29 octobre 2008

NBA Preview: Cleveland Cavaliers


The Desperado


--Danny Ferry ne s’est pas trop mal sorti de son mercato en faisant venir meneur scoreur Mo Williams (17,2 pts 6,3 asts) des Bucks contre pas grand-chose (perte de Joe Smith et Damon Jones). De quoi rassurer King James quant à la compétitivité de sa team et de maintenir l’espoir qu’il reste dans l’Ohio.

--Williams devrait apporter un second danger offensif régulier aux côtés d’un James bien seul dans ce domaine. Plus encore, la présence d’un arrière scoreur aussi dangereux devrait créer des espaces pour Lebron, ce qui reviendrait à abandonner un Texan avec une foreuse dans une Arabie Saoudite désertée.

--Mais en fait, la principale question tournera autour de l’entente entre James et Williams et de l’implication du reste de l’équipe. En effet, le jeu de Williams (un tantinet individualiste) pourra-t-il cohabiter avec celui de Lebron « 4x4 » James ? Et si oui, ce duo parviendra-t-il à faire participer leurs laborieux mais utiles et indispensables coéquipiers ? En effet, même si la grande majorité de la marque reviendra à James et Williams, les noms suivants sur le roster ne devront en aucun cas être bridés pour imaginer Cleveland aller loin en post-season.
--
En effet, l’apport des Ilgauskas, Szczerbiak, West, Gibson et compagnie bien qu’aléatoire pourrait être décisif tout au long de la campagne. Kobe Bryant a réussi à maximiser le rendement de certains de ses partenaires comme Luke Walton ou Sasha Vujacic, Lebron James arrivera-t-il à faire de même avec les siens ? Il devra en passer par là pour gagner une bague.
--
Cette année encore le salut des Cavs passera par la défense et le dévouement de chacun (n’est-ce pas, Mo ?). Ils ont les moyens de tenir la raquette avec le grand lithuanien, le physique Varajeo et mythique mais essoufflé Ben Wallace. On attendra aussi les promesses du 19ème choix de draft sorti de la fac après une seule année, JJ Hickson (il va voir du pays à l’entrainement, lui).
--
Pour résumé, si Cleveland trouve une vraie identité de jeu, maintien le niveau de défense qui a été le sien pendant les play-offs, si les intérieurs montrent qui c’est qui commandent et que les flèches des Gibson, Szczerbiak, West et Pavlovic font mouche, les Cavs resteront un solide bastion de l’Est qu’il n’est jamais agréable d’aller chercher.

Pronostic : Une place en demi avec un pop-corn XL et un grand coca.

Notes :
- Les Cavs visent peut-être les Finals à l’Est mais je ne suis pas sûr qu’ils puissent nourrir de telles ambitions dans la conférence rivale.
- Les habitants de Cleveland (les Clevelandois ?) ont peur de voir Lebron quitter leur charmante ville à tel point qu’ils ont l’impression que le Chosen One déteste tout ce qui y touche. Si ça c’est pas un bon climat pour inciter Lebron à rester,…
- Delonte West a eu des problèmes de dépression mais il semble en être sorti. De quoi lui permettre de jouer libéré ou on contraire risque-t-on de le voir rechuter en cours de saison ?
- Sinon pas grand-chose, Cleveland n’est pas la franchise la plus sexy et ne fait pas kiffer grand monde, mais ça c’est pas nouveau.

Vous êtes vous déjà demandé pourquoi les Cavs ne sont pas glamours? Premier élément de réponse:









-----1970-1983





D'entrée, les couleurs et les maillots sont pas terribles, mais on va dire que c'était du style de l'époque (et puis il y a prescription maintenant). En même temps, Earth Wind and Fire passait en boucle à télé donc ça aurait pu être pire (on aurait pu avoir des maillots type Goldorak version gay pride à Rio de Janeiro). Ce sont Gus Williams et Roger Phegley qui sont immortalisés avec ces maillots (pour leur plus grand bonheur) sur ce site.








--------1983-84






Il y a du avoir des licenciements dans la franchise parce que y'en a qui ont pas trop forcé sur la cafetière pour nous sortir ce logo et les jerseys qui l'accompagnent. Notez quand même l'ingénieuse idée du "V" en forme de panier de basket. Les mecs de la publicité doivent être vert de ne pas avoir eu cette idée...
Certains auront peut-être reconnu Ron Harper, ancien coéquipier modèle de His Airness lors de ses derniers titres qui était un scoreur de première classe dans l'Ohio (22,9 pts par matches pour sa saison rookie en 1987) et le meneur au shoot mathématique, Mark Price (40% à 3 pts et 90% aux lancers en carière).









---1994-2003





Ce logo est à la fois terriblement imaginatif et ridiculement
ennuyeux. Par contre, le premier maillot (ici délicatement porté
par le génial meneur Terrell Brandon) est indescriptible (d'ailleurs j'ai pas pu résister à l'envie de
mettre la version extérieure et domicile) et la seule chose qui nous vient à l'esprit c'est de se demander ce qu'ils ont fait de l'esprit torturé qui a pondu ces jerseys.





Back to the sobriété avec cette collection
où le mailot noir est plutôt sympa (Dajuan Wagner) même si le blanc fait penser à un spot pour les produits laitiers (Andre Miller dans le rôle du milkiway). Mais comme l'équipe qui se trémoussait dans ces tuniques n'a jamais fait grand chose (y'avait Ricky Davis faut dire), elles seront vite escampés pour une nouvelle ère avec l'arrivée d'un nouveau jeu de maillot accompagnant celle du Chosen One.
Mais bon, on peut changer le logo et le maillot, on efface pas pour autant le passé (surtout quand il est marrant à rappeler).

StillBallin

28 octobre 2008

Gasface interdit en kiosque par sa sainteté l'homme blanc...


Cette fin Octobre aurait dû être marquée par une bonne et profonde lecture du meilleur mag du marché, GASFACE.
Malheureusement, quelques ânes en ont décidé autrement et une association fait actuellement pression pour interdire la vente de Kung-Foutre sous prétexte que les titres ne soient pas à leurs goûts...

Voilà la couv qui a fait dresser les cheveux de ces idiots tellement fort qu'ils se retrouvent avec la coupe à Didier Drogba...

Je vous laisserais méditer sur cette énorme injustice qui n'a pas lieu d'être en communiquant un message diffusé par les responsables du magazine:

"Bonjour,

Certains d'entre vous ont pu remarquer que le numéro 06 de Gasface était difficile à trouver depuis sa sortie en kiosque le 23 octobre dernier.
L'explication est tombée ce matin sur notre répondeur, par la voix d'un représentant des NMPP, notre distributeur.
Un grand nombre de diffuseurs, notamment parisiens, refusent de mettre en vente le dernier numéro de Gasface, "à cause des titres" présents sur la couverture.
Pas d'explication légale pour l'instant, on sait juste que le titre est menacé d'un retrait des kiosques, sur tout le territoire français, par l'Union Nationale des Diffuseurs de Presse."

Et comme il n'est pas possible de se lasser du Kung-Foutre, voilà le communiqué de presse, réalisé par la rédaction de GASFACE :

"LIBERTE DE LA PRESSE : faut-il préférer le boycott à la censure ?

Musique, cinéma, société : en trois mots, voilà l’horizon de Gasface. Un magazine culturel dont l’épicentre est le Hip Hop, en kiosque depuis 2 ans et dont la pertinence a été saluée dans les colonnes de Technikart, sur La Matinale de Canal + et même par une animatrice de France Inter, qui trouve que « ça fait penser aux Inrocks d’il y a 20 ans. ».

Voilà pour les présentations. Maintenant, les problèmes :

Le jeudi 23 octobre, Gasface ouvre la boîte de Pandore avec « le numéro blanc », consacré aux Blancs et à leur place dans ces milieux où ils sont une minorité : Hip Hop, Basketball, R’nB…Des univers qui sont le « territoire » éditorial de Gasface.
Le dossier passe au crible les clichés anti-blancs les plus éculés pour les prendre à contre-pied et s’en moquer. D’où l’idée d’une accroche ouvertement absurde en couverture :

« Ils dansent mal ! Ils sont méchants !! Ils sont partout !!!
Même Barack Obama en est à moitié un…
FAUT-IL AVOIR PEUR DE CES ENCULES DE BLANCS ? »

Grossier ? Pas plus que Charlie Hebdo ou Siné Hebdo.
Vulgaire ? Moins que la centaine de revues pornos qu’on trouve au-dessus de Moto Journal.
Raciste ? Heu... les deux responsables du magazine sont blancs. Nico excuse Mathieu, Mathieu pardonne Nico, et pendant ce temps les NMPP continuent à distribuer Minute et National Hebdo.

CENSURE ? (ci-dessous, article des Inrockuptibles, Ctrl+Clic pour agrandir)

Le mardi 28 octobre, un message d’une responsable des NMPP nous alerte : « Il y a des réactions du réseau, certains diffuseurs refusent de mettre le magazine en place ». D’après elle, l’Union Nationale de Diffuseurs de Presse (UNDP) va entrer en contact avec nous. Elle évoque une possibilité de retrait des kiosques, « à cause des titres ».

Le surlendemain, nous parvenons enfin à contacter notre référent attitré aux NMPP. Sans aborder la moindre justification légale, la responsable évoque un problème de racisme et de vulgarité. « La réunion du ministère a déjà eu lieu (...) les magazines vont être retirés des kiosques dès la fin de la semaine ». NMPP et UNDP reçoivent les premiers coups de fil de journalistes.

