30 mai 2009

La draft 2009 sera le champ de bataille des meneurs (Part.2)

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(Suite de la première partie)


Jonny Flynn (Syracuse), né en 1989, 1m83, 78 kg
Stats (en NCAA): 17,4 pts à 46 % (31,7 % à 3pts), 6,7 asts, 1,4 stls, 3,4 to en 37,3 minutes

---Flynn a été la locomotive de l’excellent et surprenant parcours de Syracuse en post-season, lequel a punaisé l’explosif meneur dans toutes les mocks draft de 2009 alors qu’on l’attendait un an plus tard. Durant cette période, les scouts ont pu mesurer son esprit de compétition et sa rage de vaincre qui lui ont permis de terrasser ses adversaires. Sa vitesse, son agressivité offensive et la confiance qui l’anime font de lui un joueur de un contre un exceptionnel, capable de créer du danger à tout instant. Scoreur de nature, il se comporte de plus en plus comme un meneur, cherchant à faciliter le jeu de ses coéquipiers et améliorant sa qualité de passeur.

---Toutefois, Flynn est loin d’être un produit fini. Au-delà de son physique plutôt limité (1,83 m et 78 kg), il a encore la fâcheuse tendance à prendre des mauvaises décisions, dans le jeu, dans sa sélection de tirs ou dans la manière de jouer, le talentueux meneur étant plutôt enclin à chercher à faire le spectacle inutilement et parfois de façon contre-productive.

---Son shoot n’est pas aussi bon qu’on le voudrait et son implication en défense laisse aussi un peu à désirer mais ce sont les questions à propos de son physique poids plume et sa taille qui risque de réfréner l’ardeur des dirigeants NBA. Les problèmes liés à sa prise de décision sont les raisons qui l’empêchent d’être en haut de la liste mais c’est un domaine dans lequel il peut progresser et d’ailleurs, cette saison a été assez encourageante dans ce sens. Par contre, son physique limité plafonne son potentiel dans certains domaines comme la défense et l’attaque du panier. En NCAA, Flynn a pu compenser par ses qualités, sa vitesse notamment, mais qu’en sera-t-il en NBA ?

Ce qui peut pousser une franchise à le drafter plutôt qu’un autre :

---Son potentiel. Très jeune et déjà très fort en un contre un, il a montré des signes prometteurs de progression.

Ce qui peut pousser une franchise à en préférer un autre :

---N’est pas un produit fini et son physique.


Draft 2009 : Il s’est inscrit à la draft mais n’a pas signé d’agent et il pourrait retourner à Syracuse s’il n’est pas assuré d’être sélectionner suffisamment haut lors de la draft (genre entre la 10 et la 15ème position). Il a beaucoup hésité avant de se porter candidat, recevant notamment les conseils de son ami et ancien coéquipier, Donte Greene (aujourd’hui à Sacramento) qui semble regretter de s’être présenter à la draft l’an dernier alors qu’il n’était encore qu’un freshman.


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Jeff Teague (Wake Forest), né en 1988, 1m88, 82 kg
Stats (en NCAA): 18,8 pts à 48,5 % (44,1 % à 3pts), 3,5 asts, 1,9 stls, 3,4 to en 32 minutes

---Jeff Teague est un joueur un peu spécial. Mais commençons d’abord par parler un petit peu de sa saison. Leader offensif d’une équipe bien fourni en talent, Teague a fait un début de saison tout bonnement exceptionnel et beaucoup de gens le voyait déjà s’incruster bien haut dans la draft 2009. Sauf que lorsqu’Ishmael Smith, le meneur titulaire, est revenu de blessure décalant Teague en arrière shooteur, ses performances ont chuté, de même que celles de Wake Forest.

---Pourquoi le décaler serait-on tenter de se demander. Et bien il est quand même difficile d’imaginer Teague occuper le poste 1 à temps complet. En effet, le Demon Deacon est un fabuleux scoreur, totalement imprévisible, capable d’attaquer le cercle, de provoquer des fautes (7,1 lancers francs tentés par match) et de frapper à longue distance (44,1 % à 3 pts mais seulement 3,3 tentatives en moyenne) par ses propres moyens (c’est-à-dire indépendamment de ces coéquipiers). Mais, conséquence logique de cette facilité à créer son propre shoot et à marquer, chercher à scorer individuellement est positionné à la première place des actions à effectuer sur son tableau de bord mais aussi à la seconde et à la troisième.

---Jeff Teague fait-il donc parti du cas typique de l’arrière coincé dans un corps de meneur ? C’est plus compliqué que ça. Si le combo guard a eu tant de mal dans la deuxième partie de saison, c’est que le bonhomme perd toute son efficacité lorsque le ballon n’est pas dans ses mains. En effet, phénomène étonnant, Teague ne score pratiquement qu’en sortie de dribble, même de loin (77 % de ses jump-shots selon Synergy Sports Technology via draftexpress.com) tandis qu’il apparaît comme un shooteur limité en réception de passe. Bref, Teague sans la main en priorité sur la boule orange c’est comme Samson sans ses cheveux ou une télécommande sans pile. Ça marche tout de suite moins bien.

---Instantanément, vous comprenez toute la spécificité et la situation problématique de ce joueur. De plus, non content d’être obnubilé par son propre tir, Teague est, sur chaque possession, le genre de joueur à être soit exceptionnel, soit totalement foireux mais rarement entre les deux. Avec lui c’est tout ou rien. Aussi imprévisible sur le terrain qu’incontrôlable, il a tendance à forcer des shoots inutilement et à perdre pas mal de ballons (3,4 en moyenne). Dans ces conditions, comment en faire un meneur légitime ?

---Difficile de le faire jouer arrière en raison de son physique et de son incapacité à être bon lorsqu’il ne porte pas le ballon, inimaginable de le voir conduire une équipe mais scoreur absolument intraitable. Ce mec est un nœud de dilemmes ambulant.

Ce qui peut pousser une franchise à le drafter plutôt qu’un autre :

---Son impressionnante capacité à scorer par lui-même.

Ce qui peut pousser une franchise à en préférer un autre :

---Impossible d’en faire un meneur, compliqué de le mettre en second arrière.


Draft 2009 : S’est déclaré à la draft mais n’a pas engagé un argent pour se réserver le droit de retourner à Wake Forest.


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Eric Maynor (Virginia Commonwealth), né en 1987, 1m88, 79 kg
Stats (en NCAA): 22,4 pts à 46,3 % (36,1 % à 3pts), 6,2 asts, 1,7 stls, 3 to en 35,5 minutes

---Eric Maynor s’est véritablement fait un nom qu’à partir du mois de mars de son année sophomore (seconde année universitaire) lorsque ses 22 points et le shoot de la victoire ont permis à sa petite fac de sortir Duke du March Madness. Deux ans après, le meneur a montré que cette soirée n’était pas le simple quart d’heure de gloire que la providence réserve à tout le monde d’après Andy Warhol.

---Mais plus important, loin d’être considéré comme un simple joueur qui brille dans une petite équipe, Maynor pourrait avoir une vraie place en NBA. Car en effet, peu de joueur possède comme lui une aussi bonne maîtrise du jeu. Véritable contremaître de sa formation, aussi à l’aise sur jeu rapide que sur demi-terrain, rompu dans l’exercice de servir ses coéquipiers, Maynor est aussi un scoreur de qualité, solide shooteur et détenteur d’un floater assez efficace. Les scouts apprécient aussi sa capacité à aller où il veut sur le terrain en utilisant son excellent maniement de balle, toute sa ruse et sa capacité épileptique à changer de vitesse. Notons aussi sa clutch-attitude qui n’est pas là pour déplaire.

---Cependant, Maynor reste un shooteur inconsistant et possède certaines difficultés à finir ses actions à proximité du panier en raison de ses qualités physiques pas vraiment transcendantes et de son manque de puissance. Aussi, sa tendance à perdre des balles et à forcer quelques fois ses actions peut être gênante mais ses problèmes sont peut-être amplifiés par le fait qu’il porte littéralement son équipe sur son dos. Mais là où sa côte perd le plus de point, c’est en défense. Il ne présente pas les atouts physiques nécessaires pour cela et ne compense pas ces lacunes par son engagement et son intensité, ni par ses fondamentaux. Beaucoup voit là la principale raison qui l’empêcherait d’être un potentiel très intéressant pour la NBA.

Ce qui peut pousser une franchise à le drafter plutôt qu’un autre :

---Combinaison très intéressante entre un passeur et un scoreur. Est un véritable point guard. Pourrait être un back-up de très bonne qualité.

Ce qui peut pousser une franchise à en préférer un autre :

---Difficile d’en faire autre chose qu’un remplaçant ou un titulaire intérimaire. D’ailleurs, ses limites défensives pourraient aussi dissuader certaines franchises d’en faire un back-up attitré.


Draft 2009 : Etant dans sa dernière année universitaire, le senior est automatiquement éligible pour la draft 2009.

