28 avril 2009

Jayson Williams : The Best Kept Secret

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---Certains se souviennent peut-être de Jayson Williams, excellent pivot rebondeur des Nets de New Jersey (All-Star en 1998 avec une saison à 12,9 pts et 13,6 rbs). Après avoir quitté le monde professionnel (sur blessure je crois), il a continué à alimenter sa biographie avec des lignes estampillées « police report ». Sauf que là, il est passé à un autre stade :

---Jayson Williams, ancienne star des New Jersey Nets dans les années 90, a été arrêté cette nuit dans la luxueuse suite d'un hôtel de Manhattan. La police new yorkaise, qui avait été avertie par un proche du comportement suicidaire de Williams, a dû utiliser un taser car ce dernier tentait d'opposer une résistance à son hospitalisation.
---Williams a été trouvé ivre et agité dans sa chambre d'hôtel, entouré de flacons de médicaments vides et d'écrits suicidaires. En 2004, il avait été jugé pour avoir voulu masquer le meurtre de son chauffeur à sa résidence. Il a toujours prétendu que le tir de fusil avait été accidentel et que c'est sous l'emprise de la panique qu'il avait voulu masquer les faits. Il se trouve en liberté sous caution depuis l'affaire (basketnews.net).

---En lisant ça, une partie de mon cerveau s’est mis à trépigner. Je me souviens qu’il y a une dizaine d’années (je crois que c’était l’année du record des Bulls de Jordan avec 72 victoires pour 10 défaites), tranquillement installé dans un fauteuil trop pour moi et un verre de grenadine à la main, j’avais lu dans un magazine NBA (feu Basket In Action ?) une brève relatant les paroles de Williams qui expliquait que Chicago l’avait contacté afin de prendre la place de rebondeur attitré qu’Horace Grant avait abandonné. Il racontait qu’il avait dû passer toute une série de tests, notamment psychologiques et que les dirigeants avaient finalement décidé de prendre Dennis Rodman.
---L’intérieur des Nets avaient eu cette phrase : « … et ils ont choisi Dennis Rodman. J’ai vraiment dû me planter à ces tests ».



Apparemment, oui.


Conclusion n°1 : Chicago était vraiment des maîtres à cette époque.

Conclusion n°2 : Le psy des Bulls aurait peut-être dû transférer son analyse de Williams aux fédéraux, ça aurait évité pas mal de problèmes.

Conclusion n°3 : Si le psy de Windy City est si doué, pourquoi est-ce que les Bulls ont sélectionné Eddy Curry en quatrième position de la draft 2001 ?


Conclusion finale : Lorsqu’une franchise de la trempe de Chicago à l’époque préfère recruter Dennis Rodman qu’un autre type, méfiez-vous de cet autre type. Mais vraiment.

StillBallin

22 avril 2009

I (also) love this game...

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Cette saison, le FC Barcelone est l'équipe la plus funky d'Europe. Grâce à un Piqué qui tente de remettre au goût du jour le brushing façon Tony Vairelles, un Eric Abidal aux centres plus fécales que de velours et surtout au petit gros Xavi qui se fait un plaisir de servir les autres, les vrais grands joueurs de son équipe.

Malgré cette domination catalane, les madrilènes du Real arrivent à suivre la cadence avec une équipe au jeu dégueulasse, avec pour seuls génies un défenseur tauromachique et un hollandais à 50% chauve qui se blesse un match sur deux et porte les mêmes shorts que feu John Stockton.

Le titre étant encore possible pour Madrid si le Barça venait à commettre un faux pas, la pression est à son apogée à chaque sortie du Real.
La pression, certains la gèrent, d'autres la boivent (sic.) et d'autres implosent. Petites couilles ou tout simplement joueurs au mental friable, ces joueurs sont des vrais dangers pour leur équipe.

Pepe, le grand défenseur brésilo-portugais du Real, innove : il est un danger pour les deux équipes. Suite à une simulation sur ce qui n'aurait jamais dû être une faute au vu de la petitesse du contact, il a très mal pris cette injustice et est passé en mode berserker, une machine violente qui écrase tout sur son passage, comme dirait Ari Gold : "comme Lance Armstrong, mais avec deux couilles".

Dès la simulation de l'attaquant adverse effectuée, Pepe a tout simplement tiré dans le cul de l'attaquant, avec la ferme intention du lui poncer le rectum et tout ce qui l'entoure. Dur comme assjob...

Les basketteurs US sont friands de suckerpunch, mais lui vient d'inventer le suckerkick. Pour reprendre le morceau détonant de Rohff, c'est la cla-cla-classe, bien fait pour le simulateur, qui aurait dû être celui expulsé. Et il y a bien une justice, puisqu'en voulant faire le malin et honorer Casillas d'une Panenka, l'attaquant au cul raboté à simplement fait une Cantona.

Comme dirait une philosophe chinoise chère à mon cœur, c'est la per-fe-ction...

Hélas, le grand Pepe risque une peine très lourde, car on ne se fait pas justice sans déguisement de superhéros (même pour Zizou, pour qui l'aventure d'endosser le costume de Superhead avait mal tourné).
Dans une tentative de défense totalement foirée, Juande Ramos, le coach du défenseur anal-yste, a offert des commentaires aussi pitoyables que le simulateur :

"Pepe a perdu son calme mais n'a pas voulu attaquer Casquero. Il était plus en colère contre lui même et voulait seulement mettre des coups de pied de rage dans le vide. A aucun moment il avait l'intention de blesser son adversaire."
Ce n'est pas ce que raconte le sloggi troué de Casquero. Il y a des fois ou il faut juste se taire...


En bonus, un assjob, voire plus, qui rend hilare Charles Barkley. A voir absolument.

Dominique...

21 avril 2009

Freshmen'09: One More Year, Kids ! Part.4: Tyreke Evans

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---Pour ceux qui n'ont pas vu le premier épisode de cette série d'articles consacrée au freshmen NCAA de cette année, je ne saurais trop leur conseiller de faire un tour sur l'intro qui précède le portrait de DeMar DeRozan pour comprendre l'état d'esprit de cette classe particulière que sont les freshmen, d'autant plus que celle-là est dans une situation plutôt intéressante.