Vendredi 30, 17 h : Erik Boursier, le directeur-adjoint des Coopératives d’éditeurs (société détentrice à 51% des NMPP) nous contacte : « J’ai eu le directeur de l’UNDP au téléphone, il n’y a jamais eu de plainte, pas la moindre directive de leur côté. J’ai regardé le Journal Officiel : aucune interdiction de la part du ministère de l’Intérieur. Il n’a jamais été question de retrait ou d’interdiction. Pour nous, l’affaire est close ».

Nos précédentes interlocutrices des NMPP étaient-elles simplement amatrices de canular ? A combien de cm de la censure sommes-nous vraiment passés ? Les questions des journalistes ont-elles inquiété les responsables NMPP et UNDP, qui pensaient pouvoir se débarrasser en douce d’un titre déplaisant ? Pourquoi des gens si haut placés s’inquiètent-ils maintenant des retombées d’une « non-affaire » ?


BOYCOTT ! (ci-dessous, article de Libération, Ctrl+Clic pour agrandir)

Qu’en est-il de Gasface à l’heure actuelle ? On ne sait toujours pas si le ministère de l’Intérieur a été saisi ou non. Ce qui est certain, c’est que dans un grand nombre de kiosques sensés nous diffuser (plus d’1/4 de ces points de vente, d’après nos estimations), notre magazine ne quitte pas l’arrière-boutique.

Faut-il rappeler qu’en France la presse est libre, et que le pouvoir de censure appartient à l’Etat ? Même partiel, ce boycott est parfaitement illégal.

Comme 80% de la presse française, Gasface est distribué par les NMPP et paye cher sa distribution. Au final, la part de l’éditeur (Gasface Media) décroît à mesure que le taux d’invendus augmente. Si le magazine se trouve à la cave au lieu d’être en rayon, ce taux peut vite avoisiner le score de Chirac au 2nd tour de 2002, et les revenus de l’éditeur se réduire à l’équivalent du budget vacances d’un RMIste.

Car pendant ce temps, les NMPP facturent la distribution de 100% du stock. A l’atteinte à la liberté de la presse s’ajoute donc un préjudice financier.

Notre recours ? D’après M.Boursier, il n’y en a pas. Pas de responsable du point de vue de la loi. Ou plutôt, il y en a 15 000 : « Chaque kiosque prend la responsabilité de mettre le titre en vente ou pas. Notre boulot c’est de livrer le kiosque, pas de s’assurer que le journal soit mis en vente. On ne peut pas mettre un flic derrière chaque point de vente. C’est à vous de voir sur le terrain, kiosque par kiosque.»

Le réseau de diffusion est une vaste zone de non-droit, en somme. La liberté d’expression s’y applique ou non, au bon vouloir des marchands de journaux.

Voilà où nous en sommes,
et voilà où se trouve la presse indépendante en 2008."

Dominique Guye
.

27 octobre 2008

Juicy Fruit


En mattant par curiosité les Hip Hop Award 2008, je suis tombé sur la bande annonce d'un futur film à aller voir absolument, ne serait-ce que pour donner du plaisir à vos oreilles.

Notorious, film sur la vie de Christopher Wallace a.k.a Notorious Big, donne vraiment envie.
D'après les trailers les acteurs n'ont pas forcément trop de ressemblances physiques avec Big Poppa ou P-Diddy (j'imagine le casting: un gros noir et un autre un peu beau qui porte bien les sunglasses feront l'affaire), et Faith Evans paraît bonifiée par rapport à l'originale, mais on s'en fout, voir un film où tant de perles musicales seront dévoilées vaut déjà le coup en soi.

Seule mauvaise nouvelle, le film ne sort qu'en début Janvier 2009 et ne devrait pas durer 16 heures, le temps qu'il faudrait pour rendre hommage à la carrière de Biggie Smalls...


Dominique Guye.

26 octobre 2008

NBA Preview: Los Angeles Lakers


The Revanchist


--Le squelette de l’équipe finaliste l’an dernier est toujours là, renforcé par le retour d’Andrew Bynum. Et cette année, on ne rigole plus. Alors que la saison passée, LA n’était devenu un sérieux candidat au titre qu’après leur surprenante première moitié de saison et l’arrivée (et la rapide adaptation) de Pau Gasol. Désormais, les hommes du lac auront toute l’année pour éprouver leur jeu, leurs automatismes et surtout leur mental. Car tout le monde a pu voir Los Santos se déliter en finale, emmené par un Gasol et un banc intimidés.

--Après cette démonstration, les Lakers devront s’attendre à voir leurs adversaires durcir la raquette et ainsi annihiler le grand ibérique. A cela, Phil Jackson répondra certainement en lançant le puissant Bynum qui semble être bien retapé cette fois. D’ailleurs, la combinaison réunissant ces deux forces intérieures en décalant Gasol en 4 (son poste d’origine) est alléchante, alliant le toucher et l’intelligence de Pau à force brute et l’athlétisme d’Andrew.

--Toutefois, l’attaque en triangle chère à Phil Jackson, a trouvé toute son efficacité avec quatre extérieurs qui tournent autour du seul Gasol dans la raquette où ses qualités de finisseur, son talent de passeur et son intelligence de jeu transfigure le jeu des Lakers et lui donne toute sa flamboyance. Or, comment appliquer ce style avec Gasol et Bynum ensemble sur le terrain ? Bynum pourrait occuper la raquette rendant à l’Ibère son poste naturel d’ailier fort mais Bynum n’a pas la capacité de jouer le rôle que Gasol jouait l’an passé et je ne pense pas que Gasol puisse reprendre ce rôle dans une peinture encombrée et avec un extérieur en moins pour recevoir ses caviars. Peut-être que ces deux joueurs parviendront à trouver une sorte d’alchimie ou en tout cas à ne pas se marcher sur les pieds car si c’est le cas Los Angeles devra utiliser une forme de jeu plus conventionnelle à la place de celui qui a fait leur force l’an passé.

--Dernière réserve : réussiront-ils à garder le même état d’esprit ? Sur ce plan, la saison passée a été parfaite, devenant même l’une des causes de leur réussite mais je pense que cette ambiance a pu s’installer grâce à des circonstances fédératrices comme les prévisions d’avant-saison qui ne les voyaient pas aller plus loin que les play-offs, le soudain changement de mentalité de Bryant (qui a incité ses coéquipiers à maintenir un bon état d’esprit pour éviter de briser la nouvelle attitude de leur star) et la blessure du jeune Bynum alors en pleine éclosion (poussant les joueurs à faire front dans l’adversité).

--Or l’effectif comprend un leader parfois difficile à suivre (Bryant) et des éléments majeurs à la motivation volatile (Odom, Gasol, Radmanovic) ou en proie au doute (Odom, Gasol, Walton). Alors, quel sera l’état d’esprit des angelinos cette année ?
--La saison ne sera pas un long fleuve tranquille pour les hommes du lac, mais ils ont tous les atouts pour sortir vivant du Battle Royale NBA. En réalité, tout dépendra d’eux.

Pronostic : candidat pour être candidat au titre (It’s the Western conf’, baby !)

Notes :
- Kobe Bryant est le seule mec qui s’est mis en mode crevard pour accrocher un titre comme l’heureux Garnett ou les amers Charles Barkley et autres Karl Malone, sauf que lui, des titres, il en a déjà gagné trois.

- Phil Jackson compte 9 titres à son actif. C’est plus marrant Philou, tente un nouveau challenge, prend les Grizzlies.

- Beaucoup d’incertitude plane sur le 5 majeur : A l’ancienne (Gasol-Odom dans la raquette et Bynum sur le banc), en mode bourrin (Bynum-Gasol-Odom sur le terrain avec Lamar en 3) ou en subtilité (Bynum-Gasol et Odom qui rentre) ?

- D’ailleurs, comment va se comporter Lamar « je-joue-bien-que-quand-je-suis-la-troisième-option-de-l’équipe » Odom, lui qui n’a semble-t-il pas apprécier l’idée de Phil Jackson de ne pas l’inclure dans le cinq majeur et qui est dans sa dernière année de contrat ?

- Vujacic va-t-il rééditer sa grosse saison et justifier son nouveau contrat ?
- On attend plusieurs joueurs des Lakers pour prendre part à la course au trophée MIP (Most Improved Player) cette saison : Andrew Bynum, Vujacic s’il joue à son meilleur niveau au moins trois soirs sur quatre et Jordan Farmar dont on attend qu’il passe un nouveau cap derrière l’inoxydable mais quand même âgé Fisher (34 ans).
- Premier pas de l’anciennement appelé le Magic Chinois (maintenant c’est Monkey King), Sun Yue.

- Le Bench Leader Turiaf, n’est plus là, qui pour réagir à chaque action et faire tourner la serviette ? DJ Mbemga ? Sun Yue ? Radmanovic ? … Pitié, non.