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Jrue Holiday (UCLA), né en 1990, 1m91, 83 kg
Stats (en NCAA): 8,5 pts à 45 % (30,7 % à 3pts), 3,7 asts, 1,6 stls, 2,1 to en 27,1 minutes

Par ici, s’il vous plaît.

Ce qui peut pousser une franchise à le drafter plutôt qu’un autre :

---Son profil atypique est aussi rare qu’intéressant et demeure un gros potentiel

Ce qui peut pousser une franchise à en préférer un autre :

---Son véritable potentiel se trouve au poste de meneur et il devra être choisi en tant que tel mais il n’a pas évolué à cette position depuis le lycée. Question : quelle est son véritable niveau et potentiel en tant que meneur ? De plus, il est difficile de savoir à quoi s’attendre de lui après qu’il ait effectué une première partie de la saison brillante et la seconde complètement exécrable.


Draft 2009 : Le freshman s’est inscrit à la draft mais conserve la possibilité de retirer son nom. Tiraillé entre le fait de savoir qu’il prend un gros risque en se portant candidat à la NBA cet été et l’inconfort qu’il ressent sous la houlette de l’actuel coach d’UCLA, Holiday attendra d’en savoir plus sur ses chances à la draft avant de se décider.


A suivre...

26 mai 2009

Where’d You Get Those? Xmas everyday with Gasface...

.C'est Nawel avant l'heure.

Quand Nico, journaliste créateur de GASFACE m'a contacté pour me dire qu'il avait une pépite pour moi, une interview de Bobbito Garcia (international Porto-Ricain & créateur du magazine américain BOUNCE), c'était une sacré news.

Du genre une proposition de quickie avec Shakira entre deux dossiers.

Malgré un emploi du temps surchargé jusqu'à fin mai (qui explique ma relative absence ici), je ne pouvais pas laisser trainer cette proposition.

En voyant l'article de base fait par ses soins, ce serait stupide de ma part de paraphraser une pépite qui est en fait parfaitement taillée.

Voilà donc l'article original du mag GASFACE avec un très gentil montage donnant la propriété à Unlimited NBA. Mais ici, pas d'entourlespoules, et rendons à César ce qui lui appartient.

Dominique...

Who the f*** iz Bobbito Garcia ???

Bobbito The Barber, "Make It Happen", Boogie Bob, Kool Bob Love, Soul Food Bob,"Bag of Tricks" ou encore DJ Cumcumber Slice...
Ce newyorkais (Uptown, Harlem) d'origine portoricaine a plus de surnoms que t'as eu de meufs. Si tu préfères Bobbito a plus de nicknames que t'as de nikgame.
Capice ?

Au XXème siècle Bobbito a co-présenté le Stretch Armstrong and Bobbito Show sur WKCR aka la meilleure émission radio de l'histoire du Rap pour avoir révélé des débutants tels que Big Pun ! Nas!! Biggie !! Le Wu Tang !!! ouch...
Journaliste pour pas mal de publications US, de The Source à Vibe, on lui doit le cultissime Where’d You Get Those? sur la culture des sneakers, ainsi que l'émission It's The Shoes ! diffusée sur ESPN



Bob multiplie facilement le fric cool comme Amid Raonaq (élu meilleur des pires prof de maths de l'histoire) multiplie facilement sans calculette, c'est dire... Il prête sa voix pour des jeux vidéos, son corps pour des concours de Dunk, et ses mains pour dessiner des baskets exclusives...
He's here, he's there : he's everywhere ! Notamment au Madison Square garden où on lui a confié la mission de détendre les fans des Knicks avec des spots comme celui-ci (non non t'hallucines pas si t'as reconnu "Turtle" d'Entourage) :



Maintenant que tu es affranchi, tu sais qu'Unlimited NBA est officiel et tu peux savourer la Viméo du haut où Bobbito nous parle du magazine Bounce dédié au Streetball, du bizness des sneakers et des rappeurs qui peuvent jouer !
Gros flingue salut à tous mes basketteurs !

Bon(an)us :
La première (des 7) partie du documentaire consacré à Hook Mitchell...



+ Un blog cool sur "B-ball best kept secret" : un album Rap... par des basketteurs

+ Un autre épisode de It's The Shoes ! avec Biz Markie



& la pub qui a inspiré l'émission TV...



Liens :
http://www.myspace.com/stretcharmstrongandbobbito
http://www.somosarte.com/bobbito/

GASFACE, magazine d'amour et guide du cool...

24 mai 2009

La draft 2009 sera le champ de bataille des meneurs

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J’en ai déjà parlé mais la draft 2009 est d’ores et déjà spéciale. Pas vraiment du point de vue de la qualité des joueurs parce que le niveau affiché cette année semble plus bas que celui des années précédentes (surtout aligné à côté de la dernière qui a vu naître Derrick Rose, OJ Mayo, Brook Lopez et toute une tripoté d’excellents joueurs). Mis à part Blake Griffin et Ricky Rubio, aucun joueur ne soulève véritablement les foules ou alors seulement leur potentiel. On entend de plus en plus parler de « draft à role player » et la suite du top 5 consensuel annoncé ne fait rien pour faire taire les mauvaises langues puisqu’il comprend un long pivot défensif (Hasheem Thabeet), un arrière scoreur vu plutôt comme un lieutenant (James Harden) et un power forward qu’on assimile à un Amare Stoudemire du (très) pauvre (Jordan Hill).

---Mais ce n’est pas tout, une autre ombre néfaste surplombe cette pauvre draft 2009. En effet, la nature semble se plaire à faire souffrir les estropiés. Elle voit le jour dans un contexte économique de crise générale qui touche même la NBA et ses entrepr…franchises. Conséquence logique, celles-ci cherchent à couper les dépenses superflues comme on a pu le voir cette année avec la réalisation de pas mal de transferts insignifiants qui n’avaient pour seul objectif que celui de faire des économies.

---Parallèlement et comme pour taper sur l’ambulance, un certain nombre de franchises (dont nous tairons le nom) se sont ingéniés à réduire massivement leur masse salariale afin d’avoir la marge suffisante pour participer à la gigantesque chasse à l’homme de 2010 qui comptent pour gibier Lebron James, Dywane Wade, Chris Bosh et Amare Stoudemire.

---Conséquence directe sur la draft 2009, certains dirigeants NBA pourraient rechigner à y participer car sélectionner un joueur au premier tour signifie être obliger de signer un contrat de 3 ans à un débutant. Problématique pour ceux qui voudraient retenir leurs billets verts, certains envisagent sérieusement d’échanger leur premier tour. La faiblesse de la draft devrait les encourager dans cette voie.

---On les verra peut-être aussi se la jouer San Antonio en draftant un européen/international pas fini pour le laisser se développer sur ses terres et le récupérer une fois qu’il en vaudra la peine, sans avoir à abandonner un tour de draft. Une situation particulière dont pourrait bénéficier le français Rodrigue Beaubois et qui explique peut-être son inscription prématurée.

---Toutefois, il y a une chose dont la draft 2009 peut s’enorgueillir au point peut-être de rendre jalouses ses ainées et de lui donner une vigueur qu’elle semblait perdre au fur et mesure que ces lignes s’égrenaient : le nombre inimaginable et unique de meneurs de qualité qu’y s’y présenteront. Or, tout le monde sait que cette espèce-là est une denrée rare (avant Derrick Rose, Allen Iverson est le seul meneur sélectionné en première position de la draft, et encore AI a surtout joué arrière en NBA) et donc très convoitée. De plus, il s’agit de l’un des postes les plus déterminants de la réussite d’une équipe et des plus difficiles à occuper.

---Ainsi, trouver un bon meneur n’arrive pas tous les jours et pas mal de franchises devraient se jeter sur cette draft pour trouver un véritable titulaire, un back-up de qualité ou en prévision de l’avenir. Prenons un peu d’avance et voyons un peu qui sont ces lutins qui vont envahir la NBA, en s’attardant d’abord sur les gros pedigree.



Ricky Rubio (Joventut Badalona), né en 1990, 1m92, 81 kg
Stats (en Espagne): 9,7 pts à 40% (43,8% à 3pts), 6 asts, 2 stls, 3 turnovers en 22 minutes

---Désormais, même un fermier du fin fond de l’Arkansas pourrait vous épeler son nom. Mais oublions la hype et concentrons-nous sur son jeu. Un sens du jeu et une créativité inimaginable qui ont déjà été éprouvés et garantis par le rigoureux et viril monde professionnel espagnol (le meilleur après la NBA), une qualité de passe à faire oublier les envolés de Josh Smith (6 en moyenne), une défense exceptionnelle sur l’homme et sur les lignes de passes (2 steals par match en 22 minutes !) et une mentalité de vainqueur à faire glousser les stoïques coachs européens. Du haut de ses 19 ans, Rubio est un véritable chef d’orchestre, un « faiseur de jeu » qui rend meilleur ses partenaires et qui est à lui tout seul un raccourci vers la victoire.
---Certains voient en l’espagnol un Steve Nash version MVP mais sans Mike D’Antoni, sans Amare Stoudemire, sans les allumées du tir à longue distance autour de lui… et sans shoot. En effet, scorer ne fait pas vraiment parti de ses compétences premières. Shooteur limité, slasher correct mais pas exceptionnel (il ne possède pas la puissance et l’explosivité pour se frayer à volonté un chemin au panier), Rubio est loin d’avoir le même impact lorsqu’il s’agit de marquer des points.
---En même temps, un gars qui est capable de dominer une rencontre sans scorer, personnellement, je trouve ça violent.

