Cousins de se montrer paresseux sur le terrain, de perdre sa concentration et d'être individualiste, bref, de quoi s'attirer des remontrances. On peut aussi épingler la facilité avec laquelle un rien suffit à le frustrer, sa condition physique pas toujours règlementaire (un des taux de graisse les plus élevés de l'histoire récente de la draft alors qu'il se dit qu'il était au meilleur de sa forme physique au moment de la mesure).

18 juin 2010

NBA Wanted: Evan Turner

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Evan Turner (Ohio State), Shooting Guard/Small Forward

Né en 1988, 2m00, 97 kg
Stats (junior): 20,4 pts à 51,9 %, 9,2 rebs, 6,0 asts, 1,7 stls, 4,4 to en 35,8 minutes

---Je vous avais dit de retenir son nom. Avant même que le meneur blue-ray de Kentucky n'éclabousse son talent sur les yeux de la planète basket, Evan Turner avait posé son empreinte sur la saison NCAA. Dès les premières rencontres, les feuilles de stats standard ne suffisaient plus pour contenir ses chiffres. Locomotive, wagons et équipe de maintenance de sa formation, le Buckeye d'Ohio State a offert une retranscription basketballistique de l'expression "au four et au moulin". Il en a été ainsi pendant toute la saison. Même une fracture de deux vertèbres consécutive à une très mauvaise chute après un dunk raté ne l'a pas ralentit plus que ça. Après à peine un mois d'arrêt, E.T. l'extraterrestre renfilait ses baskets et reprenait ses chiffres là où il les avait laissé.

---Dans une équipe sans meneur un tant soit peu capable, cet arrière-ailier a dû prendre la responsabilité de la mène et ce faisant, la responsabilité de la totalité du jeu d'Ohio State. Cette année, Turner avait des airs de héros de film d'action qui sauvent le monde à eux tout seul ou de Bugs Bunny jouant chacun des joueurs de son équipe de baseball. Mais il ne faut pas en déduire pour autant que le garçon est le genre à monopoliser le ballon et à vampiriser le jeu. D'ailleurs, c'est sa troisième année universitaire et ce n'est que cette saison qu'il porte son équipe d'une façon aussi totale. Jamais le terme "croqueur" n'a osé se montrer en présence de son patronyme. Pour tout dire, son coach lui criait de shooter plus souvent lors de ses débuts universitaires (syndrome Boris Diaw).

---En réalité, le "joueur aux trois postes" a agi ainsi par nécessité. A Ohio State, il était le seul à être suffisamment bon dribbleur pour diriger le jeu et le seul à avoir une réelle capacité de création. Comme pour prouver cela, les Buckeyes ont eu toutes les peines du monde à développer du jeu durant sa convalescence (défaites contre Butler, Wisconsin et Michigan).

---Alors forcément, cette omniprésence joue sur les chiffres. On peut penser que les stats Lebronesque de l'arrière sont artificiellement gonflés par cette omniprésence comme elles le sont pour une talentueuse individualité qui joue dans une équipe très faible. Mais cela joue aussi du côté négatif. Seul joueur de son équipe capable de faire que des "choses se passent sur le terrain", membre actif de chacune des actions de son équipe et cible principale de l'opposition adverse, sa production s'accompagne inexorablement de déchets. On relativisera donc certaines statistiques comme les pertes de balles (4,4 par matchs) et son pourcentage aux shoo...Non, peut-être pas son pourcentage aux shoots (51,9% cette année).

---E.T. est fort, très fort, au point que certaines pensent qu'il devrait être sélectionné avant John Wall lors de la draft. Il n'est pourtant pas aussi bien doté physiquement que le génial meneur ou Blake Griffin, drafté en n°1 l'année dernière. Rapide mais sans commune mesure avec les autres meneurs ; athlétique mais rien de bien enthousiasmant, il n'est pas non plus un shooteur de qualité. Oui mais voilà, Turner est tout simplement d'une efficacité redoutable pour se creuser des tranchées dans les défenses et scorer ou délivrer une passe décisive. Armé d'une très grande maîtrise de dribble (plus orientée fondamentaux que mixtape And One), d'appuis efficaces, d'une ruse acérée et d'une tonicité à toute épreuve ou presque, il se fait un malin plaisir à déjouer les pièges tendus par ses opposants pour scorer à plus ou moins courte distance du panier ou lâcher une offrande à un coéquipier démarqué. Technique, solide, clairvoyant, réactif et intelligent, le "Villain" n'est pas sans rappeler un certain Brandon Roy. 20,4 pts à 51,9 % et 6 dimes avec chaque fois les défenseurs qui l'attendaient de pied ferme, ça en impose.

