31 juillet 2008
NBA's Best Backourt Ever? Nutty Professor & Austin Powers...
Quant à Baron Davis, c'est pour ce genre de conneries cinématographiques qu'il a quitté Golden State pour Bollywood...
Interview Exclusive, Carmelo Anthony, Part II
Après l’interview traduite de Joakim Noah avec un gros bonnet de chez Slam, voilà une autre traduction d’une interview accordée à ESPN (Scoop Jackson) de l’attaquant le plus doué de la nouvelle génération, Carmelo Anthony. PART I & PART II ci-dessous:
ESPN : Retournons en 2004. Coach Larry Brown. J’ai parlé à plusieurs personnes, écouté pas mal d’histoires et j’en suis arrivé à mes propres conclusions. L’une d’entre elles est qu’il t’a utilisé injustement.
MELO : Je pense aussi.
ESPN : Avant les JO, tu étais le meilleur marqueur de l’équipe, et une fois arrivé en Grèce, tu ne jouais pas, sans explications.
MELO : Je ne sais vraiment pas d’où ça venait. Honnêtement, maintenant que j’ai eu l’opportunité de voir ce qu’il s’est vraiment passé et de dire ma version des faits… à l’époque, tout le monde n’écoutait que Larry Brown, ils ne m’écoutaient pas. Larry Brown et moi ne nous étions jamais dit un seul mot. Je ne me suis jamais disputé avec lui et il n’est jamais venu me voir à propos d’un éventuel problème avec moi. Comme tu l’as dit, je menais l’équipe au scoring durant les matchs de préparation et ensuite, aux JO, tout change et je ne joues plus.
ESPN : Et il ne t’a jamais rien dit ?
MELO : Je le jure devant dieu, il ne m’a jamais rien dit. Et je ne lui ai jamais rien dit. Je ne sais pas d’où tout cela est parti. Un jour, on était à l’entraînement et une paire de journalistes d’un canard est venue me voir « T’as fait quoi à Larry Brown ? Tu lui as fait quoi ? » ce à quoi je répondais « De quoi vous parlez ? », « Dans les journaux ils disent que vous êtes en embrouille ». Je n’en savais rien parce qu’il n’y avait rien à savoir. Larry Brown et moi n’avions jamais parlé ensemble.
ESPN : Je sais que Brown offre rarement du temps de jeu aux rookies et aux jeunes joueurs, mais en tant qu’homme, jeune ou vieux, tu méritais qu’il te dise un truc du genre « Tu vois Carmelo, je vais tenter un nouveau plan de jeu ». Il aurait au moins pu te dire ça, et tu me dis qu’il ne l’a jamais fait ?
MELO : Quand on était en période d’essai à Jacksonville et même si Lebron et moi étions les dernières additions à l’effectif, il nous a convoqué pour nous dire « les gars, vous devez être prêts, vous allez jouer ». Et il nous a fait jouer… durant les matchs de préparation. Après ça, il n’a plus rien dit et nous — Bron, D-Wade, Amare & moi — n’avons plus joué.
ESPN : Ouep, je crois que durant ces JO vous quatre avez joué pour un total cumulé de seulement 11 minutes par match.
MELO : Ouep, on venait du banc et au bout d’un moment, quand on a une équipe comme celle qu’on avait en 2004, un truc de ce genre commence à s’installer dans ta tête, commence à ébranler ta confiance et tout ça. Donc on a du rester ensemble. C’est vraiment ce qui a fait que Lebron, D-Wade & moi sommes si proches. Là-bas, on devait rester ensemble et se remonter le moral. On disait « On ne va pas se laisser abattre ». On a dû se débrouiller par nous même, ensemble. On ne jouait pas, on était au fond du bus, au fond du banc, donc on devait trouver un moyen de s’entraîner encore après l’entraînement pour garder confiance en nous.
ESPN : Donc, en gros, vous avez tous les trois dû grandir ensemble. Vous deviez grandir et vous demander ce qu’il pouvait bien se passer ?
MELO : Ouais, ouais. En gros on devait rester ensemble et se dire « voilà, c’est comme ça ». « Ok, on sait qu’on ne va pas jouer, mais entraînons nous avant ou après les sessions d’entraînement. Soyons sûr que nous soyons sur la même page ».
ESPN : Une fois, à l’époque tu avais dit qu’ils « t’avaient jeté aux loups. » Explique nous ce que tu voulais dire.
MELO : Ce que je voulais dire est qu’on sortait de notre saison de rookie, et qu’on avait aucune expérience des JO auparavant. Et ce n’était pas les tournois de qualification FIBA, mais les Jeux Olympiques ! A l’époque, je ne pense pas qu’on réalisait l’importance des JO, de la cérémonie d’ouverture, et de tout ce que ça touche. On nous avait juste mis là et dit « Allez y et gagnez la médaille d’or ». Et avec le temps, je pense que j’ai appris de cette expérience. Ces dernières années on s’est détendu, on a pris le temps de regarder, on a tenu compte et pris des notes de ce qu’il se passait. On est plus mature et conscient de ce que signifient les JO, de ce qu’il s’y passe et ce qui y est en jeu.
ESPN : Donc 2004 pourrait finalement être un mal pour un bien ?
MELO : C’est clairement un mal pour un bien, exactement. Si je n’avais pas connu tout ça en 2004, je ne serais probablement pas là à te dire comment je veux me comporter et tout ce dont je te parle.
ESPN : Gardes tu tout ça en mémoire pour ces JO ? Pas nécessairement pour prouver que Larry Brown avait tort, mais pour prouver ce que tu aurais pu apporter à l’époque ?
MELO : Pas juste à Larry Brown. Je pense qu’au fil des ans j’ai prouvé aux gens ce dont j’étais capable. Je ne pense pas que j’ai quelque chose à prouver. Mais je veux prouver au monde que quand on parle du basket, de ce truc, et je ne veux pas paraître arrogant, prétentieux ou autre, mais ça nous appartient ! Ce jeu, on l’a inventé ! Je veux que les gens impriment ça.
ESPN : Est-ce une chose dont vous avez tous parlé ouvertement dans les réunions ou aux entraînements ? Cette fierté perdue ? Est-ce une chose sur laquelle coach Mike Krzyzewski et Jerry Colangelo insistent, que ça vous appartient ?
MELO : Tout d’abord on a un goût amer dans la bouche avec 2004. La défaite et toute l’aventure, de comment tout s’est écroulé et quelles en étaient les causes, on s’en rappelle encore. C’était comme si, après la défaite, tout le monde partait suivre son propre chemin. Je ne vois pas ça maintenant. Maintenant on est une vraie famille. On est en route pour la rédemption.
ESPN : Es-tu inquiet ?
MELO : Nop, je ne suis pas inquiet. Je ne crains rien. Et je ne pense pas que l’équipe soit inquiète. La seule chose qui nous rend nerveux est l’attente d’aller là-bas et de jouer. On veut juste y aller et jouer. Rien ne nous fait vraiment peur.
ESPN : Pas même les trois choses dont tout le monde parle : qu’il y a un seul vrai intérieur (D-Howard), qu’il y a un seul vrai shooteur extérieur (Michael Redd) et qu’il y a un seul vrai spécialiste défensif (Tayshaun Prince) ?
Nop. Je pense qu’on a l’équipe parfaite actuellement. On a tout ce dont on peut rêver. On a des meneurs, des arrières, des arrières shooteurs, des ailiers, des ailiers fort et on a le meilleur pivot du monde entier. Je te jure…
ESPN : Laisse moi te demander un truc différent. Comment est-ce que ces matchs, les matchs que tu vas jouer tout au long des JO, comment vont-ils te représenter ? Pas nécessairement en tant que joueur de basket, mais en tant que personne ?
MELO : Quand j’entre sur le terrain, je pense au basket, à gagner, mais il y a tant de choses qui viennent à l’esprit sur comment je vais débuter un match, puis le suivant. Mais ça dépasse le cadre du basketball. Comme la cérémonie d’ouverture, on a le monde entier qui sera spectateur. C’est le plus grand évènement mondial, tous sports confondus, pas juste au basket. Perso, je vais me détendre et retracer le chemin parcouru. « Non mais comment j’ai pu atterrir là ? Comment j’y suis arrivé ? Moi ? » Tu vois ce que je veux dire ?
ESPN : Je vois. Etant cet enfant de Baltimore, je parle des quartiers pauvres de Baltimore, pas Guilford ou Roland Park, un endroit où tu as encore des attaches et où tu reçois de l’amour, où tu retournes dès que tu en as l’opportunité (au moment de cette interview MELO était à Baltimore pour sa quatrième « Holding Our Own Destiny », évènement annuel), un endroit d’où tu viens dont certains t’en veulent encore pour ne pas avoir eu ou fait semblant d’avoir honte… Un truc comme une médaille d’or n’est pas un truc dont les gens du coin pensent et envisagent, qu’ils soient basketteurs ou non.