Ce qui peut pousser une franchise à le drafter plutôt qu’un autre :

---Combien de véritable « faiseur de jeu » aussi impressionnant connaissez-vous ? Aussi bon en défense ? Avec une mentalité de gagnant et de leader pareille ?

Ce qui peut pousser une franchise à en préférer un autre :

---La hype qui l’entoure (les GM ont tendance à se méfier maintenant) et le fait qu’il soit européen (question de la transition entre l’Europe et la NBA). Et puis ses difficultés au scoring devrait perturber pas mal les dirigeants américains (« je suis pas bon pour scorer » … « ah, tu sais pas jouer au basket » … « si » … « t’arrives pas à scorer ? » … « oui » … « alors t’es pas un joueur de basket ».) Même chose pour ses qualités athlétiques qui ne sont pas aussi impressionnantes que les scouts NBA le voudraient.


Draft 2009 : Dans l’absolu, Rubio aimerait poursuivre sa carrière de l’autre côté de l’océan dès septembre prochain mais quelques obstacles entravent sa route. En effet, le meneur de Badalone possède dans son contrat une clause de sortie vers la NBA sauf que cette clause est assortie d’une indemnisation plutôt coquette.
---Problème, la ligue américaine interdit à ses franchises de dépenser plus qu’une certaine somme (dont le montant est vraiment faible) dans de telles situations et donc, la franchise qui le draftera ne pourra pas s’acquitter de cette indemnité de sortie. La provenance de la somme importe peu et Rubio pourrait la payer de sa poche ou s’arranger avec l’un
de ses sponsors.
---Mais un autre élément vient perturber ce processus. En effet, maintenant que l’ordre de draft est connu, on sait plus ou moins que la franchise qui accueillera le prodige espagnol sera Memphis ou Oklahoma City. Or, il se murmure que Rubio ne serait pas très enthousiaste à l’idée d’atterrir dans l’une des ces deux équipes, surtout si il doit lui-même payer le montant de sa clause, et il pourrait repousser son inscription à la draft d’un an (par ailleurs, à cet instant, la clause de sortie ne sera pas la même et ne poserait aucun problème). Un petit feuilleton en perspective.



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Brandon Jennings (Lottomatica Roma), né en 1989, 1m85, 77 kg
Stats (en Euroleague) : 7,6 pts à 38,7 % (26,8 % à 3pts), 1,6 asts, 1,2 stls, 1,2 to en 19,6 minutes

---Compagnon de hype et des campagnes européennes de Rubio (même un fermier du fin fond du Monténégro doit le connaître), il a fait beaucoup parler de lui en esquivant l’université pour aller en Europe alors qu’il était considéré comme l’un des meilleurs lycéens américains. A cet instant, il était connu comme un meneur spectaculaire, rapide et athlétique qui délivre des caviars à chaque petit déjeuner et manie la boule comme nos aïeux tricotaient (la preuve).
---Cette année, ne regardez pas ses stats, elles ne sont jamais très explicite dans le contexte européen. Et puis, elles ne vous disent pas que son équipe de Rome est blindée à l’arrière et que Jennings, aussi talentueux soit-il, reste un jeune chien fou de 19 ans au jeu bien américain dans une équipe d’Euroleague qui ne vise que la gagne. Ainsi, il est difficile d’avoir une réelle idée de ce que le « trailblazer » (le pionnier) est devenu après une année passée loin des télés américaines.
---On peut supposer plein de choses comme par exemple qu’il est devenu plus mature ou que le jeu européen à corriger quelques défauts de jeunesse (sa tendance à chercher le spectaculaire à l’efficace, à trop tenir le ballon, à négliger la défense, etc…). Mais son rôle pour le moins limité dans le plan de jeu de Rome et le peu de liberté que lui offrait son coach ne permettent pas de voir si une éventuelle progression est effective ou en tout cas, si elle se transpose sur le terrain. Certains analystes semblent voir ces quelques signes de progression mais est-ce suffisant pour convaincre les franchises NBA ?
---Il faut aussi avoir en tête que les défenses resserrés (ligne primée à 6,25 m, pas de défense illégale) et le jeu sur demi-terrain que l’on retrouve en Europe sont à contre-courant de son jeu basé sur la vitesse et les qualités athlétiques et l’ont obligé à shooter ce qui n’est pas forcément une force chez lui (38,7 % et 26,8 % à 3pts). D’un autre côté, ses difficultés lui ont offert une très solide expérience et il a peut-être commencé à comprendre les clefs pour les surmonter, ce qui, si c’est effectivement le cas est pour le moins prometteur.
---Par ailleurs, son attitude dans ce contexte difficile a été parfaite et laisse penser que son mental est fin prêt pour la compétition au plus haut niveau. Cette humilité, peut-être forgée par le niveau euroleague, sera certainement très utile dans la poursuite de sa carrière et de son développement. C’est souvent dans l’adversité que l’on progresse le plus, et cette année, le showman américain a été servi.
---Si cette année européenne a permis à Jennings de tendre même légèrement vers un Papaloukas ou juste de l’éloigner d’un Baron Davis, j’estimerais personnellement que cette opération « Straight to Europe » est un succès. Après, le reste dépends de Jennings lui-même.

Ce qui peut pousser une franchise à le drafter plutôt qu’un autre :

---Son talent pur, son potentiel et peut-être la supposition que son expérience européenne a été aussi riche que profitable.

Ce qui peut pousser une franchise à en préférer un autre :

---Constitue une énigme. La distance médiatique et ses performances pas vraiment clinquantes en Europe font que son niveau réel est finalement assez difficile à juger. Il sera peut-être difficile pour certaines franchises de le choisir surtout après le battage médiatique de l’été dernier.


Draft 2009 : il possède une clause de départ pour la NBA qui ne pose aucun problème mais il n’a toutefois pas annoncé officiellement qu’il comptait s’y présenter cette été (lorsque les play-offs italiens seront terminés, on en saura certainement plus).


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Tyreke Evans (Memphis), né en 1989, 1m96, 88 kg
Stats (en NCAA) : 17,1 pts à 45,5 % (27,4 % à 3pts), 5,4 rbs, 3,9 asts, 2,1 stls, 3,6 to en 29 minutes

(Inutile de se répéter, prenez à droite après la fin de cette phrase : Freshmen'09, Tyreke Evans)

Ce qui peut pousser une franchise à le drafter plutôt qu’un autre :

---Constitue une force de pénétration unique, même en NBA, et semble être capable d’apporter des points dès maintenant. De plus, il reste un gros potentiel.

Ce qui peut pousser une franchise à en préférer un autre :


---Est loin d’être un playmaker mais n’est pas très efficace à un poste autre que celui de meneur.


Draft 2009 : il n’est qu’un freshman mais il a décidé de se présenter à la draft après l’annonce du départ de son coach, John Calipari. Ayant déjà signé un agent, il ne peut plus retirer sa candidature et retourner en NCAA.


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Stephen Curry (Davidson), né en 1988, 1m90, 84 kg
Stats (en NCAA) : 28,6 pts à 45,4 % (38,7 % à 3pts sur 9,9 tentés par matchs), 5,6 asts, 2,5 stls, 3,7 to en 33,7 minutes

---Le fils de l’ancien shooteur magique des Hornets et des Raptors n’est plus un inconnu. Exceptionnel shooteur, il avait porté sa petite fac de Davidson (allez-y, citez-moi un joueur qui est sorti de cette université ?) jusqu’au March Madness à la seule force de son poignet. Le frêle arrière a maintenu la cadence cette année et tout le monde à hâte de le voir lancer des bombes dans la grande ligue.
---Pourtant, si tout le monde le voit en NBA, personne ne l’imagine devenir une star. Physiquement très éloigné des standards NBA pour un arrière, Curry ne pourra vivre qu’à travers son shoot. De plus, que se passera-t-il si le coach adverse lui colle un défenseur un peu plus physique, grand ou rugueux ? Et puis en défense, ses aptitudes physiques ne lui permettent pas d’être un minimum productif malgré toute sa bonne volonté.
---Cette année, Stephen Curry a été judicieusement décalé à la mène afin d’étouffer ses limites physiques et de préserver ses chances de réussir en NBA. Le shooteur fou s’en est plutôt bien sorti, montrant un altruisme et une vision de jeu intéressante (5,6 asts), et si son nombre de pertes de balles est élevé (3,7 to), il ne l’est pas énormément plus que lorsqu’il jouait arrière (2,6 to, pour seulement 2,9 passes décisives à l’époque). Toutefois, il est difficile d’imaginer Curry devenir un pur playmaker. Il reste avant tout un shooteur.
---Mais quel shooteur, mes amis. A n’importe quel distance, en sortie de dribble ou pas et avec toujours une tripotée de défenseurs dans les baskets (ce n’est pas vraiment les autres joueurs de Davidson qui effraient et attirent les défenseurs adverses). D’ailleurs, cela trouble un peu l’évaluation de Curry. En NCAA, il était largement ciblé et chacun de ses shoots étaient attendus et contestés tandis que ses coéquipiers n’étaient tout simplement pas assez bons pour sanctionner les prises à deux ou à trois sur Curry. En NBA, il en sera tout autrement et le combo guard disposera à coup sûr d’une liberté bien plus large. Dès lors, comment savoir quel pourrait être son niveau dans la grande ligue puisqu’on n’a jamais pu le voir jouer dans autre contexte que celui particulier de Davidson ? Comment savoir quel sera son rendement dans une situation radicalement différente ? Et lui, sera-t-il capable de s’adapter à ce nouveau contexte et à son nouveau rôle ?