Après les stars ?
--30, 29 et 28, c’est l’âge des membres du trio Bryant-Odom-Gasol qui a emmené L.A. jusqu’aux Finals. Il fera encore des dégâts pendants deux, trois voire quatre saisons mais après ?
--
Bynum semble parfaitement incarner le futur des violines et ors mais les négociations sur le prolongement de son contrat butent quelque peu. L’ancien lycéen demanderait goulument 17 millions par an (plus que Gasol, Yao Ming, Amare Stoudemire ou encore Lebron James) alors que les Lakers étaient plutôt partis sur des bases de 10 millions. C’est qu’il est pas bête le bougre, il sait que les pivots aussi prometteurs qu
e lui sont rares et qu’en face il y a un Dwight Howard qui gobe des Brad Miller à chaque respirations et un Greg Oden qui regarde la scène avec le détachement de celui qui sait qu’il pourra tenir tête à l’ogre de Floride.
--
L’avenir de la Cité des Anges passera certainement par celui du jeune pivot mais sont-ils prêt à allonger la m
onnaie (et à céder aux caprices) pour un joueur de 21 ans qui a encore beaucoup à prouver et qui a été blessé pendant les deux tiers de la saison (sachant que le proprio doit aussi signer les chèques de Kobe et Pau) ?
--
La question du
contrat de Bynum met l’avenir de la franchise en suspens car à part lui, L.A. ne compte pas de joueurs capables de porter un jour la destinée de la team sur ses épaules, seulement des (très utiles) joueurs de compléments comme Farmar, Vujacic et Ariza.
--Si le futur angelino tréb
uche de son statut, il sera intéressant de comparer la courbe descendante de la franchise à celle des rookies Darrell Arthur et Marc Gasol et du sophomore Javaris Crittenton (tous trois à Memphis). En effet, Los Angeles se sont débarrassée du dernier, des droits de l’Espagnol et du choix de draft (qui a permis à Memphis de prendre Arthur) pour pouvoir s’attacher les services de Pau Gasol. Ce transfert avait été jugé déséquilibré (un peu comme la pub pour free où Van Gogh échange une de ses toiles contre un bol de soupe) mais il faut savoir qu’Arthur est considéré comme un très grand potentiel et que certains lui prêtent un avenir étincelant.
--
Si les Violines e
t Ors accrochent le titre avec Gasol sous leurs ordres, no problem, mais si ce n’est pas le cas et que le jeune Arthur explose (sans compter l’avenir peut-être radieux du talentueux Crittenton et du précieux Marc Gasol), on pourra légitimement se demander qui est le vrai gagnant du transfert. Évidemment, refaire l'Histoire a posteriori est une chose facile mais il est toujours intéressant de suivre les aboutissants des événements et de mesurer toute la portée du retentissant transfert Pau Gasol contre Kwame Brown, Javaris Crittenton, Marc Gasol et un premier tour de draft.

StillBallin

25 octobre 2008

Rubrique Négrologique - Octobre, tueur des préjugés?


A l’heure où se joue le match le plus important de 2008, opposant McCain à Obama, l’hypothétique victoire de ce dernier, à l’issue de ce mois d’octobre de campagne, pourrait mettre un terme à l'un de nos sports nationaux : la critique de l’Américain lambda.

Ces dernières années, il était extrêmement facile de se moquer de l’américain de base, ce « redneck » (que l’on peut traduire par beauf ou plouc) qui avait juré allégeance à un W. Bush décrié partout dans le monde. L’association de ces Américains avec l’image que l’on a du cowboy méfiant à l'égard des étrangers bat encore son plein.

Or, la tendance est plutôt au changement si l’on en croit les pronostics.
Le pays accusé de divers maux en –isme : chauvinisme, racisme voire ségrégationnisme, capitalisme, etc. pourrait accepter de se faire gouverner par un Africain Américain…

Hérésie, comment un membre d’une minorité pourrait-il mener la politique américaine ? Et nos préjugés alors, ils y ont pensé ?

C’est là que ça devient intéressant, parce que la critique de l’Américain lambda n’aurait plus la même légitimité (si jamais elle en avait une), surtout quand on connaît la situation de notre pays et de ceux qui nous entourent, à savoir un racisme évidemment tacite que tout le monde accuse, avant de le laisser s'exprimer une fois face aux urnes.
On n’assistera jamais dans un futur proche au couronnement d’un membre de la grosse minorité du pays, que ce soit un Maghrébin ou une personne d'Afrique noire pour la France, un Pakistanais en Angleterre ou encore un Turc en Allemagne. Du coup, qui devient le « redneck » ?

Bien sûr, si McCain sort vainqueur de l’affrontement, les préjugés seront renforcés et on entendra alors des critiques sur le racisme sous-jacent de l’Américain de base, qui a préféré son vieux blanc, vétéran du Vietnam, plutôt que le dynamique, mais effrayant, candidat noir.

Dominique Guye.

24 octobre 2008

NBA Preview: Boston Celtics


The Owner

--
Avec un groupe quasi-inchangé (une seule perte importante, celle de James « D, 3’s and titles » Posey, parti apporter son expérience aux jeunes et ambitieux frelons de la Nouvelle Orléans), Boston reviendra défendre son titre et reste l’un des principaux candidats à sa propre succession.

--Toutefois, rassasiés par leur copieuse et brillante victoire la saison dernière, les trois Celts’ en chef (Garnett, Pierce et Allen) et leur bataillon retrouveront-ils la même envie, la même application, le même altruisme et le même sens du sacrifice qui ont fait leur force la saison passée ou bien vont-ils s’embourgeoiser à la manière des Pistons après leur titre en 2004 ?
--
Plus encore que lors de l’exercice précédent, la réussite de Boston dépendra du supporting cast, que ce soit simplement pour soutenir le Big Three ou compenser ses éventuelles baisses de formes (motivation, âge ?). Les jeunes, notamment Rondo et Perkins, auront leur mot à dire et leur progression pourrait être le facteur clé des Celtics, car eux seuls pourront apporter une véritable valeur ajoutée.

--D’un autre côté, Garnett, Pierce et Allen sont libérés de la pression de gagner un titre. Ils peuvent se relâcher comme je l’ai dit un peu avant ou, au contraire, jouer complètement libéré en prenant du plaisir, ce qui pourrait être bien plus dangereux pour les adversaires des Greens.

--Accessoirement, on n’a pas vraiment pu voir comment l’ancien high schooler au genou fuyant, Darius Miles aller se comporter puisqu’il s’est fait couper avant la fin des matches d’exhibition. Par contre, on va surveiller le rendement des deux intrigants rookies, JR Giddens et Bill Walker (futurs bonnes pioches ?).

Pronostic : candidat au titre (what else ?)

Notes:
- Beaucoup ont critiqué le pari du GM Danny Ainge, lequel hypothèquerait le futur de Boston en faisant venir Garnett et Allen. Et bien le blondinet a passé l’été à bosser pour combler ce déficit. Désormais, les Celts’ possèdent une jeune garde très dense et possédant un état d’esprit irréprochable (pour ne pas dire grec) avec Bill Walker, J.R. Giddens et l’ancien espoir (drafté en n°9 en 2006), Patrick O’Bryant dont le potentiel reste intéressant et dont le profil s’ajuste parfaitement à ceux de Perkins et Glen Davis. S’il a jusque-là était décevant, il a montré de bonnes choses en pré-saison et vous pouvez être sûr que Garnett va lui botter le derche jusqu’à que ses conseils rentre dans sa caboche. Ces trois-là ajouté à Rondo, Perkins, Powe et Davis, ça fait une belle escouade regroupant talent, complémentarité et esprit d’équipe. De quoi voir venir.
- Paul Pierce est en train de craquer et passe ses journées à crier sur tous les toits qu’il est le meilleur joueur du monde (comme quoi on peut avoir été un exemple de leadership, d’altruisme et de sens du sacrifice pendant toute une saison sans perdre le melon).
- Les fans de la première heure de Boston dont le teint glissait vers le grisâtre depuis dès années, ne doivent plus se sentir en ce moment (certains étaient au bord du suicide. C’est dommage, ils avaient déjà acheter la corde).
- Le recrutement de Darius Miles, ça faisait partie des programmes NBA cares ?

On s’en fout :
- Sam Cassel veut devenir coach (…)
- Avant même d’être renvoyé à la maison, Darius Miles était suspendu 10 matches
- La rupture du contrat de Miles a bien soulagé le comptable des Blazers (Portland aurait dû comptabiliser le gros salaire dans son salary-cap si leur ancien employé avait participé à un certain nombre de rencontre sous le maillot vert)
- Tony Allen a eu un gros début de pré-saison avant de revenir à des bases plus habituelles
- Brian Scalabrine

StillBallin

20 octobre 2008

New York City Transit

-
Pourquoi tant de marches ?
--L’escalier en colimaçon défile sous mes semelles usées sans jamais sembler prendre fin. Si seulement il n’y avait pas cette odeur d’urine. J’ai dû perdre la notion du temps pendant un moment parce que je suis finalement arrivé à mon palier. Je laisse échapper un bruyant soupir avant de pousser la porte.

« Enfin de retour, Carl »
------ -Du nouveau ?
------- Seulement le type pour la chaufferie. Il passera Vendredi.
------- Merci Tess mais rien sur les Knicks ?
------- Rien.

--J’abandonne mon assistante et fais comme si je ne remarquais pas son regard de pitié qu’elle me lance par-dessus ses lunettes. Elle ne peut vraiment pas s’empêcher s’en faire pour moi comme si j’étais encore un adolescent mal dégrossi. Ça m’énerve, mais comment lui en vouloir ?
Je pousse la porte surmontée d’une vitre opaque. Carl Payne, The Post Tribune, y est écrit en grosse lettre noire. Le mec qui a posé cette inscription cachait avec peine sa pitié ce jour-là. Carl Payne, le seul journaliste qui bosse en dehors des locaux de son journal. Manque de place, on lui a dit. Fallait que ça tombe sur lui, évidemment. Le mec qui tient la chronique financière (quoi de plus barbant ?), lui, il bosse au bureau. Faut dire que lui, il a pas ouvert sa grande gueule face au rédacteur en chef. Encore une fois, t’as bien joué, Carl.