MELO : Ouais. Grandir ou j’ai grandi et de la manière dont je l’ai fait, je pense que j’apprécie encore plus. Quand on regardait les JO et les cérémonies d’ouvertures, on ne comprenait pas vraiment, jusqu’à réellement en faire partie. Donc maintenant j’apprécie vraiment. Juste le fait de marcher et d’entendre l’annonce « The United States of America » pendant la cérémonie d’ouverture, les feux d’artifices, les lumières, tout ça signifie beaucoup. Dans ma vie, je n’aurais jamais pu imaginer un truc de ce genre ou faire partie d’un tel truc. Je ne me voyais jamais jouer pour l’équipe olympique américaine en grandissant, je ne me voyais même pas jouer en NBA pour être honnête. Je n’avais jamais envisagé ce genre de truc. Donc c’est comme si un rêve dont je n’avais jamais rêvé était devenu réalité. C’est comme si je fais partie de ce qui compte vraiment. C’est toujours très dure pour moi de croire que je vais faire partie de l’évènement majeur de la planète.
ESPN : Une idée reçue affirme que les gens du cœur des banlieues ont un sens du patriotisme différent, ou qu’ils en manquent. Dis moi ce que gagner une médaille d’or t’évoque de ce point de vue. Pas uniquement toi en tant que joueur de basket, mais toi, Carmelo Anthony, ce mec qui vient du bitume de Baltimore ?
MELO : Je ne peux même pas trouver des mots pour décrire cela ; ce sentiment. Ce serait la plus belle chose qui me serait jamais arrivé. La meilleure, sans hésitation. Gagner cette médaille d’or… (il prend une grande respiration)… Regarde, j’ai gagné au lycée, j’ai gagné en université, je veux gagner en NBA. Mais gagner une médaille d’or, je ne pense pas que quelque chose puisse être plus fort que ça. Je sais que tout le monde dit qu’il veut gagner un titre mondial au basket ou au foot, ce genre de trucs, mais rien n’est comparable à la médaille d’or.
Tu vois, en ce moment je suis angoissé. Dès que tu mets l’uniforme Team USA, dès que tu as l’opportunité de jouer pour gagner la médaille d’or, tu deviens angoissé. Je suis sûr que tout le monde ressent la même chose dans l’équipe, angoissé et pressé d’aller là-bas et de jouer. Tu sais, tout le tapage médiatique et l’excitation sur notre voyage là-bas, on n’y pense pas, on veut juste vraiment y être.
ESPN : Donc à cette période l’an prochain, quand tu retourneras dans le quartier pour « Holding Our Own Destiny », que vas-tu raconter aux enfants sur ce qui a changé ? Pas à propos du fait que les JO aient pu changer ta vie, ou que tu aies gagné la médaille d’or et ce que ça représente pour toi, mais qu’est-ce que la médaille d’or à ton cou devrait signifier pour eux ?
MELO : Tout d’abord je leur dirais que j’ai été comme eux il y a quelques années. Exactement le même. Je sais que certains ont l’ambition de jouer en NBA et maintenant que ça devient si populaire ils ont probablement l’ambition d’être olympiens — un truc dont je n’avais jamais pensé en grandissant. Mais en vertu de ce que l’on va essayer de faire là-bas, je pourrais leur dire que tout est possible. C’est possible. J’ai connu ce qu’ils connaissent, les coups durs, les journées noires, les pensées que les rêves ne se réaliseraient jamais. Mais je pourrais m’asseoir en face d’eux et leur montrer que les rêves peuvent devenir réalité.
ESPN : Et à propos de l’expérience ?
MELO : Je leur dirais d’abord que j’ai joué avec les meilleurs joueurs du monde sur et en dehors des terrains. Que j’avais le meilleur du monde à mes côtés. Quand on voit avec le recul de 15-20 ans comment les gens parlent de la Dream Team 1992, je veux que les gens parlent de nous de la même manière. On a la chance de pouvoir faire en sorte que les gens voient l’équipe de 2008 comme ça. Ils en ont marre de parler de 92 [Rires]. Ils veulent parler de nous. On doit juste leur donner raison.
29 juillet 2008
StillBallin présente "Mercato via la draft 2008." Part V
With the 21st pick,
Ce choix me laisse un petit peu perplexe. Il est vrai que les Nets ont décidé de construire l’équipe parfaite pour accueillir Lebron James (en été 2010) et que Ryan Anderson correspond parfaitement au type de joueur dont le jeu se combine à merveille avec celui de l’actuel taulier de Cleveland. En effet, un 4 fort en périphérie devrait obliger les défenses à s’écarter et à offrir leurs courants d’air à Lebron « boeing 747 » James.
L’idée est de forcer les défenses à choisir entre la menace extérieure et le danger de pénétration du Nets’ dream.
Seulement, New Jersey possède déjà dans ses rangs Jianlian Yi qui partage ce profil d’intérieur shooteur et qui est bien plus talentueux qu’Anderson. Pourquoi ne pas en avoir deux, me direz-vous. Certes mais à ce moment-là, pourquoi ne pas sélectionner Donte Greene qui présente aussi ce même profil mais qui est plus doué et possède un plus grand potentiel que l’ancien universitaire californien.
Cependant, si les Nets recherchait un vrai joueur d’équipe, Anderson est le bon choix. Son intelligence et sa vision de jeu en font le parfait joueur d’équipe tandis que Greene, lui, est assez individualiste et sélection de shoot laisse à désirer (cela explique qu’il ne soit considéré que comme un joueur de deuxième partie de premier tour), ce qui risquerait de parasiter le jeu que voudront mettre en place les Nets une fois que James aura revêtu le maillot de East Rutherford.
Les Nets ont préféré prendre un joueur qui se fondrait parfaitement dans le collectif plutôt qu’un vrai scoreur comme Greene. Ce choix aurait pu être discuté, Greene pouvant devenir un vrai soutien pour LBJ, si New Jersey ne possédait pas déjà dans son effectif un élément du calibre de Yi.
Néanmoins et même si le choix Anderson se justifie, je pense qu’avec un 21ème choix, New Jersey aurait pu récupérer un meilleur élément, quitte à l’échanger après coup pour récupérer Ryan Anderson et un autre rookie intéressant.
With the 22nd pick, Orlando Magic select Courtney Lee
Le plan de jeu d’Orlando est simple: aligner le plus de shooteurs que possible aux côtés de Dwight Howard afin d’écarter les défenses aux maximum et de lui laisser le champ libre pour détruire son vis-à-vis direct et l’arceau d’un même mouvement.
Ainsi, le choix du senior de Western Kentucky se justifie parfaitement. Son adresse diabolique, sa maturité et son intelligence devrait faire de lui le parfait sniper embusqué que n’a jamais pu être J.J. Redick.
On peut malgré tout se demander si Orlando n’aurait pas mieux fait de prendre un intérieur afin de seconder Howard que ce soit à ses côtés ou lorsque Superman est sur le banc. En effet, il est souvent demander à Howard de tenir seul la raquette et cela des deux côtés du terrain. Or, il ne peut pas le faire pendant tout un match sans s’éparpiller et donc devenir moins productif, et son unique présence dans la peinture peut parfois paraître un peu légère face à certaines franchises plus équipés en Caterpillar.
Ainsi, un joueur athlétique, bondissant, vif et bon défenseur aurait été un atout précieux, notamment lorsque la bataille sous le cercle s’élève d’un cran. D’ailleurs, lorsque que l’on jetait un œil sur les listes des inscrits à la draft, on pouvait remarquer des joueurs dont le nom n’avait pas encore été rayé comme Darrell Arthur, DJ White ou encore Joey Dorsey et qui aurait efficacement endossé ce costume (avec un peu de audace, les dirigeants floridien aurait pu prendre le très doué Arthur pour essayer de monter un deal afin de récupérer les moins côtés Lee et Dorsey ou White).
Quoiqu’il en soit, la venue de Courtney Lee rend Orlando encore plus dangereux et il faudra absolument bloquer Howard et espérer que la réussite leur fasse la tronche pour espérer les vaincre cette année.
With the 23rd pick, Utah Jazz select Kosta Koufos
Utah devait être tout content de voir Koufos encore disponible à ce stade de la draft. L’effectif mormon est plus ou moins complet sauf qu’il manquait peut-être un vrai pivot pour soutenir les petits powers Boozer et Millsap, et Mehmet le-grand-qui-se-plante-toujours-derrière-la-ligne-à-trois-points Okur.
C’est désormais chose faite avec l’américano-grec.