Ce qui peut pousser une franchise à le drafter plutôt qu’un autre :

---Sa capacité à allumer de n’importe où (et même de très loin) que l’on trouve nulle part ailleurs.

Ce qui peut pousser une franchise à en préférer un autre :

---Son physique frêle (problématique en défense et qui risque de le rendre muet face à une défense rugueuse) et les doutes sur sa capacité à tenir le poste de meneur en NBA. Est surtout considéré comme un role player.


Draft 2009 : Après trois ans à la fac dont une qui l’a vu se faire connaître et l’autre confirmer, Curry a logiquement décidé de s’inscrire à la draft. Ce choix est définitif puisqu’il a engagé un agent.


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Ty Lawson (North Carolina), né en 1987, 1m83, 88 kg
Stats (en NCAA) : 16,6 pts à 53,2 % (47,2 % à 3pts), 6,6 asts, 2,1 stls, 1,9 to en 29,9 minutes

---Repéré depuis longtemps à cause de sa vitesse impressionnante, Lawson a quand même mis du temps avant de satisfaire les attentes qui ont fleuris autour de lui depuis qu’il a posé le pied en Caroline du Nord. D’ailleurs, il n’était pas loin de se présenter à la draft l’an passé avant de rebrousser son chemin et retourner à la fac. Grand bien lui a pris car sa saison junior a été celle de l’aboutissement. La maturation de son jeu a fait de lui un véritable leader qui a mené son équipe à la victoire finale en NCAA sans aucune anicroche.
---S’appuyant sur sa capacité d’accélération et son expérience pour orchestrer le jeu, il a su à merveille faire jouer ses coéquipiers tout en intervenant personnellement et avec efficacité. Joueur très propre (53,2 % aux tirs et seulement 1,9 balle perdue), il joue de façon très sûre, contrôlant parfaitement le jeu. Il est aussi très fort pour trouver les failles dans les défenses et les punir en s’y engouffrant porté par sa vitesse et sa puissance physique. Lawson a tout simplement été le meilleur meneur NCAA cette année.
---Le patron des Tar Heels possède des défauts bien entendus. Certains pointent ses difficultés à jouer sur demi-terrain (comme c’est le cas pour à peu près tous les américains), sa taille et d’autres petits détails mais ce qui empêche Lawson de faire rêver, c’est qu’il manque de génie, cette petite touche qui fait la différence entre un très bon joueur et un joueur exceptionnel. Malheureusement, ça, ça ne s’apprend pas.

Ce qui peut pousser une franchise à le drafter plutôt qu’un autre :

---Est une valeur sûre. On sait à quoi s’attendre et ce à quoi s’attendre est plutôt bon, voire excellent. On l’a vu évoluer sous toutes les coutures, on a pu voir de quel bois il était fait et ce qu’on a vu fait plaisir.

Ce qui peut pousser une franchise à en préférer un autre :

---Manque de génie pour être un titulaire indiscutable, trop bon pour être remplaçant, qu’est-ce que la franchise doit prévoir en le sélectionnant ?


Draft 2009 : Il s’était inscrit à la draft l’an passé avant de se retirer, aujourd’hui il n’a plus rien à faire en NCAA et c’est donc certain qu’il sera en NBA l’an prochain.


A suivre…

19 mai 2009

Freshmen'09: One More Year, Kids ! Part.8: Les autres

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Pour ceux qui n'ont pas vu le premier épisode de cette série d'articles consacrée au freshmen NCAA de cette année, je ne saurais trop leur conseiller de faire un tour sur l'intro qui précède le portrait de DeMar DeRozan pour comprendre l'état d'esprit de cette classe particulière que sont les freshmen, d'autant plus que celle-là est dans une situation plutôt intéressante.

---D’autres freshmen sont inscrits au feutre rouge sur les tablettes des scouts NBA mais c’est à peine si l’idée de se présenter à la draft après cette seule année universitaire leur ont effleuré l’esprit. Cela n’empêche pas qu’on risque d’entendre parler d’eux à l’avenir (pour mémoire, James Harden et Blake Griffin sont des sophomores/deuxièmes années). Petit tour d’horizon pour être en avance sur le futur.

[Cas précédemment étudiés : DeMar DeRozan, Jrue Holiday, BJ Mullens, Tyreke Evans, Greg Monroe, Al-Farouq Aminu, Willie Warren]


Ed Davis (North Carolina), né en 1989, 2m06, 97 kg
Power Forward

---L’intérieur de North Carolina a vu sa côte monter en flèche au fur et à mesure que les Tar Heels gravissaient les marches jusqu’au titre universitaire suprême. Émargeant à seulement 18,8 minutes par matchs, Davis n’a été cette année que le troisième intérieur derrière Tyler Hansbrough, qu’on ne présente plus, et le solide Deon Thompson. Cela ne l’a pas empêché d’apporter une solide contribution (6,7 pts à 51,8 %, 6,6 rbs et 1,7 blk) qui s’est avéré très précieuse à chacun des coups de rein qui ont mené UNC au titre (11 pts et 8 rbs en finale).

---A l’heure actuel, Davis n’a rien prouvé, son temps de jeu et ses responsabilités étaient trop minces pour ça. Par contre, on a pu le voir avoir un impact important en défense, posant d’énormes problèmes grâce à ses qualités physiques (envergure, mobilité, détente) et son activité, à quoi il faut ajouter qu’il n’est pas du genre à se laisser marcher sur les pieds. D’ailleurs, son talent au rebond en est certainement l’une des conséquences.

---Offensivement, le kid de Chapel Hill est un joueur plutôt académique, voire old school, qui est plutôt efficace de près grâce à sa détente, ses longs bras et son excellent touché de balle. Toutefois, il faudra attendre l’année prochaine et les trous laissés par le départ du désormais mythique power titulaire, Tyler Hansbrough, et des autres options offensives majeures de North Carolina que sont Ty Lawson, Wayne Ellington et Danny Green, pour se faire une réelle idée de son niveau (et potentiel) en attaque.

---Le fils de l’ancien joueur NBA, Terry Davis, doit prendre un peu de poids avant de suivre les traces de son père et les perfectionnistes aimeraient le voir être capable de scorer de loin régulièrement mais sauf catastrophe, on devrait retrouver le Tar Heel assez haut dans la draft 2010.


Devin Ebanks (West Virginia), né en 1989, 2m05, 93 kg
Small Forward/Power Forward

---Après un début de campagne un peu difficile, Ebanks a rassuré les scouts en montrant qu’il fallait encore compter sur lui pour les drafts à venir. Ebanks est un combo forward athlétique encore brut techniquement qui parvient malgré ses limites à être productif (10,5 pts à 47 %). Plutôt faible dans le périmètre, il s’exprime surtout dans le jeu de transition, faisant preuve d’une jolie capacité à attaquer le cercle. Certains apprécieront aussi sa vision de jeu bien exploitée par son altruisme et sa qualité de passe (2,7 dimes par match, en sachant que c’est un freshman et un combo forward limité techniquement, et donc qui ne touche pas des masses la balle).

---La défense est actuellement sa plus grande force. Ses qualités physiques, son activité et son intensité trouvent là tout le loisir de faire souffrir, d’autant plus qu’il sait utiliser ses atouts-là intelligemment. Ces qualités lui permettent aussi d’être un rebondeur de très bon calibre (7,8 par matchs dont 2,7 offensifs).

---Ebanks est encore vert et demeure un peu juste au shoot et dans le maniement de balle pour occuper le poste d’ailier à plein temps mais ses aptitudes physiques, sa défense et ses qualités « impalpables » (en l’occurrence son intensité et sa compréhension du jeu) sont déjà des choses sur lesquelles il peut capitaliser en vue de la draft 2010. Pour plus, il faudra qu’il montre qu’il peut devenir un joueur sur lequel on peut compter en attaque


Sylven Landesberg (Virginia), né en 1990, 1m98, 84 kg
Shooting Guard

---34,2 minutes sur le terrain, 16,6 points à 43,6 % (31,4 % à trois points), 6 rebonds, 2,8 assists, 1 interception. Sylven Landesberg n’est qu’un « jeune » freshman (né en 1990) et il est déjà le go-to-guy de son équipe. Cet arrière très agressif en attaque (6,6 lancers francs tentés par match, 80 % de réussite) n’est pas très explosif, ni athlétique mais il maîtrise toutes les ficelles pour s’infiltrer dans les défenses et scorer à proximité.

