20 juin 2002

NBA Wanted: Al-Farouq Aminu and Wesley Johnson (suite)

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[suite de la première partie]

---Cette année, le marsupilami de Caroline du Nord a montré d'autres défauts comme son discernement un peu discutable dans sa sélection de shoot et ses pertes de balle mais il faut avoir en tête que ces défauts-là sont certainement en partie une conséquence de son rôle de leader offensif de son équipe alors qu'il n'en a pas encore les capacités. Sans autres prospects de valeur, le jeu de Wake Forest s'est forcément orienté vers lui et Aminu a donc dû se comporter comme un leader offensif et ainsi faire des choses qu'il ne savait pas faire comme créer un shoot (pour lui ou autrui) par exemple.

---Le voir assumer avec brio ce rôle de "franchise player" était ce qu'on espérait de lui lorsqu'il a décidé de prolonger son cursus universitaire d'une saison supplémentaire l'année dernière mais malheureusement, son bagage technique n'a pas progressé suffisamment vite pour répondre à ces attentes, certainement un peu déraisonnables. Il est vraiment facile de tomber dans le fantasme qui faisait d'Aminu un joueur aussi difficile à faire face en attaque qu'il l'est déjà en défense.

---Il y a enfin une question que les franchises qui louchent sur lui devront se poser, c'est celle de la façon dont ils imaginent l'utiliser sur le terrain. Il est en effet séduisant de le placer en 3 où sa vitesse est suffisante et la combinaison de taille et de qualités athlétiques qu'il présente est rarement égalé. Cependant, le virevoltant ailier semble beaucoup plus performant dans le rôle d'un 4 fuyant, avec notamment sa vitesse qui lui donne un avantage quasi-systématique. Et à ce poste, ces lacunes aux shoots et aux dribbles ne sont pas aussi exposées qu'à l'aile.

---Quoiqu'il en soit, la situation qui s'offrira aux équipes tentées de le sélectionner est intéressante. Aminu est encore un prospect à fort potentiel dont le développement est toujours en cours (le sophomore aurait montré de solide progrès au shoot récemment) mais il pourra contribuer immédiatement grâce à sa défense à large spectre et à ses aptitudes athlétiques. Même si rien ne dit qu'il ira beaucoup plus loin que son niveau actuel et qu'il n'a pas encore de poste fixe, le combo forward est le genre de joueur qu'il est difficile de laisser de côté.


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Wesley Johnson (Syracuse), Small Forward
Né en 1987, 2m00, 93kg
Stats (junior): 16,5 pts (à 50,2% dont 41,5% à 3 pts), 8,5 rebs, 1,7 stls, 1,8 blks, 2,3 tos en 35 minutes

---C'est difficile d'imaginer qu'un joueur de presque 23 ans, quasiment sorti de nulle part, soit aujourd'hui solidement installé dans le top 8 des prévisions de la draft et parfois annoncé dans le top 5. Wesley Johnson s'est posé sur la saison comme une mouche sur la soupe, devenant le héros surprise d'une équipe de Syracuse qu'on attendait pas si fort après avoir encaissé le départ de Jonny Flynn (n°6 de la draft l'an passé), d'Eric Devendorf (qui aurait pu faire partie des 60 élus) et Paul Harris (qui n'en était pas loin non plus).

---Johnson n'a en effet pas pu prendre part à la saison NCAA précédente, obligé de regarder ses coéquipiers Orangemen et Jonny "Terrorist" Flynn électriser les foules depuis les tribunes avec l'interdiction de jouer que la NCAA colle à tous les joueurs qui comme lui, ont décidé de changer d'université en cours de cursus. Avant cela, l'ailier avait rendu une saison freshman plutôt satisfaisante à Iowa State mais il s'était un peu fait oublié l'exercice suivant en ramenant une copie décevante.