Grand (
Si Koufos arrive à devenir un vrai danger au poste et à s’attirer la confiance de l’exigeant meneur-star, Deron Williams, la diversité offensive des Jazz alliée à leur habituelle discipline va les rendre très difficile à arrêter.
Un petit aparté pour dire que Koufos a passé son année freshman dans l’université d’Ohio State où il a pris la place du numéro 1 de draft 2007, Greg Oden et auquel succèdera le très prometteur pivot star lycéen, BJ Mullens (top 4 des mocks draft 2009). De quoi faire d’Ohio State un sérieux concurrent à Georgetown pour le titre de formateur de pivot d’élite (je vois déjà dans dix ans un article opposant les plus beaux produits des deux universités : Oden, Koufos et Mullens Vs Ewing, Mutombo et Mourning).
With the 24th pick, Seattle Supersonics select Serge Ibaka
Ils adorent jouer aux imbéciles ou c’est leur vraie nature ?
Après les échecs des intérieurs à fort potentiel que sont Robert Swift, Johan Petro et Saer Sene (échecs relatifs, Petro a montré des choses et ces trois-là sont encore jeunes et peuvent encore exploser), on pourrait penser que Seattle (Oklahoma ? Oh et puis je vous laisse faire la conversion) avait compris la leçon. Apparemment, non.
En plus, Ibaka les avait prévenu, il a signé un contrat sur plusieurs années (4, je crois) et il n’intégrera
Reprenons le plan du GM des Sonics : assembler une escouade de joueurs spécialisés et complémentaires, chacun excellant dans son domaine afin de créer l’entité la plus complète et efficace possible. Les premières pièces du puzzle sont déjà en place : le créateur all-around player (Jeff Green), l’annihilateur d’attaque capable de percer les défenses (Russell Westbrook) et bien sûr le scoreur implacable, le go-to-guy sur lequel toute l’équipe devrait pouvoir se reposer, (Durant). Que manque-t-il ? Un intérieur dont la dimension athlétique lui permettrait de dominer la raquette, notamment en défense. Serge Ibaka? Bingo. Extrêmement athlétique (trop d’envergure, trop vertical, trop mobile), son potentiel offensif et surtout défensif en ont fait baver tellement que certains ont souffert d’une dangereuse déshydratation.
Oui, mais des monstres physiques au potentiel démesuré, Seattle en a ! (C’est ce que j’ai dit au début) Seulement, la raison qui me fait dire que c’est peut-être bien joué, c’est que Ibaka restera encore quelques années en Espagne pour parfaire son métier avant de débouler fin prêt dans le grand cirque américain.
Tout d’abord, cela montre que le Congolais est intelligent et qu’il est conscient de son niveau actuel (connaître son vrai niveau est indispensable pour progresser efficacement). Un bon point pour lui.
Ensuite, les Sonics (je ne dirais Thunders que quand j’aurais vu les maillots) ne sont pas pressés et au lieu de se servir sans conviction parmi les joueurs qui restent, ils prennent un jeune qui est potentiellement un futur lottery pick en sachant qu’il restera dans son club formateur, lequel est l’endroit le plus propice à sa progression (beaucoup plus qu’à Seattle en tous cas).
C’est un peu comme si Houston avait drafté Hakeem Olajuwon trois ans avant sa sortie de fac et qu’ils l’avaient laissé parfaire ses gammes en NCAA avant de poser le maillot texan sur ses épaules.
Evidemment, rien ne dit qu’Ibaka ira au bout de son potentiel mais il a certainement choisi la meilleure voie pour y parvenir. Ensuite, nous pourrons laisser Seattle récolter les fruits de sa patience sachant qu’à ce moment-là, Durant & Co seront certainement prêt pour faire cracher les dents de ceux qui se moquaient d’eux jusque-là.
With the 25th pick, Houston Rockets select Nicolas Batum
N’ayant pas vraiment de besoin précis, les Rockets n’avaient qu’à se renforcer en prenant le joueur le plus talentueux encore disponible.
La capacité de création, l’altruisme et la vision de jeu de Batum devrait être une jolie addition et il pourrait peut-être faire le lien entre les deux stars, Yao et McGrady.
Cependant, Houston n’est pas forcément la meilleure destination pour Batum, ne serait-ce parce que T-Mac navigue souvent et pendant de longues minutes sur les postes 2 et 3 (ceux du français) et que le reste du temps de jeu est partagée entre le précieux Battier et les dynamiteurs Luther Head et Bobby Jackson (et désormais Brent Barry).
D’ailleurs et de manière générale l’effectif texan ne compte que peu de place pour un rookie, plus encore sur les postes 2 et 3 qui restent les plus chargés.
De plus, Batum ne peut avoir d’impact sur le jeu qu’en participant activement aux offensives de son équipe or, avec Yao et surtout McGrady, les Rockets ne pourront certainement pas lui offrir cette possibilité.
Alors pourquoi prendre le manceau ? A moins que…
Ah ouais, ils sont malins les Rockets. Ils savaient que San Antonio et Portland, les picks qui sont juste derrière eux, mourraient d’envie de sélectionner Batum. Du coup, Houston a mis la main sur l’objet de leur convoitise pour voir jusqu’où ces deux franchises étaient prêtes à aller pour récupérer le français (c’est pas joli, joli).
Et bien Portland est allé loin. Les Blazers ont lâché leur 27ème choix, qui n’est autre que Darrell Arthur, prévu dans le top 14 de la draft ainsi que leur 33ème choix avec lequel ils ont choisi celui qui est considéré par certains comme le meilleur défenseur de la promotion, Joey Dorsey. Voilà un bien joli coup.
Arthur est ultra-talentueux et viendra grandement renforcer une raquette déjà bien garnie avec Yao, Scola et Landry. La seule question qu’on peut se poser est est-ce qu’un joueur aussi doué qu’Arthur ne sera-t-il pas un peu bridé et sa progression freiné dans un secteur aussi dense ? D’un autre côté, la concurrence peut le pousser à se dépasser et donc à accélérer son évolution. Tout dépendra du caractère et de la capacité d’évolution du champion universitaire.
Beaucoup de monde aurait bien aimé mettre la main sur le bestial Joey Dorsey. Petit pour un intérieur, très limité techniquement, son extraordinaire combativité, sa défense et sa capacité à prendre des rebonds font de lui le genre de role player que tout le monde désire avoir dans son équipe. Plus encore dans les matches à enjeu.
Toutefois, Houston possède déjà un joueur de ce type en la personne du discret mais surprenant Carl Landry. Celui-ci étant en fin de contrat cet été, la sélection de Dorsey sonne-t-elle comme une volonté des Rockets de ne pas reconduire Landry ou est-elle simplement une opportunité qu’ils ont voulu saisir ?
Je ne sais pas quelles étaient les intentions de Houston, toujours est-il que les rumeurs envoyant Landry vers d’autres cieux sont de plus en plus insistantes.
Voilà un coup intéressant, notamment tactiquement. En effet, à l’image de ce qu’a fait Orlando, Houston pourra utiliser Greene (comparé à Rashard Lewis) en power afin que son talent à la périphérie aère la raquette et permette à Yao de s’amuser face à son vis-à-vis, alors privé de soutien défensif.
Greene permettra aussi à l’entraîneur des Rockets d’avoir une certaine souplesse dans l’utilisation de son effectif et de pouvoir disposer de plusieurs configurations différentes sur le parquet, notamment à l’intérieur. En effet, en plus de celle citée précédemment, Rick Adelman pourra opposer à ses adversaires un cinq de grande taille (Yao, Scola dans la raquette, Greene et T-Mac sur les ailes), rapide (Scola et Greene à l’intérieur), capable de s’écarter (idem) ou encore athlétique (Landry et Greene). Avec l’ancien de Syracuse, les Rockets disposeront de toute une gamme de solutions pour répondre aux différentes stratégies que proposeront leurs adversaires (et plus jamais nous entendrons le fameux « allo Houston, nous avons un problème »).
Au-delà de ces avantages stratégiques, Greene pourra apporter des points car Houston ne possède que deux véritables options offensives avec Yao et McGrady et qu’il est logiquement préférable de posséder plusieurs joueurs capables de marquer une quinzaine de points de temps en temps. Ainsi, au lieu de reposer le scoring sur un ou deux joueurs autres que les deux leaders, les Rockets éparpillent ce soutien offensif entre plusieurs joueurs: Alston, Scola, Jackson, Battier, Head et donc Greene. Cette répartition permet d’avoir toujours des joueurs capables de marquer même lorsque certains ne sont pas dans un bon jour. Notons que ceci est possible parce qu’il s’agit de joueurs dont les postes et les profils sont suffisamment différents pour éviter les embouteillages, souvent contre-productif.