---Ladies and Gentlemen, vous avez découvert le bondissant DeMar DeRozan, le tout aussi bondissant mais avec une tête de plus, BJ Mullens et l'arrière rusé Jrue Holiday, laissez-moi maintenant vous offrir quelques instants avec le fil à couper le beurre de Memphis, Tyreke Evans.


Tyreke Evans (Memphis), né en 1989, 1m96, 88 kg
Point Guard/Shooting Guard


---Voici le freshman qui est venu à Memphis University prendre la place de leader laissée vacante par Derrick Rose. Pas simple mais le kid s’est pointé dans le Tennessee avec un sac-à-dos bardées de stickers bien flashy comme « j’ai été invité au MacDonald’s High School Game » suivi de « j’ai raflé le titre de MVP », et d’autres tout aussi clinquants. Voilà de quoi rassurer les étudiants du campus (et oui, pour les gens normaux, aller à la fac ça ne signifie pas jouer au basket) après la perte de Robin Hood et de ses fidèles complices Chris Douglas-Roberts et Joey Dorsey, partis en NBA.

---On a vite oublié ses débuts laborieux lorsque, replacé en meneur fin décembre, Memphis n’a plus perdu un match jusqu’au March Madness (défaite contre Missouri et son passing game de rêve). Son pourcentage alors catastrophique a repris des couleurs. Bien plus à l’aise balle en main, sa phénoménale qualité de dribble lui permet de faire autant d’incursions dans la raquette qu’il le veut, pour ensuite passer le relai à son physique NBA afin de finir les actions près du cercle. C’est dans cette capacité à venir dans la raquette pour scorer que son énorme talent réside. Doté d’un grand instinct pour le scoring, d’un body control à toute épreuve, d’une très bonne taille et de deux mains opérationnelles à volonté, Evans fait déjà partie du cercle très fermé des joueurs capable de se creuser un chemin vers le panier comme dans du beurre.

---Il est vrai que les raquettes NBA ne se composent pas des mêmes spécimens physiques que la ligue universitaire mais les défenses sont plus espacés (because ligne des 3 pts à 7,23m). Les scouts estiment que le combo pourra transposer ses qualités dans la grande ligue sans véritable problème (je vous rappelle que Derrick Rose et Russell Westbrook scorait moins que lui en NCAA).

---Mais vous vous en doutez, si le nom de l’attack machine de Memphis n’est pas suspendu à toutes les lèvres, c’est qu’il y a quelques lignes sur son C.V. qui apparaissent en rouge. Défauts découlant directement de ses qualités et de son talent, Tyreke Evans a tendance à dribbler plus longtemps qu’il n’est bon pour le jeu et à forcer ses attaques (c’est ça quand on est jeune et talentueux, parfois, on a tendance à ignorer ses limites. Ne le regardez pas avec cet air désapprobateur, je vous ai vu remplir votre assiette comme un enragé lors d’un buffet à volonté et ne pas la finir ensuite).

---De plus, Evans n’est pas exactement un playmaker. Son incroyable capacité à se créer ses propres occasions et son feeling, lui permet d’en créer pour les autres et il les sert sans rechigner mais sa tendance à « over-dribbler » embourbe un peu l’équipe qu’il conduit. Ensuite, il ne fait pas forcément preuve de discernement dans ses choix ce qui, allié à sa tendance à tenir longtemps la balle, en font un joueur enclin à perdre pas mal de ballons (genre petit poucet hystérique).

---Toutefois, ces défauts ne sont pas forcément rédhibitoires pour accéder à la grande ligue, comme on peut le voir en jetant un coup d’œil sur quelques matchs NBA. En réalité, ce qui pourrait vraiment limiter Evans, sont ses difficultés au shoot extérieur et le fait qu’il ressemble à un poisson hors de l’eau lorsque le ballon est loin de ses mains. Le problème que ça pose pour son avenir, c’est qu’ainsi, il y a plusieurs situations de jeu dans lesquelles il ne pourrait pas exister. Sans shoot fiable, il ne peut pas constituer une menace offensive de poids lorsque que l’accès au panier est complètement coupé tandis que son incapacité à jouer en dehors du ballon risque de lui faire perdre tout son potentiel d’impact lorsque le jeu n’est pas centré sur lui comme cela risque d’être le cas en NBA. Car n’étant pas encore un meneur vraiment fiable, il est difficile d’imaginer qu’une franchise puisse le laisser être le maître du ballon, seule façon pour lui de faire parler son talent de façon vraiment efficace.

---Ainsi, trois options de progression (combinables) s’offrent à lui pour qu’il puisse éviter de voir son brillant avenir en NBA être compromis : progresser en discernement et restreindre ses pertes balles afin de pouvoir devenir un véritable meneur/slasher dans le moule d’un Tony Parker (même s’il devrait conserver sa shooting-firt mentality), progresser au niveau du shoot pour constituer une arme offensive permanente en NBA du style de Baron Davis ou progresser « off the ball » toujours dans l’optique de devenir une menace constante, un peu à la Monta Ellis. Combiner ces trois options et vous comprendrez l’étendue du potentiel d’Evans.

---Si le leader de Memphis University en reste là, il demeurera une formidable arme de perforation des défenses et une source de scoring non négligeable, mais ses défauts risquent de le cantonner dans un rôle de dynamiteur en sortie de banc s’il ne les corrige pas. Dommage, n’est-ce pas ?

---Lorsqu’on parle d’un scoreur tel que Tyreke Evans, il y a toujours une voix en arrière fond qui se demande ce que ce type d’énergumène est capable de faire là où les titres ce gagnent, en défense. Mais contrairement à ce que cette entame de paragraphe pourrait faire croire, il n’y a rien de particulier à dire sur lui dans ce domaine. Evans est un défenseur correct, un excellent intercepteur et son potentiel de ce côté du terrain est plutôt séduisant, d’autant plus qu’il pourrait s’occuper des deux postes arrières. Il y a encore un certain nombre de détails à régler mais sur le fond, rien ne pourrait l’empêcher de devenir un défenseur de premier choix.