---De retour sur les parquets après une année à taffer dans l'ombre, Wesley Johnson a livré une saison 2009/2010 de toute beauté, assurant l'après Jonny Flynn avec une réussite aussi inattendue que plaisante (16,5 pts à 50,2% et 8,5 rebs). Mais les habitués de la draft le savent, les stats individuelles et la bonne tenue collective de suffisent pas à faire d'un joueur NCAA un bon prospect NBA, surtout après une seule véritable saison comme celle-là au compteur. Pourtant, Johnson en est un de bon prospect, excellent même. Pourquoi? peut-être parce qu'à bientôt 23 ans il est ce qu'on espère que certains potentiels deviennent un jour.

---Pour faire un raccourci rapide, on pourrait comparer l'ailier Orange à un jeune Shawn Marion avec un bien meilleur shoot. Taillé comme l'ancien Sun, il apporte cette dimension athlétique des deux côtés du terrain et cette présence tentaculaire faîtes d'un tas de petits riens que l'on appréciait tant chez son ainé. De la défense, des rebonds (8,5 par match), des contres (1,4), des interceptions (1,4 aussi), de la disponibilité en attaque, Wesley Johnson est le prototype du small forward athlétique qui mets toutes ses qualités et son énergie au service de son équipe.

---Athlétique et intense mais élégant aussi. Excellent shooteur à la panoplie large et soyeuse (avec une prédilection pour le tir à mi-distance), Johnson n'est pas exactement un scoreur dans l'âme qui trouvera toujours le panier à un moment ou à un autre mais son jeu sans ballon léché et sa magnifique efficacité interdisent à toute défense de le lâcher du regard (16,5 à 50,2 % et 41,5 % à trois points). Cette intelligence de jeu qui se retranscrit par son excellente sélection de shoot et sa science du placement, et sa qualité de shooteur le rendent particulièrement précieux sur demi-terrain tandis que ses qualités athlétiques en font aussi un joueur à l'aise dans le jeu de transition.

---Si on associe à ça le fait qu'il ne commet que peu d'erreurs, ne force jamais son jeu et que c'est un excellent coéquipier sur et en dehors du terrain, on se retrouve avec le genre de joueur que tout équipe et entraineur adorent avoir dans leur roster. Fiable et n'apportant que des choses positifs, on se dit rapidement que ses 23 ans paraissent finalement jeune pour un joueur aussi abouti et précieux.

---Précieux mais pas une figure de proue pour l'instant. Plutôt une seconde ou troisième option derrière la ou les stars de l'équipe. Johnson risque en effet de se voir être confiné dans ce rôle de lieutenant en raison de son impuissance en un contre un. Doté d'un premier pas explosif mais manieur de ballon beaucoup trop limité pour pouvoir se tailler un chemin à travers une défense ou déstabiliser le défenseur qui lui fait face, l'Orangeman est pour le moment dans l'incapacité de faire la différence uniquement par ses propres moyens et donc de prendre un match à son compte.

---Wesley Johnson reste un superbe joueur dont l'évolution depuis ses derniers matchs à Iowa State a été fabuleuse (sa sélection de tirs notamment était notamment férocement critiquée). Sauf problème d'adaptation ou autre chose (il n'a quand même qu'une seule année de grande envergure dans ses poches), son impact en NBA devrait être immédiat, significatif et certainement plus élevé que ce que sa (certainement bonne) feuille de stats énoncera. Johnson fera a priori parti de ces joueurs qu'on se félicite toujours d'avoir dans ses rangs.

StillBallin

19 juin 2002

NBA Wanted: DeMarcus Cousins and Derrick Favors (suite)

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[suite de la première partie]

---Comme on l'a vu cette année, le jeune homme est une forte tête pas aussi pleine qu'elle le devrait. Avec lui, les choses s'enveniment et s'aggravent très rapidement. Donc à moins d'en faire un « enfant-roi » sur les parquets (ce qui est loin d'être une bonne chose pour lui et la franchise) ou de la voir mûrir rapidement, sa futur franchise devra se préparer à entendre des clashs éclater tous les deuxièmes mardis du mois. Et pire encore, la franchise pourrait même perdre le bénéfice de ses talents offensifs. Il est tellement facile de l'imaginer se frustrer à ne pas réussir à déployer sa domination offensive habituelle sur les intérieurs NBA et sortir complètement du match.

