--Un Chandler moins énergique ne signifie pas seulement une défense moins intense donc plus permissive mais aussi que la seule arme que la franchise dispose pour contrer les monstres que sont Dwight Howard, Yao Ming et Amare Stoudemire (pour ne citer qu’eux), ne l’e
mpêchera pas de se faire enfoncer dans la peinture.--Le manque d’entrain du pivot se répercute aussi en attaque. Chandler est passé de 11,8 pts la saison dernière à 8,6 et son pourcentage accuse lui aussi une chute et n’atteint que 55,2 % contre 62,2 %. Le journaliste de Dimemag, Andrew Katz, explique que l’an passé, l’ancien Bull semblait chercher le dunk dès qu’il touchait la balle mais que ce n’est plus le cas aujourd’hui. Cette « flemme » d’aller systématiquement péter un tomar paraît être la cause de sa chute de points et de pourcentage. En effet, selon le super site statistique, 82games.com, Chandler ne dunke que sur 32 % de ses tentatives tandis qu’il en réserve 41 % pour des tirs de près. Or, ce bon Tyson rentre 94,6 % de ses dunks (ça, c’est de l’info) contre 51 % de ses tirs de près. No comment.
--Si un Chandler moins motivé a un impact sur la défense, il en a un aussi sur l’attaque (faîtes pas cette tronche d’ahuri). Son active présence rend l’attaque frelonne plus incisive car même si l’ancien n°2 de draft ne marque qu’une petite dizaine de points par matches, la perspective de se faire claquer un dunk sur la courge pousse les adversaires à ne pas faire l’impasse sur lui (notamment lorsqu’il est en mouvement) et offre donc des espaces pour Paul, West, Stojakovic, ...
--On peut aussi se demander si l’absence du meneur électrique, Jannero Pargo, parti en Russie au Dynamo Moscou, ne va pas occasionner un manque pour la franchise. En effet, ce joueur talentueux mais pas vraiment capable de se maîtriser avait le rôle de dynamiteur en sortie de banc et parfois celui de pompier de service et son apport avait été décisif l’an passée. C’est d’ailleurs en partie lui qui a permis au Hornets de croire un petit peu à l’élimination des Spurs en play-offs. Pargo n’a pas été remplacé (malgré la surprenante poussée de fièvre de Rasual Butler qui était déjà au club l’an passée et qui tournait à presque cinq points de moyenne contre 8,3 actuellement) et son absence se fera peut-être sentir lorsque les Hornets auront besoin d’être débloqués.
--Cependant, une faiblesse beaucoup plus grande entache la cuirasse turquoise de Chris Paul et ses amis. En effet, le jeu des Frelons est désormais bien connu et plusieurs équipes ont trouvé comment le court-circuiter. Arrêter CP3 est impossible, mais pas ses coéquipiers. Face aux Spurs, pendant les play-offs, New Orleans avait tenu la dragée haute aux Texans et on a même pu croire qu’ils allaient élimin
er les vieux. Mais coach Popovich avait décidé de faire reluire sa réputation et à envoyer son chien de garde, Bruce Bowen, sur Peja Stojakovic (qui mettait le feu à sa défense) alors qu’il l’avait assigné jusque-là à Chris Paul, sans grand effet. Résultat, Paul a fait du chiffre mais Stojakovic fut aphone et les Spurs ont gagné.--Voyez-vous, le jeu des Hornets s’articule autour d’un schéma simple mais diablement efficient. La team possèdent plusieurs solutions offensives précises et efficaces comme le shoot en à mi-distance de West, le trois points de Stojakovic, la pénétration de Chris Paul ou le dunk de Chandler (pour les principaux), et Chris Paul se charge de les sélectionner suivant la disposition de la défense adverse et de les mettre en œuvre.
--Donc, cadenasser l’un des piliers des Hornets (David West ou Stojakovic) signifie amputer la franchise d’au moins un tiers de ses possibilités. Cela signifie aussi couper l’une des options de Chris Paul et l’obliger à forcer des tirs plutôt que de laisser le jeu venir à lui. Ainsi, CP3 est moins efficace, les possibilités des Frelons sont drastiquement limitées et tout cela plombe lourdement le fonctionnement des turquoises. Byron Scott ferait bien de trouver une parade à ce problème car sinon, son équipe se fera à chaque fois reprendre de volée au stade des demi-finales comme l’an passé.
--Les Frelons ont montré lors du dernier exercice quel niveau était le leur et ont gagné le respect de tous. Maintenant, il s’agit de prouver que la franchise en est digne sur la durée et qu’elle peut surmonter les nombreuses épreuves qui entraveront leur route. Et oui, Chris Paul, le malheur des superstars, c’est qu’elles ne peuvent jamais se reposer.