---Après, Evans est un scoreur dans l’âme et on connaît le degré d’intérêt ou en tout cas de motivation de ce type de joueur pour ce qui se passe de ce côté du terrain. Faut voir. Mais à son crédit (et pour nous faire avaler nos langues de vipère), Memphis produisait l’une des toutes meilleures défenses de la NCAA et par conséquent, on peut considérer qu’il a bien intégré l’importance de la défense et que son implication n’est pas à être mise en cause.

---Ainsi comme vous avez pu voir, même si Tyreke "Uppercut" Evans possède de qualités qui semblent faire de lui un joueur capable de produire dès maintenant, sa véritable valeur reste une question de potentiel. C’est dire l’envergure de celui-ci. Sauf que le fait de produire immédiatement n’est pas un gage de réalisation de potentiel, c’est peut-être même le contraire. Difficile de se bouger pour progresser lorsqu’on fait déjà du chiffre. Rendez-vous dans trois ans pour faire les comptes, mais commencez à remplir les carnets d’observation dès maintenant.

Draft 2009 : Que va-t-il faire cet été ?


---Le départ de Memphis du réputé coach, John Calipari (il a fait un petit tour sur le banc des Nets mais ça n’a pas duré) semble avoir précipité la décision d’Evans : il sera, en principe, un candidat définitif pour la draft de cet été (en principe car il n'a pas encore engagé d'agent).

---Cette décision peut paraître assez logique étant donné qu’il semblerait que c’était pour Calipari ou peut-être le style de jeu que le coach prône que le MVP du McDonald’s High School Game avait revêtu le maillot bleu et blanc. Sa magnifique deuxième partie de saison qui s’est terminé sur une pointe à 33 pts lors la défaite éliminatoire du March Madness lui a taillé une jolie côte qui en fait quasiment un lottery pick assuré. Tyreke est jeune, son potentiel fait briller les yeux de tout le monde et il pourrait déjà apporter quelque chose en NBA (les observateurs annoncent qu’il fait déjà partie de l’élite des slashers avant même qu’il ait posé un pied dans la ligue). Bref, actuellement, les voyants sont aux verts.

---On peut penser que la NBA pourrait être aussi propice à son développement que ne l’aurait été son année sophomore en NCAA. Etre entouré d’une partie des meilleurs joueurs du monde et rencontrer l’opposition NBA tous les jours pourrait être pour lui un excellent moyen de comprendre qu’il doit étoffer, nettoyer et polir son jeu pour être efficient. En effet, dans la deuxième partie de sa saison NCAA, ses pertes de balles, ses décisions douteuses et ses limites à longue distance n’avaient pas empêchés Memphis de rester longtemps invaincu avec un Evans en leader incontesté comme si le super guard n’avait pas besoin d’être meilleur que ce qu’il n’était. En NBA, il serait dans l’obligation de faire évoluer son jeu pour réussir. Donc même si cette mise au pied du mur est un brin risquée, elle pourrait l’amener à progresser plus vite.

---Evidemment, Evans peut ne pas réussir à grimper la marche et une année supplémentaire en NCAA lui aurait peut-être permis d’acquérir la maturité et l’expérience nécessaire à ce saut entre les deux niveaux, mais on ne peut pas avoir plus de certitudes dans ce cas là que dans le cas précédent. Qui nous dit qu’il aurait acquis cette maturité et expérience ? Dans ce cas de figure, il existe aussi un risque, celui de voir le prodige tomber dans la facilité jour après jour, déformant continuellement son jeu jusqu’à ce qu’il ne puisse plus se trouver dans la capacité de sauter la fameuse marche. D’un autre côté, il aurait pu être intéressant de voir si il aurait été capable de faire évoluer son jeu même lorsque l’opposition ne le lui oblige pas. Cela lui aurait certainement fait gagner des points pour le jour de la draft et offert quelques certitudes bienvenues aux dirigeants NBA. Mais là aussi, rien ne nous indique que ça aurait pu se passer comme ça.

---Finalement, l’avenir d’Evans est pour une grande partie dans ses propres mains. S’il parvient à évoluer dans la bonne direction, il n’aura pour plafond que le ciel. On peut se demander si, en NBA, il tombera dans une situation (staff, vétérans) propice à ce développement bien orienté ou, si ce n’est pas le cas, si il parviendra à s’en charger seul. Ben voilà, vous avez un sujet de mémoire pour les trois prochaines saisons à venir.
StillBallin

[Aussi dans la série "Freshman'09: One More Year, Kids !": DeMar DeRozan, Jrue Holiday, BJ Mullens, Greg Monroe, Al-Farouq Aminu, Willie Warren et les autres.]

14 avril 2009

Pourquoi Shaq n'aime pas D-12...

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Le fait que le jeune pivot des Magic représente la relève n'est pas forcément la raison pour laquelle Shaq ne supporte plus Dwight Howard.
Voilà pourquoi : D-12 a fait une petite imitation très réaliste d'un Shaq au strabisme bien moins sexy que celui de Lucy Liu...



Howard reste toujours horrible à voir jouer offensivement, mais a le mérite de s'attaquer à Shaq assez violemment, ce que personne n'ose faire...

Dominique...

12 avril 2009

Freshmen'09: One More Years, Kids ! Part.3: BJ Mullens

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---Pour ceux qui n'ont pas vu le premier épisode de cette série d'articles consacrée au freshmen NCAA de cette année, je ne saurais trop leur conseiller de faire un tour sur l'intro qui précède le portrait de DeMar DeRozan pour comprendre l'état d'esprit de cette classe particulière que sont les freshmen, d'autant plus que celle-là est dans une situation plutôt intéressante.

---Après avoir avoir passé un peu de temps en compagnie de l'athlétique arrière DeMar DeRozan et du combo-guard à tout faire, Jrue Holiday, c'est le pivot plein de hype, BJ Mullens, qui s'installe à table (qui a dit "d'autopsie" ?).


B.J. Mullens (Ohio State), 2,13 m, 118 kg
Center


---BJ Mullens ou l’inaltérable retour du fantasme ultime: un seven footer qui bouge comme un arrière. Incroyablement agile et athlétique pour un joueur de sa taille, vraiment capable de cavaler en contre attaque, il y en a même qui disent qu’ils l’ont vu shooter.