---Il lui manque toutefois un shoot fiable et une meilleure sélection de tirs pour faire briller les yeux des scouts. On aimerait aussi qu’il développe un peu son altruisme car son feeling pour le jeu et sa capacité à créer du danger sont autant d’armes qui permettent de trouver des positions ouvertes pour ses coéquipiers.

---Il sera intéressant de voir si le futur sophomore sera capable d’élargir sa palette offensive et de rendre meilleur ses coéquipiers. Il se pourrait aussi qu’il s’enferme dans le statut qu’il possède déjà dans son équipe et qu’il ne cherche pas à évoluer mais le peu de hype qu’il y a autour de lui et le manque de notoriété de sa faculté devrait l’obliger à aller chercher ce qui lui manque pour être régulièrement cité par les analystes de la NCAA et faire monter sa côte en vue de la draft.


Salomon Alabi (Florida State), né en 1988, 2m15, 104 kg
Center

---Très grand, très long (envergure de 2,20 m), athlétique, explosif. Bon début, voyons ce que ça donne sur le terrain. 22,3 minutes de jeu, ouais pas énorme mais il vient de passer une saison redshirt à cause d’une blessure (tiens ben ça explique qu’il est au moins un an plus vieux que tous les autres frosh). 8,4 pts à 54 %. C’est pas énorme mais en vingt minutes c’est pas mal. Il est pas fameux techniquement mais il y a quand même quelques signes prometteurs. Ben tiens, ça donne quoi aux lancers ? 68 %. Pas moche pour un gars de sa taille. Ça, c’est plutôt bon signe pour ce qui est de sa technique, ça veut dire qu’il y a du potentiel. En plus il a un bon premier pas ? Tant qu’à faire.

---Bon, après. 5,6 rebonds. Plutôt bien ça aussi. Pas super impressionnant non plus. 2,1 contres par match ? Ça, ça claque. Intéressant sur un aussi petit temps de jeu. Bon, les stats, c’est pas tout, on sait quoi à part ça ? Très intense ? Ouais, ça c’est bien. Vraiment bien. Agressif aussi ? Ouais, ça va souvent ensemble. Les mecs de 2,15 m qui sont intenses et agressifs, c’est pas le genre de trucs qu’on trouve en soulevant n’importe quel gymnase. Il a vraiment le profil du parfait intimidateur défensif, avec option contrôleur aérien. De quoi exciter les cheerleaders en costar qui font office de scouts NBA.

---Une intelligence basket plutôt limitée qui apparaît même contre-productive parfois. Je me disais aussi, tout ne pouvait pas être rose dans ce monde. En fait, ce Nigérian, c’est surtout par ses qualités physiques qu’il vit. En même temps, si t’ajoutes à ça de l’intensité, t’es obligé de lâcher la rampe. Je me méfie quand même. A ce poste, faut quand même assimiler quelques subtilités. On va attendre de voir ce que ça donne l’an prochain.

13 mai 2009

Freshmen'09: One More Year, Kids ! Part.7: Willie Warren

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Pour ceux qui n'ont pas vu le premier épisode de cette série d'articles consacrée au freshmen NCAA de cette année, je ne saurais trop leur conseiller de faire un tour sur l'intro qui précède le portrait de DeMar DeRozan pour comprendre l'état d'esprit de cette classe particulière que sont les freshmen, d'autant plus que celle-là est dans une situation plutôt intéressante.

---Vous avez pu admirer l’élégance athlétique de DeMar DeRozan, l’influence pittoresque de Jrue Holiday sur le jeu, le potentiel fantasmagorique de BJ Mullens, la puissante implacabilité de Tyreke Evans, la pureté des gestes de Greg Monroe et les interventions tentaculaires d’Al-Farouq Aminu, laissez-vous maintenant embrigader par le feu d’artifice nommé Willie Warren.


Willie Warren (Oklahoma), né en 1989, 1m93, 91kg
Shooting Guard/Point Guard


---Pas forcément très exposé avant le début de saison, Willie Warren s’est progressivement hissé en tête de la promotion 2009 des freshmen. Rencontres universitaires après rencontres universitaires, les analystes ont décollé leurs yeux des DeMar DeRozan, BJ Mullens et autres Tyreke Evans pour s’intéresser à cet arrière un peu sous-dimensionné (1,93m) qui a eu le bonheur (ou le malheur) d’évoluer aux côtés du caïd incontesté de la NCAA, Blake Griffin (22,7 pts à 65,4 % et 14,4 rbs … excusez-le, il ne se rend pas compte).

---Warren a spectaculairement secondé Griffin et s’est affirmé comme le freshman le plus abouti de sa classe. Ses 14,6 pts à 47,3% pour sa première année et derrière le bestial futur n°1 de la draft sont révélateurs de son talent offensif. Véritable feu follet balle en main, son handle étourdissant et ses jambes motorisées lui permettent de mettre le souk dans les défenses adverses qu’il calme rapidement lorsque le filet bruisse sur les flèches qu’il dégaine d’un peu partout.

---Scoreur dans l’âme, la vitesse de son premier pas, sa puissance et l’agressivité offensive que lui offre sa mentalité de scoreur font de lui un arrière parfaitement armé pour faire des incursions dans les raquettes et les convertir. Les scouts apprécient en lui son potentiel à mi-distance en raison de ses qualités physiques (vitesse, jump) et techniques (dribble, shoot) mais c’est son tir à trois points déjà opérationnel qui paraît à l’heure actuelle être sa plus grosse arme de séduction.

---D’ailleurs, le jeune tonton flingueur est lui-même un peu trop séduit par son shoot à longue distance, ce qui était plutôt problématique en début de saison lorsque son pourcentage (25,6 % sur les neuf premiers matchs) ne semblait pas être sur la même longueur d’onde que la fréquence de ses tentatives (4,33 en moyenne … en même temps, si l’amour rend aveugle…). Loin de calmer ses ardeurs derrière la ligne primée, ce bon Willie a préféré améliorer grandement son taux de réussite (il est passé à 37,2 % sur la saison) pour pouvoir conserver son nombre un tantinet osé de tickets shoot à distance (5 en moyenne cette année).

---Aussi flamboyant soit-il, on espère que le temps polira un peu sa sélection de shoot avant qu’il ne devienne un peu trop proche de Ben Gordon. Comme lui, il joue un peu « hors de contrôle » et se laisse embarquer par son talent et son assurance, forçant des shoots, oubliant de faire des passes et tenant le ballon plus qu’il ne faudrait.

---La question de son poste définitif ne possède pas encore de réponse tout aussi définitive. Sa taille et le fait que son talent s’exprime principalement lorsque la gonfle est entre ses mains l’oriente vers le poste de meneur mais sa mentalité de scoreur en première intention est un peu trop développée pour ce poste et ses skills de playmaker pas assez.

---Warren est fondamentalement un arrière et la volonté des scouts de le positionner en point guard reflète surtout leur fantasme de le voir dominer le meneur adverse grâce à sa puissance physique inédite à ce poste, et la crainte de le voir souffrir au poste 2 à cause de sa taille. Il est vrai que ses aptitudes physiques et son maniement de balle pousse aussi dans ce sens mais le basket n’est pas un sport de un contre un (si, si, je vous jure) et le poste de meneur est crucial pour le collectif et la bonne marche d’une équipe (veuillez vous référez au Los Angeles Clippers pour une brillante démonstration).

---Une autre faiblesse qu’affiche Warren ne vous surprendra peut-être pas, il s’agit de la défense. Son inexpérience en la matière est compréhensible, son manque de fondamentaux l’est aussi par la force des choses (american’ style) mais son implication qui était un peu suspecte au début, s’est améliorée au fil de la saison. Et comme au vu de ses capacités physiques, son potentiel défensif est plutôt intéressant, cette question n’est pas vraiment considérée comme quelque chose de problématique à l’heure actuelle.

---Willie Warren est le prototype du guard américain. Excellent scoreur et manieur de ballon, un peu tête brûlé, gonflé de confiance en lui et doté de qualités physiques exceptionnelles, il est aussi un peu dilapidateur et a du mal à penser en terme d’équipe. Quoi qu’il en soit, l’avenir qui lui tend les bras semble assez dodu et porte le logo de la NBA sur le côté.


Draft 2009 : Que va-t-il faire cet été ?


---Après sa belle saison, Warren était quasiment assuré d’être un lottery pick cette année mais il décidé de faire chauffer les paniers NCAA pendant encore un an. Pourquoi déjà Willie ?

I want to play a year without Blake (Griffin) to see how good I am”.

