(suite de la première partie)--Cette attitude permettait bien évidemment d’empêcher l’adversaire de marquer des points, ce qui finalement est déjà un gage de réussite. Mais je soupçonne cette attitude de sortir de sa manche d’autres effets bénéfiques. Notez avant que ce que je vais avancer n’est qu’une hypothèse personnelle que je n’ai pas les moyen de vérifier (mais rien ne vous empêc

he de m’envoyer des dons) et à laquelle il faut donc émettre des réserves. En premier lieu, je pense que le fait de s’essorer en défense a pour effet de tisser au sein de l’équipe une mentalité collective aux maillages très serrées.
--Une défense agressive telle que l’était celle des Bulls de Skiles ne peut porter ses fruits que si chaque joueur s’y dévoue totalement. Dès lors, cette attitude implique une véritable solidarité, cimentant fermement leurs relations. En effet, à partir du moment où se défoncer ne peut avoir d’impact que si les autres font de même, chacun est impliqué et responsabilisé et donc cela cimente les joueurs entre eux et les inscrits dans une direction commune, un projet commun. C’est pour ce projet qu’ils ne peuvent concrétisé qu’ensemble que tous défendent comme des crève-la-dalle. Ce projet, c’est remporter le match.
--Ainsi, à elle seule, cette attitude créée les conditions mentales pour instaurer un véritable jeu collectif. Lorsque vous sacrifiez votre corps à défendre votre panier, vous ne voulez pas cramer cette dépense d’énergie par un shoot tout pourri qui n’aura qu’une chance sur cinq de rentrer. Au contraire, vous allez chercher à faire en sorte que votre implication défensive soit récompensée et donc converti par un panier. Par conséquent, vous allez cherchez à être efficace en attaque et donc à tenter de trouver les bonnes positions, celles qui ont le plus de chances d’être converti en points sonnants et trébuchants.
--Un de nos frenchies NBA bien aimé exprimait avec justesse cette idée lors de sa première saison dans le nouveau monde. Il racontait un peu agacé que ses coéquipiers un tantinet croqueurs bouffaient goulument les brochettes qu’il préparait. Si tout le monde prépare des brochettes, chacun va faire en sorte d’éviter de gaspiller la bouffe, n’est-ce pas ? Ainsi, les joueurs sont mécaniquement installé dans les conditions optimales en termes d’agressivité, d’application et de concentration pendant l’ensemble du match tant en défense qu’en attaque. Sympa comme atout, non ?
--Skiles avait réussi à faire naître cet état d’esprit chez ses joueurs mais les Baby Bulls, manifestement entrés dans leur crise d’adolescence, n’ont plus pris la peine d’écouter l’autoritaire coach. C’est ainsi que depuis l’an passé, Chicago ne défend plus avec cette agressivité souvent louée et cela explique selon moi la déliquescence de leur jeu offensif.
--Luol Deng semble être la parfaite illustrat

ion de mon observation. Son efficacité qui a poussé la franchise à faire de lui le leader de la team, était basée sur son jeu à mi-distance et alors qu’il tournait à 51,7 % en 2006/7, son adresse est tombée à 47,9 % l’an passée puis 45,7 % actuellement, faisant passer sa moyenne de points de 18,8 pts à 17,7 pts et 14,7 maintenant.
--Je pense que cet affaissement est en partie dû à l’état d’esprit que produit l’équipe. Sans cette atmosphère d’agressivité, d’application et de concentration constante, l’ancien Dukie ne parvient pas avoir le rendement qui lui a valu son joli contrat, comme s’il s’était lui-même laissé couler dans cet état d’esprit mollasson et avait perdu plus ou moins inconsciemment, suffisamment d’agressivité offensive et de concentration pour que son efficacité en pâtisse. Et logiquement, la confiance chute, enfermant le joueur dans un cercle vicieux qu’il est difficile de briser, surtout pour un coach aussi inexpérimenté.
--Je pense que ce phénomène s’applique aussi à Kirk Hinrich qui balbutiait complètement son basket avant d’enchaîner les party-time à l’infirmerie. Par contre, Ben Gordon qui fait chauffer le tableau de score comme un faussaire, la planche à billets ne connaît pas la crise. J’explique cela parce que contrairement aux deux autres bulls, l’ancien Huskie ne doute jamais et l’agressivité offensive semble lui être une seconde peau. Dès lors, il compense le manque de dynamisme collectif par ses propres qualités.