--Je jette mon chapeau sur le porte-manteau d’un revers de la main droite. Raté. Je ne suis pas un New-Yorkais pour rien. Je ramasse le galurin, le tape pour enlever la poussière (faudra bien qu’un jour je fasse un peu de ménage ici) et le repose sur ma tête. L’imper’, lui prend sa place sur l’une des patères du porte-manteau.
--Quelle heure il est ? 23h37 sur l’horloge murale au dessus de la porte, ça me laisse environ deux heures avant que les presses ne s’activent. Je m’installe devant ma machine à écrire, glisse une feuille dans le chariot et pose mes doigts sur les touches.

--Rien. Rien ne me vient en tête. Que voulez-vous que je raconte, il ne se passe rien chez les Knicks.
--Je pose mes pieds sur le coin du bureau, la chaise en équilibre sur deux pieds et tire mon couvre-chef sur les yeux. Les Knicks. Un grand chambardement avec l’arrivée de D’Antoni et la draft qui a suivie mais après plus rien.
--Le recrutement du coach Italo-américain est le premier coup du nouveau boss, Donnie Walsh et on pensait que c’était la première étape d’une refonte totale de cette équipe qui n’a maintenant de mythique que les couleurs. Surtout que D’Antoni et les Knicks, c’est pas gagné.

C’est vrai que ses origines italiennes renouent avec les racines et l’identité de Big Apple et que sa réputation n’est plus à faire mais le jeu prôné par l’ancien Sun est aux antipodes de l’esprit « Knicks », ce condensé de sueur, de défense et de rugosité qu’apprécient tant les fans du Madison. D’Antoni, lui préfère le showtime, l’attaque à tout va et tant pis pour la défense. Durcir le jeu, ça, Phoenix période D’Antoni n’a jamais pu le faire. Qu’en sera-t-il à New York si les joueurs essaient de courir lors qu’on les bouscule ? Le public du Madison est intraitable avec les faibles.

--Quand même, le jeu qui a fait la réputation de l’Italo-américain colle assez bien avec les actuels joueurs de NY. Des gars très forts offensivement mais qui ne portent qu’un intérêt modéré pour la défense. Les joueurs de Phoenix, candidat au titre, n’étaient pas très différents sauf peut-être pour une chose. L’altruisme. La clé de la réussite des Suns était cette volonté de passer la gonfle au joueur le plus à même de scorer. Mes Knicks à moi, n’ont qu’une notion très abstraite de l’utilité de faire une passe.

--C’est pourquoi tout le monde pensait que la franchise allait connaître du mouvement. Que dalle. Les gros salaires cancérigènes, Marbury, Randolph, Curry sont toujours là. L’équipe bricolée par Isiah Thomas n’a quasiment pas changé. Le duo Walsh-D’Antoni promettait du nouveau, on attend toujours.
--Si, il y a bien Chris Duhon qui a investit un nouveau casier. Un bon petit gars, pas mauvais mais pas extraordinaire. Vrai meneur mais pas de quoi sublimer son entourage. Surtout celui-là. L’ancien de Duke est la plus grosse recrue des supposés nouveaux Knicks. Pas de quoi fouetter un chat et encore moins la crémière.

--Comment je pourrais remplir un papier avec ça ? 00h12 à l’horloge, même elle semble se payer ma tronche. La machine à écrire reste désespérément silencieuse comme endormi dans la ville qui ne dort jamais. A croire que Donnie Walsh a apporté un peu de l’Indiana aux Knicks. Génial.
--Je repose mes pieds à terre, remonte mon chapeau sur le front et tire le tiroir. Y’avait bien une bouteille par là, non ? Mes doigts s’enfouissent dans les papiers, caressent puis palpent un cylindre de verre et l’agrippent victorieusement pour porter la bouteille à mes yeux fatigués. Du coca. Génial.

--Je la décapsule quand même. Se saouler au coca c’est pas aussi glorieux mais bon… La fenêtre de mon bureau est encore éclairée par le vieillissant lampadaire de l’autre côté la rue. Je tire le store vénitien d’un geste souple et milles fois répétés. En bas, une voiture de police siffle la chaussée toutes lumières et sirènes dehors. Le gars qui bosse pour les faits divers doit en avoir des trucs à écrire dans ses colonnes, lui. Mon regard blasé se pose sur l’enseigne délavée d’une quincaillerie. J’aime bien cette enseigne, elle me fait penser à Little Italy à l’époque où les italiens d’Amérique ne parlaient jamais en anglais.

--Le rookie, Gallinari n’est peut-être pas passé par Ellis Island mais son arrivée couplée à celle de D’Antoni prend des formes de retour aux sources pour la franchise New-Yorkaise, comme si la elle devait retrouver les vieilles valeurs, celles du travail, des manches retroussés et de la nécessité de prouver qu’on a sa place ici.

--Il a autant de plomb dans les bourses que dans la tête ce gamin, tout le monde l’aurait vu s’il n’était pas blessé. Gallinari, c’est de la technique et du mental, le genre de mec dont New York a besoin pour en faire une équipe viable. S’il arrive à s’adapter à la NBA et à encaisser la pression de la Grosse pomme. La première fois que le mot « Knicks » a été associé à son patronyme, il a déjà été hué comme une tanche dans le far-west. Dur comme entrée en matière. Il n’a pas bronché. C’est le mec qu’il nous fallait je vous dis.

--Même si j’ai confiance en lui et que D’Antoni va en prendre soin (qui ne prendrait pas soin du talentueux fils d’un de ses vieux potes ?), New York, ça reste la jungle. Et les Knicks, plus encore. Plus personne ne s’y est attiré de respect depuis Ewing et cet allumé de Sprewell. Apparemment, pour y réussir, il faut soit être une bête, soit un inconscient. Le petit Gallinari a du mental, mais en a-t-il suffisamment ? New York, c’est pas New Orleans. Malheureusement ou heureusement, je sais pas.

--Finalement, elle est descendue vite la bouteille de coca. Je la pose sur mon bureau avec son quart de liquide brun-noir. La capsule entre les doigts, je vise la corbeille dans le coin opposé et relâche le fouetté du poignet. La capsule cogne le rebord gauche de la corbeille et retombe lamentablement au sol. Si j’étais à Boston, je l’aurais mis.

--Ma feuille ne s’est toujours pas remplie. Qu’est-ce qu’elle attend ? 00h40. Le temps est en fait un complot contre moi. Si ce n’était pas le cas, il m’aurait attendu, non ? Et puis si c’est pas un complot, c’est non assistance à personne qui risque de perdre son job. Que voulez-vous que je vous dise, la solidarité n’est plus une valeur de nos jours. J’ai toujours dit que le temps n’était qu’un ingrat.
J’entends quelqu’un gratter à la porte. Ça doit être Tess.

------- Carl ? Crie-t-elle à travers la porte où se dessine péniblement sa silhouette à travers le verre dépolie.
------- Quoi ? Beugle-je sans conviction de mon fauteuil derrière mon bureau.
------- Avez-vous bientôt terminé votre article ? Savez-vous que les presses vont bientôt être mises en route et que vous ne pourriez plus faire publier votre article ?
------- (Sans blagues, murmure-je) J’ai presque fini, je fignole.
------- Oh, alors je vais attendre, vous n’aurez qu’à me le transmettre quand vous en serait satisfait, j’irais le porter tout de suite après.
------- Ne vous embêtez pas Tess, j’irais le porter moi-même (comme si j’avais besoin de sentir l’attente d’une personne supplémentaire), rentrez chez-vous, il commence à se faire tard.
------- Très bien, vous n’avez besoin de rien avant que je m’en aille ?
------- Non, ça ira… Si, attendez, il ne nous reste pas une ou deux bouteilles de coca, par hasard ?
------- Du coca ? Je ne savais pas que vous buviez ce genre de boissons, Carl.
------- Ça fait des années que j’en bois.
------- (mon assistante entrebâille la porte avant d’y glisser sa tête) Ah oui ?
------- Tess, je n’ai pas vraiment le temps de discuter de mes habitudes alimentaires…
------- Oui, oui, excusez-moi, je vous laisse. Bonne nuit, Carl.
------- ’nuit.

--Je ne crois pas qu’elle ait vu la feuille blanche. Enfin, je ne suis pas sûr. Au moins, Elle est partie. En même temps, j’aurais pu dire que c’est sa faute si je n’ai pas pu rendre mon article à temps si elle était restée. J’aurais pu bidonner une excuse qui lui mettrait tout sur le dos. Qu’est-ce que je raconte, c’est la dernière fois que je bois du coca, moi.
--Au pire, j’ai qu’à écrire un truc bateau sur l’histoire de la franchise ou un ancien Knick. Je porte la bouteille de coca au trois quarts vide à ma bouche et en avale une gorgée. Je pourrais récapituler les bastons successives de la franchise. Ça plait toujours au gens ça. Ou alors je pourrais évoquer une vieille gloire New Yorkaise, voire une légende comme Patrick Ewing.

