29 août 2009

Analyse de la draft 2009: Les Pistons de Detroit

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Lien: Unlimited NBA mock draft, 15th pick of Detroit


Joueurs draftés :

Austin Daye (SF/PF, sophomore), choisi en n°15
DaJuan Summers (SF/PF, junior), choisi en n°35
Jonas Jerebko (SF/PF, né en 1987), choisi en n°39


Le Jour D'Après

---Avec un premier tour de draft et deux débuts de second tour, les Pistons ont recruté trois joueurs solidement référencés. Austin Daye fait partie de ces joueurs qui possèdent un énorme « upside » (c’est-à-dire qu’il détient certaines caractéristiques qui lui confèrent un avantage potentiel quasi-systématique sur son adversaire direct, en l'occurrence l'association de sa grande taille -2,09 m-, de son agilité et de son shoot) et les deux joueurs sélectionnés en début de second tour, DaJuan Summers et Jonas Jerebko, n’auraient pas dépareillé en fin du premier.

---Seulement, il s’agit de trois combo forwards. Trois joueurs au profil similaire auquel viendra s’en ajouter un quatrième puisque Detroit fera venir Charlie Villanueva peu de temps après. D’ailleurs, je pense que le jeu d’Austin Daye et de DaJuan Summers s’apparente plus à celui d’un 3 que d’un 4. Avec son physique taillé dans un spaghetti et son aversion pour les contacts, Daye (profil, voir mock draft 15th pick, Detroit) ressemble surtout à un small forward de très grande taille, et s’il est positionné en power sur le terrain, cela reviendrait pour son équipe à évoluer avec deux poste 3 et un seul intérieur. Pareil pour Summers (profil, voir mock draft 27th pick, Memphis) même si l’ancien Hoya est plus à même d’occuper un poste à l’intérieur du fait de son large physique. Toutefois, cela ne l’empêche pas de jouer comme un extérieur.

---Ainsi, j’avançais avant la draft que Detroit avait une grosse faiblesse à l’intérieur et rien n’a changé depuis. Outre les cas Daye et Summers, Charlie Villanueva n’a d’un ailier fort que la taille (2,11 m) et les lettres « PF » accolées à son nom sur NBA 2K, Jason Maxiell reste un intérieur de très petite taille dont la production ne tient qu’à son énergie et ses qualités athlétiques, Chris Wilcox est assez capable mais rarement de façon fiable tandis qu’à l’heure actuelle, Ben Wallace aurait même du mal à prendre des minutes au limité pivot Kwame Brown. Jonas Jerebko (profil, voir mock draft 27th pick, Memphis), l’autre rookie, devrait apporter de solides coups de main, tant en 3 qu’en 4 mais il reste un role player, un « glue guy » d’une grande utilité mais qui risque d’apparaître beaucoup moins précieux en tant qu’intérieur si la raquette piston reste aussi pauvre en talent.

---Avec ces picks, Detroit s’est vraiment renforcé mais a complètement négligé son secteur intérieur, désormais plus dégarni que celui de n’importe quelle équipe de bas de tableau. Pourtant, Detroit avait les opportunités de le rendre un peu plus digne. DeJuan Blair (voir profil : mock draft 15th pick, Detroit) par exemple, est un vrai joueur de raquette. On peut lui opposer sa petite taille (2,00 m), ses difficultés à contrôler son poids et ses genoux suspects mais il a montré bien plus de chose qu’Austin Daye dans le championnat NCAA. Et puis les défauts de Blair valent largement ceux de Daye (un physique de baguette chinoise duquel découlent une absence aux rebonds, dans la peinture, des difficultés en défense, une sous-exploitation de sa taille,…). On peut penser que Daye possède un plus grand potentiel que le Taureau de Pittsburgh (« The Pitt Bull ») mais selon moi, il constitue aussi un plus grand risque d’échec.

---James Johnson de Wake Forest (voir profil : mock draft 15th pick, Detroit) était lui aussi un candidat sérieux. Plus ailier fort qu’Austin Daye, il présente moins « d’upside » que le prospect de Gonzaga (il ne possède aucun atout ou combinaison d’atouts susceptibles de lui procurer un avantage intrinsèque dans les duels) mais il est au moins aussi talentueux. Toutefois, lui non plus n’est pas exempte de défauts (doutes sur son sérieux et sa maturité) et il semble être considéré comme un prospect d’une moindre envergure que les deux autres. Seulement, comme Blair, il répondait outrageusement mieux aux besoins de la franchise que Daye. Et encore plus après le recrutement de Charlie Villanueva.

---Au moment ou j’écris ses lignes, Detroit arbore des lignes extérieures très denses lesquelles s’étendent quasiment jusqu’au poste 4 avec Villanueva, Daye et Summers, mais présente une raquette complètement désertée. Il est difficile dès lors d’imaginer Detroit retrouver les cimes de la conférence Est. Par conséquent, on serait tenté de penser que la gestion de la draft a été plutôt mauvaise, en dépit de la qualité des joueurs sélectionnés.

---Mais peut-être faut-il voir un peu plus loin. D’une part, il se pourrait que de vrais intérieurs free agents comme David Lee ou Paul Millsap figuraient parmi les cibles des Pistons et qu’ils ont sélectionné leurs futurs rookie en fonction de cela. Leur tentative d’enrôler un de ces powers se serait alors soldé par un échec, obligeant la franchise du Michigan à se rabattre sur des proies plus enclines à la rejoindre mais moins appropriées comme Villanueva et Wilcox.