En résumé, même si Darrell Arthur est considéré comme étant meilleur que Greene, celui s’adapte bien mieux à la configuration de Houston et son impact sur la franchise texane devrait surpasser son seul apport intrinsèque.
Les Rockets ont magnifiquement utilisé leur 25ème choix de draft, saisissant les opportunités qui leur ont été offertes et produisant des trésors de roublardise pour en tirer le maximum possible.
- Partie I, II, III & IV de l'article -
28 juillet 2008
Interview Exclusive, Carmelo Anthony, Part I
Après l’interview traduite de Joakim Noah avec un gros bonnet de chez Slam, voilà une autre traduction d’une interview accordée à ESPN de l’attaquant le plus doué de la nouvelle génération, Carmelo Anthony. (Introduction traduite de Scoop Jackson)
« Il y a un truc à propos de Carmelo Anthony qui touche les gens. C’est peut être sa façon de jouer, intrépide, très facile mais capable de rentrer dans le tas quand il le faut. C’est peut-être parce qu’il ne semble pas avoir été taillé dans la roche, qu’il doit travailler dur pour rester en bonne condition (écouter le lien musical ci-joint). Il ne fait pas 2.10 m et n’est pas une anomalie génétique comme Lebron James ; Melo a ce truc du mec standard en lui. C’est peut-être parce qu’il n’est pas parfait, qu’il fait des erreurs et qu’il a subi les critiques et les attaques parce qu’il est juste un mec normal. »
Ces mots de Pat Cassidy, qui apparaissent dans le magazine Dime d’Août 2006, sont essentiels pour comprendre quel genre de basketteur est Carmelo Anthony. Ils décrivent pourquoi il est aimé et pourquoi il ne l’est pas. Plus Hancock qu’Ironman ou Batman. Avec Melo, on voit les failles. Et contrairement à la plupart des athlètes de son calibre — si ce n’est tous —, il ne tente pas de les cacher. Ils font autant partie de lui que la vingtaine de tatouages qui racontent sa vie.
Cependant ces trois dernières années, depuis qu’il a revêtu le maillot USA, toutes ses failles ont semblé s’estomper. Dans nos esprits et dans la réalité. L’étiquette « je ne suis pas une balance », les coups de poings, le fait qu’il était trop vrai et authentique pour le superstar système de la même manière que la série « The Wire » (quasiment l’histoire de sa vie) l’était pour la télévision — rien de tout cela ne l’embellit, mais ça fait partie de ce qu’il est. Et ce qu’il est est ce mec. Ce mec à qui l’Amérique devra faire confiance pour restaurer sa place de numéro 1 dans la hiérarchie Basket. Oui, il y a Kobe ; oui, il y a Bron ; oui, il y a D-Wade ; oui, il y a J-Kidd, qui a déjà une médaille d’or et un bilan de 33-0 en compétition internationale quand il joue. Mais si cette équipe est amenée à jouer pour la médaille d’or le 24 Août, ce sera grâce à ce qu’Anthony fait, plus que ce que pourront apporter ses coéquipiers. Pourquoi ? Lisez la suite.
ESPN : Tout d’abord, je vais te demander et dire quelques trucs que tu vas assurément ne pas approuver, je le sais. Si c’est le cas, n’hésite pas à me le dire. Premièrement — et c’est probablement le truc que tu vas le moins approuver — depuis les trois dernières années, j’ai dit que tu étais le joueur le plus important que l’on a en Amérique pour le basket international.
MELO : Je vais te laisser dire ça. Je te laisserais trouver la réponse. [Rires]
ESPN : En toute honnêteté, tu as régulièrement mené l’équipe au scoring et tu as régulièrement été la menace la plus dangereuse de l’équipe ces trois dernières années, et je n’ai pas l’impression que tu aies reçu la reconnaissance que tu mérites pour la façon dont tu as joué sur la scène internationale. C’est peut-être que mon avis.
MELO : C’est vraiment ton avis.
ESPN : Dis moi donc ton avis sur le rôle que tu as dans cette équipe Olympique.
MELO : Mec, je n’essaie pas d’être important, j’y vais juste et je joue. Quand je suis sur le terrain avec cette équipe — et je n’ai pas besoin de te dire qui compose cette formation, c’est évident — je prend juste ce qu’ils me donnent. Je prends le temps de bosser sur mon jeu quand je suis ici avec cette équipe parce que c’est juste trop bon et à cause des joueurs qui la composent.
Personnellement, j’essaie de jouer où ils ont besoin que je joue et ça a été à mon avantage ces dernières années. Je peux jouer poste bas. Je peux jouer plus haut, où je peux rentrer en dribble ou shooter à l’extérieur. Et grâce à cette polyvalence, la plupart des ailiers forts de la scène internationale me voient, je pense, comme un 3 ou un 2, et j’ai pu utiliser cela à mon avantage.
ESPN : Mais cela te désavantage défensivement, de jouer numéro 4, ce qui n’est pas quelque chose que tu fais habituellement en NBA.
MELO : Ouep, jouer en 4 est quelque chose que je ne connais pas, mais le système dans lequel on joue (celui de l’équipe Olympique) est trop vaste, mec. Chaque joueur à l’opportunité de faire son propre truc. Et juste du point de vue de l’adversaire, il faut défendre sur Lebron, Kobe, Dwight, tu vois ce que je veux dire ? Il faut défendre sur tous les joueurs avec attention dans cette équipe. Sur chaque possession.
ESPN : Ouep, mais après trois ans où l’on a pu te voir détruire les équipes, tu ne penses pas qu’elles devraient te voir comme le danger numéro 1 ?
MELO : Nonnn [rires], ils peuvent continuer à jouer de la même manière. Je n’ai pas à être le pion essentiel [il se marre encore]. Je n’ai pas à être le danger numéro 1.
ESPN : Est-ce que jouer en FIBA est plus facile pour toi, avec la team USA ? Il semble que le jeu soit plus facile pour toi ici qu’il ne l’est en NBA.
MELO : C’est plus simple dans la mesure où je n’ai pas à y aller et à en faire trop, ce que je fais parfois. C’est plus facile de laisser le jeu venir à moi. Tu sais, mettre un panier quand je suis ouvert, et juste me débrouiller à avoir des positions ouvertes. Comme je l’ai dit, j’évolue avec Bron, Kobe, Jason Kidd et tous ces types. Quoiqu’il arrive, quelqu’un sera probablement démarqué.
ESPN : Quand ils ont assemblés la Dream Team en 1992, ils ne faisaient que de parler de Magic, de Jordan, de Bird. Mais on oublie que Charles Barkley était le MVP de cette équipe…
MELO : Et il était le cœur et l’âme de cette équipe. Pas dans la mesure où il était le joueur le plus important de l’équipe, mais parce qu’il soudait cette équipe. Tu avais Bird, Magic, Michael & tous ces types, mais Barkley était celui qui soudait tout le monde et…
ESPN : C’est ce que je vois en toi. C’est la comparaison que j’essaie de faire. C’est ce que j’essaie de dire ! Ce n’est pas différent. Tout le monde regarde Kobe, Lebron & D-Wade, et tu es le cœur et l’âme de cette équipe.
MELO : Ouep, enfin je veux dire que je suis moi. J’essaie juste d’être moi-même. J’aime m’amuser. Mais en même temps, je fais en sorte de souder le groupe. Donc je suis vraiment — ou je tente d’être — la glue qui assemble cette équipe.
ESPN : Voilà ce que je crois — et c’est encore une des choses que tu risques de ne pas approuver, et c’est sans offenses aux autres membres de l’équipe — tu t’en voudras plus que quiconque si vous ne gagnez pas. J’ai raison ?
MELO : Je ne veux pas donner l’impression que c’est le cas juste pour moi, mais ouep, je pense que je prendrais plus de responsabilités que quiconque dans la défaite parce que je fais partie des plus anciens dans cette sélection (avec Lebron & D-Wade, qui étaient aussi dans l’équipe de 2004). Et je sais, dans mon cœur et dans mon âme, que cette fois-ci, cet été, ces JO, je dois me racheter et on doit redevenir les meilleurs basketteurs du monde.
A suivre...
24 juillet 2008
StillBallin présente "Mercato via la draft 2008." Part IV
With the 16th pick,
Je ne sais pas si l’ancien numéro 1 de draft était déjà dans le collimateur des Sixers avant la grande foire aux espoirs mais la sélection de Speights n’en est pas pour autant remis en cause. En effet, le futur rookie complètera parfaitement le duo intérieur Brand-Dalembert puisqu’il peut jouer sur les postes 4 et 5 et permettra à Philadelphie d’avoir toujours au moins une menace offensive à l’intérieur. D’ailleurs, sa capacité à scorer devrait être immédiatement opérationnel puisqu’il a passé toute sa première année à Florida à essayer de ne pas s’empaler sur les défenses d’Al Horford et de Joakim Noah.