--Pour ce qui est de sa production individuelle. Car son efficacité au milieu du marasme chicagoan ne fait rien pour arranger les choses. En effet, les qualités que j’ai citées un peu avant sont les qualités de ses défauts. Ce bon Gordie est un shooteur de grand talent mais le revers de cela est qu’il est individualiste et que prendre des shoots difficiles ou même forcés ne l’effraie pas vraiment. Ainsi, Gordon est le type de jouer qui peut très bien se passer d’un jeu collectif et ne va donc pas forcément chercher à en créer un ou à s’y insérer. Or, dans ses difficultés offensives actuelles, Chicago s’accroche à la bouée qu’est Gordon, alimentant ainsi un jeu non construit.
--La solution à cette absence de jeu construit serait-elle un jeune homme de 20 ans qui a été le premier à serrer la main de David Stern cet été ? Il me semble que c’était l’idée au début et ça l’est peut-être toujours mais cela n’en prend pas vraiment la directio

n. Derrick Rose a surpris tout le monde par ces aptitudes offensives que l’on annonçait un peu juste pour la grande ligue. Il a parfaitement su se servir de son absurde vitesse pour percer les défenses et a réussi à s’adapter assez rapidement aux intérieurs plus grand, plus long et plus athlétique qui sévissent en NBA pour scorer après ses incursions.
--Cette capacité à scorer régulièrement est une agréable surprise mais où est passé le Derrick Rose de l’an passé, celui que j’appelais «
Robin Hood » et qui avait permis à son équipe de s’élever jusqu’en finale du tournoi universitaire ? Où est le joueur qui facilitait le jeu de ses coéquipiers, les rendant mécaniquement meilleurs ? Celui qui apportait une véritable consistance à son équipe et qui attendait ses moments pour marquer de son empreinte les matchs à la manière d’un Kobe ou plus modestement d’un Brandon Roy ?
--Naïvement, je pensais que sa présence à Chi-Town allait permettre d’inscrire Gordon, Deng, Hinrich, Hugues, Gooden et même Thomas et Noah dans un jeu cohérent dans lequel chacun trouverait à s’exprimer sans avoir à piquer dans la gamelle de l’autre. En clair, j’imaginais voir le leader de Memphis University se transposer aux Bulls. A tort manifestement.
--Mais je n’impute pas cela au docile et très coachable Rose mais plutôt au staff. En effet, lorsque l’on regarde un match des taureaux, on s’aperçoit assez rapidement que la consigne que l’on a donné à Rose, c’est : pénètre, tente de marquer et sinon fait une passe. Comme pour Miami avec Dwayne Wade.
--Un peu surprenant lorsque l’on sait ce que les scouts disaient sur le niveau offensif de Rose avant ses premiers pas dans la ligue. Tout aussi surprenant lorsque l’on sait qu’à côté de ce joueur de seulement 20 ans mais plutôt altruiste et bon passeur, on peut trouver Ben Gordon, Luol Deng, Kirk Hinrich, Larry Hugues et Drew Gooden. L’option « Rose alone » est tellement fréquente que Robin Hood passe pour un scoreur pur
aux yeux de David Thorpe, journaliste reconnu d’ESPN (15,2 tentatives par match, presque autant que le croqueur officiel, Ben Gordon).
--Il est vrai que Rose s’est montré digne des attentes du staff, tout comme il s’est montré digne du statut de franchise player que le staff lui a collé sur le dos mais trouvez-vous normal que les clés de la franchise soient confiées à un joueur de 20 ans encore boutonneux, un meneur qui plus est, poste particulièrement cérébral et difficile qui demande de l’expérience et de la maturité ? Chicago est en train d’empiler les responsabilités sur le rookie dont certaines qui ne lui sont pas naturelles comme le scoring, au lieu de le laisser se couler en douceur dans le rôle de pilote de l’équipe. Rose n’a pas p

ris de ses mains le job de franchise player, ce sont les dirigeants chicagoans qui lui ont délicatement remis le titre. Sans parler du fait qu’un franchise player est toujours plus fort quand c’est lui-même qui s’est imposé, il est difficile de trouver cela pertinent lorsqu’il s’agit d’un joueur qui se pointe dans une team qui comprend des joueurs reconnus comme Deng, Gordon et Hinrich.