---Cette hypothèse justifierait assez bien le choix Austin Daye en quinzième position. Le longiligne étudiant de Gonzaga possède un potentiel énorme et une perspective de mismatch diablement intéressante sur le poste 3 grâce à sa taille, ses qualités de shooteur et son agilité. Celui-ci placé aux côtés d’un Millsap ou d’un Lee et derrière un autre longiligne ailier qui lui ne va pas tarder à arriver en bout de course, Tayshaun Prince, Detroit aurait pu assurer tranquillement et efficacement une transition entre l’ancienne et la nouvelle génération des Pistons sans perdre en qualité, en complémentarité et en vécu collectif. Touche finale à ce plan judicieux, Daye possède les armes pour devenir un joueur clef (il aurait eu le temps nécessaire pour se développer) et ainsi, Detroit se serait retrouvé avec un Big Four confirmé et pas trop mal construit, peut-être digne de la dernière saga des Pistons : Rodney Stuckey - Ben Gordon - Austin Daye - David Lee ou Paul Millsap.

25 août 2009

Analyse de la draft 2009: Les Suns de Phoenix

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Joueurs draftés :

Earl Clark (SF/PF, junior), choisi en n°14
Taylor Griffin (SF/PF, senior), choisi en n°48


Meurs un autre jour


---Où vont les Suns ? Je crois qu’eux même n’en savent rien. A un moment, il semblait que les dirigeants s’étaient résignés à tourner la page des magnifiques et spectaculaires saisons passées et on était tous persuadé qu’ils allaient transférer Amare Stoudemire et son contrat finissant avant d’ensuite laisser Steve Nash offrir ses mille et une dimes à d’autres coéquipiers. Mais finalement, Stoudemire est toujours dans l’Arizona et Nash a prolongé son contrat. D’ailleurs, le canadien n’est pas le seul trentenaire à avoir prolongé son bail avec Phoenix puisque Grant Hill a lui aussi ajouter quelques années au sien.

---Que signifie cela ? Les Suns sont en échec, presque dans une impasse, et on pouvait s’attendre logiquement à les voir profiter des talents encore présents dans leur effectif pour entamer un cycle de reconstruction, via des trades ou en faisant de la place sous le salary cap. Et d’ailleurs, le transfert d’un Shaquille O’Neal revigorée contre des joueurs qui valent surtout pour leur contrat (Ben Wallace et Sasha Pavlovic, le premier ayant d’ailleurs été coupé juste après) ressemblait fort à un pas dans cette direction. Et pourtant, les deux pas suivants -la prolongation de Nash (35 ans) et Hill (36 ans)- ont semblé désavouer cette volonté de reconstruction. Quand on maintient dans l’équipe des vieux vétérans, c’est parce qu’on croit dans les chances immédiates de son équipe, non ? Alors pourquoi avoir échangé O’Neal contre du vide, peu de temps avant ?

---Comme une boussole parasitée par la proximité du métal, la franchise de Phoenix semble avoir du mal à trouver un cap à suivre, une résolution à tenir. Est-ce là l’expression d’une sorte de crise d’identité ? Steve Kerr est arrivé au poste de General Manager convaincu que les Suns ne pouvaient pas gagner sans défendre, tout confiant qu’il était dans ses expériences passées de joueur à Chicago (période Jordan) et à San Antonio où il a chaque fois été sacré. Seulement, après avoir pu observer que sa révolution avait éloigné les siens de la victoire plus qu’elle les en avait rapproché, le pauvre Kerr a lâché ses principes comme si ces derniers l’avaient trahi et a laissé son équipe rompre ses consignes pour se vautrer dans les douceurs et les illusions d’une attaque totale et débridée.

---Ebranlé dans ses convictions, conscient de ce qu’il a détruit, Steve Kerr tel un adolescent perdu dans le flot de la vie, semble chercher la vérité et par la même occasion, sa voie. Ou plutôt celle des Suns. Dans cette atmosphère étrange où l’échec présent et le succès passé mais encore récent, s’entremêlent dans les têtes et dans l’effectif comme si les exploits de naguère, maintenus en vie par les joueurs qui les ont porté comme Steve Nash ou Leandro Barbosa, refusaient de quitter les lieux de leur triomphe même après leur extinction, les Suns ont sélectionné Earl Clark. Dans les moments de doutes, de désarroi, revenir aux principes simplistes et familiers est souvent une planche de salut. Et celui auquel la franchise s’est accrochée l’est sûrement : sélectionner le meilleur joueur disponible.

---Certes, le joueur de Louisville (voir profil au 15th pick, Detroit) n’est pas le choix le plus fiable dans le sens où son avenir dans la ligue reste très incertain, oscillant sans cesse entre Josh Smith et Julian Wright. Mais son talent n’a de limites que sont irrégularité. La version Jeckyll de Clark en fait l’un des plus gros prospects de la draft et seule sa tendance à laisser Hyde prendre le contrôle trop souvent l’a rejeté jusqu’à cette quatorzième place.

---Earl Clark est un pari, mais avec un 14ème choix, c’est un pari à prendre. Le risque d’échec total existe mais l’inverse aussi et mettre en gage un choix de draft assez éloigné des premières places est une faible prise de risque pour quelqu’un qui pourrait aussi devenir un excellent joueur.


---Ainsi, la franchise d’Arizona a pioché le meilleur prospect encore disponible. Mais pas seulement, ils ont aussi sélectionné un joueur qui correspond très bien à leur effectif. Tout d’abord, « l’half-amazing, half-transparent man » est très en l’aise dans le jeu très rapide des Suns que Steve Kerr a libéré à contrecœur. Très athlétique et shooteur intéressant (même si sa tendance à se reposer plus sur son shoot que sur sa capacité à attaquer le panier est un peu contre-productive), il pourrait être rapidement mis à contribution, notamment grâce aux passes de Steve Nash et aux espaces que créent forcément la quantité impressionnante de talent offensif que déploient Phoenix.

---Son profil de combo forward est tout aussi intéressant puisqu’il offre de la densité sur les deux postes à l’aile, que ce soit en 3 derrière Grant Hill et ses 36 printemps ou en 4 pour faire souffler Stoudemire. D’ailleurs, les Suns pourraient retrouver une configuration « small ball » très athlétique et rapide avec une ligne intérieure Clark-Stoudemire. Complétée par une rampe de lancement comme Steve Nash, un bâton de dynamite sur le poste 2 en Leandro Barbosa et un arrière-ailier suprêmement athlétique et excellent shooteur du nom de Jason Richardson, cette configuration small ball pourrait laisser des marques de brûlures un peu partout sur le parquet et le cercle.