La seule question, qui titillait nos esprits au moment du choix de Phila et qui les titillera sûrement encore pendant plusieurs saisons, est : qui les Sixers devaient-t-ils choisir, Marreese Speights ou Darrell Arthur ? En effet, tout deux sont des powers prêt pour entrer dans la grande ligue, sont des scoreurs intérieurs efficaces et répondent aux besoins immédiats de Philly. Arthur était le plus côté (plus complet, plus productif) des deux avant la draft mais des rumeurs sur sa santé ont poussé certaines franchises à lui tourner le dos. Serait-ce l’une des raisons pour lesquelles les Sixers ont préféré accueillir Speights ? Pas forcément. L’ancien Gator possède une plus grande capacité à scorer et est notamment un meilleur shooteur, ce qui colle peut-être mieux avec le profil de Dalembert.
Certains se demanderont encore longtemps lequel des deux Philadelphie aurait dû prendre mais quelque soit celui qui fera la meilleure carrière, la franchise de Pennsylvanie a, avec Speights, choisi un joueur qui apportera ce qu’elle recherchait : une menace offensive intérieure.
With the 17th pick,
Vous devez déjà connaître Roy Hibbert, cet énorme pivot (
Hibbert, lui, ne sera certainement jamais un All-Star mais son physique impressionnant peut faire de lui un intimidateur de premier ordre en défense ou un point d’ancrage indéracinable en attaque (utile lorsque l’on sait qu’il n’est pas un mauvais passeur). Je pense que c’est pour cette capacité à apporter ces choses rares et décisives que les Pacers l’ont choisi lui plutôt que d’autres éléments plus talentueux.
Dans le cadre d’une équipe, ce choix est plutôt malin. Son impact défensif devrait être important tant collectivement (même sans intervenir, son physique constitue une grande force de dissuasion) qu’individuellement (plutôt doué en homme-à-homme, il sera peut-être capable d’annihiler la puissance physique d’un Shaq ou d’un Howard) ; et en attaque, ses bonnes mains peuvent constituer une solution très intéressante sur demi-terrain. Intelligent et travailleur, Hibbert devrait parfaitement se couler dans le rôle qui lui sera assigné.
Un cinq majeur constitué de l’accélérateur de particules Ford, du shooteur Dunleavy, du go-to-guy Granger, de l’intérieur-shooteur Murphy et du baobab Hibbert est plutôt séduisant, notamment en terme de complémentarité. Les Pacers pourraient même peut-être jouer en semi small-ball avec Ford, Rush, Lil’Dun, Granger qui cavaleraient tout autour d’Hibbert, celui-ci prenant en charge le contrôle de la raquette.
Il est vrai que la lenteur du centre de Georgetown fait de lui un joueur de demi-terrain, mais c’est certainement ce jeu lent qu’utilisera Indiana. En effet, ce genre de jeu correspond assez bien à la philosophie du coach Jim O’Brien ainsi qu’au profil de l’effectif avec les shooteurs Dunleavy, Murphy, Rush (même Granger) et le perceur de défenses, Ford.
L’addition de l’ancien Hoya paraît donc pertinente mais on peut malgré tout se demander si les Pacers n’aurait pas dû apporter un peu plus de talent dans une raquette faiblarde et orpheline de Jermaine O’Neal. Ce doute prend encore plus d’ampleur lorsque l’on sait que l’excellent power Darrell Arthur et le très intéressant pivot Kosta Koufos attendaient encore sagement qu’on les appelle pour avoir leur casquette.
De plus quelques doutes subsistent à propos du gentil géant. En effet, comment savoir si la productivité d’un tel spécimen pourra se retranscrire dans la grande ligue ? Sa taille et sa puissance trouveront-t-elles à s’exprimer et plus encore, parviendront-elles à compenser sa lenteur et son manque de qualités athlétiques ?
Les précédents échecs d’autres colosses du même genre ne font rien pour apaiser les doutes qui pèsent sur la réussite du jeune homme (quelqu’un se souvient de Priest Lauderdale?). D’ailleurs, quelques questions se pointent avec méfiance sur sa condition physique (il n’a jamais joué plus de 28 minutes par matches en moyenne à Georgetown ; ce n’est pas forcément très significatif mais ça laisse planer une incertitude quand à sa capacité à jouer tout un match et toute une saison NBA).
La sélection de Hibbert prendra peut-être toute son importance lorsqu’Indy aura ajouté les quelques éléments qui restent pour achever sa reconstruction et que son imposante présence fera changer le cours des matches de play-offs (un peu comme l’arrivée du déjà vieux Mutombo à Philadelphie qui leur avait permis de se hisser en finales). Wait and see, gros.
With the 18th pick,
Washington possède trois All-Stars mais aucun role player pour venir les soutenir. Cette draft était pour eux l’occasion d’y remédier.
Et bien, c’est foiré.
JaVale McGee est l’illustration même du prospect qui devra s’aguerrir en D-League avant d’espérer participer aux joutes gladiatoresque de
Intérieur grand, délié, rapide et doté d’excellentes mains, il ne possède pas le mental, l’intelligence de jeu et la détermination pour s’imposer tout de suite dans la grand ligue (ni même peut-être jamais d’ailleurs).
Son potentiel a fait de lui un candidat aux lottery picks mais n’en fera pas forcément un bon joueur.
Mais alors pourquoi les Wizards ont jeté leurs espoirs sur ce jeune homme dégingandé ? Simple stupidité, nostalgie de l’époque Kwame Brown, je ne sais pas...
Mais bon, les intérieurs à fort potentiel sont comme les éclairs au chocolat ou les jolies filles dont le père est un membre actif de la pègre, c’est difficile d’y résister et on le regrette souvent après.
With the 19th pick, Cleveland Cavaliers select JJ Hickson
Cleveland est dans une situation opposée à celle de Washington: une seule star et une profusion de role players solides mais limités. Les Cavs auraient pu profiter de cette draft pour récupérer un joueur capable de seconder efficacement Lebron James à la marque. Peut-être un extérieur dangereux en périphérie pour profiter de l’attraction qu’exerce le Chosen One sur les défenses et empêcher celles-ci de s’agglutiner autour du cercle (devinez qui pourrait se régaler face à une défense étirée ?).
La providence semble regarder d’un bon œil la franchise de l’Ohio puisque plusieurs joueurs talentueux et dont le profil correspond à celui que j’ai décrit un peu plus haut sont toujours disponibles lorsque que son tour de se servir a sonné. Parmi eux, on peut compter l’arrière scoreur Chris Douglas-Roberts, le 3/4 au shoot soyeux Donte Greene, le sniper d’élite, Courtney Lee et le surprenant combo-guard Mario Chalmers.
D’autres excellents éléments auraient pu convenir même s’ils s’éloignent du type de joueur parfaitement complémentaire avec James. On peut ainsi s’intéresser au très bon power Darrell « comment se fait-il que je n’ai pas encore été pris » Arthur et le côté yang de Lazaros Papadopoulos, Kosta Koufos.
Oui mais Danny Ferry, GM des Cavs, veut se prendre pour Joe Dumars. Ainsi, il a choisi le power freshman JJ Hickson.
Il est vrai que le potentiel technique du jeune homme est alléchant, que ses qualités physiques sont à se pâmer (explosivité, envergure, athlétisme, puissance, mobilité) et que son activité et sa détermination sont des plus appréciables. Néanmoins, on ne peut s’empêcher de penser que son impact dans cette franchise ne sera que limité. En effet, Hickson n’est encore qu’un potentiel, et même si il pourra apporter de solides minutes dès cette année, il ne sera pas le soutien que cherche tant James. Du moins pas avant quelques années.
Plus encore, les Cavs renforcent un poste qui affiche déjà complet, encombré par les bras musclés de Ben Wallace, Anderson Varajeo et Joe Smith. D’ailleurs, même si Hickson explose l’année prochaine (ou même cette saison), il n’apportera pas plus qu’un Drew Gooden qui même lorsqu’il portait le maillot sang et or n’était pas considéré comme un soutien suffisant pour King James (en tout cas, personne, James ou autres, ne s’est ému de son départ).
With the 20th pick, Charlotte Bobcats select Alexis Ajinça
Il parait que c’est Sa Majesté Jordan qui a choisi Ajinça. Certains disent que Larry Brown avait été épaté par la brindille française lors des sessions work-outs pendant que d’autres affirment que le coach tirait une tronche d’enterrement en entendant sa sélection.