--Les Bulls auraient peut-être dû laisser Rose se concentrer sur des domaines précis dans lesquels il possède un certain confort comme faire tourner la balle, secouer les défenses par sa vitesse, tentez une pénétration lorsqu’une opportunité se présente, afin qu’il puisse diffuser un vrai jeu cohérent avant de peut-être sublimer celui-ci par ses formidables capacités (et sa progression).
--Rose s’en sort finalement bien (ça montre bien tout son talent et sa force mentale) mais collectivement, la copie est d’une grande pauvreté alors que c’était sur ce point qu’il avait été préféré à Beasley (par les scouts, si ce n’est pas par Chicago) quand bien même la grande faiblesse des Bulls était (et est toujours) le secteur intérieur.
--Cette pauvreté collective n’est pas étonnante au vue de la stratégie utilisée (enfin, « stratégie » c’est beaucoup dire…), mais surtout, dans cette configuration, l’évolution de Derrick Rose risque de plus le rapprocher du meneur scoreur Baron Davisesque que du meneur architecte et moteur d’une franchise comme le furent Jason Kidd et Steve Nash a un certain moment et comme l’est Chris Paul aujourd’hui.
--D’ailleurs, Rose a déjà perdu une de ses qualités premières sur la route de Chi-Town. Alors qu’il était un défenseur de premier ordre à l’Université, c’est à peine s’il a un impact de ce côté du terrain actuellement. Transition difficile ? Peut-être, mais David Thorpe (oui, c’est
le même article qu’un peu avant et que celui que j’avais utilisé pour Beasley. Je vous l’avais dit qu’il était intéressant ce papier) voit les choses autrement. Il explique que le jeune meneur dépense trop d’énergie en attaque pour pouvoir être efficace en défense. Résultat, DJ Augustin qu’il avait muselé lors du tournoi NCAA lui a enfilé 29 pions.
--A partir de là, on peut comprendre tout le problème de Chicago et l’incohérence du jeu mis en place. En faisant de Rose la première option, les Bulls se brident offensivement et se coupe la possibilité d’imposer une grosse pression défensive sur le meneur opposé, moteur de l’attaque adverse. Et comme la défense collective ne permet pas de réellement d’enrayer cette dernière, Chicago se retrouve avec une défense limitée en plus d’une attaque pauvre.
--S’il y a une carence à Chicago qui est identifié depuis une éternité, c’est leur capacité à marquer à l’intérieur. Mis à part Drew Gooden peut-être, ni Tyrus Thomas, ni Jooks Noah ou Aaron Gray n’ont les
skillz pour apporter régulièrement des points. On peut disserter indéfiniment sur le caractère cubique des mains de chacun de ces joueurs, toujours est-il qu’avec un meneur capable de déstabiliser n’importe quelle défense par son explosivité et des menaces extérieures comme Gordon, Hugues, Hinrich et même Nocioni qui obligent les défenseurs à les coller jusqu’à la ligne des trois points, les Noah, Thomas et compagnie devrait avoir leurs lots de paniers faciles, aussi manchots soit-ils.
--D’ailleurs, avec une mobylette altruiste et doté d’une belle vision de jeu pour meneur, comment se fait-il que la mobilité des intérieurs chicagoans (mettons Aaron Gray de côté) ne soient pas exploités ? Savamment utilisé, je ne vois pas pourquoi Gooden, Thomas et Noah ne pourraient pas se poster aux alentours de la dizaine de points par match.
--Et puis comment ne pas profiter des monstrueuses
qualités athlétiques de Tyrus Thomas ? Si Tyson Chandler peur afficher huit-neuf points de moyenne, Thomas peut en mettre quinze avec un pourcentage semblable, rien que sur le dos de ses aptitudes physiques. Il suffit qu’

il soit mis en position de claquer un dunk pour que ça fasse deux points et Derrick Rose possède les moyens de créer de telles situations (si en plus Thomas pouvait se construire un minimum de jeu sans ballon, ça risquerait d’être toute une affaire d’arrêter ces deux-là).