---Enfin et c’est peut-être le plus important pour la franchise, Clark possède un volume défensif des plus intéressants pour cette équipe qui n’a jamais laissé passer autant de courants d’air. Capable de défendre sur des grands aussi bien que sur des ailiers, Clark peut aussi imposer son impact défensif sur l’ensemble de l’offensive adverse (1,4 contres, ce qui ne reflète qu’une partie de son abattage) un peu à la manière d’un Shawn Marion lorsque celui était encore un Sun. Quand on se souvient du trou défensif que le départ de Marion a provoqué, il y a de quoi se réjouir. Avec une attaque aussi talentueuse et prolifique en attaque, un minimum de défense peut faire la petite différence qui change une défaite en victoire.

23 août 2009

Shaq Vs America & other ballshitz...

TU PEUX PAS TEST

Si vous suivez toujours de près l'actualité NBA en cette période de vaches maigres, vous avez sûrement noté que la vraie actu se passe en dehors des parquets, voire en dehors de la NBA, tout simplement.

Le sujet qui revient sur la plupart des sites spécialisés US et FR est le nouveau Show de Shaq : la rencontre en la star NBA et d'autres personnalités dominantes de divers sports. Un concept que Shaq aurait soit disant piqué à Steve Nash.

Shaq se défend d'être un voleur puisque l'idée de base de Nash était de s'entraîner avec d'autres professionnels, pas de les défier. OK, Shaq abuse et l'a certainement mis profond à son ancien coéquipier, mais pourquoi lui reprocher? Il sait être plus marrant (cf ses performances à RAW ou ses moqueries sur les fringues trop moulantes du mauvais des frères Lopez) et est de toutes façons cent fois plus balèze que le faux beau gosse des Suns.
Et avant de tomber dans l'excès et de devenir le "Big Pathetic" (du genre des poursuites de bandits avec lui en supercop), O'Neal a encore quelques conneries à faire...

Nash, de son côté, est conscient que la fin approche après ses années de fraude MVP, et entend se reconvertir dans le monde du cinéma ou du petit écran.
Après avoir réalisé lui même un très beau clip pour NIKE ou montré qu'il avait un talent comique inspiré de l'excellent Ben Stiller dans la pub "Triple X", Nash Myers voudrait continuer d'apparaître sur les écrans, en atteste son apparition dans le dernier épisode de la meilleure série US du moment, ENTOURAGE.
Pas cool, donc, de se faire griller une bonne idée. Mais qui aurait vraiment aimé voir Nash faire du Skate avec Tony Hawk, des coups francs avec Landon Donovan ou du Surf avec je ne sais quel chercheur de vagues?

Vive Shaq, tout simplement.


FOOTRERIES

Toujours au rayon ballon rond, mais d'un autre diamètre, l'actualité du foot est plus intéressante.

Tout d'abord, la version anglaise des galactiques de Madrid, bâtie à Manchester City, refait parler d'elle. Les citizens s'apprête à formuler une offre de 17 Millions de livres pour le joueur le plus classe de la terre, Juan Roman Riquelme.

Riquelme, c'est le joueur à qui Zizou a offert son tout dernier maillot. C'est aussi le seul au monde qui s'en branle de Maradonna et lui a dit d'aller se faire mettre quand son sélectionneur lui a demandé de maigrir et de courir plus. Et il n'a pas vraiment tort, car c'est l'hôpital qui se fout de la charité quand la légende (qui a fait sa carrière en gros) reproche au plus grand technicien d'Argentine son poids... Mais bon, comme disait Eydelie à Gasface, le monde du foot est bien pourri.

Il n'empêche que même sans courir, un trio offensif Robinho - Adebayor - Tevez soutenu de Riquelme offrirait le plus beau spectacle de la planète football. Le Real ou le Barça? Non, Robinho et Riquelme sont beaucoup plus beaux à voir jouer que les Ronaldo, Kaka, Benzema, Messi, Iniesta et Zlatan. Il faudra juste blinder l'arrière garde, parce que Tevez ne pourra pas faire le boulot défensif de quatres joueurs toute la saison...



Beaucoup moins sexy, la paire Gallas & Boumsong, charnière centrale possible à la coupe du monde, a fait une très bonne semaine. Alors que Boumsong surprend tout le monde y compris lui en marquant hier d'une belle Madjer (talonnade façon algérienne), Gallas a marqué deux fois en trois matchs. Un du dos et un du pif. Même les vieux raccrocs Trezeguet, Ruuuuud ou Pipo Inzaghi n'ont jamais réussi une telle performance en une semaine. Ca doit être le numéro 10 de Gallas qui lui confère une telle technique...
D'ailleurs, j'adore Wenger et son projet péril jeune, mais donner le numéro 10 au moins technique des Gunners depuis le trio Seaman - Adams - Keown est une honte pour tous les amoureux du football. Le numéro 10, ça veut toujours dire quelque chose, même en 2009 et certainement encore en 2015...

Sinon, le frère jumeau d'Amélie Mauresmo alias Grég Coupet (très bonne appelation @So Foot), est revenu à son vrai niveau après quelques bons arrêts les matchs précédents. Archi coupable contre valenciennes sur une frappe de 100 mètres au milieu de la cage, il pourrait donner quelques frayeurs à une équipe du PSG sur qui on pourrait compter plus que prévu dans la lutte pour le titre. Une frappe lointaine en lucarne, ça fait chier, mais ça passe. Quand elle vient de très loin et est au milieu de la cage, Landreau savait aussi les laisser passer, non?


WHO CARES ?

Iverson devrait signer dans les prochaines heures à Charlotte et rejoindre notre Boris "Cul de Poule" Diaw nationnal.

Enfin, n'oubliez pas d'aller voir Inglorious Basterds. Très bon. L'accent noir américain que prend Brad Pitt y est hilarant.