---Peut-être plus que pour quiconque, il faudra espérer que ce jeune homme plein de talent tombe dans une franchise qui le comprenne et qui possède la patience et le savoir-faire pour l'aider à mûrir. Et rare sont les exemples de réussites de ce genre. Plus je réfléchis et plus Andray Blatche et Stephon Marbury incrustent leur trombines dans mon esprit. Mais l'espoir est encore permis. Quand on regarde ce jeune joueur, on voit deux chemins biens distincts. Espérons seulement que le chemin qui se trace devant ses pieds ne mène pas à Eddy Curry.


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Derrick Favors (Georgia Tech), Power Forward/Center
Né en 1991, 2m07, 111kg

Stats (freshman): 12,4 pts (à 61,1 %), 8,4 rebs, 2,1 blks et 2,5 to en 27,5 minutes

---Derrick Favors est le négatif de DeMarcus Cousins. Ou DeMarcus Cousins est le négatif de Derrick Favors, c'est selon. La grande force de Favors est la défense, là où celle de Cousins est l'attaque ; le freshman s'appuie avant tout sur ses qualités athlétiques et œuvre dans les airs quand son homologue Wildcat fait plutôt valoir son talent par son volume physique, sa puissante et sa technique, les pieds jamais très loin du sol. Favors est un modèle de joueur, travailleur, impliqué, qui pense en terme d'équipe, à l'écoute et sérieux ; Cousins est... Cousins. Vraisemblablement, la première franchise à la recherche d'un intérieur devra choisir entre ces deux-là. DeMarcus Cousins vous a déjà soumis son programme électoral, c'est au tour de Monsieur Favors de se présenter au pupitre.

---Au premier regard, la seule saison universitaire de l'intérieur sur ressort est décevante. Ses 12,4 pts et 8,4 rebs sont d'excellents chiffres pour un joueur de première année mais pas pour le deuxième meilleur prospect sorti du lycée derrière John Wall, et encore moins si celui-ci se présente à la draft avec ce seul exercice NCAA dans les pattes. Cependant, il faut avoir une idée du contexte peu propice dans lequel ce très jeune joueur était fourré. Coincé dans une équipe sans playmaker, sans bon passeur (surtout quand il s'agissait de servir un grand), peu efficace de loin et incapable d'écarter le jeu, il s'est systématiquement retrouvé face à une défense concentrée dans la raquette et sans bon ballon à disposition. Le fait que Georgia Tech comptait aussi un autre prospect NBA mieux établi, Gani Lawal, (troisième saison chez les Yellow Jackets) et possédant un jeu assez proche de celui du jeune freshman a aussi joué contre lui. Donc finalement, entre une configuration d'équipe qui ne lui était pas favorable et le fait qu'il faisait doublon avec le leader de l'équipe, on se dit que sa production statistique n'était pas si mauvaise. Son pourcentage aux tirs est excellent et, considérant son temps de jeu pas énorme, ses chiffres aux rebonds (8,4) et aux contres (2,1) sont plutôt sympa.

---Ce n'est toujours pas suffisant pour en faire un top 5 de la draft dès cette année, n'est-ce pas ? Comme vous l'avez peut-être deviné, si Favors est vu si haut c'est à cause de son fabuleux potentiel. L'idée qu'un joueur vaut surtout par son potentiel est toujours propre a faire naître quelques doutes mais il faut avouer que ce potentiel-là repose sur une sacré base. Des aptitudes physiques loin au-dessus de la norme et une personnalité propice à tout développement. Deux choses qui ne s'apprennent pas.

---Sur le plan physique, si vous me demandez ce qu'il propose, je vous répondrais par ce qu'il lui manque: de la puissance. C'est tout. Le reste est crânement affiché aux sommets de toutes les jauges de mesure. Étonnamment vif, agile et explosif pour un joueur dont le sommet du crane est perché à 2,07m, il fait partie de ces phénomènes de la nature qui sautent au-dessus du cercle et débordent les adversaires du même gabarit qu'eux comme le ferait un ailier. Et vu sa charpente fine mais large, on se dit qu'il pourrait supporter quelques kilos de muscles supplémentaires sans perdre en agilité et en vitesse, et ainsi mettre de côté sa seule limite physique (élément de potentiel n°1).