---Ce gars a rapidement été estampillé pivot du futur et pour ne pas faire mentir la hype, il a décidé de faire ses armes universitaires sous l’égide du coach spécialisé en big men, Thad Matta d’Ohio State, qui a déjà usé sa lampe pour couveuse sur Greg Oden (n°1 de la draft 2007) et Kosta Koufos (déjà crédité de quelques bonnes performances pour son année rookie avec sept matchs à 10 pts ou plus).

---Seulement, Mullens est loin d’avoir le rendement que ces deux-là ont connu dans leur première année et dernière année universitaire. 9 pts, 5 rbs contre 15 pts, 10 rbs pour le Grizzly de Portland et 14 pts, 7 rbs pour le Grec mormon. Certains mettront en avant que le petit dernier ne dispose pas du temps de jeu accordé à ses ainés (20 minutes par matchs contre presque une trentaine de minutes pour les deux anciens alumni). Mais si c’est le cas, c’est qu’il y a une raison.

---Mullens n’est pas moins doté que ces prédécesseurs, notamment offensivement. Son jeu s’attaque repose principalement sur les aptitudes physiques et athlétiques mais il possède un véritable instinct de scoreur et des mains plutôt intéressantes. Encore brut techniquement, les mouvements classiques des pivots sont là même s’ils ne sont pas encore fiables. Oden était tout aussi brut offensivement, voire même plus et Koufos ne pouvait pas se prévaloir d’une puissance et de qualités athlétiques équivalentes.

---On pourrait peut-être pointer son attitude sur le terrain, le jeune pivot était, par exemple, du genre a systématiquement être le dernier à revenir en défense mais au fil de la saison, il a montré une implication un peu plus acceptable.

---En réalité, Mullens est un joueur brut de décoffrage. Mais vraiment. Joueur bien plus instinctif qu’académique, ses fondamentaux sont d’une pauvreté extrême et son QI basket, jugé comme tout juste moyen ne lui permet pas de « bien orienter » son instinct. Il en résulte des fournées d’erreurs et de pertes de balles, un rationnement sévère des passes décisives (une tous les quatre matchs) et fait de Mullens un véritable cancre défensif (from draftexpress.com : « Mullen’s Weakness : defensive awareness, defensive fundamentals, man to man defense, off-ball defense »). Et comme à cela il faut ajouter le fait qu’il soit un rebondeur moyen pour quelqu’un qui possède ses attributs physiques, on a vite fait de comprendre pourquoi son temps de jeu était aussi limité.

---BJ Mullens est surtout un joueur d’instinct qui s’appuie avant tout sur ses dons physiques et on peut s’interroger sur ce qu’il pourra faire au niveau supérieur face à des big men calibrés NBA. A l’heure actuelle, certains prédisent qu’il ne pourra pas faire plus que courir et recevoir la balle pour finir les actions (ce qui suppose la présence d’un très bon meneur, non ?). Et comme il n’est pas reconnu pour son éthique de travail, son étiquette de pivot du futur semble se ternir jour après jour.

Draft 2009 : Que va-t-il faire cet été ?

---C’est officiel et définitif, BJ Mullens se présentera à la draft cet été. Il suit ainsi les traces de Greg Oden et Kosta Koufos parti eux aussi après une seule saison à Ohio State. Sauf que Mullens va à la guerre sans le bagage statistique des deux autres. Son coach, Thad Matta le dit lui-même, le grand dadais est loin d’être aussi capable que les deux autres et encore moins prêt pour faire le grand saut. On peut être heureux de l’instauration de l’obligation de faire au moins une année universitaire, particulièrement dans son cas puisqu’il est de notoriété publique qu’il se serait inscrit à la draft dès sa sortie du lycée sans celle-ci. D’ailleurs, il l’a reconnu lui-même : « ça aurait probablement été une mauvaise décision et ça (un an de fac) m’a montré que je n’étais pas prêt pour la NBA à cet instant ». Mais comme le dit Jonathan Givony de Draftexpress.com, comment peut-il croire qu’il est prêt maintenant, surtout après une saison si pauvre ?

---De toute façon, ce qui est fait est fait puisque Mullens a pris un agent. Cette entrée précipitée dans le monde professionnel devrait en agacer plus d’un et faire remonter à leurs mémoires des trop vivaces et douloureux souvenirs qui portent le nom de Kwame Brown, DeSagana Diop ou encore Robert Swift, mais il faut savoir que la famille de Mullens est dans une situation économiquement très difficile et que le futur salaire du fiston de 2m13 (faut le nourrir un engin comme ça) devrait être un soutien bienvenu. Personnellement, je me demande si la famille Mullens n’aurait pas pu s’arranger auprès d’une banque pour emprunter afin de vivre sur au moins une année. Je sais que c’est la crise mais je ne vois pas pourquoi la banque en question refuserait un tel prêt puisqu’elle serait sûr d’en recevoir les dividendes une fois le petit BJ en NBA, a fortiori si celui-ci fait une bonne année en NCAA. Mais bon, je ne connais pas les détails de la situation et encore moins les rouages tortueux des esprits de nos amis les banquiers.

---D’autre part, la draft 2009 s’annonce faible et certaines franchises préfèreront peut-être tenter le coup avec un jeune joueur qui a le potentiel pour devenir un pivot d’impact (chose éminemment rare, n’est-ce pas ?) plutôt que de récupérer un role player qu’il faudra se coltiner pendant au moins trois ans (contrat garanti des rookies draftés au premier tour).

---Le calcul d’être drafté sur son potentiel n’est pas forcément mauvais pour Mullens si son objectif est d’abord de toucher de l’argent (comme un travailleur normal, quoi). En effet, son potentiel possède une très grande valeur qui n’est minorée que par le risque que ce potentiel ne soit pas concrétisé, mais si il attend un an ou deux, sa valeur (qui se matérialise par sa position dans la draft et le salaire qui va avec) ne sera plus celle de son potentiel mais celle de son niveau réel. Or, il existe toujours un risque que le pivot ne dépasse pas son niveau actuel dont la valeur est beaucoup plus basse que celle de son potentiel. Ainsi, se faire drafter sur son potentiel a plus de chance de lui rapporter financièrement (plus il est sélectionné haut, plus il aura un gros salaire) que se faire drafter sur son futur niveau réel.