Dominique...

19 août 2009

Analyse de la draft 2009: Les Pacers d'Indiana

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Joueurs draftés :

Tyler Hansbrough (PF, senior), choisi en n°13
AJ Price (PG, senior), choisi en n°52


White Men Can’t Jump vs. He Got Game

---Les fans des Pacers débâteront encore longtemps pour savoir si leur franchise a bien fait d’utiliser leur treizième choix pour Tyler Hansbrough (voir profil au 20th pick, Utah). L’ancienne citadelle de Reggie Miller avait principalement besoin de densifier son secteur intérieur et c’est ce qu’elle a fait avec Hansbrough, ailier fort monstrueusement intense qui est surtout à l’aise aux abords du panier. Les points dans la raquette, les rebonds et surtout l’énorme rage de vaincre qu’il dégage ne seront pas de trop aux côtés de l’intérieur shooteur, Troy Murphy, de l’unidimensionnel pivot défensif, Jeff Foster, et du grand mais encore un peu emprunté sophomore, Roy Hibbert. Après avoir étrenné sa sueur sur le parquet de la plus mythique des universités américaines durant quatre années pleines, Hansbrough devrait tapisser les rosters de la NBA pendant plusieurs longues années sans jamais être accusé d'escroquer son salaire.

---Oui mais voilà, il le sera en tant que role player ou en tant que solide rotation. Et il sera peut-être l’un des meilleurs dans son registre, aussi restreint celui-ci soit-il. Mais on peut peut-être s’attendre à quelque chose d’un peu plus « décisif » avec un treizième choix de draft, a fortiori quand il s’agit d’une franchise qui peine a sortir la tête de l’eau depuis quelques années et qui ne détient pas forcément un effectif vraiment satisfaisant ou suffisamment prometteur (sans être véritablement faible non plus).

---Et le fait que la cuvée 2009 soit jugée souffreteuse (ce qui est peut-être discutable), n’est pas un argument valable à cette sélection. Des joueurs comme Earl Clark, DeJuan Blair ou Jrue Holiday étaient encore disponibles et sont régulièrement cités comme alternatives préférables à l’intérieur de North Carolina.

---Comme Hansbrough, DeJuan Blair (voir profil au 15th pick, Detroit) s’exprime presque exclusivement dans la raquette. Mais, à la différence du Tar Heel, le valeureux intérieur de Pittsburgh n’a jamais connu de difficultés face à des joueurs plus grands ou plus athlétiques comme en témoigne son désormais épique duel avec Hasheem Thabeet. Les shooteurs que sont Danny Granger, Mike Dunleavy, Troy Murphy et Brandon Rush auraient certainement optimisé leurs qualités avec un massif point d’ancrage offensif dans la raquette tel que Blair. Ainsi, les Pacers aurait peut-être retrouvé une petite partie de l’équilibre offensif intérieur/extérieur que Jermaine O’Neal avait emporté avec lui à l’infirmerie puis à Miami.

---Mais il y avait cette histoire de genoux. Blair a connu une opération des deux genoux durant sa carrière lycéenne et bien que ces derniers l’aient laissé en paix pendant les deux saisons qu’il a passé à Pittsburgh, les examens médicaux qu’il a subi avant la draft ont énormément inquiété les dirigeants NBA (certaines affirment qu’ils n’avaient pas pu trouver ses ligaments sur les radios ou tout simplement que l’intérieur n’en avait pas). Personnellement, le fait que Blair ait joué ces deux dernières années sans encombre aurait suffit à me convaincre de le sélectionner. Mais je peux très bien comprendre la prudence des dirigeants d’Indianapolis. Si par la suite, la carrière de Blair est galvaudée par ses genoux, tout le monde fustigera leur débilité pour avoir usé un lottery pick pour un joueur aux genoux troubles. L’inverse est vrai mais moins gênant si le joueur que la franchise a choisi à sa place est satisfaisant. Avec un treizième choix dans les mains et pas beaucoup d’autres perspectives claires pour faire évoluer son équipe, la prudence qu’affiche Indiana est une orientation plutôt saine.

14 août 2009

Analyse de la draft 2009: Les Bobcats de Charlotte

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Joueurs draftés :

Gerald Henderson (SG, junior), choisi en n°12
Derrick Brown (SF/PF, junior), choisi en n°40


Larry Brown Doin’ Work

---L’an passé, il n’a pas manqué grand-chose au Bobcats pour atteindre les playoffs. Une arrivée de Boris Diaw et Raja Bell un peu plus tôt dans l’année, un peu plus d’expérience et de capacités offensives auraient peut-être été suffisants. L’athlétique arrière de Duke, Gerald Henderson (1,94 m, bientôt 22 ans) vient discrètement mais sûrement renforcer ce dernier point. Doté d’un potentiel physique de grande qualité, le fils de son père éponyme a enfin répondu aux attentes qu’il avait suscité à son arrivée sur le campus de Coach K. Cette saison, il est devenu une véritable menace offensive (16,5 pts à 45 %), s’érigeant même en leader de Duke. Face aux défenses NBA, Henderson a montré un très beau jeu à mi-distance et une capacité non négligeable à attaquer le cercle.

---Ainsi et même s’il ne sera vraisemblablement pas un scoreur de premier ordre en NBA (quoique ?), Henderson apportera une vraie solution au poste 2 où Raja Bell est un peu esseulé. On peut même l’imaginer facilement ravir la place de l’ancien Sun dans le cinq et devenir un solide élément de la ligue. L’ancien Blue Devil est un peu irrégulier à trois points (33,6 %) mais c’est un joueur plutôt intelligent et mature qui connaît ses limites et qui, par conséquent, n’a pas trop de déchets dans son jeu (même si sa sélection de tirs est encore perfectible). Parfait pour un coach rigoureux et férocement académique comme Larry Brown.