---Intéressant cette mentalité. Il aurait pu profiter du sillage de Griffin et du fait d’avoir jouer à ses côtés (sur qui pensez-vous que les défenses étaient concentrées ?) pour se faire drafter à une bonne place comme ce fut le cas pour Mike Conley en 2007, ancien coéquipier d’un Greg Oden dominateur en NCAA. En restant un Sooner (nom des étudiants d’Oklahoma), Warren se met en danger et met son talent à l’épreuve. Car la saison prochaine sera pour lui bien différente de celle qu’il vient de vivre avec un certain succès. Cette fois, le feu follet sera le seul et unique leader de son équipe et le joueur sur qui les adversaires vont se focaliser.

---Cette décision montre à tout le monde de quel bois Warren est fait, qu’il possède une véritable mentalité de compétiteur et que relever des challenges ne l’effraie pas. Et ça, les franchises NBA apprécient. De plus, Warren aura l’occasion de prendre une nouvelle dimension en étant catapulté à la tête des Sooners et de se positionner comme un franchise player potentiel.

---Bien évidemment, il prend le risque de ne pas être à la hauteur de ses ambitions et de le montrer à tout le monde mais, ne vaut-il pas mieux que la franchise qui le draftera sache à quoi s’attendre de lui, plutôt qu’elle soit déçue une fois l’arrière électrique dans ses rangs ? Et puis, sélectionneriez-vous quelqu’un qui se présente à la draft prématurément parce qu’il a peur de voir sa côte baisser (et donc parce qu’il aurait peur de moins bien jouer à l’avenir) ?

---Ainsi, je pense que Warren a su résister à l’attrait des billets verts et à la sécurité « draftologique » de cette année pour se concentrer sur sa carrière de joueur et le potentiel qu’il lui reste à concrétiser. Rien que pour ça, on a envie qu’il parvienne à répondre à toutes les attentes l’année prochaine avec Oklahoma, avant de définitivement mettre le cap sur la NBA.

StillBallin

[Aussi dans la série "Freshman'09: One More Year, Kids !": DeMar DeRozan, Jrue Holiday, BJ Mullens, Tyreke Evans, Greg Monroe, Al-Farouq Aminu et les autres.]

12 mai 2009

Better than my dick in a box...


Justin Timberlake est génial.

Marrant, doué et beau gosse, il n'est pas la mégastar habituelle. Malgré un statut de star planétaire, il ne semble pas se la raconter et garde le profil d'un bon pote potentiel.
Pourquoi? Parce qu'il s'en fout du ridicule et ne craint pas pour son image.

Il y a plusieurs mois, en compagnie de son partner in crime Andy Samberg, il avait réalisé le clip génial "My dick in a box" (voir la vids). A l'occasion de la fête des mères version US (se déroulant le deuxième dimanche de mai), il a remis le couvert et a gratifié ses fans de son morceau le plus marrant de l'année : Motherlover.

Extraits : "I’m a mother lover, you’re a mother lover, we should fuck each other’s mothers."

Timberlake & Samberg reprennent les personnages du premier tube et font un point sur la situation de leur mère veuve ou séparée. Quand, soudain, ils ont une illumination : ils aiment tous les deux les MILFs et devraient donc se taper la mère de leur pote... Les paroles sont excellentes (à condition de comprendre l'anglais, bien sûr)...

En guest musical, Ciara est conviée au show Timberlake, et malgré la présence de la bombesque Jessica Biel (GF attitrée de Timberlake), la belle chanteuse a l'air "on fire" et montre en 5 minutes toutes les prouesses dont elle est capable, comme pour dire à Justin Bridou qu'elle désire plus son saucisson que Jessica...

Ci-dessous, le premier morceau "My dick in a box" ainsi que le trailer du SNL du week-end en question.
Pour le voir, voilà le lien (marche avec un logiciel de Torrent) pour l'emission entière.
Pour voir juste la vidéo, allez ici, sur le site de THE SUN, la partie marrante du mag SO FOOT...
En bonus, un SNL présenté par Lebron James, comédien maladroit et à qui il manque clairement une touche de charisme pour remplacer MJ dans le cœur des fans.



Attention, SNL n'est vraiment pas toujours marrant, l'invité y est pour beaucoup, mais cet épisode avec Timberlake se laisse facilement regarder. A noter que la semaine prochaine, le présentateur sera le génial Will Ferrell.
Dominique.

08 mai 2009

Freshmen'09: One More Year, Kids ! Part.6: Al-Farouq Aminu

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---Pour ceux qui n'ont pas vu le premier épisode de cette série d'articles consacrée au freshmen NCAA de cette année, je ne saurais trop leur conseiller de faire un tour sur l'intro qui précède le portrait de DeMar DeRozan pour comprendre l'état d'esprit de cette classe particulière que sont les freshmen, d'autant plus que celle-là est dans une situation plutôt intéressante.

---Mon premier marche au-dessus du sol (DeMar DeRozan), mon second reste une énigme (Jrue Holiday), mon troisième vit dans ses rêves et celui des autres (BJ Mullens), mon quatrième n'aura bientôt plus aucun respect pour les anciens (Tyreke Evans), mon cinquième est un gentleman dans la jungle (Greg Monroe) et mon dernier viens de se faire tailler le portrait par mes soins. Al-Farouq Aminu, en direct de Wake Forest.


Al-Farouq Aminu (Wake Forest), né en 1990, 2m05, 95 kg
Small Forward/Power Forward


---Al-Farouq Aminu est un jeune ailier un peu coincé entre le poste 3 et le poste 4 qui est plutôt limité techniquement, notamment lorsqu’il s’agit de shooter (17,9 % à 3pts et 67,1 % aux lancers francs). Son maniement de balle est tout juste moyen et ne lui permet pas de pallier la faiblesse de ses skills offensifs par une véritable capacité à percer les défenses pour attaquer le cercle, tandis que la pauvreté de ses fondamentaux évacue toute idée d’une éventuelle compensation de ses lacunes par une maîtrise décisive des ficelles du basket (also called « fondamentaux »).

---Et pourtant, Aminu est promis à la NBA. Le descendant de rois nigérians présente une combinaison de qualités athlétiques, de vitesse et de longueur de bras (une envergure annoncée à 2,18 m!) à faire changer de bord un coach d’ex-Yougoslavie. Encore un prospect dont la valeur est jugé uniquement sur ses qualités physiques me direz-vous, sauf que le freshman de Wake Forest sait s’en servir et les exploiter de sorte à ce qu’elles lui permettent d’être réellement productif sur un terrain.

---Sa vista couplée à son exceptionnelle vitesse lui permet de se démarquer et de trouver des positions ouvertes aux abords du cercle qu’il parvient à transformer en points sonnants et trébuchants grâce au déploiement de l’ensemble de ses aptitudes physiques (envergure, vitesse, jump), allant même parfois jusqu’à grimper sur son défenseur pour écraser un dunk. Les 12,9 pts par matchs à 51,6 % de réussite qu’il a produit pour son année freshman malgré ses lacunes, sont bien la preuve qu’il est particulièrement doué pour exploiter ses qualités et les convertir en actions positives.

---L’éventail de ses qualités physiques lui permet aussi d’être précieux dans d’autres domaines comme aux rebonds (8,2 par matchs alors qu’il jouait principalement small forward cette année) et en défense où, combinées à une belle intensité, elles compensent admirablement la pauvreté de ses fondamentaux et son manque d’expérience (1,2 contre en moyenne, toujours depuis le poste 3). Caramel sur la crème glacée et les marshmallows, Aminu peut défendre sur quatre postes, du pivot au second arrière.

---L’autre grosse cause de la sècheresse buccale des scouts et des coachs NBA réside dans le fait que le freshman peut potentiellement offrir un mismatch permanent. Trop long et athlétique pour un ailier shooteur, bien trop rapide pour un ailier fort, le Fresh Prince possède presque systématiquement un avantage déterminant sur son adversaire direct, quel que soit le poste de forward qu’il occupe.

---D’ailleurs, certains analystes ne comprennent pas pourquoi le coach de Wake Forest cantonnait l’ailier aux bras interminables au poste 3. En 4, sa vitesse aurait pu s’avérer dévastatrice à ce niveau et ses lacunes au shoot et au dribble n’auraient pas été aussi visibles et problématiques. Cependant, Aminu semble tenir à jouer small forward (syndrome Max Zianveni ?) et les 15 pts (à 54 %) et 8,5 rbs de James Johnson sont des raisons tout à fait acceptables au confinement du freshman à l’aile. Et puis, dans le cas où il serait utilisé en 4 en NBA, son expérience au poste 3 lui permettra peut-être d’être encore plus insaisissable et donc, plus dangereux.

---Le fait qu’il parvient à avoir un impact conséquent sur le jeu malgré ses lourdes lacunes techniques en dit long sur son potentiel. Avec ses qualités athlétiques et sa vista, il ne serait pas incorrect de penser qu’une forte progression dans le maniement de balle lui permettrait d'attaquer le cercle à volonté, tandis qu’un shoot fiable ferait certainement de lui un danger permanent. De plus, son activité en défense, domaine où il possède encore une belle marge de progression par ailleurs, et les mismatchs qu’il peut occasionner devrait rendre tout chose n’importe quel coach NBA.