--Cette combinaison potentielle entre Robin Hood et les intérieurs très mobiles de Chicago (particulièrement Thomas) avait déjà été goulument soulignée par différents observateurs, notamment les spécialistes de la draft, lors de leurs réflexions estivales. Et voyez-vous, c’est bien dans la perspective d’avoir un meneur capable de construire un jeu cohérent qui impliquerait tout le monde et qui rendrait chacun meilleur que tout le monde insistait pour que Chicago s’attache Derrick Rose.
--Il serait vraiment mais vraiment compliqué de proposer une défense efficace face à ces Bulls-là : les bloquer à l’extérieur signifierait ouvrir des espaces dans la raquette et réciproquement, bloquer la peinture reviendrait à installer fauteuils et canapés derrière les 7,23 m pour Gordon et les autres. Sachant que la vitesse serait un élément indissociable de leur jeu, je ne vous raconte pas la galère pour les mecs d’en face. Trop de solutions à couvrir, trop de vitesse pour les suivre.
--C’est pour ça que tout le monde voyait Chicago tout casser dès maintenant. Et n’oubliez pas qu’il faut y scotcher une défense qui pourrait être solide maintenant et létale demain. Bien qu’encore verts, Noah et Thomas peuvent prendre des fours de rebonds, interdire l’accès de quelques balles au panier (sachant que pour disons deux contres par match, vous pouvez compter six ou sept tirs qui ont dû changer de direction sous la menace de leurs mains balayeuses) et apporter leur activité défensive tandis qu’un Rose mieux géré pourrait pourrir la base de lancement de l’attaque adverse. Il ne manquerait plus que les extérieurs Deng, Gordon et Hinrich retrouve leur agressivité aux côtés de Nocioni, pour que l’United Center devienne l’un de ses endroits en Amérique où il ne fait pas beau prendre des vacances.
--Vous voyez le décalage entre la réalité et le potentiel ? J’ai l’impression d’avoir
Ralph Sampson devant les yeux où
Tyson Chandler pour les plus contemporains. Mais ce qui est bien avec le potentiel c’est qu’on peut toujours espérer qu’il soit réalisé un jour. De ce fait, on ne pourra pas s’empêcher de garder un œil sur les Bulls (de toute façon, on ne peut plus les lâcher depuis un certain Michael J.).
--C’est pour ça qu’ chacun de nous va scruter attentivement chaque nouvelle en provenance de Chicago car peut-être que l’une d’elle pourra nous laisser croire à un pas de plus vers cette concrétisation de leur potentiel.
--Ainsi, on va se demander quand est-ce que Coach Del Negro
sera renvoyé et par qui il sera remplacé. On surveillera aussi attentivement le marché des transferts dont les rumeurs ne cessent de frétiller lorsque le nom de Windy City est lancé sur la table (Hugues, Gooden). On attend aussi de voir l’impact de Kirk Hinrich lorsqu’il aura trouvé toutes ses sensations après ses blessures pour voir s’il peut s’adjuger un peu de responsabilité de jeu et ainsi offrir une nouvelle dimension au jeu chicagoan. Enfin, on se demande si Derrick Rose sera capable de sortir des consignes pour faire ce que lui pense être le mieux pour l’équipe, c'est-à-dire jouer son jeu.
--[Edit : Il me semble qu’il y a du mieux au niveau du jeu (un peu) mais Rose continue de prendre beaucoup de shoots, symptôme de ce que j’ai développé dans le texte ci-dessus. Peut-être bien que Coach Del Negro est en train de progresser aussi. Pour être sincère, je n’ai pas eu l’occasion de voir des matches entiers des Bulls depuis un petit moment donc je ne peux pas me prononcer sur cette évolution. Donc mon analyse est peut-être déjà dépassée ou seulement valable en partie. N’hésitez pas à balancer vos observations. De toute façon, comme je l’ai dit, je compte garder un œil sur eux et vous risquez d’avoir des nouvelles à un moment ou à un autre.]
Pronostic : En l’état, je pense qu’ils vont rater les play-offs (même s’ils ne seront pas loin) mais je me demande ce qui va se passer si l’équipe est modifiée (coach et/ou joueurs,…).