Pronostic : Vous avez déjà vu un insecte perpétuellement sur le carreau d’une fenêtre ? Ben pareil, sauf que pour les Frelons, le carreau c’est les demi-finales de conférence.
Note :
- Chris Paul n’a que 23 ans.
- Il faut surveiller le sophomore, Julian Wright. Certains imputent une partie de la bonne saison 2007/08 des Hornets à son activité, notamment en défense tandis que beaucoup lui prêtent beaucoup de talent et un potentiel plutôt savoureux.
- New Orleans a envoyé le meneur Mike James auteur d'une grosse saison en 2006 (20,3 pts et 5,8 passes) mais qui a un peu de mal depuis (belle carrière quand même parce qu'il a commencé en Europe et en France notamment) à Washington contre Antonio Daniels, l'ancien meneur des Spurs qui a remporté le titre en 1999 (après, Tipi lui a tchouravé sa place dans le cinq un peu plus tard). Opération intéressante pour les Hornets puisqu'ils récupèrent un back-up expérimenté qui a pu voir en direct comment gagner un titre comme c'est le cas de James Posey.
- Pendant un temps, il a été question de faire venir Jamal Tinsley ou Stephon Marbury pour apporter de la densité sur les lignes arrières orpheline de Pargo alors que NO était à cinq victoires et autant de défaites.
- Il se pourrait que Chris Paul ait les mains les plus rapides de la NBA (3,0 interceptions de moyenne + 108 matches de suite avec au moins une interception dans sa besace, record NBA). - Coach Byron Scott et Pedrag Stojakovic ont joué ensemble en Grèce au PAOK Salonique et depuis, l’ancien coéquipier de Magic Johnson est un fan absolu du serbe.
- Je suis vraiment déçu que Byron Scott n’ait pas été plus patient avec l’exceptionnel shooteur lithuanien Arvydas Macijauskas (qui truste les infirmeries en Europe cependant) lorsque celui-ci portait le maillot turquoise parce que je suis persuadé qu’avec un peu de temps, l’adresse de Macas aurait fait des ravages, sans parler de son association avec Chris « t’as commandé une passe décisive ? Attend je récupère la balle à l’adversaire et je t’envoie ça » Paul.
- New Orleans, second de la conférence West ; Orléans premier de Pro A. Qu’est-ce qui se passe ? Y’a un arrangement entre franchise de la même famille ou quoi ?
- J’aime bien l’idée de remettre les fines rayures sur les maillots en référence aux anciens et quasi-mythiques jerseys de la grande époque à Charlotte mais j’avoue que le rendu final ne m’emballe pas des masses.
- Il se pourrait que la New Orleans Arena, la salle des Hornets change d'appelation pour prendre celui d'une société (comme c'est déjà le cas pour beaucoup de salle NBA comme le Pepsi Center des Nuggets ou en foot l'Emirates Stadium d'Arsenal).
- Savez-vous que ce sont les Hornets qui ont drafté Kobe Bryant en 1996 ? Seulement, ils l’ont échangé tout de suite après aux Lakers contre le génial pivot serbe, Vlade Divac. Ne criez pas à la folie tout de suite, Divac était alors dans ses belles années (et on sait tous que les pivots d’un tel talent ne sont pas monnaie courante) tandis que Kobe sortait à peine du lycée et personne ne savait vraiment ce que ça allait donner. Les Lakers ont eu du nez mais c’était quand même un énorme pari sur le moment. Et puis, si vous voulez conspuer les Hornets, attaquez-vous d’abord aux douze franchises qui ont pu choisir avant eux (Kobe a été sélectionné en 13ème position).
La malédiction de Chris Paul
--Cela faisait longtemps qu’on avait pas vu un meneur être le franchise player de son équipe. Je parle d’un type particulier de franchise player, celui qui porte littéralement son équipe sur ses épaules et que n’est pas par exemple le double MVP, Steve Nash (le canadien partageait cette responsabilité avec les musculeux trapèzes d’Amare Stoudemire). Et comme CP3 n’a que 23 ans, tous les rêves sont permis pour les Frelons.

--Toutefois, son jeu est un peu restrictif. En effet, pour chaque attaque, il monopolise la balle jusqu’à ce qu’une occasion se présente pour lui ou plus souvent pour ses coéquipiers. Ainsi, Chris Paul possède réellement les pleins pouvoirs dans le jeu de son équipe, c’est lui qui prend les décisions, qui construit l’attaque et ses partenaires n’ont qu’à exécuter.