---Le scoring n’est pas le seul atout d’Henderson. C’est aussi un excellent défenseur et un joueur assez complet. Vraiment parfait pour Larry Brown. Enfin et pour finir de faire rougir de plaisir le célèbre coach et les fans, le Dukie possède encore une marge de progression intéressante (dans le maniement de balle et le tir à trois points notamment). En fait, le seul truc qui a dû écorcher la bouche de Larry Brown et Michael Jordan en donnant son nom à David Stern, c’est qu’Henderson est issu de Duke, la légendaire université rivale de North Carolina.

---Un débat excite quelque peu les ardeurs quand à la véritable valeur de Gerald Henderson. Certains voient en lui un prospect bien plus prometteur que ce que cette 12ème place dans une draft pas démentielle laisse supposer, d’autres affirment qu’il est plus au moins à sa place et qu’il ne sera pas plus qu’un solide joueur ou une rotation efficace. Il est difficile de savoir si Henderson est vraiment sous-estimé. Ses qualités athlétiques, sa défense et la capacité à scorer qu’il a montré cette année semblent pencher en faveur des premiers mais sa taille (1,94 m) et son shoot/pourcentage encore perfectible soutient les dires des seconds.

---Tant que le nouveau rookie des Cats n’aura pas évoluer sur les parquets NBA, dépourvu de la primauté qui était la sienne à Duke, émettre un avis fondé sur cette question est compliqué. Mais quoiqu’il en soit, il ne fait aucun doute que la décision de la franchise de le sélectionner était la plus pertinente. Charlotte avait vraiment besoin de cuirasser ce poste 2 avec un joueur de qualité derrière (ou devant) Raja Bell, et Henderson était le seul arrière digne d’intérêt parmi ceux encore disponibles. Désormais, Larry Brown peut disposer d’un effectif solide et complet (sauf peut-être pour ce qui est du poste de pivot, mais Tyson Chandler a débarqué depuis et puis de toutes façons, ce n’est pas dans cette draft que les Bobcats auraient pu renforcer efficacement ce secteur) sur lequel il pourra tranquillement pianoter tout au long de la saison.

---Un peu plus tard dans la soirée, Charlotte a utilisé son choix du second tour (40th pick) pour recruter Derrick Brown (profil au 17th pick, Philadelphie), lequel pourrait s’avérer être une bonne pioche. Cet ancien étudiant de Xavier est un combo forward suffisamment athlétique et bon finisseur pour marquer sous les panneaux (13,7 pts à 50,4 %) mais aussi suffisamment adroit pour scorer à distance (43,3 % sur 2,6 trois points tentés par match). Plus à l’aise en réception de passe et dans le jeu sans ballon qu’en un contre un, il devrait offrir un point de chute efficace –de près ou derrière les 7,23 m- aux attaques menées par les Bobcats. Le fait qu’il soit dans l’obligation de compter sur ses coéquipiers pour scorer, est peut-être plus un avantage qu’un problème dans cette équipe, puisque Charlotte possède les distributeurs/créateurs requis avec Boris Diaw, Raymond Felton et DJ Augustin. De plus, cela s’inscrit parfaitement dans la philosophie et le jeu collectif mis en place par Larry Brown, l’alimente et le renforce.

---Derrick Brown possède aussi un potentiel défensif des plus attrayants même si on attend de voir ce que ça peut donner au niveau supérieur. Quoiqu’il en soit, tout le monde s’accorde pour dire que l’ancien Musketeer de Xavier fera un excellent joueur de rotation qui devrait trouver une bonne place dans les plans du coach de Charlotte. Néanmoins, on peut peut-être se demander si la franchise tenu par Michael Jordan n’aurait pas mieux fait d’utiliser son second tour de draft pour s’attacher les services de l’athlétique et adroit arrière shooteur, Chase Budinger (voir profil au 16th pick, Chicago) qui était encore disponible.

---Je suppose que les difficultés défensives et la passivité occasionnelle de l’ancien joueur d’Arizona ont un peu refroidi coach Brown pour qui l’engagement et la défense sont inscrits au fer rouge à l’arrière de son crane mais quand même, un scoreur de cette trempe et plutôt à l’aise de loin aurait fait du bien à cette équipe de Charlotte qu’on a parfois pu voir un peu embourbée en attaque la saison passée (93,6 pts par matchs). Son adresse et son jeu sans ballon auraient certainement été parfaitement mis à profit pas le jeu collectif des Cats et les passeurs qui le font vivre, tandis que son altruisme naturel et son intelligence du jeu auraient contribué à la fluidité et à l’efficacité de ce jeu collectif. Et puis pouvant jouer deux ou trois, il aurait fait un meilleur back-up à Gerald Wallace que Vladimir Radmanovic (enfin on peut l’espérer en tout cas). De plus, Raja Bell n’est plus tout jeune (et son contrat se termine l’an prochain), et le poste arrière aurait une allure sympathique avec le combo Gerald Henderson/Chase Budinger (sans parler de la petite concurrence que sa venue aurait créé et qui aurait pu pousser chacun d’eux à progresser d’avantage).

---Mais peut-être que Larry Brown préférait agrémenter son effectif d’un combo forward plutôt que d’un arrière ailier ; d’un véritable role player plutôt que d’un joueur un peu plus talentueux. Et cela n’est pas forcément dénué de sens dans une équipe qui repose plus sur le collectif, le jeu et la structure de l’équipe que sur la somme de talents. Quoiqu’il en soit, la franchise de Caroline du Nord a géré cette draft plutôt intelligemment et il est difficile de critiquer le léger manque d’audace dont elle a fait preuve quand on connaît la philosophie de Larry Brown et qu’on sait que pour la première fois de leur histoire, les Bobcats ne regardent pas derrière eux quand quelqu’un fait un signe de tête dans leur direction en parlant d’une place en playoffs.

StillBallin


Note: vous avez pu voir au passage un aperçu du nouveau maillot des Bobcats. A défaut d'être original, il est plutôt classieux et léger, ce qui n'était pas vraiment le cas de l'ancien. On attend de voir la tête qu'il aura à l'extérieur mais pour l'instant, le changement est bienvenu. C'est qu'elle commence à devenir fréquentable cette franchise.