Charlotte avait effectivement besoin d’un intérieur et le profil très complet du français (attaque, défense, shoot) correspond exactement à leur souhait (qui n’en rêverait pas). D’ailleurs, l’ancien toulonnais avait dominé plusieurs big men de la draft lors des work-outs (Roy Hibbert, DeAndre Jordan, JaVale McGee). Cependant et malgré tout son talent, Ajinça ne pourra pas avoir d’impact en NBA dès maintenant. Et c’est là que la pertinence de ce choix paraît un peu trouble.
En effet, le pilier intérieur des Bobcats, Emeka Okafor est un joueur à vocation défensive et par conséquent, son équipe aurait certainement besoin de quelqu’un capable d’apporter régulièrement des points dans la peinture, les autres bobcats de la raquette en étant incapable (seul Sean May pourrait occuper ce rôle mais sa propension aux blessures en fait une solution limitée). Ajinça possède les arguments pour postuler au strapontin du parfait complément du Nigérian mais il ne pourra l’être qu’après un certain temps, contrairement à un Koufos ou un Arthur, encore disponibles.
Par ailleurs, Okafor est en fin de contrat et même si les Bobcats peuvent s’assurer ses services en s’alignant sur les offres concurrentes, il subsiste toujours une possibilité que l’ancien du Connecticut porte d’autres couleurs que l’orange et bleu. Le choix de draft le moins risqué aurait été par conséquent celui d’un joueur abouti et capable d’être productif dès la rentrée.
On peut peut-être supposer que Charlotte ne vise pas forcément que le court terme, et que la perspective de compter dans ses rangs un intérieur capable de défendre, d’attaquer et de shooter (dominant, quoi) même si ce n’est pas pour maintenant, leur est apparue suffisamment alléchante pour prendre le risque d’hypothéquer le présent (en plus de celui de voir Ajinça ne pas concrétiser son potentiel).
La perplexité qu’entraîne ce choix ne concerne pas uniquement la configuration actuelle de l’effectif de Charlotte.
En effet, le coach bobcat, Larry Brown n’est pas connu pour son amour des rookies et on se souvient encore qu’il avait totalement délaissé Darko Milicic, n°2 de draft 2003 alors qu’il sortait d’une brillante saison européenne et qu’il était certainement prêt pour la ligue américaine. Alors quelle approche aura le coach old school avec un joueur comme Ajinça ? Lui réservera-t-il le même sort que Milicic, lequel n’ayant jamais réussi à exploser (on y a cru à Orlando mais non, en fait) ? Pas sûr. Le Serbe ne faisait pas vraiment preuve d’enthousiasme pour les entraînements, ni d’une grande détermination et encore moins d’une bonne écoute. C’est d’ailleurs certainement ses dispositions mentales plus que ses années de banquettes à Detroit qui l’ont perdu.
Ajinça n’est pas comme ça. Que ce soit aux Etats-Unis pendant les work-outs ou en France, Ajinça a toujours montré une vraie envie de progresser et tous ses entraîneurs (Larry Brown en tête) ont affirmé que sa qualité d’écoute pendant les entraînements était remarquable. Ensuite, Larry Brown est un ancien coach de NCAA (UCLA, Kansas) et est donc capable de prendre en charge et de faire évoluer des jeunes joueurs ; il suffirait, je pense, qu’Ajinça s’attire ses faveurs par le travail et l’abnégation pour que l’ancien mentor d’Allen Iverson porte une attention particulière à son développement.
Lorsque l’on parle d’un joueur drafté par Michael Jordan, on pense inévitablement à Kwame Brown. D’ailleurs, il existe des similitudes entre l’ancien n°1 de draft et le français. Tous deux sont des intérieurs très jeune, possèdent un potentiel immense mais ne sont pas prêt pour
Il est vrai que dans le cas de Brown, le fait d’être sélectionné en première position était pour lui un fardeau supplémentaire mais son échec tient en partie à sa relation avec Jordan. Tantôt abandonné à lui-même, tantôt houspillé par le Maître, le lycéen n’a jamais trouvé la force mentale pour s’imposer. Personnellement, je ne pense pas qu’il en sera de même pour Ajinça.
Tout d’abord, celui-ci n’est « qu’un » vingtième choix de draft, par conséquent les espoirs placés sur lui seront moins pesants. Ensuite, son année à Hyères-Toulon où il a dû prendre des minutes au talentueux Tony Williams et au rugueux Vincent Masingue (sans compter qu’il a dû se les coltiner à l’entraînement) lui a certainement permis de s’endurcir. Enfin, Jordan est bien plus en retrait que lors de ses années difficiles à Washington et il a semble-t-il évolué positivement dans son attitude vis-à-vis des joueurs.
Je terminerais en plaçant quelques phrases pour ceux qui pensent que Larry Brown ne désirait aucunement un joueur comme le long français et que ces belles phrases à son propos n’étaient là que pour faire bonne figure. Dans cette perspective-là, on peut supposer que le choix Ajinça est la contrepartie du choix Augustin (9ème position). Les dirigeants des Bobcats et Larry Brown seraient alors parvenus à un compromis, lequel laissait à Brown une totale liberté de choix pour le 9ème choix tandis que le 20ème était à l’entière disposition des dirigeants. Ajinça est typiquement le genre de joueur qui plait aux GM et pas forcément aux entraîneurs et il constituerait un choix indépendant du coach —qui payera (peut-être) — que celui-ci soit encore en poste ou pas.
Quoiqu’il en soit, ce choix ne doit pas être considéré comme un mauvais choix, mais en réalité, c’est maintenant que les choses sérieuses commencent, tant pour le staff que pour Ajinça.
- Partie I, II & III de l'article -
22 juillet 2008
Interview Exclusive, Joakim Noah...
Bon ok, ce n'est pas vraiment exclusif, ce n'est que la retrancription traduite de l'interview de Sloggi Jr avec le journaliste du magazine Slam (dans sa version en ligne), Lang Whitaker.
Il revient sur sa première saison en NBA, sur son enfance nudiste particulière et partagée entre un père tennisman, zoukeur, gourou athlétique & mental ainsi que célébrité préférée des français désormais déserteur et une mère artiste sculpteuse & ancien mannequin. Il relate également son passage dans les colonnes faits divers de la presse mondiale et sur les leçons qu'il en a tiré.
SLAM : Tu as l’air plus costaud que l’an dernier. Tu as pris du muscle ?
NOAH : Ouep, un peu. Mais il y a encore du chemin à faire. On a deux mois avant l’engouement des fans pour la saison. Je pense que j’ai eu une trêve super en terme de prendre du bon temps avec les voyages et les visites familiales. Enfin, j’ai tout de même bossé, mais je pense que dans les deux prochains mois je vais rentrer dans ma propre routine, me focaliser sur ce que je dois faire pour être prêt pour la saison. On a l’opportunité de faire quelque chose de très bon, c’est donc important de tous débuter dans la meilleure forme physique que possible.
SLAM : Tu as dit que tu as eu une trêve géniale. Certains pourraient ne pas être d’accord avec cela. David Stern ne serait pas d’accord. (L'Affaire NOAH)
NOAH : David Stern ne serait clairement pas d’accord. Mais… qu’est ce que je peux dire ? Je pense que tout arrive pour une raison. C’est plutôt un avertissement qui m’a ouvert les yeux. Mais je ne le regrette pas. J’ai définitivement appris de cette épreuve, mais je ne la regrette pas. Je pense que ça va m’aider sur le long terme. Apprendre de ses erreurs. Toujours apprendre de ses expériences. C’était humiliant. Quand tu joues en NBA et que tu entends « ta-ta-ta, ta-ta-ta » (il chantonne le Jingle d’ESPN), tu sais que tout le monde va savoir ce que tu as fait. Il faut donc juste faire attention. Mais c’était juste deux jours de cet été. Actuellement, tout ce qui importe est le basket et de gagner quelques matchs. Voilà tout ce qui compte en ce moment.
SLAM : J’étais surpris de ton arrestation. Tu as grandi dans un environnement de folie à NY City, qui force d’une certaine manière à mûrir plus vite, et tu as connu beaucoup de choses à Florida, également. J’étais juste surpris parce qu’il me semblait que tu étais plus au courant de comment marchent les choses que la plupart des joueurs qui entrent en NBA.
NOAH : Je ne veux pas dire que les gens essaient de te coincer, mais d’une certaine façon tu es une cible. Particulièrement quand tu es dans une petite ville comme Gainesville. Mon amour pour Gainesville est démesuré. Les gens m’ont demandé, vas-tu revenir à Gainesville ? En particulier des gens de Gainesville ou des fans des Gators, et bien sûr que je reviendrais. J’aime cet endroit. Vous pensez qu’à cause d’un petit incident je ne voudrais plus venir à Gainesville ? Est-ce que je pense que j’ai été harcelé ? Oui, mais ça n’a pas d’importance. En même temps j’ai fait une erreur. Je ne vais pas me plaindre ou chercher des excuses. C’est arrivé et le plus embêtant est que ça risque de me porter préjudice sur le long terme parce que je voulais faire des trucs avec les enfants et que je n’ai pas pu à cause de cette image, de cette bonne conduite à avoir tellement importante pour la NBA. Et c’est compréhensible, il y a beaucoup d’argent en jeu et leur image compte beaucoup pour eux ; il faut respecter ça. Je suis juste un petit poisson dans un putain de grand étang.