---Certains diront que si Mullens a peur de perdre de la valeur par rapport à son potentiel, il a qu’à bosser deux fois plus pour faire en sorte que son niveau réel atteigne son potentiel, cependant, avec une mentalité comme celle-ci depuis le début, on pourrait penser que Mullens aurait tourné à 15 pts 7 rbs cette année et on n’aurait pas besoin d’avoir cette discussion. Ensuite, il faut une sacrée dose de confiance en soi pour prendre ce risque lorsque l’on a pour objectif de toucher un salaire. Car il ne faut pas l’oublier, le potentiel est l’évaluation de ce que pourrait devenir le joueur dans le meilleur des cas au vu des ses attributs. Par conséquent, sa valeur, bien que totalement fictive voire même utopique, est exagérément élevée.

---Le problème pour BJ, c’est que les GM commencent à prendre du plomb dans la tête et à comprendre que les franchises NBA ne sont pas aussi performantes dans la formation que leurs phantasmes l’imaginent. Il ne faut pas incriminer la formation des franchises NBA, la personnalité même des joueurs à forts potentiels y est souvent pour beaucoup dans leur échec. Et ça aussi, les GM commencent à l’assimiler. Beaucoup d’exemples sont là pour les rappeler à l’ordre, parcourant les archives de la draft comme gravés sur ces stèles envahit par le lichen qui sont perpétuellement harcelés par les regards fuyants de ceux qui ont été présent lors de ces heures brumeuses, dont elles sont les douloureux témoins. Alek Redojevic (12nd pick, 1999), Nickoloz Tskitishvili (5th pick, 2002), Rafael Araujo (8th pick, 2004), Robert Swift (12nd pick), Patrick O’Bryant (9th pick, 2006). L’épisode des SuperSonics de Seattle (moins connu sous le nom d’Oklahoma City Thunder) qui avaient misé sur trois pivots à fort potentiel (Johan Petro, Robert Swift et Saer Sene) sans jamais voir leurs espoirs se réaliser, est encore dans tous les esprits.

---On a pu voir la démonstration de cette nouvelle maturité managériale lors de la dernière draft avec DeAndre Jordan, jeune pivot athlétique mais frustre qui s’était présenté à la draft alors qu’il n’était encore qu’un freshman. Annoncé dans le top 10 plusieurs mois avant la date fatidique, il a glissé dans le top 15, puis dans le top 20 avant d’être finalement choisi au second tour (par les Clippers en plus).

---Mais paradoxalement, le cas DeAndre Jordan peut peut-être servir la cause de BJ Mullens car les plutôt bonnes performances que le gus a produit lorsqu’il a eu quelques occasions de fouler les parquets NBA a fait naître quelques regrets chez certaines franchises qui sont passé à côté de lui, faisant ressurgir de vieux et angoissants fantômes, certaines phrases résonnant encore dans l’atmosphère fuligineuse comme des réminiscences d’un passé difficile à oublier : « Mon dieu je suis passé à côté de Kobe Bryant » … « Si j’avais su que Dirk Nowitzki allait devenir aussi fort…»

---Par contre, beaucoup de franchises NBA possède déjà dans leur rang leur jeune pivot en développement. En effet, entre les déjà productifs Andrew Bynum (LAL), Greg Oden (Portland), Marc Gasol (Memphis), Andris Biedrins (Golden State), Spencer Hawes et Brook Lopez (New Jersey) et les prometteurs DeAndre Jordan (LAC), Kosta Koufos (Utah), Alexis Ajinça (Charlotte), Robin Lopez (Phoenix), Ian Mahinmi (San Antonio) et Roy Hibbert (Indiana), il ne reste plus beaucoup de place de prospect libre à ce poste pour un projet tel que Mullens.

---Personnellement, je pense que son niveau défensif sera un véritable écueil pour le jeune pivot. Les franchises entretiennent souvent un certain intérêt pour les grands et athlétiques pivots capables d’apporter des choses en défenses mais beaucoup moins quand ils sont de véritables passoires. Et comme à l’heure actuelle, son rendement offensif paraît subordonné à la qualité du meneur en place et/ou au jeu déployée, les motifs qui pousseraient à le sélectionner paraissent bien minces. BJ Mullens a vraiment intérêt à briller lors de la phase préparatoires de la draft (pre-draft camp, work-outs) parce qu’il s’agira de sa dernière chance de faire perdurer l’espoir quand à ce qu’il pourrait devenir.
StillBallin

[Aussi dans la série "Freshman'09: One More Year, Kids !": DeMar DeRozan, Jrue Holiday, Tyreke Evans, Greg Monroe, Al-Farouq Aminu, Willie Warren et les autres.]

09 avril 2009

Freshmen’09 : One More Year, Kids ! Part.2: Jrue Holiday

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---Pour ceux qui n'ont pas vu le premier épisode de cette série d'articles consacrée au freshmen NCAA de cette année, je ne saurais trop leur conseiller de faire un tour sur l'intro qui précède le portrait de DeMar DeRozan pour comprendre l'état d'esprit de cette classe particulière que sont les freshmen, d'autant plus que celle-là est dans une situation plutôt intéressante.

---Cette fois, on va jeter un oeil sur le combo-guard au nom bien fun qui porte les fameuses lettres UCLA sur son maillot, Jrue Holiday.


Jrue Holiday (UCLA), né en 1990, 1,91m, 83 kg
Point Guard/Shooting Guard


---Jrue Holiday a commencé la saison en impressionnant tous les observateurs par ce qu’il pouvait apporter sur un terrain. Il faut savoir que Jrue est un joueur atypique (en même temps quand on s’appelle « Jrue »…). Ne pouvant pas s’appuyer sur des qualités athlétiques au dessus de la moyenne ou un shoot vraiment fiable, Holiday parvient malgré tout à marquer les matchs de sa patte en déployant d’autres qualités, peut-être moins classiques mais tout aussi précieuses et surtout, assez rares. De quoi intéresser pas mal de coachs.

---Chacun d’entre eux apprécieront son profil all-around, toujours utile pour apporter de la consistance à une équipe mais ce qui devrait véritablement les séduire sont ses facultés intellectuelles basketballistiques. Le combo d’UCLA fait preuve d’une grande intelligence sur le terrain doublé d’un excellent sens du jeu, auxquels viennent se greffer une jolie vision de jeu et un altruisme directement issu de son QI basket. Cette combinaison de qualités plutôt rares en fait le type de joueur capable de donner à son équipe une nouvelle texture, une nouvelle dimension.