Patrick Ewing…

Et dire que nos braves dirigeants ont recruté son fils. L’intention est bien gentillette mais Junior ne possède pas un dixième du talent de son père. Même en NCAA, son rôle se limitait à défendre et à prendre des rebonds. Pour un grand pivot, ça m’aurait suffit, mais le petit Ewing est un banal ailier de 2 mètres 03. Cette sympathique attention en forme d’hommage au grand joueur qu’a été Ewing et qui vise aussi à mettre un peu de baume au cœur des New Yorkais, risque au contraire de tourner au cauchemar.
--Porter un maillot des Knicks floqué des lettres E-W-I-N-G lorsque l’on possède un niveau limité peut paraître suicidaire. Ce gamin sera observé, scruté, analysé et tout ça à l’échelle de son père. Je n’arrive même pas à uriner quand une seule personne me regarde (activité que je fais tous les jours sans jamais connaître de difficultés), alors comment lui peut (bien) jouer au basket avec des milliers de paires de yeux dans le dos sur lequel est superposé l’image translucide d’une légende ?

--D’un autre côté, l’attention porté à Junior ne pourra pas s’exercer sur les épaules de Gallinari qui lui peut apporter à la franchise, pour peu qu’on lui en laisse le temps. C’est peut-être ça la stratégie des dirigeants. Utiliser Ewing Junior comme paratonnerre pour laisser D’Antoni, Gallinari et les autres (enfin les autres…) le temps de travailler et de se lancer sur les bons rails, à l’abri des attentes excessives et exigeantes des fans. Le pauvre Junior est lancé en pâture au fauve. C’est presque s’il ne passerait pas pour un héros à mes yeux, tel le soldat qui se lance sur une mine pour sauver son bataillon. Là, j’aurais un truc à écrire. Je pourrais même réhabiliter le fiston. Enfin si les Knicks renouent avec les sommets. Sinon, le petit aura été sacrifié pour rien.

--En même temps, tout le monde connaît le niveau d’Ewing fils. S’il reste dans son registre, défense, rebond, dunk spectaculaire, et surtout s’il se bat comme un enragé chaque seconde qu’il passe sur les parquets du Madison, il pourrait devenir le chouchou du Garden. Personne ne lui en demandera plus et le public New Yorkais est absolument dingue de ce genre de joueur qui défend dur et se donne à fond. Quoi de mieux que le fils de la légende de la franchise pour incarner l’esprit des Knicks ? Suffit qu’il se dépouille chaque soir et qu’il travaille dur. Ça a presque l’air facile.
--
Je ne sais pas si Donnie Walsh à calculer les choses comme ça lorsqu’il a conclu le transfert à l’origine de la venue d’Ewing. En plus, il a été échangé contre les droits de draft du pivot français Fred Weis (donc littéralement contre rien), lequel est le symbole de la déchéance des Knicks dans l’esprit des fans New Yorkais. C’est lorsque le prometteur pivot a été pris à la place de la rugueuse star locale, Ron Artest, que la franchise a perdu le soutien de son public et a commencé sa descente aux enfers. Quand serait-il maintenant si Artest avait été sélectionné ? Ironie du sort, Weiss (enfin ses droits) se retrouve avec Artest à Houston, la franchise qui avait gâché les espoirs d’Ewing senior et des Knicks de remporter le titre lors des Finals 1994.
--
Weiss constitue malgré lui un traumatisme dans l’esprit des fans du Garden et l’échanger les a peut-être soulager d’un poids qu’ils n’avaient même pas conscience sentir. Ce départ, qui n’est que symbolique, est le point de départ d’une nouvelle ère dans leur esprit. Enfin, je crois.
L’équation de Walsh est plutôt intéressante (même si honnêtement, je ne sais pas si elle a été calculée comme ça). Echanger le symbole de la déliquescence de la franchise contre l’incarnation du souvenir d’une légende New Yorkaise lequel pourrait devenir la coqueluche du Garden sans qu’on ait trop à lui demander et par la même occasion détourner l’attention des espoirs de réussite de la franchise, D’Antoni et Gallinari. Intéressant.

--Par ailleurs, j’y pense, si Duhon en meneur réservé et propre qu’il est se contente de donner les ballons aux bons moments aux gâchettes que sont les Crawford, Randolph ou Robinson, les Knicks auront en partie réglé leurs problèmes de cohérence et d’organisation offensive. Si on y réfléchit un peu, certains Suns comme Stoudemire ou Barbosa sont loin d’être des modèles d’altruisme. Duhon n’est pas Nash évidemment, mais la grande majorité des Knicks sont des très forts joueurs de un contre un ; suffit que l’ancien Blue Devil lâche la pelote lorsque l’un de ces énergumènes est en situation faire sa fête à son unique opposant.
--J’en sais rien, faudra attendre que la saison s’endurcisse de quelques mois avant d’avoir de vraies réponses. Au moins le staff à l’air de réfléchir, c’est déjà ça. Et même s’il est peu être un peu trop prudent, cette façon de faire apparaît comme un soulagement après ce qu’on a vécu les années précédentes.

--J’attrape la bouteille profilée... Elle est vide. Mon œil se porte sur l’horloge avec dédain, comme un guerrier expérimenté ne craignant pas la horde furieuse qui court en rang serré dans sa direction. 1h34. Je suis dans la merde. Je me redresse sur ma chaise, baisse mon chapeau sur les sourcils et je commence à écrire. Rien de bien folichon, je raconte la naissance de la franchise lorsqu'on les appelait les Knickerbockers de New York. Ça ne fera jamais que le 26ème fois.


StillBallin


16 octobre 2008

StillBallin présente "Mercato via la draft 2008." Part VII

(Article proposé par un chroniqueur indépendant invité sur ce blog, StillBallin.)

Les joueurs à suivre du second tour :

--Contrairement aux joueurs sélectionnés au premier tour, les franchises n’ont pas l’obligation de proposer à leurs recrues du second tour un contrat de trois ans minimum. Ainsi, et sachant que les meilleurs joueurs ont déjà trouvé preneurs, elles peuvent se permettre de tenter des paris. En effet, cela ne leur coûte pas grand-chose (un second tour seulement, c’est-à-dire un douzième homme en général) et le risque de voir un échec les plomber est proche de zéro puisque le joueur en question ne signera au maximum qu’un contrat d’un an de faible valeur.

- Ceux qui étaient calibré pour le premier tour :

Mario Chalmers (n°33 par Minnesota puis envoyé à Miami): Combo-guard doué en attaque, excellent défenseur et intelligent, il a été jugé trop petit et pas assez athlétique pour être un 2 et ses skills de point guard sont trop limités pour le poste 1. Toutefois, sa session de summer league a été brillante et Miami devrait tirer un grand profit du MOP du tournoi NCAA sur un poste déserté par Jason Williams, jusqu’à peut-être même en faire un jour un solide titulaire. En attendant, ses qualités défensives, son shoot et son team spirit devraient efficacement compléter le trio Wade-Marion-Beasley.

DeAndre Jordan (n°35 par LA Clippers): Ses qualités athlétiques exceptionnelles pour un pivot en ont fait un candidat au top dix de la draft, son immaturité et ses lacunes techniques et mentales l’ont repoussé jusqu’au second tour. Son potentiel est évident et avec du travail, de la concentration et du temps, Jordan pourrait suivre les traces d’Andrew Bynum et devenir un pivot d’impact dans la ligue. D’ailleurs, avec des mentors comme Camby (aspect défensif) et Kaman (offensif), un autre avenir serait considéré comme un camouflet. Quoiqu’il en soit, en choisissant Jordan au second tour, les Clippers ont pris un pari qui peut leur rapporter gros sans avoir à miser beaucoup. Bien joué.

Chris Douglas-Roberts (n°40 par New Jersey): L’ancien coéquipier de Derrick Rose à Memphis (finaliste du tournoi NCAA) était la première option offensive de son équipe. Arrière de grande taille (2,01m), scoreur plus que shooteur, il pourrait devenir un joker offensif de poids dans la future équipe des Nets (vous savez, celle avec Lebron).


- Ceux qui un jour peut-être rejoindront les role player All-Stars :


Joey Dorsey (n°33 par Portland puis envoyé à Houston): Intérieur de petite taille mais incroyablement combatif, puissant et excellent défenseur et rebondeur, il devrait se charger de la sale besogne avec une voracité indécente. L’abattage de l’ancien nettoyeur de Memphis University permettra au duo Yao Ming/Luis Scola de se concentrer sur leur entreprise d’écœurement de la défense adverse. Faudra sortir crics et machettes pour aller chercher la raquette des Rockets cette année.


L.R. MBah a Moute (n°37 par Milwaukee): L’effectif des Bucks étant talentueux et plutôt tourné vers l’offensif, le couteau suisse d’UCLA viendra intelligemment s’y greffé pour se charger du travail obscur. Son jeu ramasse-miettes à la Josh Childress et son dévouement devrait être d’une précieuse aide et faire office de glue entre ces joueurs un brin individualistes. Un choix intelligent donc.

Kyle Weaver (n°38 par Charlotte): Un potentiel de spécialiste défensif de la NBA qui possède aussi une très intéressante vision de jeu, une vraie qualité de passe et un QI basketball élevé. De quoi faire de l’ancien combo-guard de Washington State le missionnaire préféré de Larry Brown.
[Edit : Weaver a été transféré à Oklahoma City qui disposera ainsi de deux gros défenseurs sur les postes arrières avec Westbrook. Il faudra beaucoup de sang-froid et de technique aux meneurs adverses car les ex-Sonics disposent désormais d’une arme défensive à deux têtes capable de maintenir une pression folle sur ce poste-clé. Stratégiquement, OKC devient de plus en plus dangereux et commence même à ressembler à quelques grosses écuries européennes. De quoi faire venir Messina ?]