---Turner sera-t-il aussi performant en NBA? D'un côté, le jeu y est plus écarté offrant ainsi plus d'espace pour attaquer le cercle, et le fait qu'il aura de meilleurs joueurs autour de lui devrait le rendre beaucoup plus dangereux, en renforçant la double menace passes plus fréquemment décisives/scoring efficace qu'il présente. Mais de l'autre, Turner aura a faire à des adversaires peut-être plus long, plus costaud, plus rapide et plus athlétique qu'en NCAA et donc capable d'offrir plus de répondant à son jeu fait d'appuis et de techniques plus que de vertus athlétiques.

---L'autre chose qui impressionne chez Evan le Faiseur, c'est son activité, intense et tentaculaire. Dévoué sur le terrain comme un role player qui n'a que ça pour exister, Turner n'attend pas d'avoir la gonfle dans les mains pour faire sentir sa présence. Sa fameuse statistique aux rebonds suffit à montrer quel genre de personnage il est (9,2 en moyenne). Terriblement polyvalent et complet, l'arrière multidimensionnel est à la fois le corps de la maquette d'avion, les ailes, les réacteurs et la colle qui lie tout ça ensemble. Comme dans un film mal ficelé où toutes les péripéties tombent "comme par hasard" sur le personnage principal, Turner semblait toujours être là quand Ohio State effectuait une bonne action, qu'il s'agisse de prendre un rebond offensif ou récupérer une balle perdue adverse. En fait, il n'y a même pas à s'étonner des ardoises surchargées qu'il rend matchs après matchs. Quand un excellent niveau de savoir-faire dans tous les compartiments de jeu rencontre une activité maladive, le résultat est forcément volumineux. Et pour ceux qui se posent la question, oui, ce garçon hyperactif est bon défenseur.

---Et si je vous dis que le garçon est aussi un bosseur acharné? Ouais, c'est ça, du genre stakhanoviste, le gars qui ne se rend pas compte qu'il saoule tout le campus à faire rebondir cette pu*** de balle de basket toute la journée seulement pour devenir aussi habile de la main gauche que de la main droite (voir article du BAM n°19). C'est ça Evan Turner, un joueur extrêmement polyvalent pouvant alterner les trois postes extérieurs sans sourciller, affûté mentalement, travailleur et déterminé comme c'est pas permis, complètement dévoué au jeu et sans peur face aux responsabilités. Just sayin'...

---Oui mais son potentiel ? gémissent certains. Le Buckeye n'a pas le potentiel de John Wall, principalement à cause de ses qualités physiques qui ne sont pas dévastatrices (En caricaturant un petit peu, les qualités athlétiques ne sont-elles pas ce qui fait la différence entre un Brandon Roy et un Dwyane Wade?). Donc mis à part pour son shoot qui est encore très perfectible, Turner n'est pas très loin d'avoir atteint les cimes de son potentiel. Mais lui, contrairement à Wall, est un produit quasi-fini, un joueur qui aura un impact immédiat en NBA et surtout, un joueur qui a déjà développé et rendu effectif pratiquement tout son potentiel. D'ailleurs, sa progression NCAA est plutôt intéressante, passant d'une option secondaire de son équipe lors de sa première année universitaire au joueur total qu'on connaît aujourd'hui. Bref, Turner a déjà effectué la progression que Wall doit encore réaliser. Alors certes le potentiel de l'arrière n'est pas aussi élevé que celui de son rival d'une nuit, mais son attaché de presse vous dira qu'un gros "tiens" vaut mieux que deux "tu l'auras". Et puis il vous glissera le nom de Brandon Roy aussi (Bon, l'agent de John Wall aura lui aussi pas mal de chose à vous dire de son côté).