--Il n’y a rien de problématique en soi dans cette façon de jouer puisque le talent de Chris Paul s’y prête à merveille et son efficacité n’est plus à prouver. Néanmoins, cela oblige la franchise à ne lui adjoindre que des « exécutants » avec des finisseurs (David West et Peja Stojakovic) qui n’ont qu’à convertir les actions amenées par le meneur, ou des rebondeurs (Tyson Chandler) qui font ce que CP3 ne peut pas faire.
--Mais pour passer la vitesse supérieure, devenir un véritable vainqueur potentiel du championnat, cette équipe me paraît un peu juste et on ne peut pas miser sur une éventuelle progression des deux principaux soutiens de Paul, David West et Peja Stojakovic qui à 28 et 31 ans, sont à l’apogée de leur carrière. Donc que faire pour que New Orleans prennent une nouvelle dimension ? On peut imaginer qu’il faudrait faire venir des joueurs d’un calibre supérieur à West et Peja mais est-ce envisageable ?
--En effet, les meilleurs joueurs de la ligue ne sont pas de simples exécutants, ils ont besoin de toucher la balle et de se créer leurs propres occasions pour s’exprimer pleinement. Ainsi, ils seraient certainement bridés dans l’actuel schéma des Hornets et leur rôle limité n’exploiterait qu’une partie de leur talent. Dans un tel style de jeu, Lebron James, par exemple, aurait la même dimension de jeu que Ronnie Brewer d’Utah. Dommage, n’est-ce pas ? A ce moment-là, à quoi bon faire venir une star ?
--A l’inverse, les qualités de Chris Paul serait sous-exploité dans une équipe dont il ne serait pas le dépositaire exclusif du jeu. Il resterait un meneur très efficace et très bon défenseur mais son impact sur l’équipe en serait grandement amoindri. On a d’ailleurs pu en voir un aperçu aux Jeux Olympiques où la team USA était guidée par Kobe Bryant et Lebron James. Chris Paul n’avait pas la maîtrise du jeu et devait se contenter de faire tourner la balle et d’assurer une étouffante pression défensive sur les arrières adverses. Bien qu’il fût excellent dans ce rôle, le Hornet n’a pas eu besoin de puiser dans son talent pour le remplir. Utiliser CP3 ainsi, c’est comme embaucher Michel-Ange pour repeindre le cagibi et il n’y a q
ue la sélection américaine qui puisse se permettre de sous-exploiter un tel prodige. --Alors, quoi ? Chris Paul est-il condamné à n’être entouré que par des exécutants sans jamais pouvoir être épaulé par une vraie star ou au contraire à sacrifier une partie de son talent pour faire de la place à l’une d’elle ?
--D’ailleurs, laquelle des deux formules est la plus efficace ? Si on ne peut avoir qu’un demi Chris Paul à côté d’une star, cette équipe est-elle vraiment meilleure que celle qui comprend un Chris Paul en mode pas de quartier entouré de plusieurs joueurs de qualité qui s’insèrent parfaitement dans le système Chris Paulien mais qui ne sont pas calibré « star » ? On peut en douter mais les failles d’une telle situation existent.
--Tout d’abord, cela fait reposer la franchise sur les épaules d’un seul homme, ce qui à la fois n’est pas facile à vivre pour le joueur et constitue un risque puisque la franchise est entièrement entre les mains d’un seul homme qui peut faillir (oui, même Chris Paul), être blessé et qui sera forcément ciblé. D’ailleurs, le jeu de l’équipe est de ce fait plus prévisible car tout part d’une seule personne et il suffit donc d’étudier cet individu pour connaître les tendances de l’équipe entière.
--Cependant, on peut imaginer Chris Paul capable de se réinventer et de parvenir à avoir la même influence sur le jeu sans pour autant tenir systématiquement la gonfle et orienter lui-même le jeu en permanence. Ainsi, un All-Star incontesté pourrait lui être adjoint sans que l’un ou l’autre ne voit son jeu en pâtir. Toutefois, procéder un tel changement dans son jeu est d’une extrême difficulté et je serais curieux de voir si Paul est capable de l’effectuer sans y perdre aux changes.
--Ainsi, la seule chose qui empêcherait Chris Paul d’atteindre les sommets NBA avec son équipe me semble être son propre jeu. Mais s’il réussit effectivement à soulever le trophée, que ce soit en dominant seul son équipe ou en refondant son jeu pour pouvoir efficacement accueillir une star, il faudra ériger trois ou quatre statues. Car chacune des deux perspectives relèvent du pur exploit. Je fais quoi, je réserve un sculpteur ?
StillBallin