- Ceux qui nous intriguent :

Nikola Pekovic (n°31 par Minnesota): Joueur made in FIBA, aux antipodes du prototype NBA qui pourrait malgré tout (selon moi) être une plus-value déterminante pour n’importe quelle franchise. Son efficacité dans la peinture quasi-inédite dans la ligue américaine pourrait être d’un grand bénéfice, même sur de courtes séquences, à condition que Pekovic soit bien utilisé. Beaucoup d’obstacles se dressent sur sa route pour réussir en NBA (taille, qualités athlétiques) et l’angle de tir est très mince mais un entraîneur intelligent pourrait ce délecter des services du pivot serbe.

Omer Asik (n°36 par Portland puis envoyé à Chicago): Asik a besoin d’encore un peu de temps pour se développer mais il peut devenir le genre de solide et précieux intérieur qu’apprécient les franchises NBA. Grand, assez athlétique et doté d’une jolie envergure, le Turc s’est fait connaître dans un registre de défenseur-rebondeur-contreur de très haute facture. Rien que cela est suffisant pour lui faire une place dans la ligue américaine. Encore un peu limité offensivement bien que disposant d’un joli touché près du cercle, il ne sera jamais le pilier d’une équipe mais plutôt un efficace intimidateur-nettoyeur toujours disponible pour marquer un panier lorsqu’il est en position ou après un shoot raté. Sympa.

Nathan Jawai (n°41 par Toronto): The beast from Australia. Sa puissance phénoménale, son envergure surprenante, son explosivité et son impact sous le cercle devraient faire souffrir quelques pensionnaires NBA et apporter quelque chose de différent des deux autres tours des Raptors, Chris Bosh et Jermaine O’Neal. D’ailleurs, son potentiel offensif est très intéressant bien qu’il ne soit encore que légèrement entamé et, petite touche du chef, son intelligence ou plutôt son feeling pour le jeu transparaît quelquefois même si sa connaissance du basket est encore limitée. Ce type de joueur est plutôt rare aux Etats-Unis et si sa réussite n’est pas assurée, ce pari vaut le coup d’être tenté.

Ante Tomic (n°44 par Utah): Tomic appelle énormément de similitudes avec Pau Gasol avec son physique longiligne (2,17m), son talent offensif, sa mobilité surprenante, son intelligence de jeu, sa qualité de passe… et son manque d’agressivité. Sa défense ne pouvant pas non plus se targuer d’une solide réputation, sa réussite en NBA reste hypothétique. Il devrait rester en Europe quelques temps et peut-être un jour rejoindre les Jazz s’il parvient à faire taire ses défauts et à se dépasser. Si c’est le cas, Utah aura réussi un steal semblable à celui des Spurs avec Manu Ginobili en 1999 (n°57).

Goran Dragic (n°45 par San Antonio puis envoyé à Phoenix): Le jeune slovène est un combo-guard très percutant, rapide, solide shooteur et bon défenseur mais sa capacité de distributeur et ses compétences à la mène sont plutôt limitées. Cela ne change pas énormément de certains combos américains qui ont l’habitude de faire la navette entre la D-League et le bout du banc des franchises NBA mais Phoenix fait le forcing pour l’avoir dès cette année alors qu’il est encore sous contrat avec le TAU Vitoria (Dragic a officiellement débarqué en Arizona depuis). Le fait qu’il évolue déjà à un très haut niveau et que son potentiel est encore grand est peut-être la raison de cet intérêt pressant des Suns. Toutefois, plusieurs observateurs pensent que Dragic ne pourra pas s’imposer en NBA, du moins pas maintenant. Une occasion de juger le flair des dirigeants de Phoenix.


Bill Walker (n°47 par Washington puis envoyé à Boston): Inscrit à la draft après une seule année universitaire, il le dit lui-même, son jeu convient plus à la NBA qu’à la NCAA. L’ancien coéquipier de Michael Beasley est considéré comme le plus grand athlète de la draft mais dont les fondamentaux comme les aspects de son jeu qui ne font pas appel à son extraordinaire physique sont très limités. Toutefois, tout le monde s’accorde sur l’envergure de son potentiel tandis que plusieurs personnes soulignent ses progrès et le voient prendre le même chemin qu’a suivi Jerry Stackhouse. En effet, Walker a semble-t-il montré une grande soif d’apprendre et une (surprenante) intelligence qui couplées à son esprit de compétition et à son agressivité naturels peuvent faire de lui un joueur d’impact dans la grande ligue. Let’s see.


- Partie I, II, III, IV , V & VII de l'article -

StillBallin

08 octobre 2008

StillBallin présente "Mercato via la draft 2008." Part VI

(Article proposé par un chroniqueur indépendant invité sur ce blog, StillBallin.)

With the 26th pick, San Antonio Spurs select George Hill


Les différentes mocks draft prévoyaient plutôt pour Hill un strapontin aux alentours du milieu du second tour ; c’est dire si le choix de San Antonio est surprenant. Surprenant, certes, mais cohérent malgré tout.
L’élégant combo-guard est le genre de joueur qui se coule parfaitement dans cette franchise si atypique en NBA (je sais que ça fait bizarre de parler d’inconventionnalité lorsque l’on évoque les Spurs, mais leur identité old school est inédite dans cette ligue). Intelligent, mûre, altruiste, humble et bon défenseur, il rejoindra les rangs de la quasi-légendaire escouade de joueurs de devoir des Spurs.
Même s’il n’est pas encore un vrai meneur, son potentiel comme son état d’esprit laisse penser qu’il pourra malgré tout devenir un remplaçant efficace derrière Tony Parker. Souvent utilisé en arrière shooteur en NCAA, il a laissé de belles ardoises (bon shooteur notamment à mi-distance) et devrait donc aussi pouvoir amener un peu d’aide à la marque (le scoring derrière le Big Three est un problème récurrent des Spurs) même si ces performances aux summer leagues semblent dire le contraire. Avec un peu de temps, on peut penser qu’il peut devenir une rotation intéressante sur les deux postes arrière et colmater quelques déficiences de San Antonio sans pour autant trahir l’esprit de la franchise.
Cependant, dans une draft aussi profonde, on peut se demander si San Antonio n’aurait pas dû choisir un joueur un peu plus côté.
En effet, Mario Chalmers possède le même profil que Hill (combo-guard doué des deux côtés du terrain) et semble être bien meilleur que lui tant en défense qu’en attaque. Plus encore, Chalmers s’est vu couronné MOP au terme de la finale du tournoi NCAA où ses qualités de clutch player ont offert la victoire à son équipe (Kansas) qui comprenait pourtant les plus reconnus Brandon Rush et Darrell Arthur.
D’ailleurs, peu de temps après la foire aux espoirs, les Spurs ont recruté le combo-guard de Washington, Roger Mason. Cela signifie-t-il qu’ils ne jugent George Hill pas encore capable de tenir seul le rôle de back-up sur les lignes arrières ou bien la venue de l’ancien Wizard est-elle simplement indépendante (ou complémentaire) du rookie?
Enfin, Hill ne répond pas vraiment aux besoins les plus criants des Spurs : du scoring fiable en provenance du banc et des qualités athlétiques. Du scoring? Chris Douglas-Roberts, Donte Greene. Des qualités athlétiques? Bill Walker (disciple de Vince Carter), DeAndre Jordan (disciple de Dwight Howard), JR Giddens. Des réponses (partielles) à leurs problèmes majeurs étaient là, attendant fébrilement le moment de se lever de leur siège mais les Spurs ont semble-t-il préféré jeter leurs billes sur un joueur moins talentueux mais peut-être plus sûr et sur lequel on peut compter pour faire ce pour quoi il a été engagé.
Il est vrai que les Spurs espéraient (et croyaient) vraiment pouvoir prendre Nicolas Batum avant que Houston, placé juste un choix avant eux, ne leur coupe l’herbe sous le pied. Cette obligation de changement brutale de programme les a peut-être perturbés et peut-être que dans l’urgence, ils n’ont pas voulu prendre de risque et ont donc choisi le solide Hill.
Peut-être auraient-ils pu prendre Darrell Arthur (ou un autre joueur avec une belle côte) pour ensuite l’échanger contre deux solides joueurs de devoirs (rookies ou pas) et même contre Batum (en y ajoutant un petit quelque chose comme un sign-and-trade avec Barry par exemple) mais pour cela, il faut s’entendre sur l’échange avant la sélection et San Antonio ne disposait que de trois minutes (temps avant d’officialiser leur choix) pour en monter un. Compliqué.


With the 27th pick, New Orleans Hornets select Darrell Arthur

Ce sont les Hornets qui ont annoncé le choix de Darrell Arthur mais il était déjà convenu que ce pick serait envoyé à Portland (contre du cash) et ce sont donc bien les Blazers qui ont effectué ce choix.