11 août 2009

Analyse de la draft 2009: Les Nets de New Jersey

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Joueurs draftés :


Terrence Williams (SG/SF, senior), choisi en n°11


En attendant le cinquième élément

---Vince Carter n’a été transféré que peu de temps avant la draft mais ça faisait déjà un moment qu’on savait qu’il ne faisait plus vraiment partie des plans futurs de New Jersey. Les Nets repartent officiellement sur de nouvelles fondations avec l’espoir que celles-ci amènent un jour la franchise à un standing plus respectable que celui qui est le sien actuellement.

---Et en vérité, ils sont plutôt bien avancés dans ce processus de reconstruction. Après le transfert de Carter et avant l’utilisation de leur onzième choix, New Jersey disposait d’un jeune, très talentueux et déjà performant axe meneur/pivot (axe charnière et souvent très difficile à trouver) avec Devin Harris et Brook Lopez, qui possède encore une marge de progression conséquente (notamment pour ce qui est de Lopez qui vient juste de boucler sa première saison dans la ligue). Autour de cette prometteuse colonne vertébrale, toute une ribambelle de solides joueurs de complément et d’avenir (Yi Jianlian, Courtney Lee, Chris Douglas-Roberts, Josh Boone, voire Sean Williams) ou d’expérience (Rafer Alston, Bobby Simmons, Jarvis Hayes, Tony Battie, Eduardo Najera) garnissent copieusement le roster et offre toute une variété de profils spécifiques et intéressants (intérieur shooteur, intérieur combatif, arrières scoreurs,…).

---Cet arsenal en main, New Jersey a de quoi former une équipe suffisamment dense et solide, à la fois jeune et expérimentée, pour envisager une évolution sereine et efficace. Avec quelques années devant eux, des joueurs talentueux, très complémentaires et irréprochables dans leur mentalité (sauf peut-être pour le cas très spécial de Sean Williams), il n’est pas difficile d’imaginer les Nets devenir un jour un répliqua des Pistons de Detroit époque Ben Wallace et Chauncey Billups.

---La sélection de Terrence Williams (voir profil au 22th pick, Dallas) avec le 11ème choix est assez fidèle à cette idée. Intense, très complet (12,5 pts, 8,6 rbs, 5 asts et 2,3 stls), excellent défenseur, altruiste et même plutôt créatif, le senior de Louisville est le genre d’élément que n’importe quel entraîneur aimerait avoir sous ses ordres et que n’importe quel leader serait heureux d’avoir à ses côtés. Williams apparaît comme un joueur de complément majeur sur lequel on peut compter pour seconder efficacement les leaders de la franchise, notamment par sa volumineuse présence dans la plupart des secteurs du jeu.

---Les Nets devrait tirer un grand bénéfice de ses phénoménales qualités athlétiques et de son intensité, que ce soit en attaque où Williams pourrait très bien voir ses aptitudes physiques se combiner avec le talent et la vitesse de Devin Harris pour trouver des paniers à dunker sur le jeu de transition, ou de manière générale pour soutenir la raquette titulaire Brook Lopez/Yi Jianlian qui n’est pas forcément la paire intérieure la plus athlétique, énergique et physique de la NBA (je parle surtout pour Yi). De même, ses qualités de rebondeurs devraient aussi trouver de quoi bosser.

---L’ex-Cardinal devrait aussi pouvoir enfiler sans problème le titre de chien de garde du New Jersey et rendre la tâche un peu plus ardue aux fabuleux arrières ou ailiers de la ligue. D’ailleurs, le cocktail de qualités physiques et d’intensité qu’il déploie continuellement ont fait dire à certains que Williams pourrait peut-être rentrer dans le petit nombre de joueurs véritablement capable de mettre des bâtons dans les roues d’un LeBron James.

---Pouvant défendre sur un 2 ou un 3, l’utilité d’avoir un tel individu dans ses rangs pour contrer des Paul Pierce, Dwayne Wade, Danny Granger et autres, est précieuse, et d’autant plus si on possède aussi un pivot très solide et pas manchot en défense comme Lopez pour encombrer la raquette de sa présence et en obstruer l’accès. La franchise du New Jersey est encore loin de pouvoir penser à la bataille pour le titre mais c’est certainement vers là que sont pointés ses ambitions et avoir un tel atout défensif sur les ailes sera certainement déterminant à ce moment-là.

---Par contre, son apport offensif risque d’être limité et certains doutent qu’il puisse former une menace offensive constante. Shooteur en progrès mais pas encore fiable (43,1 % de réussite dont 38,5 % à 3), slasher pas encore très performant malgré sa vitesse et ses qualités athlétiques, il semblerait que pour l’instant, Terrence Williams devra s’appuyer sur ses coéquipiers et profiter du jeu un peu plus ouvert de la NBA pour scorer. Toutefois, son potentiel dans ce domaine reste intéressant et les progrès qu’on a pu voir chez lui pendant les quatre années qu’il a passé à l’université sont plutôt encourageants.

---Finalement, l’alumni de Louisville ne rendra pas sa nouvelle équipe vraiment meilleure (Carter ou pas Carter), seulement plus solide et dense. Toutefois, il sera peut-être l’un des meilleurs « joueur de complément » ou l’un des meilleurs « quatrième homme du cinq majeur » de la ligue. Avoir un élément de ce type est souvent d’un grand secours pour construire une équipe compétitive.

---Et construire une équipe très compétitive, c’est la volonté de la franchise. Comme je l’ai dit un peu avant, ce projet est déjà plutôt bien avancé avec un axe Harris/Lopez entouré de jeunes et complémentaires joueurs de soutien (Williams, Yi, Lee, Boone), bien encadrés par des vétérans de devoirs (Hayes, Alston, Najera, Simmons). A l’heure actuelle, le tandem Harris-Lopez n’est pas encore caréné pour porter cette solide escouade vers les cimes de l’Est mais il peut le devenir un jour. Ou mieux, il peut former les deux branches mineures d’un formidable Big Three.