Notes:- Joakim Noah joue enfin. On peut peut-être lui reprocher pas mal de choses, mais sa productivité était déjà évidente lorsqu’il ne jouait pas beaucoup (8 rbs et 3 contres en 14 minutes face aux Wolves, 9 rbs en 19 minutes contre Denver, 13 rbs en 23 minutes face à Boston, 5 rbs et 4 blks en 19 minutes contre New York).
- Je continue de charger le jeu des Bulls mais il y a aussi une autre solution de jeu qui serait intéressante : celui de la
sélection américaine cet été.
- On peut se moquer de Drew Gooden pour ses innovations capilo-pileuses (qui sont en fait des hommages à des styles old school, je crois):
part 1,
part 2 et
part 3. Mais au moins, ça bouge un peu le monde aseptisé de la NBA (et puis on se marre bien).
- Hugues en a marre de ne pas avoir le temps de jeu qu’il mérite (enfin, qu’il croit mériter), alors ça fait des lustres (poussiéreux) qu’il demande une amélioration de la situation ou un transfert. Ça tombe bien, il fait partie avec Gooden des candidats aux départs pour rééquilibrer l’effectif. D’ailleurs, aucun joueur, mis à part Rose et peut-être Deng n’est à l’abri d’un transfert.
- Alors que la date limite des transferts approche avec ses bottes à sept lieues, les rumeurs de gros trade affolent la cité venteuse. Just, keep a watch on the news.
- Tyrus Thomas est clairement un bust de la draft (sélectionné en n°4 devant Brandon Roy). Mais le pauvre bonhomme l’est encore plus lorsque l’on sait que Chicago avait le second choix, qu’ils ont pris LaMarcus Aldridge et l’ont échangé contre Thomas. Bah, ce n’est pas la première fois que les dirigeants de Chi-Town se foutent le doigt dans l’œil (recrutement à prix d’or de Ben Wallace après avoir laissé partir Tyson Chandler, échange d’Elton Brand contre Tyson Chandler fraîchement drafté,…).
- Dennis Rodman me manque.
- Hein ? Ah, oui, Jordan aussi.
Et si… ?--Et si Mike D’Antoni avait attendu un peu avant de décider de s’engager à New York ? Je veux dire, et si l’italo-américain avait attendu le lendemain de la draft lottery pour prendre sa décision ? Ne pensez-vous pas que si il avait attendu ce jour, il aurait choisi Chicago plutôt que New York ?
--Non mais sans rire, quand on voit ce que l’Italo-américain a fait avec Chris Duhon (12,5 pts 8 ast) et que sous ses ordres, Steve Nash a obtenu deux titres de MVP malgré sa défense, on peut imaginer avec un petit pincement au cœur ce que cela aurait été avec Derrick Rose. Quasiment tout chez Robin Hoo

d s’inscrit merveilleusement dans le système de jeu de D’Antoni. Altruiste et clairvoyant, Rose aurait aussi apporté son incroyable vitesse qui aurait certainement fait triper le coach moustachu. Qui de mieux que lui pour installer une attaque qui cherche à scorer en moins de sept secondes ?
--Réfléchissons un instant à l’importance du meneur de jeu dans le dispositif de Mike D’Antoni et au besoin qu’il avait de trouver un « moteur » à son équipe lorsqu’il a débarqué du côté de l’Hudson (c’est bien Chris Duhon, pourtant jugé limité qui sera ce « moteur » avec le succès que l’on connaît). On peut tout de suite comprendre la force d’une équipe coachée par D’Antoni et dont le « moteur » serait équipé des aptitudes de Rose. D’ailleurs, quelles sont les chances pour l’italo-américain de trouver un meneur de cette trempe ? Difficile de passer à côté d’une telle opportunité.
--Je pense que le facteur Rose aurait définitivement fait pencher la balance dans le sens de Windy City. Parce qu’il ne faut pas oublier que D’Antoni a longuement hésité avant de signer pour Gotham, et Chicago avait déjà de solides arguments. L’effectif était déjà bien rembourré en talent avec des joueurs qui ne dépareilleraient pas dans la philosophie de D’Antoni. Avec un jeu offensif en première intention et des sacs de tickets shoot pour chacun, Ben Gordon, Luol Deng, Kirk Hinrich et les autres auraient certainement pris leur pied, tout comme l’idée de diriger une équipe qui comprend au moins cinq joueurs (Hugues et Nocioni en plus des trois déjà cité) capable d’allumer à distance a dû donner quelques frétillements à l’imagination de Magic Mike.