---La route de l’alumni de Wake Forest est toute tracée, reste seulement à savoir si au bout il y a un role player de qualité ou un all-star dominateur des deux côtés du terrain.

Draft 2009 : Que va-t-il faire cet été ?


---Al-Farouq Aminu semblait balancer entre une inscription à la draft dès cet été et un retour à l’université mais apparemment, il aurait annoncé qu’il serait à nouveau un Demon Deacon de Wake Forest l’année prochaine. Avec ce choix, Aminu semble clairement viser une place très haute dans la draft 2010 puisque cette année supplémentaire sera pour lui l’occasion de progresser dans son maniement de balle et dans son shoot, ce qui à coup sûr ferait de lui l’un des prospects à venir les plus attendus et les plus à même d’avoir un impact important en NBA.

---Avec le départ de l'excellent power, James Johnson, Aminu verra ses responsabilités prendre du volume puisqu’il partagera la charge de leader avec le talentueux combo guard, Jeff Teague (18,8 pts cette saison) ou seul si ce dernier maintient son nom sur la liste des inscrits à la draft (n’ayant pas engagé d’agent, il peut retirer son nom et revenir à Wake Forest). Le voir dans la peau d’un leader devrait en intéresser plus d’uns et permettre de visualiser un peu mieux jusqu’à quel point son potentiel pourrait se réaliser (montrera-t-il qu’il a l’étoffe d’un franchise player ?).

---De plus, l’absence de Johnson lui offrira la possibilité de se montrer un petit peu au poste 4 et de séduire les scouts sur l’effectivité de sa polyvalence et des mismatchs potentiels qu’il peut créer. Toutefois, il devra continuer sa progression en 3 parce qu’à l’heure actuelle, il y en a pas mal qui doutent de sa capacité à évoluer efficacement à ce poste en NBA à cause de ses difficultés au shoot et dans le maniement de la gonfle.

---En tous cas, Aminu a tout à gagner en restant un peu plus longtemps sur ses bouquins scolaires. Cette saison sera pour lui une année charnière et sa réussite à l’échelon supérieur ne dépendra que de lui et de sa faculté à faire évoluer son jeu.

---Comme je l’ai dit, cette sage décision de retourner à Wake Forest démontre pour moi, la volonté d’Aminu de tutoyer les sommets de la draft suivante car l’ailier d’origine nigériane avait certainement toutes les chances d’être un lottery pick cette année et d’obtenir un temps de jeu minimum dans ce qui aurait été sa future franchise. En effet, ses qualités athlétiques, son activité défensive, son énergie et son opportunisme aurait sans doute fait de lui une rotation immédiate en NBA. Un joueur aussi jeune, opérationnel dès son année rookie et doté d’un potentiel immense aurait aguiché à coup sûr pas mal de franchises et la plupart d’entre elles n’aurait pas hésité longtemps avant de souffler son nom à David Stern.

---Ainsi, le Fresh Prince avait déjà quelques garanties NBA pour cette année, toutefois, il n’est pas forcément facile de progresser dans le domaine technique une fois installé dans la grande ligue, même avec un temps de jeu significatif. Car la différence entre la NCAA et sa grande sœur professionnelle, c’est que dans la ligue universitaire, Aminu aura toute la latitude de tester les skills qu’il aura bossé et de les étrenner jusqu’à ce qu’il les maîtrise complètement. En effet, combien de shoots au-delà d’un certain périmètre ou de dribbles en pénétration pourra-t-il prendre en NBA sans se faire taper sur les doigts et retrouver le banc plus vite que prévu ? A Wake Forest, Aminu pourra certainement prendre cette liberté sans jamais regarder fébrilement son banc après un shoot manqué ou une perte de balle. Et ainsi, progresser vraiment.

---Par contre, si le combo forward ne montre aucun signe de progression tout au long de cette saison-là, il y a fort à parier que son potentiel aura vu son envergure se dégonfler. Il sera drafté au premier tour bien entendu mais ce ne sera peut-être pas forcément en tant que star à en devenir comme c’est le cas aujourd’hui, mais comme un « simple » futur titulaire de bon calibre (voire moins). Car le concept de potentiel est valable que si le joueur en question montre qu’il est capable de progresser, d’aller au-delà de son niveau actuel et donc de laisser penser que ce potentiel est susceptible d’être réaliser. Dans le cas contraire, le potentiel n’est qu’un phantasme ou une utopie.

---Ce sera là la quête d’Al-Farouq Aminu cette année : prouver que le pont entre son niveau actuel et son potentiel existe bien et que le futur qu’il pourrait avoir est loin d’être une simple et vaporeuse utopie.

StillBallin

[Aussi dans la série "Freshman'09: One More Year, Kids !": DeMar DeRozan, Jrue Holiday, BJ Mullens, Tyreke Evans, Greg Monroe, Willie Warren et les autres.]

06 mai 2009

Et si le coupable était DD?

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Demi-finale retour de league des champions. Chelsea 1 - Barcelone 1 (aller 0-0)

Parce qu'il a été celui qui portait sur son dos le club français le plus populaire, tout lui est pardonné.

Pas ici.

La veille, sur RMC, Daniel Riolo traitait Christiano Ronaldo de garce. Ce soir, la vraie garce et le responsable de l'échec de Chelsea n'est pas Hiddink, stratège qui a su rendre le grand Barca quasiment stérile avec une équipe physique et sans génie de percussion*.

Ce soir, la vraie garce, c'était Didier Drogba.

Meilleur attaquant du monde avec Zlatan une fois qu'il a la balle dans les pieds, l'ivoirien a la fâcheuse tendance à s'écrouler pour rien dès qu'un ballon est hors de sa maîtrise.
Au moment où il perd la balle, il semble aussi meurtri qu'un anus qui a connu la visite musclée d'un Nacho Vidal toujours perforant.

Il en rajoute toujours des tonnes, à l'instar d'un Divac à son apogée théatrâle des séries LA Lakers vs Sacramento Queens (appelation made in Shaq).
Et ce soir, sa mise en scène a été fatale à son équipe. A force de faire semblant d'avoir mal partout dès qu'il perdait une balle, avec en prime un semblant de démarche boitillante suite au contact qui a entrainé l'expulsion d'Abidal (décidément grandiose dans les matchs décisifs), son coach a fini par le sortir.
Préserver la santé de son meilleur joueur, c'est logique. Sauf que là, il n'avait rien du tout, sauf une coupe de cheveux illégale.

En chialant toute la soirée, il s'est fait remplacer alors que son équipe avait le match en main.
S'il avait pu jouer comme un homme et la brute qu'il sait être quand il se lance face au but, Barcelone ne se saurait pas amusé à jouer avec un seul défenseur dans les dernières minutes, car si Anelka, toujours aussi élégant que décevant, ne peut rien faire face à un Yaya Touré voire Piqué (...), la puissance et conservation de balle de Drogba aurait garanti encore quelques occasions franches.

Détail marrant lors de sa sortie, il offrait une moue hideuse dont lui seul a le secret, mais on pouvait presque lire dans son regard :
"non ne me sors pas Coach, c'est une feinte, j'ai pas mal"

Après le rouge de la finale de l'an dernier, son comportement l'a envoyé sur le banc cette année, pour le même résultat de son équipe : la loose. Sans faire une gestion de la pression made in Pepe (voir l'action de l'année ici), Drogba a décidément d'autres problèmes que ce truc qui lui fait office de tifs.

Et ce soir, la vraie garce, c'était Didier Drogba...

Maintenant, c'est une bonne chose pour le football que la finale soit Barcelone - Manchester, car le remake de l'an dernier (Man - Chel) se serait probablement soldé par un même match nul dans tous les sens du terme. L'opposition des catalans contre les diables rouges promet au moins des buts et des grandes chevauchées. Un Ronaldo "on fire" va perforer la défense expérimentale de Barcelone, tandis que Messi & Iniesta vont tourner en bourrique les latéraux points faibles de United.


*hormis un Malouda atomique qui a sorti une performance OL collector pour dominer celui injustement considéré comme le meilleur latéral droit du monde par les micros vendus à la cause Blaugrana de TF1 (Maicon & Ramos lui sont supérieurs).
Dominique, légende du foot de campagne.

GASFACE Music, it spits hot fire...

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Les journalistes de mon mag préféré, GASFACE, m'ont fait découvrir un morceau énorme, que je n'hésite pas à mettre en lien ici.



En ce moment, donc mon Winamp, et sur conseil d'un Fajitas Bro (entité dirigeante du mag), ce morceau ainsi que des bombes d'E-40 et Bun B. GASFACE, c'est même mieux que Dylan...

GASFACE: Portail 1 & Portail 2
Dominique.

Shaq is TOSK : The Original Super Karlouche...