---Et là, les Nets deviennent furieusement intéressants. En effet, un franchise player n’est-il pas la seule chose qui manque à cet effectif dense et très bien construit ? Soutenu par un super meneur, un excellent pivot et toute une escouade de très bons joueurs de complément qui recouvrent plusieurs de profils différents et très utiles (un ailier all-around en Terrence Williams, un intérieur shooteur en Yi, un arrière adroit de loin en Lee, un arrière slasher en Douglas-Roberts, un intérieur combatif en Boone, etc…), ce franchise player aurait les appuis nécessaires pour faire briller son équipe.

---Et, ô surprise, New Jersey aura l’été prochain une enveloppe suffisamment conséquente pour recruter un gros calibre sur le marché des free agents. Puis, comme les choses sont manifestement très bien calculées, l’été 2010 comptera parmi ses agents libres quelques uns des meilleurs joueurs de la ligue. LeBron James, Dywane Wade, Chris Bosh ou Amare Stoudemire (voire peut-être Kevin Durant en 2011), chacun d’eux sera susceptible de revêtir les couleurs de la franchise du New Jersey et de faire de cette équipe un sérieux prétendant au titre.

---En choisissant Terrence Williams pour en faire leur « quatrième homme » et premier joueur de soutien, les Nets ne se coupent aucun direction pour recruter un gros poisson. Dévoué à l’équipe, peu efficace dans le scoring donc pas forcément demandeur de ticket-shoots (en principe) et capable d’évoluer aussi bien en 2 et en 3, sa présence ne dicte aucun profil précis pour le choix de ce futur franchise player. Que ce soit un small forward comme James, un arrière comme Wade ou un ailier fort comme Bosh, les Nets pourront toujours avoir leur volumineux et très précieux all-around player sur le terrain pour faciliter la vie du Big Three.

---Ainsi, la sélection de l’ancien Cardinal semble particulièrement pertinente. Elle suggère la patience et l’attente d’un go-to-guy, c’est vrai, mais au final et si l’été 2010 est bien géré, New Jersey pourra réserver un strapontin pour les meilleures places de la conférence Est. Toutefois, il aurait été intéressant d’envisager Earl Clark (voir profil au15th pick, Detroit) pour ce onzième choix de draft. Lui aussi très athlétique, complet et excellent défenseur (mais plutôt orienté 3/4), Clark aurait pu occuper un rôle semblable à celui de son ancien coéquipier à Louisville et néo-Net. Cependant, Earl Clark est bien plus doué offensivement et certainement plus talentueux.

---Ayant un potentiel de All-Star dans ses baskets, on pourrait imaginer que Clark puisse un jour greffer son talent à celui de Lopez et Harris pour former un jeune Big Three. Parallèlement la venue de Clark n’aurait pas forcément comme conséquence de compromettre le recrutement d’un go-to-guy comme JamesWadeouBosh en 2010 car avant d’être étiqueté All-Star, l’ancien étudiant de Louisville se serait glisser dans le rôle plus secondaire d’homme à tout faire que tiendra Terrence Williams. Et il pourra y demeurer s’il ne parvient pas à concrétiser son potentiel. New Jersey aurait été gagnant sur tous les tableaux.

---Enfin, pas tout-à-fait. Si Clark était encore disponible à la onzième place de la draft, c’est parce qu’il est vraiment très irrégulier. Parfois dominateur, parfois complètement transparent et désintéressé, certains ne voient guère en plus qu’un Tim Thomas. Et ça, c’est pas jouasse. Earl Clark présente un risque dont est dépourvu Terrence Williams. Ainsi, prendre ce dernier apparaît comme un choix plutôt sûr mais il oblige la franchise à trouver un cinquième élément, calibré franchise player pour assouvir ses ambitions de grandeur. Clark aurait peut-être permis de pallier à un éventuel échec des Nets dans leur quête d’un leader de premier rang, mais ce « peut-être » est suffisamment encombrant pour faire naître quelques hésitations au moment d’envisager sa sélection. De plus, si l’un des futurs de Clark fait de lui un All-Star, un autre en fait un joueur du bout de banc qu’un coach hésite toujours à mettre sur le terrain (rappelez-vous, il est parfois comparé à Tim Thomas).

---Avec Williams, les Nets ont donc fait le choix de la sécurité, sachant pertinemment que cette sélection rend absolument cruciale la gestion de l’été 2010. Sans l’addition d’un franchise player, New Jersey ne pourra pas être plus qu’une solide équipe. La franchise pourra compter sur la progression de Devin Harris et Brook Lopez, mais cela sera-t-il suffisant ? Espérons pour eux que les Nets n’auront pas à se poser cette question. Il ne serait pas étonnant que l’un des gros poissons de 2010 soit séduit par cet effectif jeune et déjà construit auquel un gros talent suffirait à en faire un prétendant au titre. Et plus les Nets seront bons cette année, plus ce potentiel de séduction sera grand. Serait-on à la veille d’une nouvelle ère dans la conférence Est ? Le futur a déjà commencé à enfouir ses racines dans le présent mais il faudra attendre un peu avant de pouvoir en contempler les fruits. Gardons un oeil sur eux.

StillBallin

08 août 2009

Summer time : lay low...

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En cette période creuse, juste avant le retour d'une L1 appauvrie de la présence de Boulogne sur mer (sic.) et en attente de vrai spectacle à voir, voilà l'activité à faire : profil bas avant un retour aux activités... Ok, c'est une intro pourrie juste pour mettre en lien un morceau que j'aime bien.
En prime, un super morceau de la BO "The Wash"...



Dominique...