--Mais paradoxalement, c’est l’élément le plus décevant de l’effectif chicagoan qui, selon moi et d’autres, attisait le plus les trépignant neurones de l’italo-américain : Tyrus Thomas. Au fait savez-vous pourquoi l’ancien freshman de LSU est considéré comme une pure déception ? A cause de l’immense potentiel qu’il trimballe depuis près de trois ans. Et pourquoi lui prête-on un tel potentiel ? Parce qu’il possède des qualités athlétiques absolument démentielles.
--Thomas est à la fois explosif et capable de sauter par-dessus tout le monde, ce qui devrait en principe lui permettre d’attaquer le cercle comme grand-mère fait du bon café. Dès lors, on peut imaginer voir Thomas faire ce que faisait Amare Stoudemire sous les ordres de Mike D’Antoni. Sauf que ce bon Tyrus est plus athlétique et plus explosif que l’intérieur des S

uns. Vous voyez le potentiel d’un Thomas bien intégré dans le système de D’Antoni ? Imaginez Thomas, ballon en main et lancé comme un dragster dans les espaces proches du cercle que lui offrirait le mouvement perpétuel produit par le système D’Antoni et vous comprendrez
ce que je veux dire. Beaucoup comme moi pensait que le coach moustachu serait capable d’exploiter au maximum les qualités de Thomas et ainsi d’enfin traduire son potentiel en statistiques sonnantes et trébuchantes.
--Maintenant, visualisez le tandem Tyrus Thomas stoudemirisé/ Derrick Rose. Pick and Roll en mode Usain Bolt qui se terminerait systématiquement par un tomar sanglant, alley-hoop en chaîne, déstabilisation permanente des défenses créant des brèches dans lesquelles tant Rose que Thomas pourrait s’engouffrer pour planter, voilà ce que pourrait donner ce duo bien utilisé. Ensuite, ajoutez-y la capacité à dégainer à 3 pts habituelle des équipes de D’Antoni et vous vous retrouvez face à une espèce de chimère sortie d’un Final Fantasy d’où les dangers peuvent pleuvoir de partout en une petite poignée de secondes. De quoi saliver, les yeux longuement perdus dans le vague.
--D’ailleurs, Jo Noah aurait aussi trouvé sa place dans le dispositif de l’italo-américain. Actif et mobile, il correspond au style recherché et même si son jeu n’est pas vraiment aérien en soi, il peut monter haut pour
écraser un dunk aussi bien qu’il peut courir en contre-attaque ou à l’occasion d’un
pick and roll. Évidemment, il ne serait jamais aussi efficace que pourrait l’être Thomas (dans mon imagination en tout cas) mais à vrai dire, ce n’est pas de ce côté du terrain que Jooks aurait pu séduire D’Antoni.
--Même s’il a encore beaucoup de progrès à faire, Noah est un vrai pivot à vocation défensive. Formidable au rebond, présent au contre, hargneux voire rageux et complètement voué à l'équipe, il pourrait à terme devenir la caution défensive qu’il manquait à Phoenix aux côtés de Stoudemire.
--Et voilà l’une des autres raisons proches d’orienter le choix du coach vers la capitale de l’Illinois. Contrairement aux Suns ou aux Knicks, Chicago possède un réel potentiel défensif mais surtout ce potentiel pourrait être déployé au sein même du jeu de D’Antoni (chose incroyable, non?). Noah et Thomas font tous les deux preuve d’un véritable dévouement défensif et forment un duo mobile, actif et très vertical, ce qui permet d’apporter un minimum de défense sans que l’équipe perde en vitesse et en dynamisme de l’autre côté du terrain.
--Plus encore, D’Antoni aurait pu faire un joli pied-de-nez aux critiques qui l’assaillaient lors de son épopée dans l’Arizona car le coach aurait pu être dans une situation où son attaque serait sublimée (oui, plus encore) par la défense. En effet, alors que Phoenix était un peu limité aux rebonds, Noah et Thomas sont tous les deux très performants dans ce domaine. Or, qui dit rebond, dit possession et donc chance de marquer un panier. Les équipes de D’Antoni sont très prolifiques offensivement mais si en plus l’une d’elles prend plus de rebonds et donc s’offre plus de possessions que l’adversaire, les possibilités de victoire de ce dernier vont tragiquement s’amenuiser. Surtout si l’on ajoute la capacité de Derrick Rose à empoisonner le meneur opposé et ainsi à handicaper l’ensemble du jeu adverse.