L’effectif de Portland est déjà bien fourni et leurs besoins se limitent seulement (et encore) à un ailier créatif, polyvalent et bon défenseur. Ce profil n’étant plus disponible à ce stade de la draft, Portland s’est rabattu sur le meilleur joueur disponible. Et pas n’importe lequel.
Inexplicablement snobé par une dizaine de franchises jusque-là (des rumeurs sur son état de santé ont semble-t-il foutu la frousse à la plupart des dirigeants), Darrell Arthur a enfin eu le droit de monter sur l’estrade pour serrer la mimine de David Stern. Les Blazers n’y sont pas pour grand-chose cette fois mais ils ont encore fait un joli coup.
En effet, Arthur est un power athlétique, talentueux et complet souvent comparé à Antonio McDyess, et fut l’un des piliers de la victoire de Kansas dans le tournoi universitaire de cette année. Il est vrai que les Blazers affichent complet à ce poste avec le bientôt all-star LaMarcus Aldridge et son clone de l’ombre, Channing Frye mais ils ne pouvaient laisser échapper une telle opportunité (pas le genre de la maison).
D’ailleurs, Arthur permettra de diversifier les combinaisons intérieures peut-être un peu limitées par la trop grande similitude entre Aldridge et Frye.


The Blazers acquires Nicolas Batum from the Rockets for the rights to Darrell Arthur (No. 27) and Joey Dorsey (No. 33).

C’est vrai que Portland comptait sélectionner Batum (portrait) en treizième position avant que n’éclatent les pseudos problèmes de cœurs du français. Les dirigeants de l’Oregon ont voulu profiter de cette psychose pour conserver leur lottery pick et ne le choisir qu’en 27ème position mais ils se sont fait devancer par les Rockets.
Apparemment, le désir des Blazers de voir le français revêtir leur maillot était trop difficile à contenir puisqu’ils ont abandonné Arthur et le guerrier des raquettes, Joey Dorsey (33rd pick) qui soit dit en passant, aurait été le complément parfait de la talentueuse ligne intérieure rouge et noire en comblant quelques unes de leurs (relatives) lacunes (défense, agressivité, puissance).
Même s’ils ont dû se dépouiller pour acquérir Batum, ce choix me paraît judicieux. Au lendemain de la draft, le GM de Portland a annoncé qu’il comptait faire de lui leur chien de garde attitré, élément indispensable pour cette équipe brillante offensivement mais qui n’a eu que les encouragements sur leur bulletin en défense. Le manceau n’est pas encore un grand défenseur (seulement un bon) mais son potentiel (envergure démesuré, vitesse latérale satisfaisante, intelligence) laisse entrevoir cette perspective.
Pour ma part, je pense surtout que c’est son impact sur le jeu de son équipe qui sera déterminant. En effet, l’effectif des Blazers ne comptent qu’un seul vrai créateur, Brandon Roy, lequel étant déjà surchargé de responsabilités (leadership, scoring, mène). Batum pourra prendre son relais et mettre sa vision du jeu et son altruisme au service des Aldridge, Bayless, Oden et autres. Plus encore, il pourrait assurer la liaison entre les lignes intérieures et extérieures et ainsi assurer l’équilibre de l’attaque blazer.
Parallèlement, sa polyvalence lui permettra de jouer la rustine et donc de permettre à Portland de trouver la constance qui lui faisait un petit peu défaut cette saison.
Toutefois, il reste au français beaucoup de chemin à faire avant de devenir l’une des plaques tournantes de la franchise de l’Oregon. En effet, l’arrière ailier devra se frayer un chemin entre les jeunes et talentueux Outlaw, Webster et Fernandez. Son profil différent du leur et plus complémentaire avec l’effectif lui offre une chance de s’imposer, seulement, il doit pour ça se faire violence et montrer la volonté et l’agressivité qu’on cherche pour l’instant en vain, dans son attitude.
Parce que tout dépendra de ça. Son attitude déterminera s’il ne sera qu’un Boris Diaw époque Hawks ou un Boris Diaw sous le maillot des Suns, le trophée de MIP dépassant légèrement du sac et le nom accolé à celui de Magic Johnson dans les journaux américains.


With the 28th pick, Memphis Grizzlies select Donte Greene

Les Grizzlies ne réfléchissent plus, ils prennent les joueurs les plus talentueux possibles à peine guidés par les manques flagrants de leur effectif. Ainsi, ils ont choisi Donte Greene, combo-forward freshman de Syracuse qui appelle pas mal de similitudes avec Rashard Lewis.
Greene n’est pas prêt pour la grande ligue mais cela n’est pas un problème pour Memphis car la franchise n’est pas pressée.
Le vrai souci concernant la sélection du jeune artilleur est que Greene n’est pas ce qu’on peut appeler un joueur altruiste et les tickets shoots ne pourront pas être rationnés entre lui, le quand-même-un-peu-croqueur Mayo, le prolifique Gay et le meneur disciple de Tony Parker, Conley.
Mais Memphis ne s’en préoccupe pas pour l’instant. Les Grizzlies empilent les talents sans essayer de construire une équipe. Ça, ce sera certainement la seconde étape.
Je ne sais pas si cette stratégie à l’opposé de celle des Sonics portera ses fruits, ni même si elle est meilleure qu’une autre mais Memphis ne sera certainement pas compétitif cette année (ni même l’année suivante).
En effet, Conley n’est pas encore suffisamment bon gestionnaire pour partager efficacement la balle et répartir le rôle de chacun. Ainsi, additionner un joueur « trou noir » comme Greene aux Gay, Mayo et autres Crittenton ressemble à un pavé jeté dans la mare pour celui qui veut construire un vrai jeu collectif.
Je vois d’ici les multiples problèmes d’une telle combinaison : un enchaînement (souvent infructueux) de un-contre-uns (comme une mouche qui essaye de s’échapper d’une pièce par une fenêtre fermée), une prévisibilité amusante pour les défenseurs (même image) et un oubli systématique de servir le poste bas (vous avez remarqué que la mouche ne se rend jamais compte que l’autre fenêtre, elle, est grande ouverte ?).
Un entraîneur rôdé (pour ne pas dire doué) pourrait peut-être s’arranger pour utiliser les qualités de chacun sans subir de plein fouet leurs défauts et leur manque de complémentarité mais Iavaroni n’a pas montré une telle capacité la saison dernière alors que son cinq n’avait pas vraiment une mauvaise allure (Conley, Gay, Miller, Milicic ou Warrick et Pau Gasol, sans oublier Juanca Navarro en sixième homme). En effet, Memphis a peiné pour trouver une vraie identité de jeu (sans parler de la défense) et ce n’est certainement pas un joueur comme Greene qui va arranger les choses.
Mais bon, on se sert et après on avise.

The Grizzlies acquires Darrell Arthur (No. 27) from the Rockets for Donte Greene (No. 28), and a future second-round pick.

Ah ben ça, c’est plutôt bien avisé. La franchise de Rudy Gay avait une grosse faiblesse dans le secteur intérieur avec les seuls Hakim Warrick, Darko Milicic et Marc Gasol (Antoine Walker sera-t-il utilisé ou mis au garage ?), elle vient de récupérer l’un des meilleurs powers de cette promotion.
Associé à Marc Gasol, Arthur devrait rééquilibrer le jeu offensif de Memphis et multiplier les solutions d’attaque. Capable de défendre efficacement, il ne résoudra pas les problèmes des Grizzlies de ce côté du terrain mais pourra essayer de limiter les dégâts.
Mais surtout, Arthur est jeune (20 ans) et est prêt dès maintenant à se coltiner une grosse vingtaine de minutes par match face aux prédateurs et autres coupe-jarrets de la ligue. Ainsi et couplé à la faiblesse actuelle du secteur intérieur, il aura toute la latitude de prendre la mesure du niveau NBA et de progresser pour devenir une référence à son poste.
Parce que c’est ça qui est intéressant pour les Grizzlies : l’avenir. En effet, Memphis possède un potentiel indécent et le temps pour le réaliser.
Memphis a eu énormément de chance en ayant l’occasion de récupérer un joueur de la trempe de Darrell Arthur avec un 28ème choix de draft, autrefois la propriété des Lakers. Mais à la lumière d’aujourd’hui et peut-être de demain, le transfert de Pau Gasol à Los Angeles apparaît bien plus équitable qu’il ne le semblait au lendemain de la transaction. Le duo Arthur/Marc Gasol est la vraie contrepartie du transfert de Pau (plus les considérations salariales) et l’avenir nous dira qui sera ressorti gagnant de ce trade (ça sent le bon gros match nul).
Mais ne vous y trompez pas, Memphis s’en sort bien mais ce n’est en aucun cas un joli coup effectué par le GM des Grizzlies car trouver un joueur du potentiel d’Arthur en toute fin de premier tour est une grande surprise et était absolument imprévisible (d’ailleurs, les exemples de Batum et Arthur qui ont chuté à cause de leurs soi-disant problèmes de santé pourraient pousser quelques GM peu scrupuleux à lancer ce genre de rumeur pour récupérer des joueurs de bon calibre bien plus loin de la draft. A suivre…).
Le matos est là, il doit juste être rôdé pendant quelques années. Mais attention, même avec la plus belle des bécanes, si l’on ne sait pas s’en servir, le monstre ne pourra jamais être sorti du garage. Alors voilà à quoi le staff de Memphis devra passer son temps en attendant que leurs jeunes pousses ne déchirent les trottoirs de leurs racines : trouver une identité de jeu et une défense.

With the 29th pick, Detroit Pistons select DJ White.