---Cette capacité à apporter à son équipe est d’autant plus impressionnante qu’il l’a produit depuis le poste 2 et en étant « en dehors » du ballon (le ballon ne transite pas systématiquement entre ses mains), puisque les clés du jeu des Bleus et Ors sont la propriété du senior, Darren Collison, l’un des meilleurs meneurs en NCAA. A cela, il faut ajouter qu’il a aussi été obligé de s’intégrer dans le jeu posé proposé par son coach et on comprend mieux pourquoi beaucoup de monde était subjugué par Holiday. Avoir autant d’impact dans une situation aussi étroite, laisse rêveur quand à son potentiel. D’ailleurs, c’est bien en dans le rôle de meneur que les scouts l’imaginent capable d’avoir le plus d’impact même s’ils estiment qu’il doit encore étrenner son talent à ce poste avant de pouvoir y être pleinement productif (en clair, c’est pas encore un vrai meneur).

---L’autre gros, gros élément qui vient faire briller les yeux des critiques de la balle orange s’exprime de l’autre côté du terrain. Holiday est un défenseur exceptionnel (vu comment le site Draftexpress.com s’emballe sur ce point, le terme exceptionnel est peut-être pas représentatif de ce que le petit Jrue peut faire lorsqu’il garde son panier) qui, chose éminemment appréciable, peut faire sentir son souffle oppressant sur l’un ou l’autre des deux postes arrière.

---Le combo d’UCLA se présente comme une sorte de role player haute couture, capable d’apporter des choses aussi uniques que précieuses et de devenir l’un maillon aussi indispensable qu’essentiel au succès d’une équipe.

---Sauf que ce bon Jrue a été vraiment décevant sur les dernières semaines de compétition. On savait que le scoring n’était pas son point fort mais ces derniers temps, son niveau dans ce domaine est devenu vraiment inquiétant. Alors qu’il postait environ 11 pts par matchs un peu après la mi-saison (si mes souvenirs sont bons), sa moyenne sur l’année est tombée à 8,5 (avec quelques zéros pointés bien sentis). Plus grave encore, il a un peu corné sa réputation de joueur très intelligent en faisant preuve d’une sélection de shoot et d’une prise de décision assez douteuses.

---D’une manière générale, c’est tout ce qu’il peut apporter à une équipe qui est remis en cause par ces dernières prestations. Il aurait certainement été un top 10 à la draft si elle avait eu lieu en Février, mais les semaines qui ont suivies ont fait dégringoler sa côte de façon irréversible pour cette année.

---Jrue Holiday constitue une véritable énigme. Son potentiel est annonciateur de grandes choses et peut faire de lui un joueur très recherché du fait de son profil atypique, mais ces qualités risques d’être plombées par sa faiblesse à contribuer à la marque. De plus, son potentiel même est sujet à caution tant qu’on n’a pas eu l’occasion de le voir diriger une équipe durablement.

Draft 2009 : Que va-t-il faire cet été ?

---Revêtir le légendaire maillot bleu et jaune lui permettrait de prouver ce qu’il peut faire en tant que meneur (c’était la dernière saison universitaire de Collison) et de progresser offensivement mais apparemment, Holiday aimerait « tester les eaux » cet été, c’est-à-dire s’inscrire à la draft, faire quelques work-outs avec les franchises NBA tout en se réservant la possibilité de retirer son nom et de retourner à la fac puisqu’il n’engagera pas d’agent (engager un agent lorsqu’on est en NCAA est interdit, par conséquent, en engager un coupe les possibilités de poursuivre son cursus).

---Cela lui permettra de juger son niveau notamment par rapport à ce qu’attendent les franchises et de lui donner une idée de la position à laquelle il pourrait être drafté. Agir ainsi ne lui coûte rien et au contraire devrait lui permettre de voir un peu où il en est mais j’espère vraiment qu’il retournera à UCLA parce que le joueur qu’il pourrait être est de ceux qui peuvent apporter une nouvelle dimension à une équipe et cela ne pourra être le cas que s’il ne passe pas son temps sur le bord des terrains NBA à agiter des serviettes pour encourager ses coéquipiers.

---Toutefois, il se murmure que le freshman n’est pas tout à fait sur la même longueur d’onde que son coach et qu’il n’est pas assuré d’avoir la mène l’an prochain même après le départ du senior Collison. Cela pourrait le pousser à maintenir son nom pour la draft.

---Si c’est le cas, on peut voir ça comme une erreur parce que d’une part, le combo a laissé une dernière impression plutôt mauvaise et ensuite parce que son année freshman est loin d’avoir donnée des vraies réponses quand à son niveau concret. Dès lors, les franchises seront dans l’incertitude lorsque son nom viendra sur leurs tablettes et on peut se demander si l’une d’elle prendra le risque de le sélectionner.

---D’un autre côté et avec un peu de chance, cette entrée prématurée en NBA pourrait lui être salutaire car Holiday possède un profil que certaines grosses cylindrés pourrait trouver très utile comme San Antonio (encore oui, j’y peux rien si leur effectif est plein de trous), Boston ou encore LA. Celles-ci occupent logiquement les dernières places dans l’ordre de la daft du premier tour et elles pourront peut-être se permettre de tenter un tel pari qui ne leur coûtera pas grand chose (une fin de premier tour seulement) mais qui pourrait leur rapporter gros, surtout au vu de son profil.

---Je pense que la réussite d’Holiday dans une telle situation dépendra de sa faculté à saisir les opportunités qui se présenteront à lui et de la façon dont il sera utilisé (faut que le coach de l’équipe en question comprenne ce qu’il peut apporter. D’ailleurs, cela va dans le sens des équipes du haut du tableau qui, étrangement, ont souvent un entraîneur intelligent qui comprend bien ce genre de choses).

---Toutefois, sélectionner Holiday resterait un pari car au regard de sa saison « double face », il est difficile de savoir ce qu’il pourra vraiment apporter surtout si il a été choisi sur son potentiel de meneur (qui est le plus aguichant) en raison du peu de nombre de fois où on a pu le voir à ce poste.