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Vive Shaq...
Il veut tellement que l'on parle de lui qu'il en est parfois lourd, mais force est de constater qu'il sait être marrant ou au moins faire sourire.
La suite de cette vidéo, à venir, met un scène un bucket XXL de Fried Chicken made in KFC...



(vidéo trouvée sur le super site original de J.E SKEETS, Ball Don't Lie)
Dominique.

01 mai 2009

Freshmen'09: One More Year, Kids ! Part.5: Greg Monroe

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---Pour ceux qui n'ont pas vu le premier épisode de cette série d'articles consacrée au freshmen NCAA de cette année, je ne saurais trop leur conseiller de faire un tour sur l'intro qui précède le portrait de DeMar DeRozan pour comprendre l'état d'esprit de cette classe particulière que sont les freshmen, d'autant plus que celle-là est dans une situation plutôt intéressante.

---On vu un meneur créatif avec Jrue Holiday, un combo guard perforateur avec Tyreke Evans, un ailier efficace en la personne de DeMar DeRozan et un pivot taillé comme un pivot qui ne bouge pas comme un pivot qu'on connaît sous le nom de BJ Mullens. il nous manquait un power forward pour compléter notre jeune et candide cinq, veuillez ouvrir grandes vos mirettes pour accueillir le gracile Greg Monroe.


Greg Monroe (Georgetown), né en 1990, 2m10, 108 kg
Power Forward/Center


---Ça faisait longtemps que Georgetown n’avait pas eu sous ses mythiques couleurs un véritable intérieur qui possède autant de talent que Greg Monroe. Son nom parcourt les discussions du bord des terrains depuis un petit moment déjà mais pour une fois, ce n’est pas son potentiel physique qui l’a amené sur les tablettes des scouts.

---Certains chanceux ont peut-être déjà pu observer cet adolescent long de 2,10m capable de se mouvoir sur le terrain avec une fluidité et une élégance telle que ses mouvements semblent se fondre dans les boucles classieuses d’une symphonie de Vienne. Confortablement installé sur leur nuage de poésie, ils ont également pu se rendre compte en le voyant scorer avec une facilité déconcertante que cette grâce n’existait qu’au service de l’efficacité.

---En effet, Monroe déploie une fascinante faculté à se mettre en position de marquer tandis qu’un jeu de jambes et des appuis qui paraissent être dictés par les gravures d'encre d'une partition, lui permettent de se frayer délicatement un chemin vers le panier ou de contourner son opposant, juste avant de conclure à l’aide de son toucher de balle aussi délicieux que le bruit répété du cuir caressant le filet.

---Ainsi, balle en main et près du cercle, il est quasiment inarrêtable (57 % aux tirs). Mais pas seulement. Monroe est aussi suffisamment mobile et véloce pour déborder son défenseur pour un tête-à-tête avec le panier dont on sait déjà comment il va se finir. Ou pour faire une passe. Car le Hoya a aussi un petit côté Pau Gasol, avec sa jolie vision de jeu, son QI basket, son altruisme et sa qualité de passe (2,5 dimes par matchs). Une symphonie, je vous dis.

---Toutefois, quelques taches d’encre sur la partition viennent perturber cette douce mélodie. A commencer par sa main droite. Comme tout bon gaucher, Greg « Stradivarius » Monroe entretient des rapports difficiles avec sa papatte droite notamment lorsqu’il est question de dribbler (il ne peut driver que d’un côté) ou de finir près du cercle. Dès lors, une moitié des actions possibles lui sont interdites (toutes celles qui appellent l’utilisation de la main droite), ce qui donne un avantage certain à un défenseur averti pour qui il suffit de forcer le gracile intérieur à jouer avec sa mauvaise main.

---Mais la plus grosse inquiétude qui le concerne et qui le suit depuis longtemps, c'est qu'il a tendance à faire preuve d'une certaine apathie sur le terrain. Trop de talent pour se donner à fond, manque d'assurance du fait de son physique encore un peu trop tendre et léger ou simple manque de dureté mentale, je ne sais pas (peut-être un peu des trois), toujours est-il qu'en raison de cela, son impact sur le terrain est grandement diminué. Sinon, il serait dans le top 3 de la draft dès cette année. Facile.

---Ses difficultés à encaisser les contacts et son corollaire, sa tendance à les éviter, l’empêche d’être dominant. Cela se traduit par une moyenne de points plus faible que celle que l’on pourrait attendre d’un tel joueur (12,7 pts), des balles perdues (2,5 mais sa main droite doit aussi y être pour quelque chose), une insuffisance dans le domaine du rebond (6,5 en moyenne) et de grandes difficultés face aux opposants plutôt physiques. Nappé à cela une certaine « softitude » (conséquence de son absence de poids ?) et vous voilà à même de comprendre les soupirs des scouts NBA. C’est comme entendre la voix d’Andrea Bocelli réduite à un bêlement fluet par la timidité.

---Défensivement, le constat n’est pas différent. Son envergure, sa mobilité, ses bonnes mains (1,8 steals par matchs) et son instinct font qu’il a les outils pour devenir un très bon défenseur mais son absence d’agressivité et d’énergie réduisent considérablement la portée de ces qualités.

---Le cas Monroe est d’autant plus préoccupant que son rendement a eu un impact très significatif sur celui de Georgetown. Pendant la première partie de saison, l’intérieur a montré de belles choses, remettant un peu en cause les critiques sur son investissement qui pesaient sur sa tête, particulièrement lorsqu’il a mis minable le très, très long pivot défensif, Hasheem Thabbeet (top 5 de la prochaine draft). Mais par la suite, Monroe s’est à nouveau laissé emporter par les douces et envoutantes mélodies des sirènes méditerranéennes, faisant plonger son équipe en même temps que lui. La mythique université n’a même pas pu se qualifier pour le March Madness.

---Lorsqu’on voit évoluer « Stradivarius » Monroe sur le terrain, il est facile de l’imaginer dominer offensivement et défensivement mais tant qu’il ne se fera pas violence, cette vision ne restera qu’un fantasme. On peut se demander si quelques kilos en plus ne lui permettrait pas de s’affirmer et de gommer en grande partie et dans toutes ses dimensions cette attitude problématique. Le fait qu’il soit à Georgetown et sous la tutelle d’un coach reconnu comme John Thompson III encourage plusieurs observateurs à l’optimisme. Ainsi, mis à part pour ce qui est de son approche du jeu, on attend de lui qu’il parvienne à apprivoiser sa main droite et qu’il progresse au shoot même s’il est déjà capable de causer quelques menus dégâts à distance. Monroe est jeune (19 ans) et on se laissera paisiblement maîtrisé par la patience car au bout, il se pourrait qu’on retrouve l’un des meilleurs power foward de la NBA et l’un des plus beau à voir jouer.

---Dans le pire des cas, c'est-à-dire s’il n’évolue pas, beaucoup pense qu’il pourrait quand même devenir un role player précieux en NBA, un petit peu dans le style de Joe Smith aux Cavs. Pas mal, mais quand on va voir un concert, on ne part pas après la première partie.


Draft 2009 : Que va-t-il faire cet été ?

---Il y a quelques semaines, la question avait encore un intérêt. Monroe venait de faire passer le alors futur Defensive Player of the Year, Hasheem Thabeet, pour un pantin et son équipe avait battu l’une des meilleures du pays. A cet instant, le Hoya était un lottery pick (dont un passage dans le top 3) de la prochaine draft sans qu’aucune contestation n’ose se lever.

---Mais le parcours catastrophique de Georgetown qui a suivi et l’impossibilité pour Stradivarius de confirmer ont vite fait de faire retomber le soufflé alors qu’il était encore dans le four. C’est donc en toute logique et intelligence que le jeune virtuose a décidé de poursuivre un peu plus son temps de cuisson dans la célèbre fac qui a vu passer les grands compas de Patrick Ewing, Alonzo Mourning et Dikembe Mutombo.

---Difficile de critiquer cette décision, surtout que pas mal d’analystes pensent que l’apprentissage que délivre le fils éponyme de son mythique papa, John Thompson III, portera ses fruits et qu’une année supplémentaire laissera à Monroe le temps de développer son physique (et par la même occasion son mental ?).

---Ainsi, la saison prochaine sera décisive pour lui. S’il montre qu’il est sur la bonne voie, le chemin pour la NBA lui sera grand ouvert avec pour lui un siège tout frais dans la rotation de la franchise qui aura la chance de pouvoir le sélectionner. Dans le cas contraire, Monroe atterrira quand même dans la grande ligue mais il devra jouer des coudes pour garnir son bol la portion de minutes de jeu qui pourrait le rassasier. Remarque, si il n’arrive pas à passer en mode Super Saïen en NCAA, peut-être que cette dernière situation s’en chargera. Stay tuned.

StillBallin

[Aussi dans la série "Freshman'09: One More Year, Kids !": DeMar DeRozan, Jrue Holiday, BJ Mullens, Tyreke Evans, Al-Farouq Aminu, Willie Warren et les autres.]