StillBallin

17 juin 2010

NBA Wanted: John Wall

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John Wall
(Kentucky), Point Guard
Né en 1990, 1m91, 88 kg
Stats (freshman):
16,6 pts à 46,1 % (32,5 % à 3pts), 6,5 asts, 1,8 stls, 4 to en 34,8 minutes

---Pourquoi une telle hype s’est-elle concentrée sur ce jeune meneur ? Pourquoi tout le monde en faisait le numéro un de draft de cette année alors qu’il n’avait pas encore posé une semelle en NCAA ? Qu’est-ce que ce jeune homme a de si spécial pour que certains aient osé affirmer avec aplomb que Utah ou New Orleans devraient le sélectionner sans hésiter si ils en avaient l’occasion malgré Deron Williams et Chris Paul, deux des meilleurs meneurs de la planète ?


Athlétique...Derrick Rose est peut-être le meneur le plus athlétique et explosif du monde. John Wall se hisse au moins au même rang que lui sur ce terrain-là. Le meneur de Kentucky n'a pas l'impressionnante densité physique du Chicagoan mais ce n'est que sur ce point que les deux hommes se départagent. La vitesse de leur premier pas, leur vitesse de course, leur jump, leur hang time, chacune de leurs aptitudes physiques se disputent l’une à l’autre sans qu’on puisse en voir une prendre le pas sur l’autre. Et à 1,91 m et une belle envergure de bras, Wall est dans la frange supérieure des meneurs en terme de taille et, s'il n'est pas aussi costaud que Rose, il ne peut être considéré comme frêle non plus. Aucune limite physique à exploiter face à lui, que des forces à subir.

Scoreur...Son premier pas absolument dément lui permet de déposer son défenseur et de prendre le chemin du panier où ses qualités athlétiques se chargent de l'amener jusqu'au cercle. Ainsi, ses qualités physiques lui permettent de se créer un shoot quand il le désire et de provoquer un bon paquet de fautes (6,3 lancers francs tentés par match). Évidemment extrêmement performant dans le jeu de transition, on a pu régulièrement le voir utiliser sa vitesse pour sanctionner le moindre espace laissé par les défenseurs, rester en l'air une éternité pour éviter les bras barrant l'accès du cercle et marquer un panier acrobatique, ou encore partir dans le dos de la défense sans le ballon et le récupérer en alley hoop pour un dunk électrique. Et le droitier est à l'aise avec ses deux mains comme il nous le prouve de temps en temps en claquant un dunk main gauche l'air de rien. Tout cela est diablement salivant, n'est-ce pas? Savoir que la NBA est aujourd'hui particulièrement propice aux arrières rapides qui aime barouder vers le panier est comme verser une énorme louche de caramel sur une pile de crèmes glacées. On frise l'infarctus des papilles rien qu'en anticipant ce qui va se passer.

Un vrai meneur…Sans commencer à évoquer Jason Kidd ou encore Chris Paul, Wall montre une belle capacité à faire jouer ses partenaires et à diriger une équipe. Quand on y pense, il a mené une escouade faîte de freshmen très talentueux mais encore bien verts, brouillons et loin d'être finis, et de joueurs sans avenir (hormis l'excellent Patrick Patterson) à un bilan de 35 victoires pour 3 défaites. On a pu le voir maintenir une cohésion dans cette équipe immature, maîtriser le rythme des matchs et trouver ses coéquipiers démarqués. N'est-ce pas ce qu'on attend d'un grand meneur ? Plus encore et c'est peut-être ce qui est le plus savoureux chez lui, Wall et son magnifique instinct de playmaker courent allègrement sur la ligne entre faire jouer ses coéquipiers et réaliser des actions individuelles. Et vous savez, cette capacité d'alternance, judicieusement équilibré comme c'est le cas avec le Wildcat ("je fais jouer les autres d'abord et je prends le match à mon compte quand mon équipe en a besoin") est certainement plus dangereuse pour une équipe adverse que ne le sont une énorme capacité de scoring et de playmaking prises séparément.