SLAM : Et David Stern est Poseidon.
NOAH : Carrément. Si je ne devais retenir qu’une chose, qui m’a surprise, c’est la vitesse à laquelle l’affaire s’est propagée dans les médias. Ouvrir une cannette de bière et se faire un demi joint de Marijuana et, direct, ça fait le tour du monde. Des gens m’appelaient de partout, du genre : tu es dans mes prières… Je me disais : Wow, c’est fou. Et tout ça à cause d’une chose : « ta-ta-ta, ta-ta-ta ». C’était partout ! Deux semaines plus tard je suis allé en France et c’était la folie.
SLAM : Mais vous êtes sur une si grosse scène que…
NOAH : Et bien ça fait partie du processus d’apprentissage pour moi. Il faut faire attention. Je connais peu de gens qui se sont fait arrêter. Ce n’est pas comme si je descendais la rue avec un joint et une binouze dans les mains tout en criant et parlant fort. Mais j’ai baissé ma garde un instant et ce qui est arrivé, arriva. Donc j’ai appris que l’on doit juste faire attention et je me dis que ça aurait pu être pire. On m’a juste fait une petite tape sur les mains et tout le monde le sait. C’est désormais à mon tour d’apprendre de mes erreurs. Tout le monde fait des erreurs, je suis sur que tu as fait pire.
SLAM : Ben tout le monde se fiche des erreurs que je puisse faire. Le truc est que beaucoup de personnes font gaffe aux tiennes. Quelques personnes font gaffe aux miennes, mais des millions aux tiennes.
NOAH : La NBA est tellement énorme, mais en même temps il faut maintenir son image. Je me rappelle de ma jeunesse, regardant les joueurs NBA, et c’est à peu près la même chose. Même si ce n’est pas juste d’être constamment sous les feux des projecteurs, de voir que les gens vont écrire un truc si tu vas en boîte, il a été vu ici en train de faire ci & ça… c’est marrant pour personne. Mais en même temps, c’est juste le revers de la médaille. Les avantages et les inconvénients. Je ne changerais ça pour rien au monde.
SLAM : Tu suivais qui quand tu étais enfant ? Quel joueur ?
NOAH : J’étais un fan des Knicks. Charles Oakley, Patrick Ewing, Greg Anthony — toute la bande. Anthony Mason, Derek Harper, John Starks — l’équipe était crasseuse, dure au mal, pas de lay-ups offerts. C’était l’ère Riley. Mais même après, avec les Larry Johnson, etc. J’étais juste un énorme fan des Knicks.
SLAM : Est-ce que tu respectais ton père en tant qu’athlète, ou est-ce que tu le voyais juste comme ton père ?
NOAH : Je pense que j’ai toujours été influencé par mon père, mais c’était plus dans mon subconscient. C’était toujours mon père mais en même temps, quand je grandissais, je le voyais partir courir ou s’entraîner. Même s’il sortait, il était toujours strict dans sa préparation physique. Il m’a appris à aller courir, de temps en temps, avant les cours. Je veux dire, qui va faire un footing au lycée ? Personne. Je me rappelle que je restais parfois dans son appart de NY et qu’il me réveillait tôt pour partir courir à peu près 5 kilomètres dans Central Park et faire des pompes avant l’école. Je savais que personne à l’école n’avait jamais fait ça. Je me demande combien de jeunes font ça en ville ? Je sais que Sebastian Telfair le faisait et il est en NBA… Mais combien d’enfants font vraiment ça, de la préparation physique avant d’aller en cours ? J’ai clairement appris ça de mon père. Et pourtant, le cadre de vie de mon enfance n’était pas propice à se faire mal.
SLAM : C’est presque être né avec une cuillère d'argent dans la bouche.
NOAH : C’est exactement ça. Mais chez ma mère ce n’est pas comme ça. Et j’ai vraiment grandi avec elle, dans le quartier de Manhattan Hell’s Kitchen. Mes parents ont divorcé quand j’étais très jeune. C’était un endroit agréable, mais il y avait toujours une différence dans notre train de vie quand ma sœur et moi allions vivre chez mon père comparé à celui chez ma mère. C’était une bonne chose parce que ça nous apprend à relativiser les choses. Je savais qu’il y avait une différence claire entre vivre avec mon père ou ma mère et je pense que ça m’a aidé. L’été, je vivais avec Mr Tyrone Green (son mentor & formateur) qui était comme mon coach particulier. Il m’a emmené dans les « projects » et c’était la première fois que je voyais la pauvreté dans NY et des trucs du genre. Et je ne connaissais rien à la culture Basket, j’étais un enfant français. Je suis aujourd’hui fier de venir des quartiers les plus bourgeois & friqués de France et d’avoir grandi dans un tel cadre mais aussi également de pouvoir aller en ville à Dyckman et d’être respecté. Peu de jeunes peuvent en dire autant, tu sais ?
SLAM: Comment tu t’es retrouvé à vivre chez Mr.Green ?
NOAH : Il travaillait à quelques pâtés de maisons de là où j’habitais, dans Hell’s Kitchen. J’allais là bas tous les jours pour jouer au basket et m’entraîner. Ma mère et ma sœur partaient toujours en France et il m’a dit : tu ne peux pas partir comme ça. L’été est la période où les basketteurs deviennent meilleurs. Il m’a dit que je devais faire des sacrifices ; je suis donc resté avec lui et je suis devenu plus fort, plus dur, j’ai travaillé.
SLAM : Quand as-tu décidé que le basket serait ton sport ?
NOAH : J’ai toujours aimé le basketball.
SLAM : Est-ce que c’était important en France quand tu étais jeune ?
NOAH : Suffisamment. Je suis allé dans une école américaine, et ma grand-mère paternelle jouait dans l’équipe nationale du Cameroun. C’était la seule dame blanche de l’équipe camerounaise. J’ai commencé à jouer vers 8, 9 ans. L’école commençait à 9 heures mais j’y allais à 8 heures pour jouer avec le prof de sport. Ensuite j’ai rejoins un club du coin et j’ai commencé à jouer tout le temps.
SLAM : Dans quel quartier de Paris tu as grandi ?
NOAH : Dans une petite ville juste à l’extérieur de Paris. C’était simplement…, enfin je veux dire que les gens parlent des personnes friquées et bourgeoises ici (NY) mais ils ne comprennent pas ce qu’est être un bourgeois. Le mot US « Bougie » utilisé vient du français bourgeois, et j’ai vécu tout ça. Ma mère était une artiste très ouverte d’esprit ; ma sœur et moi gambadions tout le temps tout nus quand nous étions enfants, vers 2, 3 ans. Dans le monde du tennis on était comme des animaux incontrôlables. Mais ils ne disaient rien parce que mon père était dans les parages et que ça ne le faisait pas de faire une remarque. Il était déjà le seul mec noir dans le milieu et avait des Dreads, etc. & tout le monde l’adorait. Tout le monde savait qui il était.
SLAM : Il est encore adulé là bas, non ?
NOAH : L’amour qu’il reçoit est probablement encore plus fou aujourd’hui. Il n’y a jamais eu de joueur français à gagner Roland Garros depuis lui. C’est un noir/blanc avec des dreads et le seul français à l’avoir remporté en 80 ans ; et maintenant il cartonne dans sa passion musicale — c’est l’artiste numéro 1 en France. Tu rajoutes à cela le tennis, puis 2 Coupes Davis en tant que coach, et enfin tu casses tout dans le music business ? L’amour qu’il reçoit est juste inqualifiable…
C’est pour ça qu’il retourne vivre ici (USA), c’est juste trop là bas.
SLAM : C’est un bon problème à avoir.
NOAH : Ouep, c’est ce que je lui dit et ce qu’il me dit également, d’ailleurs.
SLAM : Maintenant que ta saison de rookie est terminée et en prenant du recul, est-ce que c’était proche de ce que à quoi tu t’attendais ?
NOAH : C’était une expérience folle. J’ai traversé tant de choses en une seule saison. Les coaches, les échanges, les gens virés, ma suspension de l’équipe. Et quand on évolue dans un gros marché comme celui de Chicago, quand les choses ne vont pas bien…
Je n’ai jamais été aussi exposé aux médias.
SLAM : Même quand toi et ta troupe aviez gagné les titres NCAA à Florida ?