StillBallin

[Aussi dans la série "Freshman'09: One More Year, Kids !": DeMar DeRozan, BJ Mullens, Tyreke Evans, Greg Monroe, Al-Farouq Aminu, Willie Warren et les autres.]

08 avril 2009

Guess who's back, back again...



Eminem remet le couvert avec deux bombes toutes fraîches. Pas forcément fan de lui à ses débuts, j'ai appris à aimer sa folie marrante tout d'abord à travers les clips.

Ca tombe bien, son dernier clip, "We Made You" est fun et la chanson très bonne. "Crack a bottle" reste à mon goût au-dessus, avec un son bien plus lourd, notamment grâce à un 50 Cent du tonnerre. Mais comme Eminem est engagé dans les deux super morceaux qui suivent, props à lui.


Le dernier clip, "We Made You", ici en HQ.
Et ci-dessous, les paroles de "Crack a bottle".


Dominique...

06 avril 2009

Freshmen’09 : One More Year, Kids ! DeMar DeRozan

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La dernière saison NCAA fut marquée de l’empreinte juvénile des freshmen (joueurs qui sont dans leur première année universitaire). Il n’y a qu’à regarder la draft 2008 pour voir que la jeunesse imposait son insolente loi puisque quatre freshmen ont été sélectionné dans les cinq premières positions (Rose, Beasley, Mayo et Love) et dix au premier tour. D’ailleurs, chacun d’entre eux ou presque balancent des grands sourire de défi aux vétérans couturés de cicatrices de la grande ligue.

---Néanmoins, les vieux vont peut-être pouvoir souffler un peu et conserver leur job un peu plus longtemps car la cuvée de freshmen de cette année n’est pas tout à fait du même calibre. Attention, ne vous y trompez pas, ces gamins ont eux aussi du talent plein les poches, coincé entre les M&M’s et la Nintendo DS. Seulement, ils ne sont pas prêts pour la NBA (et là on se dit que l’obligation de faire au moins un an de fac est quand même une bonne idée). Mais bon vous savez, hein, prêt ou pas, les gamins ont souvent des têtes de bois et certains seraient capables de se présenter à la draft avant d’être fini.

---Sauf que les choses ne sont jamais aussi simples que ça. En effet, le fait d’être abouti ou pas n’est pas le seul élément à prendre en compte lorsque vient se poser sur la table la possibilité de serrer la main de David Stern (vous vous rendez compte que trois quarts des gamins basketteurs de la terre rêve de serrer la paluche d’un petit homme dodu qui a l’air d’avoir passé sa vie sur une feuille de calcul ?). Car le fait est que certains ont plus pour objectif d’être drafté haut (avec le salaire et le contrat garanti qui y correspond bien sûr) que de s’imposer dans la grande ligue. C’est vrai que l’un n’empêche pas l’autre et que ces têtes de pioches espèrent prendre le beurre et l’argent du beurre, d’autant plus que pas mal y ont réussis (…pas mal ont échoué aussi).

---Pour ceux qui partagent cette vision un brin gourmande, la conjoncture 2009 est plutôt favorable. En effet, la cuvée prévisionnelle de la prochaine draft est considérée comme plutôt faible (surtout si on passe après Rose et ses copains). Du coup, un joueur talentueux même s’il n’est pas prêt, aura plus de chance d’être sélectionné haut cet été que lors d’une draft future dont on ne connaît pas la teneur (a fortiori si les autres potentiels, conscients qu’ils ne sont pas prêts, décident de poursuivre leur cursus universitaire).

---Ces opportunistes seront certainement choisis sur leur potentiel (syndrome Kobe Bryant, plus personne ne veut passer à côté d’un tel joueur –douze franchises l’ont esquivé quand même et même l’équipe qui l’avait sélectionné l’a échangé immédiatement-) mais toujours dans l’optique d’être drafté haut, être choisi sur son potentiel peut l’amener plus haut que s’il l’était sur son vrai niveau. En effet, le potentiel est l’évaluation de ce que pourrait devenir le joueur dans le meilleur des cas au vu des ses attributs. Or, jouer une année de plus avant de se présenter à la draft signifie prendre le risque de prouver que l’on n’est pas à la hauteur des attentes ou simplement un peu en deçà (il faut dire que les gens ont tendance à s’emballer).

---Ainsi, il ne faut pas s’étonner si certains des freshmen postulent pour la grande ligue même s’ils ont encore du chocolat sur le coin de la tronche. Cette année n’échappera pas à son lot de têtes brûlées qu’il faudra observer avec attention dès qu’ils poseront leurs pieds encore pantouflés dans la cour des grands, tout comme il faudra surveiller les plus prudents qui gambaderont encore en NCAA.

---Aujourd’hui, on va s’intéresser à celui qui était considéré comme le plus grand talent sorti du lycée, l’arrière-ailier DeMar DeRozan.

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DeMar DeRozan (USC), né en 1989, 2,01m pour 93 kg.
Shooting Guard/Small Forward


---Ses qualités athlétiques avait fait de lui la star la plus attendue à la sortie du lycée et il était venu à USC pour succéder à OJ Mayo, mais sa première saison en NCAA s'est avérée globalement décevante. Ses 13,9 pts et 5,7 rbs sont loin des standards que l’on attendait de celui qu’on a comparé à Vince Carter. Toutefois, il y a encore de quoi espérer et même plus encore, DeRozan semble être du type de ceux qui tiennent leurs promesses.

---En effet, après avoir vraiment lutté pendant la première partie de l’année, étalant au grand jour ses énormes lacunes, l’ancien lycéen de Compton a poursuivit la seconde sur une pente ascendante. Une progression peu spectaculaire mais immanquable qui a conduit le kid a terminé la saison dans la peau d’un leader en tournant à 19,1 pts à 58,1 % (!) et 6,8 rbs sur les sept derniers matchs, dont une seule défaite face à Michigan State au March Madness (parmi les victimes épinglées sur le tableau de chasse d’USC, on peut remarquer UCLA et Arizona State de James Harden).