Leader...En tant que meneur mais aussi en tant que n°1 de draft prédestiné et le mot "prodige" suspendu au dessus de la tête, « Sonic » a dû endosser le costume de franchise player de sa jeune équipe. Et il l'a fait avec un brio inattendue pour un joueur de son âge. Des émotions en permanence sous contrôle mais une activité toujours rivée à son jeu, la sérénité peinte sur le visage en même temps que son désir de vaincre, il a géré son équipe d'une main et la pression de l'autre. Plus encore, jamais effrayé par ses responsabilités, il a parfois montré la capacité d'enflammer le jeu (le sien et celui de ses coéquipiers) au moment du match où son équipe en avait besoin.

Et une marge de progression démentielle...C'est là que l'immense hype qui a pris possession de son nom trouve sa raison d'être. John Wall est déjà l'un des tous meilleurs joueurs de la NCAA, et pourtant, il accuse énormément de lacunes. Voir un joueur avec tant de défauts exceller à ce point dans son championnat, c'est comme voir un guerrier antique mettre à terre toute une troupe ennemie avec un vieux sabre ébréché et une armure faîtes de bric et de broc.

Le freshman de Kentucky est en effet un shooteur peu fiable et comme on pouvait s'y attendre, il a vu les défenses se replier sur elles-mêmes quand il leur faisait face, limitant de ce fait considérablement ses possibilités de pénétration et donc une bonne partie de son jeu (l'incurie de ses coéquipiers dans le shoot longue distance n'aidait pas non plus). Néanmoins, une progression est envisageable puisque la mécanique de son shoot est jugée correcte, certains ont même pu déceler quelques motifs d'espoir dans son jeu à mi-distance.

Cette faiblesse constitue d'autant plus un handicap sur demi-terrain que Wall ne semble pas être un aussi bon dribbleur dans les espaces réduits d'une défense resserrée qu'il l'est en pleine course. Pas forcément à même de changer de rythme ou de changer de direction quand il est dans un périmètre restreint, Wall ne dispose pas de la même faciliter pour s'envoyer jusqu'au cercle lorsqu'il ne peut pas simplement souffler son adversaire direct par son explosivité. Actuellement, sa technique de dribble n'est pas encore assez avancée pour exploiter totalement ses fabuleuses qualités athlétiques (ce qui est assez effrayant, en vérité).

Ainsi, aussi vif et athlétique soit-il, le natif de Caroline du Nord n'est pas tout-à-fait le même joueur quand il doit évoluer sur demi-terrain. Seulement, cela laisse imaginer à quel point il serait fort si il pourrait parvenir à améliorer son tir et affûter son maniement de balle.

Quand à sa défense, elle est actuellement sujette à questions. Mais ce qui est sûr, c'est que son potentiel de ce côté du terrain est là aussi des plus alléchants : avec sa vitesse et son envergure (taille + long bras), le meneur peut couvrir une large zone et manger beaucoup d'espace à son vis-à-vis offensif. Toutefois et compte tenu de ses qualités physiques, il semble se faire passer un peu trop souvent pour qu'on puisse actuellement le considérer comme un défenseur fiable ou tout du moins, régulier. Manque de rage de défendre, de dureté, de fondamentaux et/ou d'expérience peut-être. L'arrière se rattrape un peu sur le plan statistique en présentant des chiffres plutôt coquets pour un meneur avec un demi contre et presque deux interceptions par match.

Les lacunes de John Wall sont ainsi bien tangibles et enfonce plusieurs coins de son jeu. Mais au-delà du simple fait que malgré cela, il reste un joueur exceptionnel en NCAA, ce qui pousse tout le monde à se lécher les babines c'est que ces lacunes sont largement améliorables. En effet, il s'agit principalement de lacunes techniques (shoot, dribble), c'est-à-dire le genre de chose qu'on peut toujours perfectionner avec du travail et de l'envie. Et comme sa détermination, son écoute et son éthique de travail ont bonne réputation, pas grand chose ne s'oppose à sa progression.

Combien de prospects présentent un tel rapport potentiel/niveau actuel? Combien existe-t-il de vrai meneur aussi bien doté physiquement? Déposées dans un silence révélateur, ces questions sonnent comme le témoignage de la mainmise de John Wall sur le trône de n°1 de la draft, qu'un seul de ses pairs ose contester.



StillBallin