NOAH : Enfin c’était similaire mais ça ne durait que 2, 3 jours. Ca représente une semaine dans ta vie. Et en université tu ne te fais pas descendre de la sorte. Chez les pros, quand tu n’assures pas…
Tu joues pour la ville et à Chicago les gens ont des attentes énormes. Et c’est une bonne chose. C’est supposé être ainsi. T’imagines, 10 ans en arrière ils collectionnaient les bagues de champion. Mais tout roule, j’ai l’impression d’avoir vécu beaucoup de choses et ça va me servir.
SLAM : As-tu senti une progression dans ton jeu au cours de l’année ?
NOAH : Ouep, c’est une histoire de confiance. Je veux dire que je suis passé du stade où je ne jouais pas du tout à celui où je jouais de manière conséquente, genre 30 minutes par match, à la fin. Ce que j’ai appris sur la NBA est que rien n’est jamais acquis. Chaque soir tu joues contre les meilleurs joueurs du monde et tout ce qui importe est d’être à fond tous les soirs. Ton corps est tellement fatigué après le 10ème match que tout est affaire de solidité physique et mentale. Gérer les distractions est aussi la clé.
[L'article original, en VO, ici]
16 juillet 2008
Transferts NBA, les Soldes de l'été... Part I
(Le lien musical ci-dessus n'est on ne peut plus approprié à la chronique qui va suivre)
Voilà, pêle-mêle, un panorama des transferts NBA les plus importants de ce mercato.
Marcus Camby & Baron Davis aux LA Clippers.
LA bis, qui a perdu Elton Brand & Corey Maggette (partis respectivement aux 76ers et Warriors) a enfin les moyens de devenir une franchise importante. Ils ont réussi à remplacer leur intérieur 20 points 10 rebonds contre la probable meilleure aide défensive de la ligue, ainsi que leur scoreur individualiste contre l’un des 5 meilleurs meneurs NBA.
Ce n’est pas tout, l’équipe dirigeante semble avoir eu le nez creux avec la draft des excellents rookies Gordon et la bonne affaire DeAndre Jordan, que tous les scouts pensaient voir finir, il y a encore quelques mois, dans le top 5 du premier tour… non du deuxième (35ème choix)…
Camby pourrait retrouver son poste originel d’ailier fort et former avec Kaman & Thornton le frontcourt rebondeur le plus dominant de la saison à venir. Qui plus est, il servira de tuteur au jeune Jordan, encore ingénu du jeu mais aux qualités physiques indéniables.
Quant à Davis, il rentre au bercail et va s’atteler à préparer sa retraite, qu’il passera sous les feux d’autres projecteurs, ceux du cinéma, un art qui l’attire de plus en plus.
Accessoirement et sous garant d’une condition physique parfaite et délestée de son habituelle surcharge pondérale lors du prélude de la saison, il mènera les troupes en playoffs pour y créer une surprise aussi retentissante que celle menant à l’élimination des Mavericks il y a un an.
Si les Clippers ont dû allonger les billets pour s’offrir Davis, ils ont simplement offert le droit d’échanger leur second tour de draft 2010, soit 100 balles et un mars, pour obtenir la vieille montagne du Colorado. Comme LA était largement sous le salary cap, il leur était possible d’absorber le salaire de Camby sans avoir à compenser 80% de sa valeur mercantile.
En coulisse les Nuggets doivent avoir un plan d’action secret pour pallier au départ de leur meilleur défenseur, à moins qu’ils croient en un retour à la Lance Armstrong de Nene Hilario, fraîchement opéré d’une tumeur des couilles…
Elton Brand aux Phila 76ers.
Les aventures des Pistons lors des derniers playoffs n’étaient pas loin de s’achever plus tôt que l’habituelle finale de conférence, la faute à une superbe jeune équipe de Phila, menée par un brillant Andre Miller et la fougue de la jeunesse des Iguodala, Young, Williams & consorts. Hélas, le manque de scoring intérieur a fini par annihiler leurs efforts. Qu’à cela ne tienne, Elton Brand arrive à la rescousse et apportera son énorme croupe dans la raquette, aux côtés du défensif Dalembeast et du Rodman du smicard, Reggie Evans.
Dans la faiblarde conférence Est, Phila devient derechef une équipe qu’il vaudrait mieux éviter une fois la post saison arrivée, surtout si Brand est aussi régulier que lors de sa carrière à LA.
Corey Maggette aux Warriors.
Après deux saisons somme toute assez marrantes des troupes de Don Nelson, il était temps de changer la donne. Baron Davis n’a pas réellement été retenu, le GM Chris Mullin préférant miser sur l’avenir et les jeunes pousses, Monta Ellis, Belinelli, Wright, Biedrins & le rookie Anthony « Lamar Odominho » Randolph. Hélas, comme ces jeunes joueurs sont encore tendres pour dominer la ligue, il fallait remplacer l’apport de Davis, ce que devrait faire (exclusivement offensivement) le slasher maître ès fautes provoquées Corey Maggette.
Hélas, avec le faux meneur, vrai scoreur Ellis aux commandes et les swingmen Maggette & Jackson qui n’aiment pas partager la balle, la saison des Warriors risque d’être chaotique, à moins que Nelson réinvente un système carrément fou.
Maggette alignera encore de belles statistiques, mais regrettera vite d’avoir pris les dollars plutôt que de s’engager avec les Spurs, un temps intéressés.
Mike Pietrus aux Orlando Magic.
Sans être cocardier, cette transaction pourrait être l’une des plus importantes de ce mercato.
Pourquoi ? Parce que l’ailier tricolore répond à un besoin criant du jeu floridien. Il devrait aisément prendre la place de Bogans dans le 5 de l’équipe et apporter sa douzaine de points ainsi qu’une grosse défense et du rebond, rendant cette équipe bien plus dangereuse qu’elle ne l’était la saison dernière. Si son shoot à distance devient consistant, alors les Magic pourront régner sur la conférence Est, fort d’un quatuor Howard, Turkoglu, Lewis & Pietrus trop pénible à contenir.
Le mercato n’est pas fini pour Orlando et après s’être renforcé sur le poste deux avec le très bon rookie Courtney Lee & Mike Pietrus, l’objectif est maintenant d’améliorer les performances de la mène, ou le duo Jameer Nelson / Anthony Johnson est indigne d’un éventuel prétendant au titre. (A noter que, s'il en avait la possibilité, le passeur Telfair exploserait enfin aux commandes d'une telle armada offensive...)
Jermaine O’Neal aux Toronto Raptors & TJ Ford aux Indiana Pacers.
TJ Ford se voyait plus fort qu’il ne l’était et refusait de voir Calderon devenir le meneur titulaire de la franchise canadienne. Il sera donc le nouveau dépositaire du jeu de Pacers en pleine reconstruction, où sa vitesse devrait se marier aisément avec le jeu offensif prôné par coach O’Brien.
O’Neal aux côtés de Chris Bosh, c’est la meilleure raquette de la ligue si JO se rappelle qu’il n’a pas encore 30 ans… S’il retrouve ne serait-ce que 80% de ses capacités d’il y a 2 saisons, Toronto figurera aux côtés des Sixers aux rayons des équipes dangereuses pour la concurrence.
Quand on voit ce que les Raptors ont pu réaliser avec Bargnani en 5, on ne peut que se dire que la saison s’annonce excitante en Ontario.
Wait & See...
Hormis ces gros transferts, d’autres changements de maillots devraient avoir lieu d’ici la reprise de la saison, avec notamment un probable échange Artest Vs Odom ou Josh Howard ou une dizaine d'autres possibilités, T-Mac aux Pistons, Marbury viré des Knicks et libre de s’engager chez un prétendant léger au poste 1 (Orlando ?), le revenant Shaun « ex-nouveau Magic » Livingston qui intéresse les Suns, ou encore les transférables Michael Redd, Vince Carter, Shawn Marion, un des 4 meneurs de Memphis qui n’a pas un nom de sauce & Josh Smith, qui se prend pour l'ex-nudiste — mais toujours arriviste — de l’Élysée avec ses requêtes de princesse. (Il vient de déclarer que le club devra virer le coach pour le conserver; oui, le même coach qui le laisse shooter quand il veut à trois points alors qu’il n’est pas régulier sur la distance...)
Et pour finir, la plus surprenante transaction de cet été, la baptême de l’enfant de Dieudonné avec Jean Marie Lepen dans le rôle du parrain poule. Avant de s’exciter sur un éventuel pétage de plomb du comique de génie, n’hésitez pas à voir l’interview du descendant du peuple des forêts dans le dernier numéro de Gasface, dans lequel il tente de s’expliquer sur son ouverture d’esprit subversive.
Un article sur la christianisation médiatique malgré elle de la petite Plume (nom de sa fille) ici.