---Ses fabuleuses qualités athlétiques sont à l’origine de la hype qui l’entourait mais il a au cours de l’année développé un tir à mi-distance suffisamment efficace pour en faire sa première menace. Plus impressionnant peut-être, seul son plutôt bon jeu sans ballon lui permettait de déclencher ce tir mais depuis peu, le freshman parvient à le dégainer à partir d’un pull-up jump-shot même avec un défenseur sur le dos. DeRozan vient là pallier une de ses plus gênante lacunes, son incapacité à se créer son propre shoot. Ainsi, il n’a plus autant besoin qu’avant de compter sur la faculté de ses coéquipiers à mener une attaque pour s’exprimer.

---Car il faut bien l’admettre, sa plus grosse lacune, le dribble, aurait pu sérieusement l’handicaper et neutraliser toutes ses qualités. En effet, sa tenue de balle ne lui permet pas de driver et donc d’actionner ses qualités athlétiques pour plastiquer le cercle ou se servir de son tir à mi-distance tout neuf. Le tir à trois points n’est pas non plus l’une de ses forces mais vu l’état de celui-ci en début d’année (le terme « inexistant » paraît assez approprié), il y a de quoi se réjouir du niveau qu’il affiche actuellement dans ce domaine, en espérant qu’il ne s’arrêtera pas là.

---DeRozan n’oublie pas pour autant ses aptitudes athlétiques. Pas forcément exceptionnellement explosif, il n’a cessé de gagner en agressivité offensive et en intelligence afin de les utiliser au mieux. S’il parvient à être suffisamment bon dans son dribble pour percer les défenses, il sera vraiment très difficile de l’empêcher de frotter le filet à volonté.

---Un autre élément qui laisse entrevoir un horizon bien sympa, c’est sa mentalité. Sérieux et travailleur (on ne progresse pas comme ça par magie), le freshman a la qualité toujours bienvenue de ne pas forcer son jeu et l’intelligence d’éviter de se compromettre dans les domaines qu’il ne maîtrise pas (comme le drive par exemple). Et comme si cela ne suffisait pas, il est collectif et ne néglige pas l’effort défensif. En clair, le type de joueur qui plaît à n’importe quel coach.

---DeRozan n’est pas encore ce qu’on peut appeler un produit fini et sa marge de progression est encore conséquente mais sa faculté à progresser peut nous laisser espérer voir pour une fois un potentiel se réaliser.

Draft 2009 : Que va-t-il faire cet été ?

---Au vu de sa capacité à progresser et des lacunes qu’il lui reste encore, une année de plus à l’Université lui serait certainement très bénéfique. Elle lui permettrait de continuer son évolution et de montrer qu’il peut s’imposer comme le go-to-guy de sa team et comme l’un des leaders de la NCAA. Cette année supplémentaire serait pour lui l’occasion de prendre une nouvelle dimension et de passer définitivement du statut de potentiel brut à celui de joueur d’impact (en NBA ?).

---De plus, USC s’attend à recevoir l’un des plus talentueux joueurs de high school, l’ailier fort, Renardo Sidney. Pour peu que ce dernier confirme au niveau supérieur, DeRozan pourrait se trouver à la tête d’une équipe suffisamment forte pour faire parler d’elle tout au long de l’année et épicer un peu plus la rivalité qu’USC entretient avec la légendaire UCLA.

---Certains calculateurs cyniques verraient en l’arrivée de Sidney un risque de faire de l’ombre à DeRozan et par conséquent de baisser sa côte pour la draft mais cet argument paraît un peu léger pour justifier une inscription prématurée (et puis, si c’est le cas, qui voudrait d’un joueur qui fuit ce genre de situations ?). Par contre, le jeune Sidney ressemble sur beaucoup de points à un certain Zach Randolph (et pas que physiquement ou au niveau du talent). Existe-t-il un risque que celui-ci plombe l’équipe ? Ceux qui présument qu’il en sera ainsi doivent, je pense, conseiller à DeRozan de prendre ses clics et ses clacs avant de s’enterrer avec ce Zach Randolph-like mais d’un autre côté, voilà qui lui fournira une bonne expérience, certainement très utile pour la NBA (ben oui, s’il tombe chez les Clippers ?). Et puis selon moi, ce type de situation permet de voir de quel bois un joueur est fait. Ou il se fait manger par le contexte ou il le domine, et dans ce dernier cas, c’est souvent le signe des excellents joueurs.

---Ses chances de retourner à USC auraient pu être perturbés par les annonces de départ de l’actuel coach, Tim Floyd (brièvement passé sur les bancs NBA, à Chicago) vers l’excellente fac d’Arizona. Le réputé technicien n’était certainement pas pour rien dans la réussite du programme d’USC, la progression de DeRozan et peut-être dans l’évolution d’OJ Mayo, et on peut penser que ce départ aurait découragé l’ancien lycéen de Compton de rempiler pour une année supplémentaire. Mais comme Floyd a annoncé son intention de rester, la décision de DeRozan n’aura pas à en tenir compte. Quoique, au contraire, l’effort de Floyd pourrait inciter l’arrière-ailier à rester.

---Néanmoins, la dernière impression que laisse le Trojan (surnom des joueurs d’USC) est vraiment excellente et il ne serait pas complètement idiot de se présenter à la draft dès cette année. Même si je soutien l’idée d’un retour à la fac, je ne pense pas que poser ses pieds dans la grande ligue tout de suite mettra son potentiel en péril.

---Sa personnalité sérieuse, sa façon de jouer en ne se risquant pas à faire ce qu’il ne sait pas faire et en laissant le jeu venir à lui, rappellent les caractéristiques d’un autre joueur drafté après une seule année universitaire, Thaddeus Young. Drafté en 12ème position, c’est cette capacité à être précieux sans être une gêne qui lui a permis d’intégrer la rotation et de s’imposer comme un joueur important des Sixers. Je ne vois pas pourquoi il ne pourrait pas en être de même pour DeRozan. Il faudrait aussi qu’il tombe dans un effectif un peu léger à son poste comme ce fut le cas pour Young (San Antonio ?) mais je ne vois là, la seule condition à sa réussite.

StillBallin

[Aussi dans la série "Freshman'09: One More Year, Kids !": Jrue Holiday, BJ Mullens, Tyreke Evans, Greg Monroe, Al-Farouq Aminu, Willie Warren et les autres.]