--Je ne pense pas qu’on puisse voir un jour une défense complètement imperméable avec le système de D’Antoni car ce type de défense fait appel à un comportement, à mon avis, bien trop éloigné de celui que demande l’attaque D’Antonienne. Par contre, je pense qu’il suffirait d’ajouter à cette attaque très performante un minimum de défense fiable en plus d’une véritable présence au rebond pour qu’une telle équ

ipe puisse passer un cap. Celui que les Suns de la belle époque n’avaient pas su franchir.
--Je fais du trio Rose, Thomas et Noah le facteur décisif dans l’hypothétique choix de Magic Mike d’aller à Chicago parce qu’il correspond magnifiquement à sa philosophie et qu’on peut espérer qu’il puisse endiguer la lacune principale de son dispositif (la défense) sans que le point fort (l’attaque) n’en ressente le contrecoup, mais aussi parce que ce trio est jeune et constitue une page blanche pour D’Antoni.
--Je pense que l’idée de façonner ce trio selon sa vision et de les développer pour en faire des pointures est le genre de projet qui ferait frissonner ses moustaches de plaisir. C’est vrai, formater des joueurs à très fort potentiel comme on l’entend de sorte à pouvoir laisser libre cours à sa philosophie de jeu, être à l’origine de leur réussite individuelle et être l’architecte du début à la fin de l’éventuel succès de la franchise, c’est le rêve de tout entraîneur, non ?
--D’ailleurs, je ne pense pas les liasses de billets épinglées au contrat new yorkais soient la principale raison du choix de Mike la menace. Au contraire, l’idée de partir d’une franchise moribonde, de la reconstruire et d’en faire une équipe de valeur est selon moi le challenge qui a attisé l’esprit de D’Antoni.
--Donc peut-être que D’Antoni aurait malgré tout penché pour New York étant donné que le challenge y était bien plus relevé et que du côté de Gotham, Mike aurait vraiment eu à reconstruire la franchise du sol au plafond. Mais en même temps, il aurait vraiment mais vraiment été difficile de résister à la perspective d’avoir sous ses ordres Derrick Rose et d’en faire la star que son potentiel lui promet comme à celle de transformer le bust Thomas en cador (prouvant ainsi sa capacité à sublimer n’importe qui).
--Je pense aussi qu’autre chose aurait pu titiller les désirs de l’ancien de Trévise. L’effectif des Bulls est déjà bien chargé mais complètement déséquilibré et comprend quelques joueurs talentueux (donc de valeurs) mais pas indispensable en eux-mêmes (Larry Hugues, Drew Gooden notamment mais la liste peut s’allonger selon les désirs du coach). Ainsi, D’Antoni aurait eu la matière pour transformer l’effectif selon ses désirs à coup de transferts bien sentis. Le petit Mike aimerait avoir un 4 plutôt shooteur ? No problem, un Al Harrington ou Tim Thomas aurait pu venir contre quelques bons morceaux de l’effectif. Je me demande même si l’ancien coach des Suns n’aurait pas pu rameuter Boris Diaw et Raja Bell, ou encore Leandro Barbosa. Enfin bref, les possibilités sont assez nombreuses avec un tel roster dont on sait qu’il comprend des talents qui peuvent être superflus pour un coach comme lui.
--Mais voilà, D’Antoni s’est décidé un peu tôt. Remarque son choix est loin d’être idiot puisqu’il a eu l’occasion de prouver son talent et qu’avant que l’ordre de la draft ne soit dévoilé, New York avait plus de chance d’avoir le premier choix de draft que Chicago. Et sinon, les Knicks avaient quoiqu’il arrive l’assurance d’être plutôt bien placés.
--Et puis de toute façon vous savez, avec des « si », je ferais un battle de danse classique avec Gengis Khan. Ou alors le boss des Bulls me passerait un coup de fil pour que je prenne la place de Del Negro.
StillBallin