06 août 2009

Analyse de la draft 2009: Les Bucks de Milwaukee

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Joueurs draftés :

Brandon Jennings (PG, né en 1989), choisi en n°10
Jodie Meeks (SG, junior), choisi en n°41


Believe The Hype II

---Celui que l’on a surnommé Young Money ou même parfois Hollywood, a atterri dans le Wisconsin, à Milwaukee. Ville peu glamour qui retient une franchise qui ne l’est pas beaucoup plus, de leur vilain maillot rouge et vert sombre à leur effectif peu enclin à enflammer l’imagination.

---Brandon Jennings, ancienne starlette des lycées n°1 au box-office, avait conquis l’attention de ceux qui ne le connaissait pas encore en se dérobant du système universitaire pour se mesurer aux rigueurs de la vie professionnelle et du belliqueux Vieux Continent. Un an plus tard, le jeune showman naguère trempé d’arrogance, refuse de rejoindre les autres jeunes premiers de la draft 2009 dans la Green Room pour attendre que David Stern annonce sa future équipe, par peur d’en sortir le dernier. Une frayeur plus grande que la réalité puisque les Bucks harnachés à la dixième position lui tendront leurs modestes bras. Le pire n’est pas arrivé mais Jennings accuse malgré tout une chute douloureuse, lui dont les exploits lycéens faisaient plus de bruit que ceux de ses compagnons de promotion, Tyreke Evans ou DeMar DeRozan choisi avant lui.

---Mis en difficultés sur le sol romain, Jennings a senti sa cote prendre du plomb dans l’aile et le téméraire pionner n’a pu qu’observer les autres meneurs lui passer devant au fur et à mesure que la date de la draft s’approchait. Celle-ci n’a fait que confirmer cette dépréciation. Même New York qui attend encore d’accueillir son propre Steve Nash, customisé bleu et orange, s’est détourné de lui pour porter son choix sur un ailier fort. Pourtant, une seule année l’a séparé de l’attention américaine. Loin des yeux, loin du cœur, ce proverbe s’est enfoncé dans le crâne du jeune homme, comme un couteau entre ses côtes.

---Lycéen sûr de sa force et le torse gonflé de gloire, Jennings était parti combattre sur les âpres terres de ce qui fut jadis un empire, son nom encore bien haut sur l’affiche. Mais quand il en est revenu, les yeux émerveillés s’étaient tournés vers d’autres attractions, issues elles, du monde moins physique et moins compliqué de la NCAA. Alors, celui qui avait fait preuve d’une étourdissante maturité et d’un soyeux comportement tout au long de sa difficile année italienne, a laissé revenir l’arrogance que les frimas européens avaient ensevelis et les puérils instincts de l’enfance qu’il n’a quittée que depuis peu.

---Comme pour attirer l’attention qu’il pensait qu’on lui avait volé et réaffirmer sa valeur oubliée, le jeune homme s’est mis à s’épancher publiquement, dénigrant sans nuance les autres meneurs de la draft –ses rivaux- et particulièrement son compagnon de hype européenne, Ricky Rubio, avec qui il s’était pourtant si bien entendu lors de leur unique rencontre. Il a bien tenté par la suite d’affranchir ses propos de leur substance en expliquant qu’il s’agissait seulement d’attiser la compétition entre les meneurs, à la manière d’un avant match de boxe orchestré par Don King. Mais le mal était fait et la perception que les gens ont eu du jeune joueur qu’ils n’avaient pas vu depuis un an a définitivement changé.

---En agissant ainsi, Jennings a mis le pied dans un courant qu’il est bien difficile de maîtriser. Au cours d’une conversation qui était censée rester privée, il a laissé éclater ses émotions, insultant les Knicks pour l’avoir snobé et promettant de terrasser ses futurs coéquipiers de Milwaukee avec lesquels il partagera le poste 1. Victime autant que fautif, qui ne s’est jamais abandonné à sa frustration ainsi ? J’ai moi-même juré d’amocher tellement de personnes que les anges m’ont certainement mis sur écoutes.

---Désormais, le Basketball Fresh Prince est là, cloué dans le Wisconsin, la réputation écorchée et le monde de la NBA qui lui tourne le dos, sauf peut-être pour ce qui est des regards malveillants qui attendent de le cueillir au tournant. Après avoir subi les rudesses de sa campagne européenne, Brandon Jennings pensait qu’il pourrait brûler les planches sur le sol qui l’a vu naître et qui a été témoin de ces jeunes exploits passés. Il n’en sera rien.

---Le strass, les paillettes, le faste, les acclamations, les projecteurs, rien de tout cela ne s’offrira à lui dans sa nouvelle franchise. Seule une ville morne, une salle froide, un affreux maillot et un effectif peu engageant l’attendront à son arrivée sur le quai de gare. La vie d’adulte a vite fait de couper court aux illusions de l’enfance. Celui qui aimait faire le spectacle par son jeu ou par son attitude et sa coupe de cheveux devra se contenter d’illuminer les colonnes du journal local.

02 août 2009

So foutre...


Si vous aimez le magazine So Foot,vous connaissez certainement Mark The Ugly, petit gros avec des maillots de l'ancien millénaire en charge d'allumer tout ce qui bouge dans le monde du foot.

Très agressif avec des commentaires toujours cyniques, ses avis sont subversifs à souhait mais également très amusants.

Le dernier épisode est excellent. Au programme : Louis XIV en ami Facebook, Tortues Ninjas, Pédophilie à l'italienne, Héritage marseillais et blagues à deux francs du Quasimodo from Munich. Du tout bon... (première vidéo sur ce lien)

Autre vidéo et très bonne nouvelle : la preuve que Ronaldinho est toujours le génie qu'il était il y a quelques saisons, quand il régnait unanimement sur la planète foot.

Propulsé stratège du nouveau Milan AC (voire Bilan AC - cf Mark The Ugly), il pourrait se remettre sérieusement au foot après deux dernières saisons à jouer le farniente sur les terrains de foutre... Sa nouvelle position de numéro 10 à l'ancienne pourrait être la clé de sa rédemption, où sa créativité de dribbles, passes et accélérations pourrait lui réouvrir les portes de la Selecao. (vidéo 2)




Dominique...