---Actuellement, son physique exceptionnel s'exprime surtout en défense. Et on ne s'en plaindra pas. Défenseur bourré d'énergie, très long (2,22m d'envergure de bras) et aérien, il fait figure de véritable tour de contrôle, comme le font remarquer ses 2,1 contres sur une moyenne de 27,5 minutes par match. Fort pour protéger son cercle mais aussi suffisamment long et vif pour maintenir une pression sur son vis-à-vis jusqu'à la ligne des trois points points (très utiles avec les 4/3 qui pullulent dans la ligue aujourd'hui) ou pour venir perturber un pick and roll, Favors est le genre de joueur qui est capable -du moins au niveau universitaire- d'influencer un match par sa défense. Faisant parfois encore preuve d'étourderie, le jeune homme de 19 ans ne fera que s'améliorer au fur et à mesure qu'il prendra de l'expérience (élément de potentiel n°2).

---Il faut bien l'avouer, son jeu d'attaque n'est pas aussi satisfaisant. Tout le monde s'accorde pour dire que le Yellow Jacket est un bon finisseur, utilisant son explosivité et ses bonnes mains pour scorer lorsqu'il reçoit la balle dans une bonne position (61,1% de réussite). Seulement, il s'agit-là principalement d'actions inscrits dans un jeu de transition, où l'intérieur reçoit la balle au moment propice et peut bouffer la défense par son éventail de qualités athlétiques. Sur phases arrêtés et lorsque la défense est bien en place, les choses se corsent pour lui.

---En effet, étant aujourd'hui incapable de se créer son propre shoot, Derrick Favors est inoffensif en un-contre-un. Pas assez puissant et technique pour être une menace fiable dos au panier, pas assez bon dribbleur ou shooteur pour être capable de scorer face au jeu, le freshman est sans solution individuelle lorsque ses coéquipiers ne peuvent pas créer pour lui. Les 2,5 pertes de balle qu'il commet à chaque match ne que le témoignage de ses difficultés à se mettre en situation de marquer par ses propres moyens. Ces problèmes individuels auxquels il faut ajouter les mauvaises conditions collectives rendent presque encourageants ses petits 12,4 pts par match.

---En tous cas, je pense que vous avez déjà entrevu l'étendue son potentiel offensif: sa vivacité inédite pour un joueur accusant autant de centimètres, couplé à un jump à toucher le plafond et de véritables qualités de finisseur laissent penser qu'un joli futur est possible aussi de ce côté du terrain. Et puis son shoot n'est pas à jeter et on gardera même un œil sur un ou deux de ses mouvements dos au panier. En y réfléchissant, on en vient à se dire que s'il n'a été que très peu entamé, le potentiel offensif du jeune homme est là (élément de potentiel n°3).

---Il est beaucoup question de potentiel avec Derrick Favors. Mais ses promesses à lui s'accompagnent d'une attitude propre à nous faire croire qu'il pourrait bien les tenir: travailleur, sérieux et à l'écoute. Ainsi, le risque d'un échec de réalisation du potentiel semble moins grand avec lui qu'avec un DeMarcus Cousins. Et puis même dans le pire scénario, il demeurera cet intérieur défensif énergique, dévoué à son équipe, respectueux des consignes et point de chute efficace en attaque qu'il est aujourd'hui. Un précieux role player dans l'hypothèse la moins bonne ; un ailier fort dominant dans la meilleure. Le risque à le sélectionner n'est donc pas extrêmement grand malgré son développement peu avancé. Ca tombe plutôt bien car il sera drafté sur ce qu'il pourrait devenir, et non sur ce qu'il est actuellement.Et ça, sa futur franchise devra bien l'avoir en tête.

StillBallin