DJ White est le genre de joueur qui aurait pu être forgé dans les zones industrielles de Detroit. Physique, dur, technique et excellent rebondeur, il devrait être immédiatement productif. Sa capacité à joueur dos au panier devrait offrir des solutions supplémentaires aux Pistons sans que le coach ait à faire des sacrifices car le power de l’Indiana est aussi capable de bien défendre tant en homme-à-homme qu’en aide.
Néanmoins ce choix est discutable. En effet, les ailiers forts sont déjà légions dans le Michigan avec les excellents vétérans McDyess et Wallace, le très utile Jason Maxiell, le prometteur Amir Johnson et le très solide (quand on lui donne sa chance) Walter Herrmann.
Il est vrai que Joe Dumars a dit qu’il y aurait des changements (Wallace notamment) mais rien ne s’est passé jusqu’à maintenant (d’ailleurs, Herrmann a resigné pour un an).

Detroit acquires Walter Sharpe (32nd pick) and Trent Plaisted (46th pick) from Seattle in exchange for the draft D.J. White.

Prendre White pour l’échanger contre deux joueurs un peu moins côtés, d’accord, mais est-ce que ces joueurs en valent le coup ?
Walter Sharpe n’étant même pas prévu dans les mocks draft, on peut supposer que les Pistons ont poussé Seattle à le choisir dans l’optique de l’échange et donc que ce joueur leur plaisait fortement.
Ni nbadraft.net, ni draftexpress n’ont pas pris la peine de s’y intéresser mais si l’on croit un assistant GM NBA, Sharpe est un power (qui devrait peut-être glisser sur le poste 3 en NBA) plutôt talentueux qui présente une intéressante combinaison de taille, de qualités athlétiques et de technique intérieure/extérieure.
Ce qui expliquerait peut-être son absence des mocks draft est son historique pour le moins étrange. Dans un premier temps, Sharpe aurait reçu une balle dans l’estomac en 2006 (et bien peut-être que Detroit cherchait un bad boy). Ensuite, on lui a diagnostiqué une narcolepsie (ah, ben non alors) qui lui aurait empêché d’avoir les résultats suffisants pour être déclaré éligible encore une année à l’université. Du coup, Sharpe s’est inscrit à la draft. Ses stats à l’Université d’Alabama-Birmingham (14,2 pts à 52,3%, 6,8 rbds et 1,8 blks en 25 minutes) sont intéressantes mais pas exceptionnelles et ont été produites dans une petite fac dans laquelle Sharpe était l’une des premières options.
Toutefois, si son décalage sur le poste 3 se passe bien, sa taille (2,06m) pourrait permettre aux Pistons d’avoir l’avantage dans les match-ups.


Trent Plaisted est un intérieur athlétique et rapide qui pourra rendre des services à son équipe mais pas vraiment plus (ses défauts -inconsistance, concentration, puissance, jeu face au panier, en situation de faiblesse lorsque son adversaire direct est aussi athlétique que lui- sont trop nombreux, difficilement réversibles et donc trop handicapant pour espérer quoi que ce soit).
Le fait qu’il soit travailleur et très coachable a certainement séduit Joe Dumars qui a dû voir en lui le potentiel d’un excellent back-up.
Joe Dumars nous a habitué à réussir de jolis coups lors des drafts précédentes (et pas seulement), parmi lesquelles ont peut compter Rodney Stuckey, Jason Maxiell ou encore Tayshaun Prince (n° 22 en 2002) donc on attendra un peu avant de juger de la pertinence de ce trade.
Sharpe est un pari mais il suivra peut-être le même chemin que Tayshaun Prince et Plaisted peut devenir le genre de joueurs de l’ombre qui ont fait la légende de Detroit. Néanmoins, ces joueurs ne semblent pas être à la hauteur d’autres joueurs n’ayant pas encore eu le plaisir de saisir la paluche de David Stern.
En effet, pourquoi ne pas prendre le pivot Dwigt Howard’ Style, DeAndre Jordan ? Les pivots sont toujours une denrée rare (plus encore dans le Michigan) et les Pistons possèdent le luxe d’avoir le temps de développer l’athlétique centre. Au pire, Jordan ne sera qu’un sympathique remplaçant de 2,13m à vocation défensive (le genre de joueur que beaucoup de franchises aimeraient compter dans ses rangs). D’ailleurs, n’aurait-il pas été mieux de le sélectionner lui plutôt que de signer Kwame Brown ?
Mais DeAndre Jordan n’est pas le seul joueur qui aurait pu constituer une jolie addition à l’effectif des Pistons : Mario Chalmers aurait pu prétendre au poste de remplaçant de Billups avant de prendre sa relève dans une année ou deux (Detroit a finalement signé l’explosif meneur du Maccabi, Will Bynum), le scoreur Chris Douglas-Roberts est capable de devenir un solide titulaire NBA et d’apporter un soutien efficace en attendant ce jour tandis que l’intérieur Turc Omer Asik aurait pu faire oublier le départ (la traîtrise) de Mehmet Okur et apporter la taille qui leur fait défaut.
Alors, erreur ou coup de génie ? Peut-être pas une erreur mais peut-être pas non plus la meilleure opération qu’aurait pu réaliser Detroit. Mais quand même, attendons.

With the 30th pick, Boston Celtics select JR Giddens.

J.R. Giddens est le genre de joueur qui a eu une histoire particulière et croustillante mais qui, on s’en rend compte, n’est pas si isolée que ça dans le paysage américain.
Il faisait partie des ces joueurs connus nationalement alors qu’ils frottent encore leurs shorts sur les bancs du lycée et auxquels les universités les plus réputés font les yeux doux. Ce sera celle de Kansas qui aura finalement le privilège d’ajouter à son service le talent et les formidables qualités athlétiques de Giddens, lequel enchaînera par une saison freshman de bonne facture.
Les ennuis commencent lors de sa seconde année. Impliqué dans une rixe largement relayée par les médias, Giddens devient indésirable dans le réputé campus et est prié de faire ses bagages (lui-même ne souhaitant pas vraiment rester).
Il trouve un point de chute à New Mexico mais les saisons qui suivent sont difficiles et jalonnées de blessures. L’évolution de l’arrière prodige déçoit au point que certains y voient une régression (trop attiré par les délices du tir à 3 pts, il en était devenu un joueur unidimensionnel sans intérêt). Les différents observateurs commencent dès lors à tourner leur attention vers d’autres espoirs pas encore tombé de l’arbre.
C’est alors que Giddens produit une saison senior de toute beauté. Raisonnable à longue distance, adroit (plus de 50 % aux tirs), incroyable rebondeur (près de neuf par matchs), il a augmenté sa production de passes décisives tout en faisant baisser ses pertes balles (signe révélateur de la très bonne évolution d’un joueur) et reste présent dans les autres compartiments du jeu (plus d’un contre et d’une interception par match). Plus encore, Giddens n’est plus le talentueux soliste d’autrefois et n’hésite pas à créer pour ses (faibles) partenaires. Cerise sur le gâteau, il fait les petits trucs qui permettent d’aider son équipe à remporter la victoire.
Ainsi et notamment au regard de ces derniers éléments, le choix des Celtics, bien qu’un tantinet surprenant, paraît intelligent. D’ailleurs, malgré ses 23 ans bien tassé (pas tout jeune pour un rookie catalogué star des lycées), Giddens conserve un potentiel phénoménale, tant en défense qu’en attaque. Et sa spectaculaire progression entrevue cette année offre quelque assurance quand à la réalisation de celui-ci.
Au pire, il deviendra un solide joueur d’équipe mais bien guidé (et les Celtics semblent être assez doués pour ça lorsque l’on regarde Rajon Rondo, Kendrick Perkins ou encore Leon Powe), il peut devenir beaucoup, beaucoup plus.
Toutefois, Boston possède déjà un arrière athlétique en la personne de Tony Allen dont la saison a été gâche par les blessures mais qui est largement capable d’apporter son aide dans son registre, lequel ressemble assez à celui de Giddens. L’arrière de New Mexico fait donc doublon mais son expérience durement acquise et ses nouvelles compétences (notamment la création et le je-fais-les-petits-trucs-que-personne-ne-voit-mais-qui-aident-bien-mon-équipe-à-décrocher-la-victoire) lui permettront certainement de durcir la vie de Tony Allen et peut-être même de lui faucher sa place dans l’ordre de succession de l’autre Allen.
La sélection de Giddens me paraît donc pertinente mais je ne suis pas persuadé qu’il était le meilleur choix à faire. En effet, le pivot prospect DeAndre Jordan aurait pu immédiatement apporter la verticalité qu’il manque à Kendrick Perkins et à Glen Davis. Mais surtout, les Celtics aurait eu le temps (car n’ont pas de besoin urgent) de développer le jeune intérieur au potentiel Bynumesque et possédaient les joueurs pour l’encadrer efficacement. Dès lors et dans l’hypothèse où son développement aurait tenu ses promesses, Boston aurait pu sereinement prévoir l’après Big Three (chacun ayant plus de trente ans) en s’appuyant sur ses larges épaules comme a pu le faire Orlando avec Howard.
La solution Mario Chalmers mérite aussi d’être évoquée car il aurait pu apporter son shoot et constituer le parfait remplaçant de Rondo sans que le poste 1 perde en intensité défensive. D’ailleurs, Chalmers peut glisser sur le poste deux et aurait pu former avec Rondo une paire d’arrière aussi électrique qu’éreintante.

- Partie I, II, III, IV & V de l'article -

StillBallin